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samedi 31 juillet 2004


Quand le courage est récompensé

Une tomate mûre sur son plant

"Maman ! Maman ! Le tomatier ! Il est mûru !"





Triste anniversaire

Le samedi 31 juillet 1993, une voiture a percuté de plein fouet celle de mes parents qui avaient quitté leur demeure pour un mariage.

Il était, à la montre de mon père, exactement 9 heures 27.




vendredi 30 juillet 2004


Emballé, c'est signé !

des menottes et un képi

Ce matin, j’ai lu avec un indicible effroi, un article de Libération m’apprenant qu’une expertise graphologique aurait permis d'établir que la signature de Cédric Vasseur portée sur les procès verbaux de deux auditions par les services de police et alors qu'il était placé en garde à vue dans le cadre de l’affaire de l’équipe cycliste Cofidis, n'était pas la sienne !

En droit, un procès verbal d'audition, ne vaut que jusqu'à preuve du contraire. Dans les faits, sa valeur probante est quasi irréfragable. Essayez donc d'aller démontrer que ce que vous avez dit puis avéré par votre signature aux enquêteurs n'étaient, en réalité, pas fondé ! Il est quasiment plus simple de déplacer pierre par pierre la grande muraille de Chine... Et si vous en doutez encore, demandez donc à Patrick Dills, ce qui lui en a coûté de craquer aux questions d'un enquêteur entreprenant alors qu'il avait à peine 16 ans... (la réclusion criminelle à perpétuité, la Cour d'Assises des mineurs de Metz, fait rarissime, lui ayant refusé l'excuse de minorité).

Un procès verbal d'audition c'est une pièce maîtresse, parfois le seul fondement des poursuites, et ce n'est d'ailleurs pas un hasard, comme l'a justement souligné Eolas, si la loi Sarkozy sur la sécurité intérieure a abrogé l'obligation d’information du droit de se taire lors de la garde à vue...

Comprenez donc mon émoi quand j'apprends que des policiers, agent ou officier de police judiciaire ont volontairement apposé une fausse signature sur un procès verbal d'audition, par définition complétement bidon ! L'affaire est grave, impardonnable, dangeureuse, c'est la démonstration de l'arbitraire : c'est le règne de la matraque et du képi...

J'avoue que guettant de près la réaction du Parquet, je me jette sur le site du Monde.

On peut dire que j'ai été servie, car l'affaire a dorénavant changé de registre, on est entré dans la phase du "grand-guignolesque", de la déraison. J'y lis : « Sollicité jeudi matin, un responsable de la préfecture de police n'a pas exclu que la signature de M. Vasseur ait pu être ajoutée sur des PV pour "un problème de forme", mais a certifié que le cycliste avait bien tenu les propos retranscrits. ».

Il se trouve donc un "responsable" de la préfecture de police pour couvrir un faux en écriture publique, un crime gravissime qui, à mon sens, jette l'opprobre et le déshonneur sur tout l'édifice préfectoral !

Il me semblait à moi que des valeurs aussi importantes que la confiance, le respect de son serment, le fondement de son métier, était primordiales. Comme il se trouve qu'un responsable de la préfecture trouve normal de clamer -sans vergogne- de sacrifier ces quelques broutilles à la défense de son pré carré et justifier que l'on commette un acte criminel pour résoudre un quelconque problème de forme, j'imagine que mon sens de la justice doit être un pur anachronisme...

J'attends maintenant de savoir quelle va être la position du Parquet, voire celle du ministère de l'intérieur. J'ose encore croire que s'ouvrira une procédure criminelle contre cet infâme policier, et que l'on redore enfin le respect dû aux institutions ! Mais je crains de n'être déçue... j'ai parfois le sentiment que les avocats sont les derniers utopistes de la justice...

Et après, bien entendu, on va aller faire la leçon aux sauvageons qui n'ont décidément aucune notion de ce que signifie la civilité !





Zizi au zoo

un babouin

Les babouins à Vincennes sont toujours un spectacle extrêmement enrichissant, pour les petits et pour les grands.

Mardi, se trouvait près de nous une jeune personne qui gardait pour quelques jours son petit neveu, cousin ou filleul âgé d’environ 8/9 ans.

Elle lui parlait de ce ton mièvre qu’on adopte pour faire accroire aux enfants que le monde n’est peuplé que de petits lapins bleus, de papillons blancs et de mignonnes petites souris roses…

« Oh ! Regaaaaaaarde ce petit singe dans les bras de sa man-man, elle le câline bien vois-tu ! Oh ! Regaaaaaarde comme elle est attentive ! Oh !! elle est gentille elle lui fait plein de bisous !  » (…)

J’étais arrivée avant elle et j’avais suivi le manège de ces deux singes, je me retenais donc de pouffer.

Tarquinet, qui comme moi, observait attentivement ce simiesque manège, en tendant l’oreille aux bruyantes remarques de notre voisine, me demande : « Heu M'man ? Tu penses que c’est sa maman ?  +

Et moi de répondre incontinent : « non ! non ! ce n’est pas sa maman !!  »

Coup d’œil courroucé de la jeune oie blanche qui ne comprend pas pourquoi je mets tant de conviction à affirmer à ma progéniture que ce n’est pas la mère du petit qui dispense de pareilles marques d’affection.

Tarquinet : « Heu M'man ? Qu’est-ce qu’il lui fait au zizi ?  »

Moi, hilare : « Heu, je crois bien qu’il lui fait des bisous… » (c’était de ma part un pur euphémisme, car le premier abouchait le zizi du second à en perdre haleine…)

La jeune dame horrifiée comprend sa méprise et tente de détourner l’attention de l’enfant dont elle a la garde.

Tarquinet s’exclame alors : « Waouhhhh ! Tu as vu la taille de son zizi ! En plus, il est tout rouge !!!!  »

Cette dernière phrase, tombée dans l’oreille du garçon sage a définitivement ruiné les efforts de la jeune dame pour attirer plus loin le regard de l’enfant.

Et moi, comme tous les adultes alentours étions plutôt amusés d’entendre les ricanements parfaitement justifiés de ces bambins et de surprendre leur sourires entendus : Bah ! oui ! La nature n’est pas uniquement constituée de petits lapins bleus, de papillons blancs et de mignonnes petites souris roses… ce n’est pas pour cela que le monde est moins beau…




mercredi 28 juillet 2004


Mon Papa flippé

un flipper

Cet après-midi, en faisant une folle partie de Mario Bros avec mon Tarquinet l’aîné, et alors que la sonnette a retenti, je me suis soudainement souvenu de mon Papa à moi et de son incorrigible distraction.

Quand j’étais gamine, j’avais un flipper dans ma chambre, un vrai, un beau, un vieux flipper, plein du bruit claquant des boules en fer, de ressorts cacodyliques et quasiment sans électronique.

J’avoue que nous n’avions pas eu trop de mal, Zomozygote et moi-même pour l’obtenir. Il avait suffit d’emmener notre commun géniteur essayer l’engin chez notre ami vendeur. A la suite de quoi, et au prétexte de la nécessaire conservation des antiquités, ce magnifique joyau du divertissement avait constitué un judicieux cadeau d’anniversaire.

Or donc, un après-midi, jeune Tarquine devait sortir vaquer à une courte tâche avant de revenir dans sa chambrette. Par moyen de mettre la main sur mon trousseau de clefs. J’avise donc mon père qui était seul présent avec moi : « Papa ? » lui dis-je. « Papa ! Je vais faire une course puis je reviens. Je n’ai pas les clefs, si on sonne, c’est moi : ouvre-moi !  »

« hum hum » (mon père répondait toujours « hum hum » et plus spécialement quand il n’écoutait pas…)

« Papa ? » lui répétais-je. « Papa ! Je vais faire une… »

« Mais oui ! + m’interrompit-il « J’ai compris ! ».

Adonc, je laisse mon cher père dans l’appartement, avant d’y revenir une dizaine de minutes plus tard.

Je sonne. Rien ne se passe.
Je re-sonne. Rien encore.
J’imprime à la sonnette une pression impérieuse et agacée, voire un peu angoissée (Palsambleu, serait-il sorti ?)

J’entends soudain du fond de l’appartement la voix joyeuse de mon père retentir : « Tarquinette ! ! Tarquinette ? Tu peux ouvrir mon petit chat ? Je suis coincé : j’ai l’extra-boule ! ! ! »

Mon Cher Papa, c’est toi qui était extra !




mardi 27 juillet 2004


Zoo de Vincennes

Photographies au Zoo de Vincennes


Je signale aux touristes gourmands que c'est au Zoo de Vincennes que l'on trouve les meilleures gauffres de la place de Paris (la gargotte coincée entre les loutres et les éléphants).

Et n'oubliez pas de donner leur écot aux moineaux ! Tendez la main à plat sans bouger, ils viendront vous manger dans la main ! Succès garanti auprès des bambins !





Réveil tarquiniolesque

Ce matin, en ouvrant les yeux j'ai découvert une petite fille dans mon lit, enfant subreptice qui se faufile sans bruit dans la pénombre en affrontant la peur pour apaiser ses craintes.

Silencieusement, je me suis levée, foudroyant du regard le chat-ffamé qui glapissait. Lentement, nimbée de l'odeur de café, je me suis éveillée à la conscience.

Une porte qui grince, grincement à l'endroit, grincement à l'envers : Tarquinou se lève (maniaque, il referme toujours les portes !). Un petit visage chiffonné qui s'éclaire, une couche qui dodeline de joie, les bras qui moulinent de gaieté : c'est toujours terriblement poignant d'être le centre du monde !

Cette fois-ci c'est un lit qui grince, Tarquinet se penche à la rambarde en maugréant : « Tarquinette, elle a fait pipi dans un drap à moi ! »
« Elle a fait pipi dans ton lit ? »
« Non, dans son lit, mais c'était MON drap ! » (…)

Là-dessus, car il ne résiste plus, il se fait un pansement sur le tibia soustrayant une piqûre de moustique à ses ongles frénétiques. Tarquinou s'empare soudain du sparadrap et dans le plus pur charabia lui signifie que lui-aussi a besoin d'un bandage. Alors Tarquinet l'aîné, fier et ravi de faire plaisir à son frère, lui exécute sur l'avant-bras, une œuvre digne d'une blessure de guerre !

Les garçons sont heureux !

Une cavalcade de petits pas précipités « Maman, Maman ! Je n'ai pas fait pipi, c'est bien hein ? »
« Tu n'as pas fait pipi au lit ? » (son frère m'aurait menti ?)
« Bah non !, pas dans TON lit ! »

Que j'ai ri ! Je suis maintenant parfaitement réveillée…

A nous, lessive et zoo de Vincennes !





Au complet !

Photographies des trois biquets



samedi 24 juillet 2004


Veille de retrouvailles

Photographies de parties du visage de mes deux aînés

Je pars à l'aube chercher mes deux aînés. Il est bien temps ! sans eux, je me sens bancale, amputée.

C'est à peine conscient mais je sens la tristesse faire son oeuvre de démolition. Tarquinou aussi sent que nous sommes incomplets, il bougonne plus que de raison et passe des heures avec son frère au téléphone.

Je m'aperçois que la vie n'a, à mes yeux, quasiment plus de valeur que par la présence de mes enfants. C'est évident et en même temps inquiétant. Je ne voudrais pas les envahir et les empêcher de vivre en dehors de "maman".

Bon, je raisonnerai plus tard... pour l'instant, je ne vais pas bouder mon plaisir de les retrouver demain !





Opressante absence

Je ne parviens pas à fuir.

Les billets, les journaux, les carnets, ne parviennent ce soir à m'offrir refuge.

Je me suis usé les yeux en triturant, déformant, malmenant des images, des photos ou même de simples mots sans réussir à faire taire cette sourde douleur.

Je me sens engourdie de misère, cherchant bêtement à m'y soustraire, comme si je ne savais pas que l'entreprise était nécessairement vaine...

Et cette lancinante chaleur qui me ramène en arrière, qui me ramène l'an passé, quand la vie avait encore un sens, une illusion de raison et était synonyme de bonheur.

Rien à faire, je ne peux m'y dérober, ce soir, il faudra donc que je serre les dents pour ne pas crier.

Putain, ce qu'il me manque l'homme que j'aime.




jeudi 22 juillet 2004


Travers de cyclistes

un vélo dont l'ombre le précède

Ce matin, un cycliste masculin se l’ai « pété » grave. Alors que je menais grand train sur le côté nord du boulevard Pereire (j’étais très en retard), il m’est passé devant, à la faveur d’un feu rouge, dans un crissement de frein et une débandade de frime.

Le boulevard, jusqu’à la place de la Porte Maillot est long et se termine par un léger faux plat. Je l’ai donc laissé peu à peu ralentir, puis s’essouffler et enfin ahaner avant de l’achever en le doublant le plus allégrement possible…

L’anecdote prête à sourire mais démontre assez précisément le travers de bien des cyclistes : être en compétition perpétuelle avec le premier vélocypédiste venu…

Comme si c’était une blessure de rouler derrière une personne de sexe féminin… Cela touche principalement les hommes mais les femmes ne sont pas à l’abri. J’en ai connu une, de triste mémoire, qui hurlait, quai des Tuileries, quand on la doublait !

Dépassez-moi autant que vous voulez, cela m’est parfaitement indifférent – à la seule condition que ce ne soit pas comme ce matin quand rouler derrière une femme devient une offense.

Moi je préfère rester derrière les gens et quand je m’arrête auprès d’eux leur faire partager les indication de mon compteur en leur faisant part de leur vitesse de croisière.

Ils sont souvent surpris, presque toujours contents et moi, de cette façon, je clame que je refuse obstinément la compétition… Parce qu’il faut quand même songer à les éduquer ces nouveaux venus : ils ne faudrait pas qu’ils deviennent aussi imbuvables que certains automobilistes !

>Edité pour faire que la géographie s'accorde entre la place "dite la Porte Dauphine" et la place de la Porte Maillot.




mercredi 21 juillet 2004


Particularités d'une journée ordinaire

Avec Tarquinou, nous sommes allés acheter une télé ... en vélo !

J'ai remercié du chef une BMW noire qui, très gentiment et alors qu'elle était à l'arrêt, s'est décalée sur la gauche pour me laisser un bon tiers de la chaussée !

Brutalement et sans aucun signe avant-courreur je suis littéralement obsédée par l'envie de recommencer à fumer (alors que cela fait 9 mois que j'ai cessé), pas l'envie d'une cigarette, non, envie de fumer comme avant, comme un pompier, à tout bout de champs... C'est la première fois que je me retrouve confrontée à cela, je suis un peu désarçonnée...

Enfin, je sens une envie de lire qui point doucement... Ce serait la grande nouveauté de l'année... recommencer à lire ! quel plaisir !

Pour tenter de faire taire mes nicotiniques appétences, je vais donc m'hasarder à me perdre dans les pages d'un roman...





Lier, nouer, ficeler

des cordes pour relier

J'ai rajouté quelques liens, des liens forcément partiaux donc nécessairement injustes.

Ce qui m'étonne le plus sur la Toile, c'est la quantité de gens qui écrivent formidablement bien et auprès desquels on a tant de choses à apprendre.

A ce propos, je dois dire que je suis inquiéte de ne plus lire de nouvelles de Pasfolle ; et je sais que nous sommes plusieurs dans ce cas.

Pasfolle, si par hasard tu passes là, fais-nous un pied de nez dont toi seule a le secret !

Enfin, si dans ce terne mois de juillet, vous manquez d'occupation, participez donc aux grands jeux concours d'obni ! (avec des mots ou des images, c'est au choix !)





Le courage végétal

un plant de tomate devant une fenêtre

Regardez-le ce petit plant de tomate qui de toute la force de ses cellules s'acharne à repousser les murs de banlieue.

Regardez-la cette petite tomate verte, esseulée, unique, qui cherche obstinément le soleil dans la grisaille, sans parvenir à en trouver assez pour mûrir.

C'est que cette tomate là, elle devrait être inscrite au patrimoine mondial de l'humanité, recevoir la médaille du mérite, l'accolade des Nobélisés !

Sa génitrice est née, je ne sais où, sans doute dans un pays ensoleillé puis cueillie, transportée, achetée, lavée, épluchée ou découpée.

Elle a vraisemblablement été ingérée à mon domicile en des temps plus ou moins reculés et une de ses petites graines a échappé à son sort funeste en s'évadant dans ma plomberie.

La petite graine s'est tapie dans un lieu sans soleil  ; elle a attendu son heure, sans bruit, accrochée à une instable poussière pour ne pas se laisser entraîner dans les flux d'eaux de vaisselle.

Et tout doucement, durant les longs soirs d'hiver, obstinément, elle a réuni de quoi se nourrir, elle a trouvé la force de vivre et de la façon la plus incroyable, de grandir sans ce lieu affreusement hostile.

Un jour de pluie, j'ai aperçu une minuscule pousse du vert le plus tendre sortir de cet endroit là :

un évier

Je ne savais pas ce que c'était, - un pissenlit ? une ortie  ? - je n'en avais aucune idée. Mais je savais que cette fragile tige avait franchi bien des obstacles pour parvenir à sortir la tête de ce monde de métal et d'eau sale.

Alors je l'ai tout doucement recueillie, et puis je l'ai plantée, (moi qui n'ai jamais rien planté de ma vie !), je lui ai donné la meilleure place d'entre tous les pots. Je l'ai arrosée régulièrement (ou non) et elle a grandi la petite pousse. Quelques feuilles puis des fleurs sont apparues au printemps et elle s'est mise à embaumer la maison, une odeur si douce, si forte et si aromatique que j'ai découvert ses origines ! Une solanum lycopersicum. Une merveille de baie de solanacées… un rayon de soleil dans ma grisaille !

Elle a même réussi à donner la vie ma tomate égarée ! et je regarde dorénavant sa fille vaillante et verte se battre pour survivre dans ces faubourgs sans verdure.

Alors, la prochaine fois que vous traiterez quelqu'un de végétal, faites-le au moins en pensant à elle et à sa formidable force de vie ! Longue vie à toi ! Tomate de mon cœur !




mardi 20 juillet 2004


Emois estivaux

fenêtre ensoleillée dans une maison provencale

Je me souviens, nous étions à Aups, je ne sais plus très bien pourquoi, je crois qu'il était question d'asticots pour la pêche des marmots, j'étais dans la voiture avec notre Tarquinator tout endormi encore.

Je t'attendais. C'était le matin. Je sortais pour te retrouver et je t'ai vu revenir avec tes deux aînés qui rayonnaient de bonheur.

Je me souviens vous avoir regardé arriver, je me souviens très précisément avoir pensé combien je t'aimais et quel père génial tu faisais.

Je me souviens de ce sentiment qui m'a envahi à ce moment. Un immense élan d'amour pour toi. Ce élan qui me revient, là maintenant, sans que j'en devine la raison mais intact à ton égard…

Parfois, je ne sais plus si t'aimer autant, est une force ou une souffrance…





Rock n'roll des gallinacés

Afin de satisfaire la petite dizaine de visiteurs qui arrivent quasiment quotidiennement sur ces carnets en quête des paroles du « rock n’roll des gallinacés », voici l’objet de leur désir :

Dans la basse-cour, il y a,
Des poules, des dindons, des oies.
Il y a même des canards,
Qui barbotent dans la mare.
Et ça fait « kôt kôt », « kôt-Kodec »
Et ça fait « kôt kôt », « kôt-Kodec ».
Et ça fait « kôt kôt », « kôt-Kodec »
Rock n’roll des gallinacés.
Yeah...



Et chers visiteurs, grâce à la perspicacité, la détermination et à l'opiniâtreté d'un Pierre Carion ému par votre juste quête (partager avec vos têtes blondes ce parangon de la comptine enfantine), ici vous trouverez le thème de la chanson.

Et vous mes trois amis musiciens, partis opportunément en vacances, vous ne perdez rien pour attendre car, ma version mérite à mon sens que l'on jette sur la portée, ces joyeuses doubles croches... Je vous cueillerai donc dès votre arrivée !





Partagerez-vous Paris avec moi ?


A Paris en bicyclette c’est la saison où l’on doit se méfier de tout. "Il y a moins de voitures pourtant" me direz-vous ! Oui, mais ce ne sont pas les mêmes automobilistes…

Ce n’est pas qu’il y a davantage de BMW noire (ouf !) mais plus de néophytes qui ne sont pas exactement rompus à la conduite urbaine, des provinciaux mais également des banlieusards qui prennent leur véhicule pour l’occasion.

Et c’est que ça n’aime pas partager son couloir de circulation vous savez ! Ça klaxonne pour vous signifier de vous pousser afin de les laisser passer ! Ça freine quand c’est créditeur de la priorité à droite (mais je dois reconnaître que les places parisiennes sont spécialement difficiles à appréhender). Ça a des trajectoires hésitantes. Ça ouvre ses portières comme au milieu d’un désert. Bref ça m’énerve…

Ça m’énerve et c’est un tantinet injuste pour diverses raisons :

- Paris n’est pas la propriété exclusive de la Tarquine, quand bien même la chérirait-elle d’un amour tendre et possessif (C’est si dur de m’en convaincre).

- Paris étant la plus belle ville du monde, il est bien normal qu’elle accueille ses lointains vassaux venus lui rendre hommage (non, non je ne suis pas partisane !) .

- Franchement, être impressionné de conduire dans Paris, cela se comprend aisément ; d’abord on a toujours le nez en l’air à regarder ce pur joyau (mais puisque je vous dis que je ne suis pas partisane !) ensuite la conduite des parisiens, même en nombre réduit, est quand même très singulière.

Mais j’ai un remède pour arranger tout le monde : amoureux transis de Paris : louez vous-même des vélos ! Potassez le plan des pistes cyclables et des voies de bus élargies. Vous constaterez que l’on peut circuler assez facilement dans Paris sans affronter le flux automobile. Que cette merveille se découvre bien plus aux cyclistes qu’aux automobilistes et qu’il est bien plus aisé de s’arrêter pour lever son nez afin de lui rendre son salut.

Et moi je serais ravie que tant d’amoureux de Paris, abandonnent pour quelques heures leur bruyants véhicules, qui, vous en conviendrez, sont quand même très laids dans ces rues si belles…




lundi 19 juillet 2004


Message personnel


Si vous connaissez Audrey M. du Pas de Calais, pourriez-vous lui dire que R. R. (du département du Nord) lui a fait une déclaration d'amour sur le quai numéro 6 de la gare d'Arras.

J'aimerai bien tordre le cou à l'affirmation selon laquelle les histoires d'amour finissent mal... en général.




dimanche 18 juillet 2004


Orageuses réminiscences

Orage d'été

Cela survient n'importe où, sur un quai de gare, au fond de mon lit ou au guidon de ma bicyclette.

Hier, c'était sur un parking de grand magasin, les bras pleins de paquets, en train de charger la voiture.

Le ciel avait pris cette couleur de gris si particulière, quand l'anthracite le dispute à l'acier et le carbone au plomb.

Le vent s'est soudainement levé et la température a baissé.

Quand la pluie a commencé à tomber, j'ai eu le temps de prendre mon « encore presque bébé », de le poser dans la voiture, de m'asseoir au bord du coffre. Puis de pleurer à me déshydrater, de sangloter à en hurler, à ne plus pouvoir m'arrêter.

Simplement parce c'était un orage d'été, qu'il me rappelait les précédentes années, tous ces étés avec lui, depuis l'été où l'on s'était rencontré.

L'orage est passé, mais je sais qu'il n'est jamais très loin.




samedi 17 juillet 2004


L'inélégance des marchands

Je suis assez chiffonnée en ce moment par ces gens sans pudeur, sans poésie, et à les écouter parler ou à les lire sans aucun autre talent que de faire de l'argent, par tous les moyens ou presque, et en tout état c'est certain, sans aucun cachet.

Les déclarations d'un Le Lay, les cris d'orfraies poussés sans vergogne par ces majors « culturels + et relayés absurdement par nos gouvernants sont tellements affligeants.




jeudi 15 juillet 2004


Tarquinou le merveilleux

Tarquinou

Je l’ai regardé bouger, tout empli de grâce qu’il est. Je lui ai lâchement chatouillé le cou et les « pétous »pour l’entendre rire. Un rire argenté dont je ne me lasse pas.

J’ai joué à cache-cache afin de partager ses « coucou ! » à peine ébauchés qu’il répète à l’envi depuis hier, date à laquelle ce nouveau mot a été ajouté à son vocabulaire.

Je fais semblant de m’abstraire, d’être ailleurs, pour sentir sa minuscule main venir prendre la mienne et impérieusement me tirer à lui en criant un retentissant « maman » !

Je m’amuse à lui voler son « doudou » puis à fuir en courant pour le seul plaisir d’entendre retentir les pas de ses petits pieds nus sur le sol « ploc-ploc-ploc ploc-ploc » puis le voir arriver, rayonnant de liesse d’avoir rattrapé sa mère et de se jeter dans ses bras – en oubliant doudou !

Je le regarde, l’enfant si beau, qui manie le sourire comme d’autres manieraient l’épée, précis et terriblement efficace.

Je le regarde l’orphelin de père et je ne peux m’empêcher de penser à mon Tarquin l’aimé, qui aurait été si fier de son petit dernier, qui aurait passé des heures à le faire rire, à le faire jouer, à l’aimer.

Et peste ! qu’ils ont le caractère semblable, ces deux-là qui se séparent avec le temps !





Blogosphère consolatrice

Dans la même veine que le précédent billet, ma télé vient ce soir, de rendre son dernier soupir... Requiem in pace, de toute façon, je ne la regardais jamais.

Non, moi je vais me consoler en lisant les billets de mes coreligionnaires.

Et, alors que je vadrouillais sur la toile, l'âme en peine, je vais faire un tour chez Guillermito. J'ai littéralement hurlé de rire devant mon PC en lisant cela.

Et je vous conseille de suivre ses liens car franchement c'est à mourir de rire, et quant à mourir autant mourir de cela... La location du Goth ici me déclenche une irrépressible crise d'hilarité.

Difficile, s'agissant des journalistes, de leur source, et de leur façon de "traiter" l'information, de ne pas faire le parallèle avec cette triste mythomanie...




mercredi 14 juillet 2004


Cimetière un jour, cimetière toujours.

Coeur figé en résine dans un cimetière

Il avait horreur des cimetières. Il n’allait d’ailleurs jamais sur la tombe de son frère. Simplement il m’accompagnait parfois sur la tombe de mon père, dans un cimetière de village, sur le chemin de la mare aux grenouilles.

Il avait su, juste avant de mourir, que ma mère s’en irait là aussi.

C’était la veille au soir, un mardi, où j’ai vu le chirurgien ; il n’y avait plus rien à faire, et ce d’autant plus qu’elle avait très dignement fait savoir qu’elle refusait toute forme d’acharnement. Elle voulait être opérée et ne plus jamais se réveiller, c’est tout.

Le lendemain, le mercredi, au matin, je me souviens qu’il était en retard pour son rendez-vous et qu’il est parti en vitesse sans emmener les enfants. Un coup de téléphone affolé alors que j’étais au Palais : un scanner a montré l’anomalie du système vasculaire cérébral.

Une journée, une journée ensemble, notre dernière journée. Cette journée là, il est encore trop tôt pour en parler.

Il devait être opéré dans les jours suivants. Mais dans la nuit, la nuit de mercredi à jeudi, j’ai appelé le SAMU et les pompiers. Je ne l’ai jamais revu conscient.

Il est mort juste avant « Maman ».

Parfois, j’ai encore l’impression d’être liquéfiée dans la douleur.





Esthétiques aberrations

J’aime bien les jolis sites, mais quand je cherche un renseignement précis, je préfère le bon vieux site fonctionnel qui ne vous ne vous raconte pas de calembredaines, ne vous fait pas rêver mais vous offre rapidement ce pour quoi vous êtes venu.

Aujourd’hui, je suis allée sur le site de Habitat, je cherchais un renseignement très précis : existe-t’il un magasin en banlieue TRES accessibles aux automobiles ? (essayez de monter des escaliers chargée comme un baudet en portant votre petit dernier, vous comprendrez d’autant mieux l’utilité de la question et de l’importance de l’accessibilité).

Je vais faire court car il est fort tard, je vais donc vous dévoiler tout de suite que NON je n’ai pas trouvé un magasin Habitat en banlieue. Peut-être existe-t’il, mais je ne suis pas parvenue à le déterminer…

Habitat c’est l’exemple type du site super joli pour vous faire rêver… sauf que il y a des petits trucs essentiels qu’il faudrait voir à ne pas oublier…


Je suis ravie que l’on me propose une véritable mappemonde pour trouver un Habitat mais moi c’est juste la banlieue parisienne qui m’intéresse. Et je moque assez de savoir qu’il y en a un aussi à Canterburry ou à Reykjavik…

Dites-moi plutôt où faut-il cliquer pour trouver le magasin que je cherche ; hum ? ? ?

La seule façon d’y parvenir est donc faire défiler la liste, mais comme il se trouve que je connais pas le nom des villes de la banlieue parisienne dans lesquelles il y a un Habitat, (sinon je ne serais pas en train de chercher...) la liste alphabétique ne m’est d’aucun secours.
Avant de partir j’ai eu le temps de remarquer un certain nombre de choses :


Il y a quatre fautes d’orthographe dans le menu « espace presse »... Je crois que je n'avais jamais vu pire (y compris sur les sites réalisés par des non-professionnels...)

Enfin, avant de pouvoir dire que vous auriez bien aimé trouver dans ce site un magasin dans la banlieue parisienne TRES accessible en voiture, il faut quasiment décliner votre état civil… le nom de mon poisson rouge, ça vous intéresse aussi ?


Et bien évidemment, on ne vous dit nulle part si le site est déclarée à la CNIL ou non… quand je pense à ce que doit contenir leurs fichiers, c’est quand même un comble…

Bref, j’ai été à IKEA…




lundi 12 juillet 2004


L'éloquence judiciaire (3)

paysage d'Auvergne

Voici donc un second arrêt rédigé par Monsieur ALZUYETA, Président, en son temps, de la Première chambre civile de la Cour d’appel de Riom.

Cette décision étant très longue, je vais tenter de faire des coupes (difficiles) et d’en proposer une lecture linéaire en sacrifiant quelques savoureux points de droit.

Pour les curieux, les inconditionnels amoureux de la langue de Molière, les juristes en herbe ou achevés, je vous indique que vous pouvez lire la décision in extenso ici (format pdf).

Attendu que le Premier Président de la Cour de cassation invita un jour le monde judiciaire à sortir du néolithique, c'est-à-dire du monde où le plus fort écrase de ses lourdes pierres le plus faible ;

Que cette très noble voix ne semble point être parvenue aux oreilles des rédacteurs des contrats d’assurance de la Caisse nationale de prévoyance qui garantit le risque invalidité-décès des citoyens ayant contracté un prêt dans les instances du Crédit Agricole ; qu’en effet, cette Caisse nationale a refusé la prise en charge des prêts contractés auprès de ladite banque en 1987, 1988 et 1989 par Christian Vigouroux, né le 8 août 1954, agriculteur au lieu-dit Les Aubennes, village de Saint Georges-d’Aurac (254 âmes) dans le département de la Haute Loire, aux motifs d’une part que le 3 novembre 1994 son médecin contrôleur a déclaré que l’assuré, atteint d’une lombo-sciatique gauche, n’était point en mesure de reprendre sa profession, mais pouvait en exercer une autre, et d’autre part que le contrat d’assurance prévoit une garantie en cas « d’impossibilité de reprendre une activité professionnelle » :

Attendu que par un jugement excellent, tant par sa rédaction dans un français élégant que ses arguments juridiques extrêmement pertinents, le Tribunal de grande instance du Puy-en-Velay a, le 31 mars 1995, fait litière des arguties de la Caisse nationale de prévoyance ; que celle-ci, ayant cru bon de relever appel, s’obstine dans sa vue néolithique des choses (…)

« En fait, la seule question est en réalité de savoir si l’état de santé de l’assuré entraîne ou non une incapacité temporaire totale de travailler ou s’il est partiellement apte à exercer une activité professionnelle (la sienne ou une autre occupation) ; (…)

Attendu que Christian Vigouroux pourrait en pure théorie être clarinettiste, professeur de chinois, répétiteur de bridge, ravaudeur de caleçons, et qui sait quoi encore, de même qu’il pourrait s’élever au niveau des mathématiques les plus éthérées, tel ce paralytique célèbre qui manie les machines les plus complexes par les seuls mouvements de ses yeux ;

que dans cette perspective, ainsi que l’a remarquablement fait observer le conseil de Vigouroux à l’audience du 20 novembre 1995, la totalité des contrats conclus par la Caisse nationale de prévoyance seraient inopérants (hormis, ajoute la Cour, les rarissimes cas de malades plongés dans un coma profond) ; que la souscription généralisée des contrats que l’on saurait d’avance mort-nés – puisque hormis les comas profonds, tous les assurés pourraient un jour reprendre « une » activité – serait susceptible d’intéresser d’autres instances que la juridiction civile, la fausse entreprise étant alors caractérisée (…) »


Cour d’appel de Riom, 1ère Chambre civile, Section 1, Arrêt du 14 décembre 1995
M. Alzuyeta, pré. - Mmes Jean et Ladant Cons.- Mes Giora et Galice, av. ; Mes Goutet et Tixier, avoués.
RGP 4891, Gaz. Pal, 13 juillet 1996, p.395.


Il est bien entendu que je n’aborde que l’aspect rédactionnel de l’arrêt et non pas la solution juridique (excellente) apportée, celle-ci ayant fait l’objet, depuis, d’un certain nombre de digressions, notamment par la Cour de cassation…





Fin d'un calvaire

Une croix en pierre

Quoi que vous fassiez je ne serais jamais comme vous. Non, le « qu’en dira t’on » est une valeur dont je me contrefous, non quand je n’aime pas, je dis « je n’aime pas », et quand je m’ennuie, je m’en vais.

Effectivement, je suis très mal policée, je suis bien trop spontanée pour faire semblant très longtemps, je suis pour vous un espèce de monstre de liberté et d’incompréhension, un énorme point d’interrogation.

Mais vous, vous m’aviez bien oubliée quand vous êtes venus vous installer chez moi, vous aviez même oublié que ma mère mourrait ! Je me souviens d’un « c’est pas grave » qui résonne comme une gifle. Je pensais que la douleur rapprochait les gens, vous m’avez démontré très exactement le contraire. Vous avez souillé mon "chez moi" en hurlant et en criant votre haine, comme si votre douleur vous donnait tous les droits.

Vous avez été si loin que le statu quo est rompu et comme je me fous royalement de savoir si vous m’aimez ou pas, je suis un électron libre, seul l’amour de mes enfants me raccrochent à vous…

Car vous faites partie de la famille de mes enfants. Mais quoi que vous fassiez, quoi que vous aimeriez, vous ne faites pas partie des miens. Cela vous désole, je le sais bien, mais c’est ainsi. Mon mari vous adorait ; j’espère que mes enfants vous aimeront et qu’ils sauront nouer des liens étroits avec vous, mais moi c’est hors de question.

J’ai dorénavant l’absolue certitude que je ne vous aime pas. Tout simplement. De mettre un nom sur cette vérité me rassure et me calme, je ne vous aime pas, c’est tout, et on ne force pas les gens à aimer. Invoquer la mémoire de mon époux n’y changera rien. Je ne vous déteste pas, je ne vous hais pas, tout simplement, je ne vous aime pas.

Soyez des grands-parents, je ne vous demande rien d’autre et je n’accepte rien d’autre, quoi que vous puissiez faire.

Fin d’un calvaire, je suis rentrée chez moi




samedi 10 juillet 2004


Passage au vert

facade en ville


Leurs valises sont bouclées, je n'ai oublié, ni la bouée de la Minette, ni les bouquins du Tarquinet.

Ces deux là vont réapprendre à vivre sans maman et, parler de leur papa à eux, avec ses parents à lui.

Ils quittent la ville, son horizon bouché et ses quartiers monocordes - que j'aime tant.

Je vais avec eux, et puis je reviens. Certaines choses sont devenues insipides, d'autres sont décolorées, et d'autres encore indispensables et redoutées. Les vacances estivales qui resteront associées à tout jamais aux derniers moments de bonheur parfait, sont tout cela à la fois.

Même abasourdie de fatigue, je ne suis pas certaine d'être prête à regarder les pierres suer, lire une page dans un champs ou faire la sieste avec les enfants. Je ne pars que quelques jours mais je pense qu'avec un fil téléphonique et un ordinateur pourri, je parviendrai quand même à vous lâcher quelques billets...




jeudi 8 juillet 2004


De bric en vrac

Statue du quai des Orfèvres

Aujourd’hui en allant au Palais, j’ai vu une bulle toute irisée de sa fragilité traverser les files d’engins mécaniques qui encombraient les Champs Elysées. Elle volait entre les voitures, près des pavés et des pots d’échappement. J’ai freiné pour la laisser passer. J’espère que le bambin qui l’a soufflée a vu quel poétique exploit son œuvre a su créer.

Aujourd’hui au Palais, j’ai vu une ribambelle d’enfants qui courraient dans les couloirs, bien trop énervés pour obtempérer aux remontrances maternelles d’une mère trop épuisée pour avoir l’air autoritaire. Un nouveau-né pleurait contre son sein, ses vagissements résonnaient dans les hauts couloirs de marbre, son incongru et si attachant. Je ne sais ce qui pouvait amener cette femme, dans ce lieu, avec toute sa progéniture mais je me suis sentie soudain, tellement privilégiée.

Aujourd’hui, en sortant du Palais, j’ai remarqué pour la première fois une jeune demoiselle fort dénuée qui musait Quai des Orfèvres, tuant le temps en jouant à la raquette, elle semblait lancer sa balle fort loin, bien au delà de la Seine qui lui fait front.





Avis de (non) recherche

Tarquine et Tarquinou



Tarquinette ne doute de rien ! Elle m'a officiellement fait savoir ce soir qu'elle partait à la recherche d'un mari génial, professionnel de la cuisine (sic).

D'après ses explications, le mari était pour moi ! !

Tarquinet opine du chef et Tarquinou se marre devant l'air ahuri de sa mère...

Sales mômes !

Nous avons d'autant plus ri que la réflexion venait après de longs sanglots de la Minette qui réclamait "papa" et qui refusait d'accepter qu'elle ne le reverrait plus jamais...

Et brusquement, sans même essuyer ses larmes, elle décrète qu'elle part à la recherche d'un "mari génial, professionnel de la cuisine" ! !

Non, ma Minette, je ne veux pas d'un "mari génial, professionnel de la cuisine", non ma Minette je n'en veux vraiment pas, mais c'est pas grave, tu as le droit d'en réclamer un, c'est bien normal...

Et puis compte tenu de la bonne tranche de rire que l'on a partagée, j'imagine que tu vas m'en reparler souvent de ton "mari génial, professionnel de la cuisine" !

Rire ou pleurer, parfois j'hésite... peut-être rire dans un océan de larmes...




mercredi 7 juillet 2004


La couardise et la justice, ou l'incertain combat

Non au démantèlement de la justice

Depuis l’empereur Julien l’apostat, précisément en l’an 357 après Jésus-Christ, on rend, à Paris, la justice dans l’île de la Cité.

Le Palais, maintes fois transformé, abîmé, rénové, paré, décoré, a traversé les siècles sans jamais cesser d’y juger.

C’est là que furent condamnés Marie-Antoinette et Danton, c’est là que Dreyfus et Zola y furent jugés, puis le premier réhabilité ; Madame Caillaux acquittée, Mata Hari et le docteur Petiot expédiés à l’échafaud ; des milliers de juifs et/ou de résistants, illustres ou inconnus mais parfaitement égaux devant l’iniquité, y furent aussi malmené puis emmenés.

Le Palais, si beau devient malheureusement trop étroit et oblige à une réorganisation de la juridiction parisienne (déjà fort éclatée puisque le Tribunal de commerce, le Tribunal de police, le Tribunal des Affaires de la Sécurité Sociale et le Conseil des Prud’hommes ne sont déjà plus au Palais).

Un tel lieu, une telle histoire, on attendrait pour la Justice de grand projet, de bel élan, une véritable reconstruction visionnaire de l’institution judiciaire dans la Cité…

Et bien, pas du tout ! Détrompez-vous !

La politique des couards c’est d’agir vite et d’agir cachés…

Sans concertation, et à la faveur de l’été, on va bientôt expulser le Tribunal de l’île de la Cité.

On va le déménager dans un lieu excentré, loin de tout, un lieu sans histoire, sans projet, un lieu qui reflètera bien la place que l’on accorde à la justice : près des rails ou du périph !

A la faveur de l’été, car c’est la sagesse des couards, les gens de justice et surtout les justiciables seront, en première instance, envoyés loin de tout.

Car gouverner, ce n’est pas consulter, rêver, imaginer, créer, non gouverner c’est gérer, expédier, se débarrasser… de la justice et de ses justiciables…

Si vous faites partie des 74 % de parisiens (fichier pdf) attachés à ce que la justice reste au centre de Paris, une pétition peut-être signée ici et une carte postale envoyée .

Et puis, si le cœur vous en dit, alertez votre maire d’arrondissement ou non, votre député, votre voisin de palier, votre copain ministre ou votre chat secrétaire d’état.

Et pour conclure, voici la petite porte par où est entrée Marie-Antoinette pour y être jugée :

C’est curieux, il y a des choses qui dans le temps, dans l’histoire, demeurent petites. Des petites portes pour un procès méprisable, des petites décisions pour d’estivales mesquineries…




piège à robots