Sarko, Khadafi : une jolie poignée de main pour un 59ème anniversaire, non ?
Hier, c'était le 10 décembre 2007
C'était la journée internationale des droits de l'homme !
Vous le saviez ?
Non, c'est drôle en France on en a peu parlé
De cette journée qui marque le 60ème 59ème (!) anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Et pendant ce temps, toujours en France (c'est le même pays où elle a été adopté cette fichue déclaration),
Sarkozy reçoit Kadhafi à l'Elysée...
Il parlait de signer des contrats juteux le Sarko...
Il repart la queue basse avec dans sa besace des promesses de négociations.
Real Politic, il appelle cela je crois (mais je ne n'en suis pas bien certaine)
Moi je crois j'aime pas bien que la France se déculotte de la sorte...
Pays des droits de l'Homme, non c'est vrai, c'est fini...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 11/12/2007
(non) droit ou (in)justice
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Commentaires
J'en suis malade.
Moi, si j'avais une queue, elle serait basse depuis le 6 mai. Remarque, comme on dit, je n'en attendais que du mal, je ne suis donc pas déçue. Seulement très très très.......... écœurée ! Va-t-on devoir prendre L'+lysée à défaut de la Bastille ?
Je n'attendais rien de cet homme, mais je n'imaginais pas qu'il serait à ce point abject.
Bien d'accord avec vous sur le fond. Recevoir Kadhafi de cette manière est scandaleux et 10 milliards ne justifieront jamais cette absence de dignité.
Sur l'autre point :
C'est comme cela que ça se passe dans ce genre de pays, le feu vert du grand chef est indispensable pour que se mettent en place le réseau d'intermédiaires locaux qui ne vivent, plus que largement, que des commissions reçues. Prébendes indispensables pour conserver le pouvoir.
Chacun, généralement des personnes de sa famille ou des personnalités incontournables, connaît ensuite ses attributions et commence le travail de négociation.
C'est ainsi qu'on peut garder le pouvoir très longtemps sans risquer de se le faire confisquer par un coup d'+tat.
Voilà, c'était comme ça de mon temps, je ne pense pas que cela ait changé.
Pays des droits de l'homme sur le papier uniquement, car lorsqu'on lit les arrêts rendus par la Cour européenne des droits de l'homme c'est une tout autre réalité qui apparaît. Les fameux arrêts Selmouni et autres, le fait de savoir que sur 96 recours devant la CEDH 87 constataient une violation des droits fondamentaux par la France, lorsque l'on entend ce témoignage de ce journaliste qui a été auditionné dans les locaux de la DST on se dit qu'elle est très très loin cette fameuse déclaration des droits de l'homme. Sans oublier bien sûr cette affirmation de notre président précisant que pour lui les droits de l'homme sont avant tout les droits des victimes. Il y a vraiment de quoi pleurer !
"Pays des droits de l'homme, c'est fini..."
Oui, c'est fini et ça n'est pas d'hier, mais aujourd'hui on a trouvé le remplacement : Le Pays des " Faits du Prince" ! Mais qui dit prince, dit noblesse, qui dit noblesse dit révolution...Alors !
Ecoeurée, écoeurée, écoeurée..........!!!!!!!!!!!!
La France est en faillite et en économie boule de neige.
Je détestais/e les propos et les actes de S. Mais ses propos et ses actes ne sont pas représentatifs sa politique. Déchiffrez-les. Ceci dit sans ironie ni agressivité.
Je le détestais vraiment et il m'est souvent encore difficile de prendre de la distance, surtout quand il s'agit des droits de l'homme.
Je suis belge francophone et francophile, ceci autorise-t-il une certaine distance?
"Liberté, Egalité, Fraternité" n'est-elle pas devenue, "Travailler plus pour gagner plus" ?...
Valérie la Dame de Haute-Savoie :-) écrit : "Je n'attendais rien de cet homme, mais je n'imaginais pas qu'il serait à ce point abject".
Abject et ridicule, ridiculisé par un tyran qui s'est permis :
- de révéler son mensonge : il aurait eu bien trop peur, pour son bizness dassaulto-médefien, de lui parler droidelhomme.
- de lui renvoyer dans les gencives gâtées le sort des imigrés.
Ce qu'a fait Nicolas 1er, pire qu'un crime, c'est une faute.
Malheureusement, l'humain a toujours été déconnecté des impératifs économiques et politiques, c'est pour ça que le monde tourne pas rond !
Est-ce un "impératif économique" de vouloir former des militaires plutôt que des pompiers ?
Chaque jour qui passe Sarkozy nous ôte de notre dignité. Par tous les moyens possibles. Celui de nous couper des valeurs et des principes de la République est abject. Bientôt, nous ne pourrons même plus avoir recours à la Justice. Quelle sera la prochaine étape ?
Et je peux vous dire que de l'autre côté de vos frontières, ce n'est guère mieux ! J'ai lu ce matin que les italiennes et les italiens ne pourront plus épouser un ou une sans-papiers...
Merci, Veuve Tarquine, pour le lien vers la déclaration universelle des droits de l'homme (et accessoirement de la femme ;-) J'en connaissais quelques articles, mais la lecture complète est excellente pour entretenir un certain sens de l'humanité, de l'humilité, de l'honnêteté ... Merci !
En parlant de la visite de cinq jours du nouveau grand ami de la France, voici un court extrait d’un article signé Massimo Nava pour le Corriere della Sera :
"Au lendemain de son élection, Nicolas Sarkozy avait promis que la France serait "du côté des opprimés du monde" ; or il a été le premier chef d’Etat à féliciter Vladimir Poutine pour la victoire de Russie unie aux législatives. En visite à Pékin, le président français, faisant allusion à Taïwan et au Tibet, a rappelé qu’"il n’y a qu’une seule Chine". Préoccupé, comme on peut le comprendre, par le sort d’Ingrid Betancourt, il a reçu avec les honneurs le président du Venezuela, Hugo Chavez. Reconnaissant pour la libération des infirmières bulgares, il a chaleureusement accueilli le leader lybien Muammar Kadhafi. Aux naïfs et aux idéalistes on répondra que cette logique de politique étrangère incarnée aujourd’hui par Nicolas Sarkozy a pour nom realpolitik. On peut protester haut et fort quant au sort fait à la Tchétchénie, mais c’est de Russie que proviennent gaz et pétrole. On peut être solidaire des moines birmans, mais leur avenir dépend de la Chine et de l’Inde, les nouveaux géants de la planète. C’est ce qu’a si bien compris Nicolas Sarkozy."
Et en voici un autre, un peu plus long, écrit par Joseph Hanimann pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Kadhafi scelle la fin des intellectuels"
"On savait depuis longtemps que, même en France, les protestations d’intellectuels ont perdu de leur impact. On vient d’en avoir la confirmation. Au beau milieu du tollé suscité par la visite d’Etat de l’autocrate libyen Kadhafi, Bernard Kouchner a eu une phrase lourde de sens. Le temps est venu des négociations politiques, a-t-il déclaré, où les principes moraux n’incarnent qu’une demi-vérité. Realpolitik ? Non : pour le ministre que la politique étrangère sans scrupule de Sarkozy rend de plus en plus nerveux, l’autre demi-vérité est celle des résultats concrets - libération des infirmières bulgares en été, visite d’Etat en automne. Il faut regarder vers l’avant. Donc, oui, realpolitik.
Avec cette visite de Kadhafi, Sarkozy met à rude épreuve la conscience et l’intégrité morale de ses partisans issus des rangs intellectuels. Des personnalités qui n’ont jamais penché en sa faveur et qui, face à ses réussites concrètes de ces dernières semaines, ne pipaient plus mot recommencent soudain à donner de la voix. "Dans le pays des droits de l’homme, il y a là quelque chose qui ne passe pas", déclare Bernard-Henri Lévy : "On n’invite pas en visite d’Etat un grand terroriste ou un preneur d’otages international."
Ce n’est pas le fait que l’on reçoive un dictateur qui serait scandaleux, mais la manière de le faire, "avec la pompe protocolaire et de surcroît pour la journée internationale des droits de l’homme", s’insurge Pascal Bruckner. On ne trouverait là que peu de traces de la rupture annoncée avec l’ancien cynisme d’Etat. Faut-il donc reprendre les appels à la protestation ? "Plus que jamais", assure Bruckner, "plus on crie fort, plus on a de chance d’être entendu, y compris par Sarkozy."
La pilule est dure à avaler pour ceux qui avaient soutenu le candidat Sarkozy, tel André Glucksmann. Jamais on ne les a aussi peu entendus. L’empressement du président français à féliciter Vladimir Poutine pour sa victoire aux élections parlementaires russes a déjà été une "déception" pour le philosophe. Aujourd’hui, il juge désastreux que Kadhafi se voie offrir une tribune politique à l’Elysée et à l’Assemblée nationale. Les intellectuels français tels Glucksmann étaient habitués à voir réagir les hommes politiques à leurs protestations. Le mépris et la suffisance de Sarkozy bousculent leurs vieux schémas.
Toutefois, les protestations les plus violentes contre la visite d’Etat du dirigeant libyen ne sont pas venues des cercles d’intellectuels mais du gouvernement lui-même. Le commentaire sans ambiguïté de la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, pour qui la France "n’est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s’essuyer les pieds du sang et de ses forfaits", a largement été repris par les opposants à cette visite. C’est là qu’apparaît la véritable "rupture" du nouveau président. Son gouvernement ne détermine pas seulement la politique du pays, il fournit en prime la critique. La realpolitik à laquelle Sarkozy initie les vieux idéalistes et ses nouveaux alliés ne se déploie pas dans la discrétion feutrée des salons gouvernementaux mais dans les médias, où les intellectuels étaient autrefois chez eux. Le problème est que cette conduite nuit autant à la crédibilité des intellectuels qu’à celle du président."
Enfin, un petit dernier pour finir, écrit de la plume d’Amine Lotfi, pour le quotidien algérois El-Watan : "Tout près du chéquier libyen"
"En accueillant le chef de l’Etat lybien, la France ne fait que profiter de son retour en grâce diplomatique...et de ses milliards de dollars. Le dirigeant lybien entame, à partir du 10 décembre, une visite officielle de cinq jours en France. Cette visite - dont Paris escompte de substantielles retombées financières - soulève une vague de violentes protestations de la part de l’opposition parlementaire et des organisations des droits de l’homme, qui jugent le colonel Kadhafi indésirable. Les autorités françaises ne semblent nullement embarrassées pour autant par ce vacarme politico-médiatique qui ne devrait pas compromettre la signature de gros contrats avec Tripoli. Le président français, Nicolas Sarkozy, s’est d’ailleurs montré pragmatique en assurant à son invité, lors du tout récent sommet Union européenne-Afrique à Lisbonne, qu’il était le bienvenu. Le colonel Kadhafi se rendra donc à Paris - selon une formule désormais consacrée - "en ami", c’est-à-dire en n’en pensant pas moins, car il est parfaitement informé des tirs croisés dont il fait l’objet.
Pour lui aussi, le ton est au réalisme et à la conclusion de contrats qui amélioreront l’image de la Libye sur la scène internationale. Et, de fait, l’heure n’est plus où le colonel Kadhafi était voué aux gémonies tant par l’Europe que par l’Amérique, prêtes désormais à commercer avec une Libye revenue en grâce depuis qu’elle a affirmé qu’elle renonçait à développer des armes de destruction massive, en 2003, et qu’elle a dédommagé les victimes des attentats au-dessus du Niger, en 1989, et de Lockerbie (Ecosse), en 1998, qui avaient frappé des avions civils. Depuis cette date, le colonel Kadhafi a reçu la quasi-onction du président Bush lui-même et il est redevenu parfaitement fréquentable pour l’ensemble des capitales, dans un contexte où le réalisme économique prime sur bien d’autres considérations.
Le président français avait d’ailleurs souligné, à Lisbonne, qu’il encouragerait "le retour à la respaectabilité internationale" du colonel Kadhafi. Le rapprochement entre Paris et Tripoli avait connu un temps fort, cet été, lors de l’épisode de la libération des infirmières bulgares détenues en Libye. En contrepartie du geste du colonel Kadhafi, Paris aurait pris un certain nombre d’engagements, en particulier dans le domaine du nucléaire civil. La France est désireuse d’exporter sa nouvelle génération de réacteurs et de vendre dans le monde ses nouvelles technologies. Mais l’un des objectifs de la visite du dirigeant libyen en France concernerait des contrats d’armement et plus particulièrement d’avions de chasse Rafale, que l’industrie aéronautique française peine à placer. La Libye serait l’un des rares pays, pour ne pas dire le seul, à acquérir ce matériel de combat, qui fera son apparition dans une région qui a bien d’autres priorités. A cet égard, la visite du colonel Kadhafi est déjà tout bénéfice pour la France et son industrie militaire. Même s’il est peu probable que le dirigeant libyen ait droit, en retour, à des bains de foule sur les Champs-Elysées."