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jeudi 30 septembre 2004


Souvenirs télévisuels

J’écoute Columbo en fond sonore. J’écoute Columbo par hasard, parce qu’alors que j’allais imprimer au bouton d’allumage la pression suffisante pour faire taire ce stupide ustensile ménager qu’est la télé, j’ai vu les mots : Peter Falk.

Je ne vois pas le téléviseur, il n’est pas dans mon angle de vue, je ne dispose pas même de son reflet dans les vitres du la porte fenêtre. .

Colombo ce sont des soirées partagées dans le grand lit de papa et maman.

C’est la voix de mon enfance, c’est l’anti-héros génial, c’est l’antonyme de Starsky et Hutch. Là où c'est le froissement d’un imperméable et la rouille d’une vieille Peugeot qui campe le personnage.

J’ai toujours aimé Columbo, parce que Maman adorait, parce que le lit si étroit pour quatre personnes (les jumelles et leurs parents) sentait bon et était chaud, parce que j’aimais Robin des bois, parce que l’habit ne fait pas le moine, parce qu’il abat les puissants.

Il n’est point nécessaire de le regarder. Il suffit d’écouter d’une oreille bienveillante et attendrie les doublages des voix estampillées avec le cachet de la maison : toujours nasillardes , et hautaines pour les méchants.

Tout à coup, émue, je me recroqueville sur ma chaise et je me laisse bercer :

« Oui mon Lieutenant »

« Oh ! Encore une petite chose ! »

« A votre avis, Docteur ? »

« Ma femme me donne un crayon tous les matins, mais… »

« des gants en chevreau et une robe en lainage bleu marine »


Tiens, je vais m’allonger devant la télé… J’ai 10 ans et je suis fatiguée, je vais profiter de l’autorisation exceptionnelle : ce soir, on va dire que c’est le jour de la calinette …




mercredi 29 septembre 2004


La mort du Dahlia noir ?

>Un dahlia noir crayonné

Le Dahlia noir, c'est le premier livre de James Ellroy que j'ai lu.

C'était le premier d'une longue série mais j'en garde toujours le souvenir d'un livre phare. Un livre qui résumerait Ellroy et qui donne envie de se jeter à corps perdu dans ses oeuvres ou rien n'est aussi noir que ce qui pourrait être blanc.

Le Dahlia noir s'appelait Betty Short et avait 22 ans le 15 Janvier 1947, lorsque son corps, coupé en deux, à été retrouvé dans un terrain vague.

Il semblerait que le mystère d'Elizabeth Short, soit désormais résolu...

Je ne suis pas sûre que soit vrai.

Je ne suis pas sûre d'avoir envie de le croire.

J'ai soudain envie de le relire ce dahlia à la beauté si sombre...





Gentleman chroniqueur

"Cela s'est passé en deux secondes", explique-t-on chez Chopard, soit un diamant à la seconde. Joli rendement. Une chance que le cambrioleur n'ait pas choisi de passer une heure sur place, il n'y aurait plus une pierre vaillante à la Biennale !"


La chronique d'Eric Fottorino dans Le Monde




mardi 28 septembre 2004


Chauffards sensibles, s'abtenir !


 n'écrasez pas maman sur tissu orange fluo

Un jour, Laurent l'érudit m'a renseigné sur les moeurs des bandes cyclistes de New York, et notamment sur leur look saisissant. Alors que les jours raccourcissent et que la pluie obscurcit souvent la vue des automobilistes, je me suis rappelée de ses propos. Pourtant, à la question quel genre de cycliste êtes-vous, je répondrais non pas frimeuse mais plutôt comme Shrek : "du genre prudent".

C'est la raison pour laquelle j'arbore au dessus de mon paletot une tenue de rabatteur de chasse (la chasuble fluo est moins chère au rayon Chasse qu'au rayon vélo...). Je n'ai pas vraiment peur du ridicule mais chargée d'âmes comme je le suis, je n'aimerais pas périr sous les roues d'un chauffard et quant à avoir l'air singulière autant le faire savoir !

Je mets donc très solennellement en garde tous les chauffards parisiens : si vous voyez une chasuble orange gigoter en pédalant et sur laquelle est inscrit le message suivant "n'écrasez pas maman", ces trois messages sont pour vous :


Maintenant, j'imagine que votre conscience vous rappellera ces trois petites voix lorsque vous croiserez un cycliste sous la pluie !





Firefox est-il indispensable aux blogues ? Ou de l'orthographe et de sa nécessité.

Pour les récalcitrants, les allergiques à Firefox ou les éperdus fidèles à Internet Explorer (et même pour ceux qui font partie des trois catégories !) je vous signale que vous serez désormais aisément repérables en dehors de tout système scrutateur statistitien ; enfin, sauf si vous écrivez parfaitement le français et n'êtes pas sujets aux fautes de frappes (ce qui n'est pas mon cas !)

Je viens de tester pour vous l'extension Spell Bound pour le Renard Roux... c'est génial ! On tape son billet (dans Dotclear ou n'importe quelle autre zone de formulaire texte, forum ou autre) et hop, il vérifie l'orthographe !

Il faut rendre à César, ce qui est à César, c'est Entre Zéro et Un qui me l'a fait découvrir , lui même l'ayant lu chez Yopyop.

Dans un sens, c'est triste car je ne pourrais plus entendre les grands ARGHHHH de Morrisson ! Remarquez bien qu'alors qu'il crie "pitié", je fais un lien sur son commentaire. Oui, parfois, je suis cruelle !. Car avouez quand-même qu'avoir du son sur son blogue c'est aussi un plaisir ! (En réalité, je suis TRES cruelle : j'aime entendre les gens crier !)

Tiens ! en parlant des choses indispensables à la bonne tenue d'un blogue, si quelqu'un pouvait enlever l'aiguille plantée dans la poupée en chiffon de mon réseau WI-FI à la maison, ce serait très sympa !

A priori, l'aiguille a été plantée hier soir aux alentours de 22 heures...

Parce que je veux bien tenter de jouer les super mamans, les bricoleuses de génie, les cyclistes émérites et les professionnelles hargneuses (je peux continuer encore sur 8 lignes mais je vous en fais grâce : je suis du genre modeste !) mais me demander d'écrire dans mon blogue sans connexion internet, c'est un peu abuser, je trouve !




dimanche 26 septembre 2004


Tête à clic !

lettres avec effet de texture bleue

Je bidouille sur Toshop. Evidémment, je suis complétement absorbée par ce que je fais.

Or, Tarquinou s'est fait une grande spécialité de m'attraper, sans sommation, la main droite (je suis droitière) quand j'ai la souris en main et le clic sémillant.

Ledit marmot s'impatientant, il s'adonne donc à sa stratégie favorite du "Maman, occupe-toi de moi !".

Il m'attrape la main alors que j'allais déposer la dernière touche de ce que vous voyez plus haut et paf !

J'allais pousser un sourd grognement de désaprobation quand, mes yeux ébahis ont avisé ce que mon écran affichait :

lettres dépolies noires sur fond blanc


Il ne s'agissait que d'un bête clic dans le mauvais calque, au mauvais endroit de ma sélection...

Si vous saviez le temps que j'ai passé à retrouver la méthode pour obtenir un pareil effet...

Merci mon Tarquinou - qui n'a rien gagné au change...




samedi 25 septembre 2004


Merci

Tarquine

Je crois que sans vous je n'aurais pas réussi à passer le cap de l'année.

merci




Effluves attratives

L'attirance sexuelle des bovidés est un des domaines fréquemment abordé par le droit de la responsabilité.

Voici donc un jugement du Tribunal d'instance de Saumur à qui l'on doit nombre d'éclats de rire d'étudiants en droit. La décision est un peu ancienne mais toujours représentative du droit et des moeurs de ces animaux érotomanes :

"Le propriétaire d'un animal est responsable du dommage causé par celui-ci égaré ou échappé. Seul un événement constitutif d'un cas de force majeure l'exonère et si le comportement de la victime n'a pas été pour le gardien imprévisible et irrésistible, il ne peut s'exonérer, même partiellement.

Il appartient au gardien de caractériser la faute de la victime et il ne saurait fonder son exonération sur de simples hypothèses. Un éleveur ne saurait prétendre à l'imprévisibilité d'une saillie lorsqu'une génisse aux effluves attractives rôde près d'un taureau.

S'il est reconnu par le propriétaire qu'une génisse en chaleur est sortie de la prairie où elle se trouvait et a rejoint d'autres animaux où se trouvait notamment le taureau qui, en faisant la saillie, s'est fracturé la cuisse gauche, la position anormale de la femelle hors de chez elle, dans un but précis générateur de l'accident, exclut la passivité.

Le fait actif de l'animal implique la responsabilité de plein droit de son gardien."


Tribunal d'instance de Saumur, 25 juin 1986, Gaz. Pal., Rec. 1986, somm. p. 368



Ne vous avisez pas de venir me bassiner avec le sexe "fort", je vous rirai au nez !





Une année

T.a.r.q.u.i.n.

Une année, une année de passée, une année sans lui, à jamais.



vendredi 24 septembre 2004


Do you speak Web Avocat ?

J'ai reçu ces jours-ci, comme la majorité des avocats de France et de Navarre, la revue mensuelle éditée par la première association de gestion agréée de ma profession. Je l'ai parcouru plus en détail que d'habitude car elle traitait en partie des nouvelles technologies. C'est ainsi que figure, au chapitre " management et marketing ", un audit de site web de cabinet d'avocat.

Cela se présente comme une succession de questions à la suite desquelles vous n'avez pas le résultat du " test " mais un gros logo de " SCIPION " marketing for Law firm.

On devine donc le procédé désormais usuel, bien qu'à mon sens déloyal, d'une honteuse publicité déguisée.

Voici donc un échantillon des questions que l'on y trouve, questions qui s'adressent, je le rappelle, à des avocats et non à des webmestres ou des informaticiens :

Le style est-il homogène avec la charte graphique et la "corporate identity" du cabinet ?

Le site peut-il être utilisé rapidement ? »vite-t-il : (…)
- Trop de fioritures et de show-off technologiques
- Absence de "skip button" sur la présentation flash
(admirez au passage la syntaxe de la phrase !)

Quel contenu dynamique est proposé ?
- Newsletter ou e-zines

Le site est-il entièrement "print friendly" ?

CRM (Client relationship Management) : Est-il possible de " servir davantage la clientèle " actuelle du cabinet ?

Le site comporte-t-il une section juridique, expliquant les modalité d'utilisation du site, les limites de responsabilité (disclaimers), les droits d'auteur (copyrights) ?

Et le meilleur pour la fin :

Accessibilité : le langage utilisé ne comporte-il pas trop de jargon ?

Mesdames et Messieurs de chez Scipion marketing for Law firm, je vous remercie infiniment pour la magnifique tranche de rire que vous m'avez offerte !

Comme je suis pétrie de bienfaisance à votre endroit, je vais vous donner deux ou trois trucs pour faire du marketing et du management :

Peut-être serait-il judicieux d'apprendre à parler français ? Parce que demander à des avocats s'ils jargonnent quand vous êtes incapables d'utiliser des mots du petit Robert, c'est franchement se moquer d'eux…

Voyez-vous le français est l'outil principal des avocats, ils le plaident à longueur de journée, ils en font de multiples jeux d'écritures, ils connaissent le poids des mots, leur usage et leur emploi.

Ce n'est point parce que la langue juridique est fleurie et rigoureuse qu'ils ignorent les règles élémentaires de celle-ci ! Bien au contraire, dans leur immense majorité, ils y sont extrêmement attachée !

Et puis, vous savez, les avocats n'aiment pas vraiment qu'on les prennent pour des incapables alors évitez de tenter de les impressionner avec vos "copyrights" et vos "disclaimers", outre le fait que vous ne connaissez pas grand chose au droit de la responsabilité (comme le clame votre propre lexique parfaitement inadapté au droit français), vous semblez vraiment vous moquez de ceux auxquels vous vous adressez…

Je ne sais pas si vous allez gagner des clients avec votre publicité déguisée mais je sais que vous avez gagné, en ce qui me concerne, la palme de la médiocrité !





Le lampadaire des Champs-Elysées, tant exposé et parfaitement ignoré

Un lampadaire sur les Champs Elysées





jeudi 23 septembre 2004


Où le prix de vos larmes est moins moral que la contrefaçon de celles-ci

Il y a quelques jours, la Cour d'appel de Paris, réformant un précédent jugement, a condamné solidairement la Société Française du Radiotéléphone (SFR) et l'agence Publicis Conseil à payer la somme totale de 2.750.000 euros à la société de production cinématographique Gaumont et au réalisateur Luc Besson à la suite de la contrefaçon du film le 5ème élément lors de leur (agressive) campagne publicitaire.





Maternels encouragements

Je jure solennellement que les paroles de Tarquinet sont parfaitement spontanées et que je ne lui ai pas dicté un traître mot de ce qui suit.

Maternels encouragements

Je me suis contentée de lui demander de répéter ses odieuses paroles contre la paire de baffes qu'il méritait !




mercredi 22 septembre 2004


Tant exposé et parfaitement ignoré

pièce forgée

Je suis passée autour pendant des années et puis soudain je l'ai vu. Alors je me suis arrêtée, je suis descendue de ma biclyclette et au milieu des touristes ahuris, je l'ai caressé et puis je l'ai pris en photo.


Ce n'est pas que j'ai vraiment envie de jouer mais le vilain billet -et la jolie photo- en dessous me font pleurer.

Et puis, je me suis noyée dans ce bleu pour oublier, alors autant vous le faire partager.





Quel divin motif de me réjouir !

Tarquin et Tarquinou


Pas une seule fois, en arrivant sous mes fenêtres, du haut de mon vélo, je n'ai omis de lever les yeux vers elles ; souvenir d'un temps où en fumant sa clope sur le balcon mon mari me faisait de grands signes du bras.

Pas une seule fois en ouvrant la porte de notre logis, je n'ai eu envie de crier à tue-tête "C'est moi !" pour l'entendre me rétorquer "Ah ! Quand-même !".

Pas une seule fois où je ne me suis couchée dans le lit trop grand sans enfouir mon nez dans son oreiller.

Pas une seule fois, je n'ai regardé mes enfants sans penser combien leur père les aimait.

Tout ce temps passé n'a pas effacé l'horreur de la découverte de l'anomalie cérébrale, monstreux anévrisme géant, juste quelques heures avant qu'il ne cède. Tous ces jours ne m'ont pas fait oublié nos derniers moments ensemble, et puis l'inexorable descente aux enfers, l'abomination d'une nuit, l'appel au SAMU, les mensonges proférés "non, tu ne vas pas mourir !", l'attente, l'espoir, le désespoir. Et puis la fin, l'inénarable moment de pure douleur ,aiguillon lancinant et profond d'horreur absolue ; souvenirs toujours enfouis et toujours affleurants.

Et nulle pendule qui s'arrête, les enfants qui continuent de grandir, il faut travailler, pédaler, avancer, continuer. Parfois j'ai l'impression d'être une étrangère dans ma propre vie. D'avoir été invitée là par hasard, parce que tout était trop beau et trop clair et que je ne pensais pas qu'il puisse y avoir autant de lumière dans ce qui n'était pas un rêve. Mais non ! ce n'était pas un rêve, même si la suite a pris l'allure d'un cauchemar. Parfois j'ai encore du mal à y croire, mais pas vraiment le temps d'y penser, il faut vivre, avancer, continuer sans se culpabiliser d'être encore ici, dans la vie que je n'ai pas choisie mais dont je ne peux fuir.

Il aurait détesté me laisser ainsi. Il en aurait été fou. Une chance que Dieu n'existe pas. Il n'en saura rien !




mardi 21 septembre 2004


Arras à Grande Vitesse

Gare d'Arras photographiée depuis le TGV


J'ignore si le Train à Grande Vitesse chemine à travers les villes de la Motte Beuvron et d'Hazebroucq mais je sais qu'en allant à Douai le TGV fait un arrêt dans la gare d'Arras.

Malheureusement, l'arrêt était trop court pour aller vérifier si Audrey M. et R.R. avaient troqué un graffiti contre faire-part de mariage.




lundi 20 septembre 2004


La Bourboule : ses joies, ses exigences, sa nécessité.

Découpage d'une demande de formulaire pour la station thermale de la Bourboule au nom de Pierre Carion


Cher Monsieur Carion,

A l'occasion d'une bénigne consultation chez mon médecin traitant, mon oeil fût attiré par un dépliant mis à la disposition des patients.

J'ai hésité, puis je me suis décidée : l'envoi d'un formulaire de renseignement à la station thermale La Bourboule est en effet gratuit, j'ai donc prélevé un dépliant à votre endroit.

Subséquemment, je me suis autorisée à le retourner dûment complété à votre patronyme.

Il ne siérait pas, assurément, que vous égarassiez les énergies méditatives et que vous nous priviez conséquemment de vos intellectuelles réflexions spéculatives sur le devenir des vérités intrinsèquement contenues dans les refuges scripturaux que l'on nomme - peu artistiquement, vous me le concéderez - blogs.

Ne doutant pas instant d'avoir ainsi concouru aux bienfaits de l'humanité, j'ose espérer avoir fait preuve - une fois encore - grâce à mon altruisme et à ma miséricorde, de la détermination propre à sauver les soirées diapositives de la morne ignorance suffisante où elles s'enfonçaient désespérément années après années.

Ne me remerciez pas, tout le plaisir est pour moi !

Je vous prie de croire, Monsieur Carion, à l'expression de ma dévote considération et de ma plus profonde philanthropie.




dimanche 19 septembre 2004


Mise à jour

Je pensais titrer "Blog en friche" le temps de faire l'indispensable mise à jour de dotclear. Et bien en 10 minutes, c'était fait !

De surcroît, en rédigeant mon billet en HTML (je n'utilise pas le wiki, en raison de mon incapacité à bien positionner les images dans ce langage), je découvre cette barre d'icône proprement épatante :

Barre d'icônes de Dotclear lors de la rédaction des billets

"C'est un joyau cette application" vous dis-je !

J'en ai profité pour mettre à jour les quelques liens ci-contre. Des liens toujours partiaux car trop parcimonieux.





Je ne suis pas celle que vous customiserez !

Nymphe au scorpion de Lorenzo Bartolini
Rue Saint-Lazare. Remorquant mes trois marmots en direction de la FNAC, je suis saisie par la publicité d'une quelconque parapharmacie : Au dessus d'une femme dans son plus simple appareil, se lit " Machin truc, designer de votre corps ".

Designer : qui fait du design (n.masc. et adj. invar.) mot anglais : style donné à des objets utilitaires, esthétique industrielle. Ex : des meubles design ; recherche du design dans la fabrication.

Je vous l'avoue, même sans dico sous la main qu'on veuille " designer " mon corps, ça m'a foutu en boule !

D'abord mon corps n'est pas une plaque de tôle ou un plastique dont vous auriez le moule, Monsieur Machin Truc ! Vos crèmes d'emplâtre sont des fientes de mouettes dans l'océan chromosomique hérité de mes parents.

Ensuite, vous vous imaginez quand-même pas que je vais me laisser traitée de bagnole, pour vous remplir les poches ?

Non, Monsieur Machin Truc, je ne suis ni à " designer ", ni à caréner, ni à customiser. Est-ce que je vous parle de vos pare-chocs latéraux ou de vos amortisseurs fessiers, moi ?

Et puis, Monsieur Truc, en qualité de cycliste vous comprendrez que je suis plus confiante dans l'efficacité de mon bicloune pour me galber les fesses que dans celle de votre tube d'onguent para-industriel.

Machin, si vraiment vous voulez tenter de modeler le corps des femmes, allez plutôt faire un tour au Louvre, allez donc roder autour de la Nymphe au scorpion et vous comprendrez peut-être pourquoi Lorenzo Bartolini, lui, n'est pas un designer




samedi 18 septembre 2004


Cadres sous photoshop

Chose promise, chose dûe, (Jenny, vous l'avez bien mérité !) voilà un tout petit vade mecum pour faire certains cadres sous Photoshop 7.0 :





Marseille, c'est un peu Carmen.

Allégorie de Marseille, Place de la Concorde


Des odeurs de tout bord, des couleurs de toute saison, des bateaux beaux comme des photos ou rouillés comme des épaves, des paquebots lourds et des voiles rouges dans le soleil chaud.

J'y vois Edmond Dantès partout. Regardez, là ! On l'emmène, Mercedes ne sait pas encore qu'elle ne le reverra plus -ou si tard…

Marseille, ce sont des cavalcades dans ses rues, parce que je suis perdue. Méfiez-vous des taxis qui ne vous déposent pas exactement devant la Cour administrative d'appel et qui vous assure que c'est à deux pas ! Enfin, méfiez-vous en ou pas… Je n'ai pas loupé mon affaire mais j'ai raté mon avion !

J'ai vadrouillé, j'ai dévoré, j'ai senti, j'ai couru. J'ai levé les yeux vers ce soleil et vers ces murs ocrés, vers la Bonne-Mère.

Citadine éprise de Paris, j'ai compris combien elle devait se faire aimer cette Dame là… Marseille ressemble à Carmen dans mon esprit…

L'été suivant, évidemment, nous y sommes allés passer une journée, nous étions à côté.

Pourquoi donc suis-je capable de retracer minute par minute le déroulement de cette journée ? Jusqu'au goût des fraises Tagada et des Smarties mangés dans la voiture !

Je la garde précieusement dans son écrin depuis longtemps. Peut-être qu'alors qu'elle se déroulait si sereinement, savais-je déjà qu'elle resterait à jamais. Marseille je n'en connais presque rien, mais je sais qu'elle a embaumé ces moments où il ne se passait pourtant rien de particulier, si ce n'est un persistant sentiment de bonheur, comme nous en connaissions tant.

Marseille je l'aime encore plus qu'avant, maintenant.





Je suis le pavillon de Rohan

Pavillon de RohanBravo Jenny, votre obstination méritait amplement cette victoire !

Oui, il s'agit du pavillon de Rohan au Louvre, qui pour une raison que j'ignore parfaitement, est très peu documenté, tant sur internet, et dans les ouvrages traitant du Louvre.

La facade a été tirée par Percier et Fontaine sous Napoléon 1er ; elle est le trait d'union entre l'aile Richelieu et le Palais des Tuileries. Il semblerait même que c'est quasiment la seule facade réalisée sous Napoléon, celui-ci privilégiant le faste des intérieurs que le grandiose de l'extérieur (pour le Louvre, s'entend !)

Il abrite depuis 1997 le musée des arts décoratifs et notamment un département de la mode (d'où les boutons et les passementeries...)

Il est continuellement entouré de véhicules automobiles qui longe sa face nord (rue de Rivoli) et le traverse de part en part (vers le Carrousel).

Bref, personne ne fait attention à lui ! Merci pour lui Jenny! :)




vendredi 17 septembre 2004


"Que suis-je" clame le bâtiment au pied duquel nulle tête ne se lève ? (4)

détail d'un bâtiment du louvre



Il est à Paris un spacieux pavillon qui arbore des couleurs de terre, de sable et d'ardoise.

Sa facade ornée d'une glorieuse soldatesque abrite désormais des arts d'ornement s'il en est.

Le nom d'une illustre famille ceint son front.

c'est ce nom qu'il vous faut trouver.






"Que suis-je" clame le bâtiment au pied duquel nulle tête ne se lève ? (3)

Il est à Paris trente-deux militaires en tenue d'apparat, ce qui fait nombre de boutons et maintes passementeries.

Cela étant le lien entre mon contenant et mon contenu.

Rarement photographié, quasiment pas documenté, je m'ennuie et regarde les véhicules me traverser.




jeudi 16 septembre 2004


"Que suis-je" clame le bâtiment au pied duquel nulle tête ne se lève ? (2)

Statue du Général Desaix

Il est dans Paris la statue d'un général qui défit les mamelucks en Haute Egypte.

Il partage sa façade avec trente et une autre personnes dont treize maréchaux d'empire, quatorze rues, douze boulevards, sept avenues, quatre stations de métro, trois villas et trois squares, deux impasses, un passage, un hôpital, une salle des ventes et des galeries.

Trente deux militaires en tenue d'apparat, cela fait nombre de boutons et maintes passementeries.



Le gagnant sera celui qui me donnera le nom exact de ce lieu. Ni son adresse, ni sa localisation, ni ce qu'il contient ne désigneront le vainqueur mais seules les lettres inscrites au fronton du bâtiment.



Je vous concède plus d'indices que je ne l'avais prévu en raison de l'importante différence de difficulté qui existe pour ceux qui habitent ou vont à Paris et ceux qui cherchent sur internet.

Pour ceux qui trouvent en connaissant de visu le bâtiment, je vous propose de m'envoyer la réponse par mail pour permettre à ceux qui ne sont pas parisien de continuer à chercher, enfin, si tant est qu'ils ne trouvent pas de suite car il sont très forts les bougres...





Après l'orage

Petit poème pour ceux que j'aime









J’attends l’orage

J’attends l’orage.

Depuis hier soir, je sais qu’il est au dessus de moi. J’ai fait diversion en conjuguant télé et photoshop : Paris puis Hemingway en bidouillant l’image d’une statuette me permettent d’embobiner ma peine.

Les enfants ont senti eux aussi que l’air s’était alourdi pendant la nuit. Ils m’ont tous rejoint dans la pénombre, s’égrenant l’un après l’autre dans le grand lit anciennement conjugal. Sommeil lourd et court. J’hésite entre l’apaisement que me procurent leurs petits corps chauds contre le mien et l’énervement des coups de pieds ensommeillés, du vol de mon oreiller et de leur sourde bataille pour gagner –et conserver- l’une des deux places contre « môman ».

Matin ankylosé, mécanique jamais suffisamment huilée. Les lever, se dépêcher, les habiller, les presser, les faire manger, les houspiller. Colère noire ; Tarquinet m’a encore baratiné pour ses devoirs. Ouf, nous ne sommes que quelques minutes en retard. Revenir déposer Tarquinou. « Je t’embrasse, je m’en vais mon bébé ». Il me fait au revoir de la main puis plaque brusquement sur ma joue un baiser gluant agrémenté d’un gros bruit de succion retardé. Ce sont ses premiers essais concluants ! Il a le regard fier des enfants confiants et heureux. Il me rappelle soudain son père si drôle et si joyeux. Vite, partir – fuir.

Je suis experte dans l’art de l’anesthésie mentale. Je fonce vers Paris, la bicyclette alerte mais en réalité à une bonne dizaine d’années de là. Je voyage vers mes jeunes années, celles où je ne trimballais pas mes morts avec moi. Ce matin défilent mes rentrées scolaires de lycée. Je refuse encore obstinément de céder un pouce à la douleur. Je me rebelle contre mon présent. « Non ! Pas maintenant. Je ne veux pas te voir. Je ne veux pas te savoir ». Je ne veux plus être veuve, je ne veux plus être mère. Je préfère être une lycéenne une petite demi-heure durant.

Au boulot, je n’arrive à rien, je masque mon trouble et fais illusion en dégotant au fond de mon placard la jurisprudence qui annihile d'un revers de papier des arguments adverses ou en brillant avec l’informatique, tout cela sans aucun mérite : ma mémoire est héréditaire et je suis borgne au royaume des aveugles.

Et puis, et puis, je ne puis plus. Je n’ai plus le choix.

Je vais aller fermer la porte de mon bureau, je vais décrocher mon téléphone. Une fois encore je vais serrer les dents et je vais laisser enfin craquer les gros nuages noirs qui n’ont eu cesse de s’accumuler.

Le torrent est si impétueux que je suis balayée, je me sauve en coup de vent, je pleure sur mon vélo, je pleure mon bonheur perdu, l’amour partagé qui n’est plus, je pleure mon mari, je pleure mes parents, je pleure ma vie et ce qu’elle est devenue.

Aujourd’hui l’eau n’a pas seulement coulé sous les ponts de Paris. Dommage... quand elle ruisselle, elle ne charrie rien… Moi, j’aimerai bien qu’elle emporte un tout petit bout de mon chagrin…




"Que suis-je" clame le bâtiment au pied duquel nulle tête ne se lève ?

détail d'une statue : petite statuette d'une tête égyptienne
Il est dans Paris un fastueux bâtiment, partie d'un tout prestigieux.

Il est dans Paris un bâtiment qui porte sur sa facade, devant laquelle nul ne lève la tête, les noms de grandes artères parisiennes.

Ceci sera votre premier indice.


Je vous le dis de suite, soit vous connaissez les lieux ou en passant devant vous y portez votre regard, soit la quête sera de longue haleine...



Eu égard aux commentaires, j'apporte quelques lumières :


Quand j'indique que la quête sera de longue haleine, c'est pour vous préciser qu'il vous faudra résoudre plusieurs énigmes pour parvenir à trouver ce bâtiment.

Mais, cette fois encore, il n'est absolument pas nécessaire d'habiter Paris pour participer !

Par exemple ce premier billet recèle d'indices :

-"un tout prestigieux"

-"une statuette égyptienne au pied d'un personnage..."

Les éléments à trouver sont plus nombreux pour cette nouvelle "filature parisienne" mais le principe n'a pas changé.




mercredi 15 septembre 2004


Pasfolle est revenue !

extrait visuel du site de Pasfolle


Vous savez pas ? Pasfolle est revenue au pays des dingues !
Et moi je me frotte les mains !





Tiens, si pour une fois c'était les avocats les coupables ? Oh ! le bon coup publicitaire !

Je vous invite à lire cet excellent billet de mon confrère Eolas auquel je souscris jusqu'à la plus insignifiante virgule (oui, je sais, c'est une stupidité, Eolas, n'a jamais eu la virgule insignifiante !)

Certains médecins devraient éviter de faire une application littérale de l'adage aussi surrané que contrefait "a qui profite le crime"...

Monsieur, Madame ou Mademoiselle Dinah Vernant, médecin à l’Hôtel-Dieu, vous vous trompez de cible... et outre le fait que vous méconnaissez ma profession (ce que je veux bien concevoir), vous méconnaissez les principes qui président à l'organisation de la vôtre ainsi que des structures au sein desquelles vous exercez (ce qui est, à mon sens, préoccupant...)

C'est contre vos pairs qu'il faut diriger votre colère... les miens ne vous chassent pas, ils se contentent, puisque la plus grande partie de vos locaux se vident, d'émettre le souhait de les affecter à l'exercice de la justice.

Mais quelle aubaine ! des avocats coupables ! Quelle belle manne à exploiter !




piège à robots