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samedi 30 décembre 2006


Mon papa, c'est Tarzan !

J'avais presque oublié pourquoi j'ai le vertige, pourquoi les jeux d'équilibre me sont pénibles, pourquoi, hormis sur l'eau, j'ai si peur de tomber. Une soirée sur le coin d'une vieille table de cuisine à se souvenir de notre enfance et ma zomozygote de Philomène m'en a soudain rappelé la raison. C'est vrai que j'avais fait une sacrée chute. Cinq mètres d'un coup, dans la soute à camions d'un ferry. J'avais huit ans. Je me souviens que je tenais la main de maman, que je dormais à moitié et puis un grand cri a retenti et j'ai ouvert les yeux. C'était son cri à elle, je l'ai bien reconnu. C'est alors que le sol s'est approché. Il était en tôle blanche. Avec de grosses traces de pneus. J'ai cru m'y rendormir immédiatement. J'ai sans doute perdu connaissance. Mais pas très longtemps puisque je me souviens des bras d'un steward. Il avait une barbe noire et un costume immaculé. Il m'a soulevé de terre, et en dépit de son air gentil, j'en étais très mécontente. D'abord je dormais très bien par terre. Ensuite je n'aimais pas du tout qu'un inconnu se jette sur moi de cette façon-là. Heureusement, cela n'a pas duré bien longtemps.
Juste le temps de me déposer dans les bras de mon papa. Il avait 46 ans et plus tout à fait la musculature d'athlète qu'il exhibait si fièrement à 18 ans.
Moi je n'ai rien vu. Je n'ai rien su de sa chute à lui. J'ai juste su qu'il était là exactement au bon moment et c'est la seule chose qui m'importait.

C'est Philomène qui l'a vu. Elle l'a vu disparaître derrière moi et puis a vu ses doigts par lesquels il s'est suspendu au plancher troué. Et puis les doigts ont disparu aussi. Il avait sauté.
Le reste est sans importance. C'est vrai que je me demandais bien pourquoi, toutes les trois minutes on s'obstinait à « demander un médecin de toute urgence à l'infirmerie ». C'est vrai que  j'avais tellement envie d'y goûter enfin à ce sommeil qui n'en finissait pas de me faire faux bond que j'aurais bien mordu la main de ma mère qui n'avait de cesse de le faire fuir pour s'assurer que je n'avais pas perdu connaissance.
Et même si cette cabriole accidentelle n'avait pas amélioré mes performances à vélo et provoqué quelques mouvements de panique  lorsqu'il fallait me jucher sur une poutre, force m'est de devoir avouer que durant des années, le sentiment le plus puissant que je gardais de cette mésaventure est d'avoir été fort marrie de perdre mes bonbons dans ma chute, et notamment un Bounty dont j'avais rêvé tout l'été !

Il m'a fallu le récit de ma frangine pour réaliser que cinq mètres, cela signifie deux étages. Et que, non, en toute honnêteté moi je ne sais pas si je saurais faire une chose pareille. Pour dire la vérité, je sais même que j'en serais parfaitement incapable. Car j'ai toujours peur de tomber. Et pourtant si aujourd'hui je l'ai presque oublié ce vertige récurrent c'est bien grâce à ce père qui m'a offert le plus rassurant des refuges quand la terre se dérobait sous moi.

Règle numéro un : se souvenir qu'il existe des gens sur qui l'on peut indéfectiblement compter...





Tag war

« (...) Il y a aussi Miss Tic, la pin-up féministe qui profère des apophtegmes équivoques : "Ce qui m'éloigne de moi me sépare des autres", "Eros est rosse", "Le mur a un grain, moi aussi". Ces trois peintres qui se sont fait connaître avec leurs premiers pochoirs en 1985 s'exposent aujourd'hui en galerie et publient des albums. Et, victimes de leurs succès, voient de plus en plus leurs œuvres détournées, voire dégradées.»

Guerre au pinceau sur les murs de ParisLe Monde.fr — 30 décembre 2006.




vendredi 29 décembre 2006


YEAH !!

Tarquinou, vainqueur !



mercredi 27 décembre 2006


Ecran de fumier

Il me faudrait le talent d'un Desproges. Alors je saurais dire de quoi mes tripes se tordent. Et puis je parlerai du relent des ordures qui vous habite pour les avoir respirées de trop près.
A moins que ce ne soit celui d'un Jean Genet ; et je décrirais par le menu de quoi est faite la gerbe que vomissent mes boyaux. Je ne me lamenterais pas trop. Je ne dirais pas l'impression que cela fait d'être prise pour du fumier. Je me draperais dans ma colère, ma haine et mon venin.
Sauf qu'il me faudrait combattre encore une fois. Combattre les mots pour les dompter, parvenir à les élever à la mesure de l'abjection. Combattre ma mémoire qui me dicte que pour une fois il faut fuir. Combattre l'impérieux désir de me tenir le plus éloignée possible de ces latrines où se noie la confiance, précisément celle que certains ne savent obtenir qu'à grands coups de leurre, à grand coup d'imposture.
Et puis viennent se plaindre d'avoir été tenté.
Et puis gémissent.
Visqueuses roulures de la persécution... aussi prompts à faire le mal qu'à se vautrer dans leurs bruyantes lamentations.
Vains et vilains mots.
Mais je suis tombée de haut.
Je ne savais pas que l'on pouvait accepter de vivre dans de tels immondices.
J'ai peur de ne plus jamais savoir faire confiance.
Pour l'heure, je veux juste croire encore que le monde n'est pas seulement peuplé de blattes.




lundi 25 décembre 2006


Noël, Noël, Louise est née !

Carte de voeux

Christmas card de Monsieur Louis Meynelle — The New York Public Library

Bienvenue à Louise !

Il me trotte dans la tête une chansonnette où l'on parlerait de ces blogueurs qui s'acoquinent au Pique Nique sans que quiconque ne le soupçonne puis donnent le jour à une perle, le jour même de la nativité...

Félécitations à ses délicieux parents, Luce et François et tous mes plus fervents voeux de bonheur à la merveille !




samedi 23 décembre 2006


Noël (4) - Imposture ?

« ... un Père Noël de 125 kg, en passant de manière fulgurante de 0 à 1 170 km/s en un millième de seconde, serait sujet à de telles accélérations qu'il se retrouverait plaqué au fond du traîneau par une force de 2 157 507,5 kg écrabouillant instantanément ses os et ses organes en les réduisant à un petit tas de chair rose et tremblotante. »

La preuve par zéro que le Père Noël est une impostureLibération — samedi 23 décembre 2006.





Noël (3)

Vite vite ma maison ! Vite vite mes enfants partons ! Noël y sera bon. Je le sais !
Non non ! Ne soulevez pas ces chiffes qui viennent tapisser mon coffre : tous les jouets y sont planqués !
Merci les grands ne pas ouvrir les yeux, de continuer à vous en amuser avec le petit.
Oui le Père Noël existe. Moi aussi je veux y croire.
Je veux m'en amuser encore, et puis me rassasier de vos rires, me délecter de vos joies.
Vite vite ma maison.
Je sais exactement ce que je vais y trouver : tout ce dont j'ai besoin pour croire encore que la vie m'appartient !





La reine et le cloporte insane

Il était une fois une reine d'une grande bonté et un cloporte qui grouillait à ses pieds. Dépourvu d'intelligence mais non de malice et d'avidité, il s'imagina qu'en la détrônant il gagnerait respect et autorité. Trop médiocre pour y parvenir seul, il endossa l'habit du martyr qu'il s'empressa de lustrer de fables poisseuses et de hâbleries hardies. Qui n'entend qu'un son n'entend qu'une cloche. J'ai prêté mon ministère à cette comédie, permettant ainsi qu'elle se tienne. Un cloporte même déguisé en souverain reste un cloporte. A la fin de l'histoire, il rampe encore plus profondément dans les excréments dont il aime à faire des festins. La reine et le truchement ont démêlé les mots dont elles étaient les jouets. Et la vérité est sale. D'une crasse noire et grasse qui vous colle à la peau, à l'âme et gâte ce que l'on croyait savoir de l'humanité. La farce est terminée. Maintenant, je ne sais combien d'eau je vais devoir faire couler sur mon corps pour parvenir à effacer ces souillures...




jeudi 21 décembre 2006


Quand les dindes se rebellent à la Noël !

Je suis bonne joueuse.
Sauf quand les dés sont pipés.
S'ils le sont il vous faudra savoir mentir avec brio, constance et intelligence.
Terriblement observatrice, je sais bien que je ne suis aveugle que de ma propre entreprise.
Et puis il arrive un jour où  j'écarquille les yeux, j'ouvre grand les paupières et je braque un regard avide.
Si ce jour là je m'aperçois que la partie était truquée, je vous conseille de vous mettre aux abris.

Je sais trop ce que sont les drames pour en dénaturer le sens.
On dira donc qu'il s'agissait d'une comédie, une farce dont je serais le dindon.
Cela tombe bien ! c'est la saison !!
Soit.
Alors « Glou Glou »  « Glou Glou » « Glou Glou » répète la dinde que je suis.
Mais toute dinde que je suis, il me reste suffisamment de sang dans les veines pour ne pas me laisser plumer les bras croisés.

Ordoncques, au temps de Noël, il s'est trouvé une dinde qui s'est soudain transformée en dragon.
De ceux qui crachent du feu, qui n'ont plus peur de rien aveuglés non plus par leur niaiserie mais par leur féroce colère.
Une dinde flambée pour Noël, certes alors je serais... mais dans un grand feu d'artifice !
C'est bien pour terminer l'année !
Comme cela l'année prochaine, j'aurais tout loisir pour endosser l'habit d'un autre animal de basse-cour !
Une fragile petite caille peut-être...





Où l'on reparle des fuites et du spam

Eu égard à une fuite cyclopéenne de bande passante, vraisemblablement due à ces sempiternels robots suceurs de sang, je ferme les commentaires un temps. Celui, je l'espère de convaincre ces derniers de cesser de rôder autour des ces feuillets.


Mise à jour à 11 heures :
A la suite d'une intervention quasi céleste qui a bouté hors de ces pages, ces infâmes et insatiables programmes spammeurs, j'ouvre de nouveau les commentaires.




lundi 18 décembre 2006


Quand l'A.J. mène l'avocat à la rue...

Nous étions fort nombreux !
Les avocats sont décidémment très indisciplinés et je ne me souviens pas d'avoir déjà vu un camion trimballant à découvert les instances d'une manif devoir faire marche arrière pour ne pas se désolidariser d'un cortège... qui a refusé tout net de le suivre !

Les avocats de Vannes ont vraiment le sens de la formule (« comme leur nom l'indique » — dixit Eolas) Et je pouffe encore des "CHAAAAARGEZ !! " que d'aucun vociférait à plein gosier !

J'ai amèrement regretté qu'aucune banière ne regroupe les avocats parisiens, nombreux mais égarés par la faute d'un Conseil de l'Ordre bien prompt à se satisfaire de promesses déjà obsolètes.

Mais derrière ces quelques mots et toute cette compagnie, il y a surtout un puissant sentiment qu'avec l'AJ qu'on nous sert, on se fout gentiment de notre gueule et encore davantage des justiciables...

Rue de la paix, enfin presque...

Rue de la Paix, enfin presque...



Paul-Albert IWEINS, président du Conseil National des Barreaux et Frank NATALI, président de la Conférence des bâtonniers

Paul-Albert IWEINS, président du Conseil National des Barreaux et Frank NATALI, président de la Conférence des bâtonniers



Aide Juridictionnelle au juste prix

Aide Juridictionnelle au juste prix



Rue de la paix, encore moins paisible

Rue de la Paix, encore moins paisible



L'épitoge volante

Quand les épitoges se mettent à voler



L'épitoge volante

Et les codes à se répandre...






dimanche 17 décembre 2006


Tarquinette et sa maman sauvée du brigand

Avant de lire ces lignes je veux croire que vous accorderez un quelconque crédit à la déclaration solennelle que je formule en préambule : " ami lecteur, je te jure que je n'invente rien des lignes qui vont suivre."
J'accrois également que tous ceux qui ont croisé ma fille, son incroyable à-propos et le pittoresque qui la caractérise porteront foi à ce billet.

Ordoncques, ma Tarquinette, elle raffole des petits fascicules que je lui imprime en ligne.
Elle en offre à sa maîtresse, à ses copines, à sa tata et évidemment parfois à sa mère.
Elle a écrit le livre des chats, le livre des poneys, le livre des livres etc.

Ce soir elle me tend un de ces petits pliages de papiers joliment décoré de fleurs et d'arabesques.
Celui-là elle l'a intitulé " J'aime Maman ! ".  Et je peux vous dire que je n'en suis pas peu fière !

Quand je l'ai lu, je suis restée un instant sonnée.
Et puis j'ai éclatée de rire.
Un rire de joie, d'amour et de surprise.

Courageuse Tarquinette, oui tu seras toujours le chevalier qui viendra me délivrer des vilains brigands !
Merveilleuse Tarquinette, oui, je te le promets nous vivrons toujours tranquille ensemble !
Délicieuse Tarquinette, tu es la plus fine plume, la plus perspicace et la plus drôle de toutes celles que je n'ai jamais lu
Audacieuse Tarquinette, tu es le sel, l'esprit et l'authenticité réunis !



« J'AIME MAMAN

Bonjour, je m'appelle G. et j'aime très très fort Maman.

Et un jour, Maman se fait kidnapper par un brigand.

Je me cache, et le brigand ne me trouve pas !

Et dès qu'il est parti, il a emporté Maman avec lui.

J'accours et finalement, j'ai réussi à la délivrer.

Et enfin, nous vivons tranquille ! »


Transcription fidèle bien qu'à l'orthographe rétabli du livre de Tarquinette


Et l'histoire, racontée, à ma demande, par la demoiselle dont s'agit :









Croisées d'ogives

Croisées d'ogives dans la cathédrale de Soissons

Ce matin, le brouillard la nimbait. Alors en sortant de chez Marek, la boulangerie où l'on achète du pain qui ressemble à du gâteau, j'en ai pris le chemin avec mes tarquinets. Parce que l'on y retourne souvent depuis le jour où je n'ai pas eu le cœur de leur refuser d'allumer une bougie pour Papa.
Elle était belle. Elle l'est toujours.
Et puis j'y étais bien. J'y suis toujours.
J'ai pensé par devers moi que ces vieilles pierres avaient le pouvoir le chasser mes démons... Et je me suis dit que je ne l'écrirai pas ici pour un empire ! Mais comme je ne sais décidément pas mentir et que cela me fait moi-même sourire, je peux bien l'avouer ! J'y ai trop de souvenirs pour renier un seul instant l'effet qu'elle me fait cette cathédrale où ce n'est plus mon père mais mon Tarquinou — le plus grand charmeur que la terre n'ait jamais porté ! — qui m'a déclaré une fois encore que j'étais belle (il me le dit en moyenne cinq fois par jour alors même que je le somme de cesser définitivement ces basses flagorneries !).


Et puis j'ai tourné la tête et je les ai vus ces ogives qui se croisaient sans jamais s'entrechoquer. Il y aura dorénavant dans ma vie la croisée d'ogive comme il y a eu la croisée des chemins. Le moment précis où un démon s'éteint. C'était ce matin et c'était bien.





« Allez, c'est tout. »

Ma Zomozygote de Philomène, pour qui je levais le coin d'un voile sur mon prospère élevage de démons, a eu cette formule grandiose : « Allez, c'est tout. »
« Allez, c'est tout »... Trois mots frappés au coin du bon sens.
Les évidences ne se noient que trop dans les longs discours et rien ne vaut un bon coup de marteau sur les orteils pour se sortir de la marmelade dans laquelle les espérances nous engluent ! Ces trois mots ont eu cette précieuse fonction. L'expression peut prêter à sourire et je ne l'avais plus entendu depuis des années.
« Allez, c'est tout » Je ne sais pas si elle le sait elle-même mais ce sont exactement les mots qu'aurait prononcés ma mère. Je me les répète comme si j'avais peur de les oublier encore. Je les polis comme un trésor trop longtemps enseveli. C'est qu'il m'apaise sacrément ce « Allez, c'est tout » Je ne sais pas s'il suffira à tarir les mets que j'offre en pâture à mes dragons goulus mais une chose est sûre, c'est un petit refrain qui me va bien en ce moment... Il m'a ouvert les yeux sur ce que je voulais faire de ma vie... Tout sauf ce que je suis en train de cochonner ces temps-ci...




vendredi 15 décembre 2006


Pourquoi t'es parti ?

statuette en argile. Qui pleure



jeudi 14 décembre 2006


Noël (2)

Un, deux, trois tarquinets...

Un, deux, trois tarquinets...

S'agréger, se retrouver, déambuler. Cavaler sur les avenues et entre elles, dans les passages élégants.
Se serrer dans les salles de cinéma. Besson, évidemment ! qui aime toujours autant les femmes à la chevelure orange !
Arthur, ce n'est certes pas le cinquième élément. Mais tous les trois, malgré leur 7 ans d'écart et leurs goûts si différents, ils sont tous sortis contents ! Et moi aussi, je l'avoue. Ce n'est pas un monument, peut-être. Mais c'est un film bien. Curieusement il m'a rappelé les films qui passaient à la télé, il y bien longtemps. Quand je la regardais des heures durant, pendant les vacances de Noël. Un film avec une patine discrète, comme on a oublié qu'on en faisait avant. Certains diront que le scénario est plat. Moi je l'ai trouvé délicieusement modeste. Quand les temps cinématographiques sont aux rythmes éreintants et parfois aux rebondissements asphyxiants, je ne dédaigne pas que l'on me pousse une chansonnette où l'on se surprend à sourire en fredonnant un refrain léger et gracieux. Si j'en crois l'enthousiasme des enfants dans la salle, je n'étais pas la seule à céder aux charmes de cet univers.




mercredi 13 décembre 2006


Le 12 décembre à Paris, il faisait beau...

Détail de la Fontaine du Châtelet

Détail de la Fontaine du Châtelet


...Et cette fois-ci, je n'avais pas oublié mon appareil photo.

Alors comme la lumière était belle dans cette brume que l'on devinait à peine, j'ai tenté de les retenir un peu toutes les deux...




dimanche 10 décembre 2006


L'insecte et le myocarde

Je les fais défiler une à une d'un quart de scroll de souris. Précis et sec mouvement de l'index sur lequel se cale l'œil censeur.
Je les jauge et je me juge aussi : pas une seule ne me plaît. Toutes bonnes à jeter.
Et je ne verse même pas dans le simulacre d'en accuser mon Canon...

Je les couche une à une. Et elles me donnent la nausée, ces phrases alambiquées.
Trop mièvres, trop chialeux ces mots que je déguise en boniment.

Je me déteste d'être la proie de démons que je nourris grassement.
Je me déteste d'être à la merci d'un cœur aussi obtus qu'ahuri.
Il faudra donc qu'il saigne tellement pour qu'elle se réveille ma hargne salutaire et qu'elle ouvre enfin les yeux de cet abruti d'organe amputé de toute sagacité ?

Je me déteste de n'être plus que mon seul sujet.
L'insecte est insigne sous un microscope...

Je vais regarder grouiller les pages des livres. Si mes démons m'en laissent l'esprit.
Parce que le drame de ces états-là c'est que surtout pour soi, qu'on devient son seul sujet...
Et je ne connais rien de plus pitoyable...




samedi 9 décembre 2006


Noël (1)

Détail d'une vitrine de Noël

Détail d'une vitrine d'un grand magasin parisien

Beaucoup s'en plaignent.
Beaucoup le craignent.
Peu parviennent à l'ignorer.
Moi je l'aime et m'y complais !




mardi 5 décembre 2006


Les enfants et mes photos...

Aujourd'hui, Tarquinette m'a annoncé qu'elle allait commander pour Noël un Top Model !

- Un Top Model mais pourquoi faire ? me suis-je écriée !

- Bah pour toi Maman !

- Pour moi ??

- Oui, je vais en demander une qui me ressemble. Comme ça au moins tu arrêteras de me prendre en photo !

- (...)



Quand je me décide à lâcher mon appareil. Tarquinet s'en empare. Et me shoote à son tour...
J'hésitais à présenter sa production. Parce que je suis son modèle quasi exclusif.
Mais je lui trouve brougrement du talent à mon enfant...
Celle qu'il a prise ce soir avec Tarquinou m'a convaincu qu'il savait saisir l'instant.

Tarquinou et Tarquine

Tétine et pouce dans la bouche


Ses autres productions sont ici...
Et, peut-être parce que je regarde ses œuvres avec les yeux d'une mère, je continue de penser qu'il est la seule personne qui sache si bien me tirer le portrait...





Le tubard et l'assommée

Le bandit va bien. Il dort, le souffle encore court mais dans son lit désormais. Il est toujours aussi souriant et se chamaille tout autant avec sa sœur qui s'obstine à ne pas le laisser gagner leurs folles courses à pied ! Quant à le faire rester assis au prétexte de ne pas épuiser ses ressources en oxygène autant pisser dans un violon... Je devrais lui demander un peu de sa recette à mon tubard... Moi qui ne suis jamais économe de mouvement, j'avoue que ce soir c'est moins de bouger dont j'ai envie que d'un brin d'humanité... Et quand un boisseau de puce cherche la compagnie de ses semblables, c'est qu'il est vraiment rompu... Le commerce de Morphée me semble un bon début !





Interruption momentanée des commentaires

J'essuie encore une fois une salve de ces robots qui viennent bouffer ma bande passante sans parvenir pourtant publier une seule de leur immonde publicité... Vu l'importance de leur consommation je coupe momentanément l'arrivée d'eau...

Réouverture... pour voir...




lundi 4 décembre 2006


Urgences (3) - Couleurs nocturnes

Le point rouge du niveau zéro

Le point rouge du niveau zéro

Ce billet est spécialement dédié aux vigiles de l'Hôpital Robert Debré qui ont su faire preuve d'une particulière patience avec la folle qui déambulait, un canon pendu à son cou, le long des couloirs sombres et silencieux.
Qu'ils en soient ici remerciés.





Urgences (2) - Mon ami le masque !

masque du service des urgences

Regardez-le bien, vous avez vu ? Il sourit !
J'ai réussi à en convaincre Tarquinou...

Règle n°1 : Ne jamais avoir peur de ses alliés !

Règle n°2 : Maman a toujours raison ! Non mais !





Urgences (1) - Admission



Orage sur une vitre cassée

Un scope qui sonne.
Sonneries par trop semblables pour ne pas réveiller de lancinants souvenirs.
La raison n'a pas grand chose à voir là-dedans.
Simplement on se souvient.
Un autre prénom. Suivi du même nom.
Ces deux-là qui se ressemblent tellement.
On se contient. Mais on n'en guérit jamais tout à fait.
Point de panique. Juste quelques larmes qu'on essuie d'un revers de manche.
Non, chez moi rien décidément ne serait être plus calme que l'épouse ou la mère au chevet des siens...

Alors nous sommes restés des heures serrés l'un contre l'autre.
Des heures durant lesquelles j'ai oublié les sonneries des scopes pour ne plus entendre que celles des téléphones.
« Oui il va bien — Non ne t'inquiéte pas — Nous devrions rentrer ce soir. »

Nous ne sommes pas rentrés le soir venu.
Mais il n'y avait pas de papa qui s'inquiétait.
Il n'y avait pas non plus de grands-parents à prévenir.
Pas de famille à rassurer.

Il y a juste quelque part dans le 9-3 une tata et un tonton qui un dimanche de décembre ont sauté dans leur voiture pour aller récupérer deux enfants restés seuls dans un appartement de banlieue.

Il y avait de l'orage.
Et la pluie tombait drue sur la vitre cassée.





Pour la bedole décérébrée... Suite et fin

« Merci de cesser de spammer mes feuillets de vos commentaires ineptes dont le but avoué est —par votre signature racoleuse— de rabattre des lecteurs que votre talent ne semble pas suffire à engluer... Puisque vous ne prenez pas même le soin de lire ceux que vous polluez, je vous rappelle qu'un de mes billets vous est spécialement dédié.
http://bricablog.net/...
http://bricablog.net/...
Souhaitant ardemment ne plus avoir à vous cotoyer, ici ou chez moi, je vous remercie de contenir vos déjections chez vous ! »

Tiens, je serais curieuse de voir combien de temps mon commentaire va rester sur ses propres pages... Un esprit chagrin me souffle qu'il est bien plus enclin à disperser les poisseuses réclames à sa petite gloire chez les autres qu'à laisser un brûlot chez lui...




samedi 2 décembre 2006


Les couleurs de la vie !

gribouillages en couleurs




Compulsions photographiques

J'étais  en retard ce matin. Alors je n'ai pas rebroussé chemin. J'ai enfourné mes trois marmots et mon vélo dans l'ascenseur et puis je suis partie, fait rare, sans Canon. Parvenue sur le Pont-Neuf, mon retard ne s'était pas réduit... il s'était au contraire accru de façon considérable ! Il est dans les usages de notre profession de solliciter les renvois en tout début d'audience. L'aiguillon de la culpabilité pour ce confrère qui m'attendait au premier rang des bancs d'une chambre correctionnelle tourmentait donc mon âme. Cela n'a pas suffit cependant pour détourner mes yeux de cette lumière qui tombait sur la Seine, sur cette photo que je ne prendrais jamais et qui, je le savais, était pourtant l'une des plus belle que cette ville m'offrirait ! Plus tard, au détour d'un couloir la Sainte Chapelle m'a sauté au visage. Elle traversait le Palais au travers de croisées anciennes dont le verre séculaire déformait à l'envi les droites et les courbes de bijou de l'art gothique. Plus tard le génie de la Bastille brillait de milles feux devant de lourds nuages noirs. Je l'ai pleuré toute la journée mon appareil photo...

J'ai réussi à attendre la fin du repas avant de m'en saisir et ainsi armée de me mettre à dévorer mes marmots... en une compulsive crise de déclics et de zoom.

En ce moment pour une raison que j'ignore, je n'ai pas envie de mots.
J'ai envie de photos...

Tarquinou



piège à robots