Mesurons l'effet Guéant sur le mercantilisme de nos dealers audoniens :
Vous ne le savez surement pas mais depuis environ 18 mois, je vis au rythme du tonitruant commerce de la dope. Et si vous pensiez que ce négoce se pratique à mots couverts et à pas feutrés dans un écrin de discrétion jalousement défendu, je vous conjure de réviser votre jugement ! A Saint-Ouen, le beuglement est de rigueur et le trafic tant et si bien tapageur que nos institutions effrayées par tant de clameur s'enfoncent dans un silence aussi peureux qu'obstiné !
Un voisin compatissant et inquiet s'interrogeait hier quant à savoir s'il y avait encore de la vie dans la Mairie. Je n'ai pu le rassurer mais, bonne fille, je lui ai tu mes inquiétudes sur l'aboulie de notre maréchaussée dont je regrette aujourd'hui les rares défilés qui se tenaient antan sous mes fenêtres... Ils étaient aussi ostentatoires qu'inefficaces mais ils étaient au moins la preuve d'un souffle de vie..
Et qu'apprends-je ?! Que notre bon ministre de l'intérieur s'émeut de notre sort et conduit même son carrosse en notre bonne ville de Saint-Ouen ! Las, ma liesse fut de courte durée... A défaut de remédier aux grands maux, il convient de circonscrire le mal et de limiter son traitement à une rue ou deux !
Bref, je ne fais pas partie du bon quartier... Alors, j'observe un rien désabusé le commerce continuer à se tenir sous mes fenêtres dans un hourvari auquel je ne parviens décidément pas à m'habituer...

Oui, une chaise est bien posée au milieu de la chaussée. Que voulez-vous, ils ont pris possession de la rue et entendent bien en faire la démonstration ! Y compris par l'usage de certains organes... Je regrette que les piles de mon dictaphone m'aient lâchée ce soir car je vous aurais donné un échantillon de la voix de Stentor de la sentinelle assignée sous mes fenêtres .. Ce n'est que partie remise remarquez-bien... J'ai droit à la sérénade tous les soirs... Peut-être qu'un soir, au lieu de beuglements il nous poussera la chansonnette...
Pour être tout à fait honnête et mesurer jusqu'au bout l'effet Guéant sur le mercantilisme de nos dealers audoniens, merci de lire les différents commentaires qui suivent et qui démontrent qu'entre une municipalité qui déploie beaucoup d'efforts pour rester aveugle et sourde et la présence d'un car de police, la première a définitivement perdu mon vote pour les prochaines élections municipales...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 04/11/2011
Broc en ville
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Commentaires
Habituellement les sentinelles se font plutôt discrètes...Celle de ta rue a été mal formée ou bien elle abuse de la marchandise...
Egoïstement je vois le (probablement seul) côté positif (surtout pour nous) : ça t'a fait bloguer.
Est-ce que vous avez commencé à parler entre voisins ? Dans ce genre de cas, c'est surtout l'union qui fait la force, plutôt que la maréchaussée, ai-je cru comprendre...
Courage... (et des bisous)
Ah bhin c'est rigolo ça moi aussi j'y habite!
Le monde des blogueurs est décidément tout petit.
Et moi aussi j'ai droit à un contrôle avant de monter chercher R. chez sa nounou à Garibaldouille.
"Arthena!!!!" est leur cri d'alarme.
Le monde à l'envers, vraiment.
"Artena" oui ici aussi (pour laisse tomber en arabe). Mais je devrais être honnête et modifier la teneur de mon billet. Depuis qu'un car de CRS (ou de la police Nat.) campe sous mes fenêtres toutes les nuits, ma rue est devenue calme (et le trafic automobile a été divisé par 20... ce qui me laisse devenir l'ampleur des bénéfices du marché de la drogue !)
Souhaitons que la maréchaussée ne se contente pas de faire du saupoudrage et que les hurlements vont définitivement cesser...
Je viens de lire un papier dans le Libé d'hier sur le sujet, avec la réaction sécuritaire d'un côté, et la municipalité, les gens, qui demandent du social aussi, de l'éducation, des crédits pour rénover les immeubles...
Anne, merci pour la mention de l'article de Libé, je ne l'avais pas lu ! C'est maintenant chose faite. Le titre de Libé a parfaitement raison en évoquant le profond sentiment d'abandon des auoniens. Mais il oublie de dire que le premier abandon est d'abord celui-ci du premier magistrat de la Ville ! De la voir maintenant pleurer bruyamment dans son mouchoir en gémissant "social, social" me fait bondir ! C'est pourtant la même qui se gardait de passer par les rues où l'on trafique lors de ses visites de quartiers. Et le trafic à Saint-Ouen, cela ne concerne pas un ou deux quartiers mais six ou sept... Il en faut de l'obstination pour être sourde et aveugle à ce niveau de contamination... C'est la même équipe qui nous pond des maisons d'associations et autres bâtis municipaux mais ne fait pas réhausser le mur du cimetière (où s'envolent guetteurs et trafiquants à la première alerte)... 18 mois de cris auxquels répondent 18 mois de silence obstiné de la municipalité...
Je vais être honnête : depuis trois semaines il y un car de la police Nat ou parfois de CRS sous mes fenêtres. Le trafic a cessé. Les cris ne fusent plus, lorsque je sors ma voiture du garage je n'ai plus besoin de manoeuvrer entre les chaises et les démonstrations de force des gros bras qui occupe la chaussée... et le trafic automobile a été divisé par 20. Je n'ai qu'une seule certitude dorénavant : j'ai hâte que se tiennent les élections municipales de Saint-Ouen pour que je lui signifie ce que je pense au maire de Saint-Ouen... (et je suis loin d'être la seule, chez les gens de gauche, à partager cet état d'esprit ...)