Il s'appelait Bidule...
Un jour peut-être je raconterais son amour des sacs poubelles — lesquelles avaient constitué son unique moyen de subsistance pendant de longs mois.
Un jour peut-être je saurais décrire l'allure qu'il avait quand il accourait lorsque je criais son nom , l'allure qu'il avait quand il allait cavaler dans Montmartre et rentrait ventre à terre en reconnaissant mon pas sur le pavé.
Un jour peut-être je vous narrerais l'histoire de ce voisin qui le guettait pour l'emmener chez lui mais s'étranglait chaque soir de dépit de voir s'ensauver la bestiole au moment où elle m'entendait glisser la clef dans ma serrure.
Et puis ses épiques conflits avec Tarquin... Ses provocations dont il avait le don. Et dont j'étais l'enjeu.
Plus tard peut-être, je vous conterai par le menu ces scènes fameuses dont les deux protagonistes ont disparu et dont le souvenir me réjouit autant qu'il me meurtrit.
Il s'appelait Bidule..
Ce matin, il avait à peu près 17 ans.
Hier, il vivait dans la rue. Moi j'étais étudiante à Paris et éperdument amoureuse d'un drôle de bonhomme qui allait peindre ma vie en rose. C'était notre chat à nous, notre première possession commune. Notre premier investissement, notre première projection dans un futur que l'on voulait obstinément heureux.
Il a tout connu.
Mon père qui me soutenait qu'il serait mieux dans la demeure que dans les ruelles parisiennes, les déménagements, les naissances, les départs en vacances avec les planches à voile sur le toit et les marmots qui braillaient, les nuits dans les tentes...
Lui était resté quand tout les autres étaient partis. C'était le plus proche témoin de ma vie et du cours qu'elle avait pris. Il avait essuyé les larmes de joies et celles des douleurs indicibles.
Pour moi, il était toujours là. — Invariablement, il venait m'offrir sa présence lorsque nous savions tous deux qu'il était le seul à pouvoir m'approcher.
Il s'appelait Bidule.
Ce matin, il avait à peu près 17 ans.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 26/02/2008
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Chaque fois que je dessinais un chat je pensais à toi...
Que ta vie soit terminée ,ne changera surement rien .
J'aurais aimé lui adresser une gratouille posthume.
Mes condoléances, et ma cha(t)leureuse compassion...
Je pleure Bidule, et je pense à toi depuis ce matin.
Nini qui ne sait pas faire de câlins t'envoie un coup de griffe et renverse ton mug de thé sur le dernier dossier important dont tu t'occupes.
Pensées pour toi et pour Bidule.
Je vous envoie toute ma tendresse.
Ça va aller?
Désolée pour vous tous.
C'est où le paradis des chats ? C'est pour une carte postale …
J'aimais aussi le pseudo que vous aviez donné à Bidule.
Des pensées de la maîtresse de Canelle, copine de Nini !
Que dire... sinon vous présenter mes pensées affectueuses de réconforts
La mort de votre chat, c'est comme un livre qui se ferme. Mais il est toujours dans votre bibliothèque...
(Le mien de livre s'appelle Câline, et s'étale là en travers de mes genoux. La vie continue, elle n'a pas fini pour vous d'être rose, même si ce n'est pas tous les jours...)
Tu connais mon peu d'intérêt pour les chats, Bidule compris je l'avoue. Mais je suis triste pour toi, de ce fil qui se rompt, et je pense à toi très fort.
Pensées....
C'est bien triste. Toutes mes amicales pensées.
Les mots ne me viennent pas... Meilleures pensées...
Pensées, à vous et à Bidule.
Il s'est trouvé, certaines fois, quand le doute était trop lourd, qu'un chat blanc tacheté de jaune, apparaissait dans le terrain qui surplombe et jouxte la maison. Sa présence me rassurait énormément, telle un signe du destin...
Cela s'est produit environ une vingtaine de fois ces quelques dernières années. Il s'est même trouvé une fois qu'il m'attende en face de la maison, abrité sous ma voiture, et qu'il me regarde fermer mes volets pour la nuit...
J'ai toujours adoré les chats depuis mes années de nourisson. A cette amitié pour les chats est venue s'ajouter une autre amitié - particulière, pour les... lézards, et j'ai été triste il y a quelques années de quitter notre avant-dernière maison pour celle-ci, car ici, point de colonie de lézards pour venir me narguer les jours de soleil !
Hier soir, vers 20 heures, mon père m'appelle et me dit de venir voir dans la cour, qu'il y a une souris on dirait ou autre chose qu'il ne sait pas mais qu'il faut que je vienne voir. Il me dérange : je regarde et j'écoute la télévision et je suis en même temps dans mes pensées, comme souvent...
Mon père me dit que ça ressemblerait même à un lézard... Mon sang ne fait qu'un tour, je lui dis :
"-Attends, je viens voir !"
C'était un lézard. Marron clair d'environ huit centimètres de long. A priori il venait de se réveiller de sa période hivernale et il avait décidé de venir à côté de notre porte. Il était bien vivant car mon père l'avait pris par la queue avant ma venue, et il avait bougé énergiquement.
Il était là, sur le seuil de la porte de la cuisine, et il ne bougeait pas. J'ai même pu le toucher de l'index !
Nous l'avons laissé là. Un quart d'heure plus tard mon père est retourné pour voir s'il était bien parti et il était bien parti.
La vie... La vôtre, la mienne. J'en arrive à pleurer ce Bidule si terre à terre et symbolique à la fois. Moi qui ai si peur des chats, moi qu'ils dégoutent pathologiquement... Je vous offre mes premières larmes de chat.
Etudiante, je me suis retrouvée sur ce blog il y a longtemps, et je l'ai d'abord aimé pour toutes les histoires en rapport avec le monde du droit... Puis je l'ai lu d'une traite, j'ai trouvé des douleurs que je ne pouvais pas saisir, pas comprendre... et là, je comprends. Parce qu'on a tous un "Bidule", qui nous a attendu sur le pas de la porte pendant des heures, et qui vient chercher les calins quand on rentre. Un Bidule fatigué et malade, qui n'aura plus le courage un jour de se lever du fauteuil pour venir chercher les caresses. J'aurais plusieurs chats, je les aimerai tous différement. Mais eux n'auront qu'une famille. Parce que les Bidule n'ont que nous, et qu'ils nous restent fidèles, et reconnaissants quand on les a sauvé du pire, ils méritent mille fois notre tristesse quand il s'en vont... même si la tristesse, elle, ne s'en va pas... Courage donc, pour t'habituer à vivre sans lui. Quoiqu'on en dise, un animal peut prendre autant de place dans une vie qu'une personne. Et faire autant de peine quand il s'en va.
Ca alors ! Grâce à Luisa, j'ai appris ou crèche Eolas : étonnant, non ?
(message personnel : mets toi à Mozz : c'est une urgence !)
Ah, oui, le témoin d'une si grande partie de ta vie, c'est très fort ce sentiment là, je l'avais très fort à l'esprit quand prunelle est morte à 18 ans, 18 ans de nos vies communes... Je pense à toi très fort et je te serre dans mes bras ...
Des pensées affectueuses et enveloppantes...
Bien triste nouvelle. Je suis de tout coeur avec vous.
Un chat ne vous quitte jamais, surtout pas le vôtre !!!!!!!
au revoir Bidule... en chat courageux et affectueux, vous avez bien mérité votre repos...
farouchegrande, mère adoptive de la Petite Farouche
Nous n'avions pas de chat mais des chiennes,vous dire le chagrin lorsque les unes après les autres elles sont parties.
Je partage votre chagrin ,je le connais si bien.
Un peu comme Kozlika, je vis loin des chats. Ils m'aiment beaucoup, je le leur rends mal, ou peut-être au contraire : trop consciente que notre maison encombrée, nos rythmes désordonnés ne rendraient pas un chat heureux ; je ne conçois les chats qu'en semi-liberté, et chez nous manque d'un dehors. Mais ça ne veut pas dire que je ne comprends pas.
Ne serait-ce que le simple fait d'être le témoin qui survivait. C'est ridicule tu me diras, et sans rapport, puisque je parle d'objet quand tu évoques un être vivant capable d'éprouver sinon de conscience. Mais j'avais ressenti quelque chose de cet ordre l'an passé quand mon appareil photo bien-aimé était tombé en panne que j'avais cru irréparable. Il avait été témoin (efficace) de mes derniers moments privilégiés avant que la vie ne m'arrache leur suite possible. Ma preuve matériel que ces temps-là n'avaient pas été rêvés mais réellement vécus. Quand je suis allée le chercher, tout bien retapé, au service après-vente où la mort dans l'âme de longues semaines plus tôt je l'avais laissé, c'est complètement idiot mais à ce moment là j'avais repris espoir, que tout rentre dans l'ordre et que le cours des choses retrouve sens et pour moi harmonie.
Alors je crois que je peux comprendre au moins ça : Lui était resté quand tout les autres étaient partis. C'était le plus proche témoin de ma vie et du cours qu'elle avait pris. (Mais l'appareil photo, je l'avoue, ronronne moins bien).
J'espère que ça ne sera pas trop dur au retour des enfants.
Gilda écrit : "je ne conçois les chats qu'en semi-liberté, et chez nous manque d'un dehors".
Pas mieux. Je dois quitter ma maison. Si je n'en trouve pas d'autre, si je dois prendre un appartement, la Câline ira chez les voisins, qui ne demandent pas mieux surtout qu'elle y va déjà bouffer et pioncer et se faire charlotter tous les jours.
il y a quelques annnées, j'étais allé chercher un chat à la SPA (les chats chez moi ne meurent hélas jamais de vieillesse, mon quartier est chatophobe et mortauraphile). On devait repartir avec un certain Albinos, grand dragueur de petites filles (il avait littéralement embrassé ma N... dès l'entrée de la chatterie, en lui faisant une danse des sept voiles qu'il n'a jamais recommencée une fois dans la place : ah la fourberie féline). La SPA voulut m'obliger à signer un engagement de le faire dormir à la maison tous les soirs. J'avais réussi à leur faire comprendre que ce serait à lui de décider ça, pas à moi.
Je ne connais que depuis quelques semaines la grâce discrète et si présente d'un chat... Mille petits et grands souvenirs sûrement. Pensées.
Oh p... je pense a toi Tarquine.
Quand un compagnon de vie s'en va c'est un pan de vie qui part avec. Vous le saviez déjà , je le sais aussi. Malgré la douleur et le chagrin, l'autre partie de la vie continue et celle qui est partie reste dans nos coeurs. Puce (16 ans) à accueilli, j'en suis sure, Bidule au paradis des chats. Et puisqu'ils ont 7 vies, peut-être ont-il recommencé la leur ensemble... Ayamé est près de moi et vous fait un gros ronron miaou. Sygal
Je n'aime plus les chats comme avant, mais quand j'étais jeune, j'en ai perdu, et je me souviens de la tristesse que je ressentais alors, une tristesse terrible, une sensation de vide... Et je pense encore à ces chats-là - comme à des personnes disparues. J'imagine ce que vous ressentez...
Ca a pas 9 vies un chat ???
Les chats sont ma vie passée, ma vie présente, ma vie future... J'ai été confronté encore récemment à une douloureuse séparation féline... Ma vieille Patoon's, qui nous a quitté si vite, trop vite... On se dit que la vie est un cycle, et qu'une naissance suit une mort...
Mais bordel, que c'est parfois difficile (même quand on est éleveur de chats, ce qui est mon cas)
17 ans est un âge respectable pour un félin et on ne doute pas à vous lire, qu'il ait vécu d'heureux moments à vos côtés !
Quelques larmes de plus pour Bidule dit Tarkari (pardon s'il y a faute sur le pseudo) et pour ces mots de toi. Quelques larmes pour Fractale, Grizzly, Teddy, dont Bidule réveille le souvenir. Oh oui, c'est dur... Je pense à vous.