Métaux lourds
Je rêve d'un cœur d'airain.
Dans mon harnois je ne craindrais ni le sort, ni la mort.
Alors je cesserais mon guet dans la crainte de leur cinglants ricochets.
Et puis je dormirais un peu. Je fermerais les yeux et je m'abandonnerais un peu.
Mais le plomb n'est pas l'airain.
Et je n'ai que le premier pour armure.
Je croyais que la vie me tenait, parfois même contre mon gré.
Je me trompais.
J'ai trop fréquenté la mort pour en aimer encore le commerce.
Et si j'ai moins croisé le venin que le ventre mou des désenchantés, les deux empruntent tant à sa logique qu'à ses façons.
Je n'ai su que faire des besogneux mensonges pas plus que des demi mesures mort-nées.
Il me reste la ouate pour étouffer cris et envies puis oublier ce que confiance veut dire.
Enfin, remplir ma vie de mouvement pour en accepter le vide.

C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 12/05/2010
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Parfois nos histoires se ressemblent, Ó quelques ann+es de distance; Parfois on connait Ó l"avance, le chemin que peut prendre la vie, le mouvement, l"agitation, le bruit, le faux-semblant auquel on feint de croire, et le vide, sid+ral, qui nous engloutit. J"ai tant hurl+ dans le silence de mes nuits, la bouche ouverte sur mes sanglots fig+s, +trangl+e dans ma peine pour ne pas +veiller les enfants qui dormaient Ó c¶t+... Un autre temps est venu cependant, plus doux et tiÞde, apais+; G+n+reux de joies frÞles, simples bonheurs d"un avenir trouv+. Si longtemps aprÞs...
Je r+alise, en me relisant, l"impolitesse de mon arriv+e en ce lieu, toute troubl+e que j"+tais par le frisson de votre texte-miroir. J"aurais pu, tout du moins, me pr+senter Ó vous, +voquer la lecture silencieuse et r+guliÞre de votre blog depuis son origine ou presque, vous remercier de ce partage qui donne une deuxiÞme vie, si forte, aux +motions qui m"ont travers+e, vous +crire ces petites choses que la politesse initiale appr+cie... J"aurais pu, mais je ne l"ai pas fait. Je souhaite que vous me pardonniez.
Ne vous inqui+tez pas de votre franchise Marie. Et j"espÞre de tout cœur que vous d+tenez le vrai. Ce n"est pas (seulement) les yeux embu+s de deuil que j"ai trac+ ces mots. Contrairement Ó ce que l"+vidence dicte et que l"on me renvoie sans cesse, je ne m"empÝche pas de vivre. Le constat aujourd"hui que je fais est plus banal et plus terrible Ó le fois. Mais vous n"Ýtes pas oblig+e de me croire. Comme je peux me tromper...
Bonjour Aur+lie, Je ne vous lis pas r+guliÞrement mais depuis longtemps, et Ó chaque fois je reviens en arriÞre dans vos pages ; depuis toujours vos mots me touchent profond+ment. Si je n"arrive pas Ó venir ici r+guliÞrement, c"est Ó cause de Ýa ; la douleur que vos mots +veillent en moi. Et pourtant j"y reviens. J"aime votre plume. Il faut parfois que je relise plusieurs fois pour en saisir toute l"essence ; et c"est alors la boule dans la gorge.
Ma fille a¯n+e est n+e dans cet h¶pital de votre jolie photo... J"ai laiss+ lÓ aussi une partie de ma m+moire, que j"ai pr+f+r+ effacer, je crois.