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vendredi 15 août 2008


Proclamation

Un air de fado qui retentit entre les lentilles vertes — du Puy ! — et la fourme — d'Yssingeaux ! —
Le silence qui se fait.
Moi qui cavale pour attraper ce fichu téléphone dont la ligne de flottaison, au fond de mon sac, est invariablement trop basse.
Quelques rares mots chuchotés avant qu'un sourire ravi s'accroche à mes lèvres en faisant définitivement couler l'appareil dans le saint-frusquin de ma besace.
...
Il n'est parfois point trop besoin de mots.




lundi 28 juillet 2008


Espoir et robotique

Exosquelette...



jeudi 24 juillet 2008


Je lis — sans payer — des journaux dont je dis du mal !

On va dire que je pinaille mais parfois la lecture des quotidiens, à l'instar de quelqu'un et de sa plume savoureuse, me chagrine parfois...

Libération avait une qualité à mes yeux : c'est de continuer à pondre des titres aussi spirituels que pétillants. Talent dont il convient de saluer d'autant plus la constance que le contenu qu'ils précèdent est de plus en plus improbable !

Je dois cependant avouer qu'aujourd'hui leur accroche « Corrida: Les gradins s’écroulent, les taureaux attaquent » qui trône en tête de site depuis ce matin m'a laissé songeuse... ils attaquent les bougres ? Ah bon ? Où ça ?

Quant au Figaro, je crois que l'un de ses journalistes ignore le sens du mot derechef (adverbe qui, vous l'aurez compris, fait partie de ceux que j'affectionne tout particulièrement).

" Le chef de l'Etat a affirmé jeudi que la France ne signerait pas l'accord de l'OMC dans sa version actuelle. Le commissaire européen au commerce l'a derechef recadré, lui rappelant que c'était l'UE-et non les Etats membres - qui négociait à l'OMC. "

Je croyais benoîtement que not' chefaillon s'était donc fait taper sur les doigts une seconde fois par Monsieur Peter Mandelson mais la lecture de l'article ne fait pas mention de la première... Derechef... cela m'aurait amusé pourtant au moment où la France prend la présidence du Conseil de l'Union européenne ...




mardi 22 juillet 2008


Exemple illustré d'une rage jugulée

Matériel nécessaire :

  • un petit carnet noir (je suis une grande fidèle des petits moleskine lignés)
  • un stylo plume (ici un vieux Parker à l'encre bleu-noir avec lequel mon père signait mes carnets de notes)
  • un casque audio
  • un dispositif musical quelconque à la seule condition qu'il dispense du Vivaldi sous l'archet de Giuliano Carmignola.

Temps de préparation :

  • 10 minutes m'ont suffit pour refouler le succube.

Résultat, sans rature (ne venez pas me dire que la rage est mauvaise inspiratrice !) et — surtout — sans bavure (" couic " qu'il a fait le succube !)

L'appétit qui se coupe. Comme une porte qui claque
Le coeur qui cogne un peu plus fort. Comme un poing que l'on serre.
Une rogne qui monte. Comme une marée qui vous noie.
Trop tard pour aller épuiser mon corps.
Une nuit qui tombe trop tôt. Quand tout à l'heure je rêvais de bougies.
De l'encre qui coule comme des larmes qui vous rincent.
Ne pas céder, ne pas gâcher.
Carmignola dans les oreilles. Oublier le reste du monde. Et surtout sa rage. Pour des broutilles. Ou pas. Pour des choses que je ne sais pas dire. Un stylo et une plume pour biffer ce noir.
Une feuille blanche pour souhaiter de nouveau que les bougies luisent dans la nuit.
Ralentir ces coups dans ce corps trop vif. Vivaldi pour s'envoler. Pour faire silence en moi. Pour que sa cadence ne soit plus que celle que j'entende. Et goûter de nouveau le bonheur d'être deux.

  • Le dîner aux chandelles fut très chouette, merci !



vendredi 18 juillet 2008


Là où le café est bon !

Plafond d'un café lisboète

Instant de grâce lisboète : un café sans amertume dans un café d'un autre âge...



mardi 24 juin 2008


Périclès, quand la France salit son nom...

Si je tenais le sombre pisse-copie sans culture qui a osé mêlé le nom de Périclès à un fichier attentatoire aux valeurs même de la démocratie, il entendrait parler du pays...
Du mien et de celui où est née la République
Périclès, l'homme dont l'intelligence et le courage politique continue d'éclairer nos institutions 25 siècles plus tard.
Périclès... l'homme qui a donné son nom à un siècle. Un siècle singulier, un siècle durant lequel la Grèce et ses esprits ont brillé si intensément, si prodigieusement qu'ils ont rayonné sur le monde comme jamais cela ne s'était produit, comme cela ne s'est plus jamais produit.
Périclès... un fichier informatique.
Messieurs les bureaucrates votre inculture et votre irrespect me fait honte...




lundi 23 juin 2008


Tansports...

  • Lorsque j'ai quitté Paris pour l'Amérique, et pour la première fois depuis des années, il s'est trouvé quelqu'un qui m'a déposée à l'aéroport avec ma valoche et des baisers.
  • A Détroit, huit jours plus tard, l'avion en carafe et perdue dans ces heures où l'interminable attente le disputait à la valse des fuseaux, j'ai lu, hilare, quelques mots sur mon téléphone en réponse au sms où j'annonçais mon retard: "salauds de yankees" .
  • Tarquinet, enfant décidément gracieux ne proteste pas même de céder sa place avant de passager transporté lorsque nous nous enfuyons vers la demeure.
  • C'est à Lisbonne que cette année j'irai prendre d'assaut la Bastille.
  • Il est question de voler vers Venise à la Toussaint.

Je sais trop bien quelle absence de garantie me réserve la vie pour faire sur elle le moindre pari.
Mais même sans miser, on peut goûter certains de ses transports...




samedi 21 juin 2008


Le très very good job de nineteen fifteen

départ à 5 heures du matin

A 5 heures, lorsque je l'ai vue partir dans la nuit, un numéro sur son cadre de vélo, l'air inquiet et résolu à la fois, j'étais déjà convaincue qu'elle ferait bien mieux que de se mettre à l'abri du ridicule.
Sur le site, après l'avoir rejointe "pedibus jambis que" c'est de loin que je l'ai vue préparer son barda.

ligne de vélo sur le site du triathlon

A sa place il y avait écrit le même numéro que celui qu'arborait son cadre. Quelques numéros plus loin un athlète futé avait accroché un ballon gonflé à l'hélium. Lorsqu'au sortir du Pacifique, elle reviendrait chercher son vélo au milieu des 1.999 autres, j'espérais qu'elle se souviendrait de cette sphère argentée qui flottait joyeusement dans le ciel.
Elle est montée dans un car avec Xavier, sa cagoule sur sa tête, sa combine sur le corps et son numéro à peine visible.
Je l'ai alors attendue longtemps. Le temps de voir celle qui sera la première de l'épreuve accrocher son tube de ventoline sur son cadre, le temps de voir le champs se vider des humains aux bonnets de bains aux couleurs vives (une par tranche d'âge). Un café, un banc où l'on papote, la tension qui monte, et puis on en revient toujours à ce champs plein de numéros, encore de vélos et de chaussures prêtes à être enfilées. J'ai bientôt perdu ceux avec lesquels j'attendais. J'ai alors rencontré d'autres Français que je me suis dépêchée de fuir (il faudra que je vous raconte un jour ma sainte détestation des parents idolâtres et qui n'ont de cesse de vous assommer des exploits de leur progéniture !) Mon précieux et fidèle Canon me tenait suffisamment compagnie. La lumière était belle. Je rêvais que ce pâle soleil naissant réchaufferait peut-être cette mer encore grise et dont je savais la température glaciale. J'ai su plus tard qu'elle était à 13 degrés. Et aussi que sur le bateau à aube que je voyais voguer au loin la prière avait été faite à voix haute. Et puis aussi que l'hymne américain avait retenti.
C'est encore loin l'Amérique...
Deux lignes de petits bateaux, c'est cela que j'ai vu en premier. Deux lignes de bateaux qui avançaient lentement. Et puis comme des dauphins que l'on voit au loin, des gerbes sont venues griffer la surface de la mer. Des milliers d'éclaboussures et tout autant de têtes, de bras ou de pieds qui nageaient à quelques kilomètres de nous.

ligne de nageurs vers Alcatraz

Je ne la lâchais plus des yeux, cette vague écume. Je la fixais intensément me répétant qu'elle était là ma précieuse frangine. Quelques hectomètres. Oui, elle y était maintenant. Et moi au bord je ne savais que répéter in petto "Fonce !" "Fonce ma belle !!", "Vas-y ma cocotte" "Sois fière, fière de toi" Fonce fonce championne !" Un joli temps, un joli temps juste pour avoir des ailes ensuite. Surtout aucune déception qui te gâcherait ton plaisir, qui te plomberait ta course... "Fonce fonce ma jolie". Bientôt quelques décamètres, je ne sais pas si les encouragements et les émotions sont conductibles dans l'eau salée mais si la réponse est positive alors ma ferveur a bien dû lui faire grignoter quelques mètres...
Quand la mer s'est faite plus calme le Canon en proue je me suis postée à la fin de la transition, juste avant qu'elle ne récupère son vélo. Le premier que j'ai vu passer était un Français dont je venais d'apprendre le nom — cocorico ! — et derrière lui beaucoup d'hommes évidemment . Et puis quelques femmes. Je regardais ma montre, je calculais en fonction des tranches d'âges que je voyais défiler sous mes yeux. Encore un coup d'œil au cadran, j'en étais à calculer qu'elle n'arriverait pas avant 5 bonnes minutes lorsque j'ai d'abord aperçu le gris de sa "tri-fonction".

Fin de la transition

Interloquée, sans oser y croire. Quand j'ai réalisé que c'était bien elle je me demande encore comment, submergée par l'émotion comme je l'étais, j'ai réussi à prendre une photo ! J'ai hurlé des encouragements, et surtout, ce qui était vrai, qu'elle était super bien placée! De loin je l'ai vu s'emparer de sa bicyclette, les chaussures coincées sur les cale-pieds prêtes à être chaussées et s'envoler pour 30 kilomètres qui n'avaient rien d'une balade de santé ! Et le cœur battant j'ai foncé au stand du chronométrage baragouiner dans mon charabianglais... oui... je n'avais pas rêvé...elle avait mis plus de 10 minutes de moins que le temps qu'elle m'avait annoncé dans les jours précédents !
Alors j'ai déambulé sur le site en me disant qu'elle était "dingue de chez dingue"... Et en repensant au jour où, il y a très longtemps, j'avais encore un papa et je regardais même la télévision... J'avais vu des images d'un triathlon. Découvrant ces trois disciplines et connaissant les prédilections de mon sportif de père, je lui avais immédiatement demandé pourquoi donc il n'en avait jamais concouru. Sa réponse a fusé : "parce que cela n'existait pas... pourtant qu'est-ce que j'aurais aimé cela..." Et, car l'homme n'était pas modeste, il a ajouté, "j'aurai été bon en plus ! ". C'est à cela que je pensais en déambulant sur le site et à l'immense fierté qu'il aurait ressenti. Je savais ses mimiques, ses silences, ses mains qui se frotteraient, ses yeux qui déborderaient d'émotion (et puis non je ne vous le ferai pas ce billet sur les parents idolâtres...)

Arrivée de l'épreuve de vélo

A l'arrivée de son parcours cycliste, elle avait l'air fraîche comme un gardon. Et le sourire qu'elle m'a lancé en disait long sur ce qu'elle vivait. Oh oui elle était bien dans sa course... Un sourire par lequel je savais son bonheur. Il m'était tellement visible que c'était son moment à elle, son jour, sa course, celle si belle qu'elle n'avait pas laissé lui échapper. Je ne sais plus bien comment j'ai fait pour ne pas me briser les cordes vocales. Je sais juste que je me suis postée là où j'allais la voir arriver de loin, le Canon toujours en bandoulière, je me suis casée dans une belle place que m'ont faite ces san-franciscains qui encourageaient chaque concurrent. Moi je me sentais gourde avec mon anglais balbutiant, alors je restais là, plantée sans rien dire. Ils sont passés des champions, certains ventolinés même et qui ne l'étaient plus à mes yeux, ils sont passés des bagnards, des visages où bien plus que la souffrance se lisait leur bonheur.

Arrivée d'un bagnard

Et puis je l'ai vu elle, alors j'ai vociféré des bravos, des vivas et tout plein de charabia français. Et la belle, la championne qui s'était battu pendant presque 3 heures, avait encore l'énergie de m'envoyer le plus beau des sourires et de lever le bras encore une fois. Et ils m'ont tous souri ces ricains bien bâtis, contents d'accueillir des étrangers dans leur beau triathlon. "It's a good job nineteen fifteen ! It's a good job" Oui un very good job my sister !! Voilà, j'étais juste éperdue d'admiration. Je le suis toujours d'ailleurs... Mais s'il vous plaît ! N'allez pas lui répéter !

Arrivée de ma zomozygote



samedi 14 juin 2008


Les photographies de la balade de Riquet.

Les photographies de la Balade de Riquet sont en ligne.




samedi 24 mai 2008


Mère à la fête !

Tarquinou rentre de classe verte.
En descendant du car il serrait encore dans ses doigts les mots que j'avais tracés pour lui.
Il m'a sauté dans les bras, m'a dit " je t'aime Maman " et puis il a déplié la feuille.
En suivant de l'index il m'a fait la lecture :
" Mon petit chat (à cet endroit il s'arrête sur l'immonde croquis aux oreilles pointus) , mon petit lapin (nouvel arrêt, cette fois sur les grandes oreilles), mon petit poussin (son index fait alors escale sur un bec et des pattes hésitantes)"

Un peu plus tard, sa sœur, toujours chamelle, s'empresse de lui demander ce qu'il va bien pouvoir m'offrir pour la fête des mères alors qu'il n'arrive qu'aujourd'hui !
La réponse du petit est immédiate : " je suis (mot mal articulé) cadeau."
La sœur s'enquiert du sens de ce borborygme.
Il répète en articulant : "je suis son cadeau."
Elle réitère sa question croyant qu'il s'exprime de travers.
Il répète très distinctement :

" Je suis SON cadeau" !!



Oui, Tarquinou, tu es décidément mon petit chat, mon petit lapin, mon petit poussin...





Papotage d'une coureuse...

  • Enième inscription... j'envoie un mail pour un détail. La réponse est gentille et à la fin de celle-ci, une phrase accroche mon regard : " Nous vous prions aussi de nous aider à faire circuler auprès de vous notre manifestation ".

    Avec un tel dessein, cela ne se refuse pas :

    Cette course à pied féminine a pour but de promouvoir cette pratique sportive et culturelle, et surtout de mettre l’accent sur le sport pour les jeunes filles et les femmes issues des quartiers urbains sensibles, en leur permettant d’atteindre l’égalité des sexes en matière de pratique sportive. La Francilienne réservera ainsi un moment sportif et culturel chaleureux aux participantes, qui prendront plaisir à pratiquer le sport dans un climat serein. Notre souhait est de réunir, dans un esprit convivial, un grand nombre de franciliennes. Les hommes ne seront pas en reste pour cet événement convivial, la Francilienne offrira aux jeunes gens et aux hommes d’entrer aussi dans la course.

    La Francilienne , course pour toutes, mais ouverte à tous, aura lieu le dimanche 15 juin 2008 sur trois distances 2 , 5 et 10 km. Je prendrai le départ des 10 bornes, si vous en êtes faites le moi savoir, qu'on s'y retrouve !

  • Demain matin, je ferai ma dernière course du mois. Si je la termine, j'aurais parcouru durant ce seul mois de mai, 71 kilomètres avec un dossard sur le ventre.
    Le plus : je n'ai plus besoin de DVD pour m'endormir le soir
    le moins : mon bricablog me manque...

  • Un pape qui fait dégager de sa route 13.000 femmes... tout un symbole... La date de la course La Parisienne — prévue depuis plus de six mois — a dû être déplacée en raison de l'annonce — il y a deux semaines — de la venue de sa Sainteté... Mesdames, réjouissons-nous nous profiterons de l'entraînement que constitue la rentrée scolaire juste quelques jours auparavant...
    Le plus : du coup, je pourrai participer à la course du patrimoine
    le moins : Certaines triathlètes ne pourront en être c'est le jour de l'épreuve de Gerardmer...



samedi 17 mai 2008


Quand on arrive près d'une écluse

L'arrivée près d'une écluse



jeudi 15 mai 2008


Les cinq équipes de France Choroïdérémie

Les équipes de France Choroïdérémie à la Balade de Riquet

Hein que nous étions beaux, non ? Vous ne voyez pas comme nous étions heureux ?
Nous étions cinq équipes à courir sous les couleurs de France Choroïdérémie.
25 coureurs... j'en ai même retrouvé un que je n'avais pas vu depuis 20 ans... Sans compter tous ceux que j'ai découvert et que je suis sûre je reverrai de nouveau.
Bravo à Marc, Pascal, Jean-François, Ghislain et Raphaël qui ont terminé 13ème au classement général avec une moyenne de 14,47 km/heure (... sur une distance totale de 181,1 kilomètres, je vous promets que cela fait une sacrée performance...)
Et puis surtout bravo à tous, oui à tous sans exception.
J'étais très fière de porter les mêmes couleurs que les vôtres...
Celle d'une association qui me tient tant à cœur.
France Choroïdérémie... à mes yeux, on ne prononce jamais trop son nom !

Et puis pendant qu'on en est aux remerciements, je voudrais remercier l'enseigne Décathlon qui nous a permis de courir, à moindre prix, aux couleurs de France Choïdérémie. Remerciements d'autant plus sincères que j'avais été en son temps particulièrement offusquée de l'attitude de Go Sport qui, pour ne pas répondre à une lettre où je sollicitais que le geste que l'on me proposait bénéficie à France Choroïdérémie s'était empressé de m'adresser un chronopost inepte... Un grand merci également, pour la saveur divine de son mélange de fruits secs, au magasin Biocoop de Clermont l'Hérault... le petit Jésus en culotte de velours, son mélange, vous dis-je !!




mercredi 14 mai 2008


"France Choroïdérémie III", c'était mon équipe à moi !

Tout a commencé par une petite phrase prononcée au bord du bassin de la Villette, il y a six mois de cela. Une phrase de Marie-Cat, celle qui ferait courir un arbre s'il le fallait... La petite phrase a fait son chemin et en novembre elle s'est faite plus pressante : "si tu y vas, j'y vais" m'a dit son frangin. Alors la petite phrase s'est faite refrain. A l'an nouveau, Zomozygote m'a dit : "moi j'en suis !". Alors je n'ai pas réfléchi bien longtemps : la petite ritournelle s'était transformée en un tube à succès depuis un moment déjà. J'ai juste tapoté quelques mots sur mon clavier "Et bien nous irons donc de conserve !".
Aligner quatre courses sur deux jours quand on part à peu près de zéro c'est comme de regarder le Mont Blanc depuis l'autoroute... même quand on l'a sous les yeux on sait que ce n'est pas le même monde. Alors pour tenter de l'approcher on a beaucoup cavalé, entraînement après entraînement, course après course. On s'est beaucoup écrit, on s'est encouragé. On s'est tout un peu surpris d'y mettre tant d'allant.
Et puis on a pris, qui l'avion, qui le train, qui la voiture et on s'est retrouvé quelques heures avant le départ. Pour certains c'était la première entrevue, pour d'autres l'aventure avait commencé vingt-cinq ans plus tôt, à l'époque c'était la musique qui nous réunissait.
Le reste est indicible. Ou presque.
Le reste c'est le canal du midi à perte de vue, à perte de souffle, à perte de force.
Ce sont les mains qui se tendent et dans lesquelles on frappe en clamant "Fonce fonce !!"
Ce sont les bras qu'on tend en criant "Bravo Championne !"
Ce sont les sacs qui débordent dans la voiture qui nous mène rejoindre celui ou celle qui court. C'est la carte étalée sur les jambes trop dures. "38 minutes qu'il est parti, il ne faut pas se perdre..." C'est le regard que l'on lance derrière à celle qui le relayera, "Ca va ? Tu es prête ?" Ce sont les litres que l'on boit, ce sont les ampoules que l'on soigne, ce sont les faims dont on n'imaginait pas qu'elles puissent être si impérieuses et si gigantesques.
Quatre course chacun, celle où l'on dépasse les péniches, celle où l'on souffre, celle où l'on s'étonne d'aimer encore cela, et la plus belle, celle que l'on finit en pleurant.
C'est la plus belle aventure qui m'est arrivée depuis des années.
A l'arrivée, pour le 500 mètres final et en équipe,  nous étions quelques uns à courir un bandeau sur les yeux. Un bandeau pour signifier que d'aucuns perdent la vue et que "rien que pour voir" France Choroïdérémie était venue.
Sur mes yeux il y avait un bandeau noir et c'est tant mieux parce que cela m'a permis de planquer mes larmes.
Je n'avais pas bien envie de la quitter ma belle équipe...



Marie-Catherine
Marie-Cat


Benoît
Benoît


Patricia
Patricia


Marie
Marie... la Zomozygote


Aurélie
et moi...





vendredi 9 mai 2008


France Choroïdérémie, la belle équipe que voilà...

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

En 1992, je connaissais rien au biathlon. Pourtant, une après-midi, quand je me suis plantée devant le poste pour regarder les JO d'Albertville (les Jeux Olympiques constituent la seule exception que je fais à mon insurmontable aversion pour la télévision), je n'en ai plus décrochée. C'était un relais féminin, je n'y connaissais rien mais c'était la plus belle victoire que je n'avais jamais vue. Mesdames, quand l'or a illuminé vos visages pourtant défaits sous l'effort, j'étais tellement émue que j'en ai versé des larmes de joie.

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

Samedi et dimanche, nous ne remporterons aucune médaille. Sauf que je vais faire l'épreuve la plus difficile que je n'ai jamais réalisée. Et surtout que jamais je ne me serais cru capable de faire une chose pareille...

C'est avec les couleurs de France Choroïdérémie que je vais cavaler. Je vais le faire avec des amis de toujours et j'en suis très fière !
Nous serons 5 et nous allons parcourir 191 kilomètres pour rallier Toulouse à Béziers.
Nous serons trois fois cinq et nous allons parcourir 574,2 kilomètres en trois équipes de cinq pour rallier Toulouse à Béziers.

France Choïdérémie.
C'est pour que l'on se souvienne de ce nom et que l'on connaisse cette association que nous le faisons.
Je vous raconterai sans doute les pas qui n'en finissent plus sous la pluie, et puis aussi l'émotion de la main qui se tend et qui en une tape vous donne le relais pour que l'on continue à avancer, que l'on continue à se battre. Juste pour terminer ! Et puis les encouragements qu'on prodigue, l'effort que l'on poursuit, non pas pour soi mais parce que les autres sont là, avec vous.

France Choroïdérémie
Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.

On ne rapportera pas de médailles.
On s'en moque.
C'est pour elle qu'on le fait.
Rien que pour voir.

France Choroïdérémie.
Savez-vous le dire ?
Essayez ! Vous verrez, ce n'est pas si difficile que cela à prononcer.
France KO-RO-I-DE-RE-MI
Vous entendez, ce sont presque des notes de musique...
Vous avez réussi ?

Et bien voilà, maintenant vous pouvez continuer !
Parlez, parlez de nous.
C'est pour elle que l'on se bat.

Il n'est de plus belles victoires que celles que l'on partage.




vendredi 2 mai 2008


en coup de vent...

52 minutes, quelques secondes... et un brin de muguet à l'arrivée...
Vite je suis déjà partie !




mardi 15 avril 2008


Une toute petite annonce pour rendre un tout petit service :

Journaliste gentil cherche avocat vélocipédiste — mais non parisien — pour interview téléphonique.
Merci d'écrire à la tôlière qui transmettra !




dimanche 13 avril 2008


Quand le tabac vous donne des ailes pour courir...

Projet du jour abouti... 53 minutes.
53 minutes et un immense merci au buraliste du 58 avenue du Général de Gaulle ! Sans lui je n'aurais jamais pris le départ en laissant papiers, CB et téléphone dans un algeco ouvert à tous vents... Pas de consigne. J'ai pu ainsi mesurer combien nous étions peu à venir cavaler en solitaire...
Merci Monsieur du Tabac, merci de de votre gentillesse et d'avoir accepté de vous encombrer du sac d'une parfaite inconnue. Grâce à vous, c'est bien plus légère que j'ai pris le départ et mené à bien ce projet... descendre sous les 55 minutes !
Et pour ne rien vous cacher, j'étais tellement déconfite de cette absence de consigne que j'en avais perdu mon dossard, lequel fût heureusement retrouvé quelques minutes avant le départ dans ledit algeco...




dimanche 30 mars 2008


Fouler... le pavé, par exemple.

Détail de l'affiche pour la course
Détail de l'affiche — bidouillée — de la vivicitta



Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.

J'ai chargé dans mon "lilipode" la compilation "longue cavalcade".
Un coup de pistolet plus tard, j'avais oublié le reste du monde.

Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
A tout prix.
Avec le sentiment de n'avoir d'autre choix.

Continuer, ne pas s'arrêter.
Oublier les fâcheux, oublier les taiseux, oublier les frileux.

Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
A tout prix.
Sinon je ne serais pas là. Sinon je ne serais déjà plus là.


Allonger le pas, passer son chemin, avancer, continuer.
S'imaginer une heure durant que la vie se résume à cela.

Se serait si facile...




lundi 24 mars 2008


Celui qui veille sur mon sommeil

Masque grec



Il fait fuir spectres et démons.
Alors je dors des heures durant.
Sous le masque qui se dresse au droit de mon lit.