Ecran de fumier
Il me faudrait le talent d'un Desproges. Alors je saurais dire de quoi
mes tripes se tordent. Et puis je parlerai du relent des ordures qui
vous habite pour les avoir respirées de trop près.
A moins que ce ne soit celui d'un Jean Genet ; et je
décrirais par le menu de quoi est faite la gerbe que vomissent
mes boyaux. Je ne me lamenterais pas trop. Je ne dirais pas
l'impression que cela fait d'être prise pour du fumier. Je me
draperais dans ma colère, ma haine et mon venin.
Sauf qu'il me faudrait combattre encore une fois. Combattre les mots
pour les dompter, parvenir à les élever
à la mesure de l'abjection. Combattre ma mémoire
qui me dicte que pour une fois il faut fuir. Combattre
l'impérieux désir de me tenir le plus
éloignée possible de ces latrines où
se noie la confiance, précisément celle que
certains ne savent obtenir qu'à grands coups de leurre,
à grand coup d'imposture.
Et puis viennent se plaindre d'avoir été
tenté.
Et puis gémissent.
Visqueuses roulures de la persécution... aussi prompts
à faire le mal qu'à se vautrer dans leurs
bruyantes lamentations.
Vains et vilains mots.
Mais je suis tombée de haut.
Je ne savais pas que l'on pouvait accepter de vivre dans de tels
immondices.
J'ai peur de ne plus jamais savoir faire confiance.
Pour l'heure, je veux juste croire encore que le monde n'est pas
seulement peuplé de blattes.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 27/12/2006
Chagrine Tarquine
Fil des commentaires de ce billet – Lien permanent de ce billet










Commentaires
Oups...
Je sais que tu es chez toi et que c'est toi qui commande, mais oserais-je caresser le doux espoir que tu misses plus de mots afin que je comprenne le pourquoi du comment de ta douleur?
Avoir l'épilogue de l'histoire sans en avoir le déroulement est un peu ... frustrant...
Joyeux Noyel, malgré tout, et que le bonheur soit avec toi pour la nouvelle année!
Je ne sais contre qui ou quoi se tourne ta colère et ton dégout. Mais je voudrais pouvoir te dire que non, le monde n'est pas que... Qu'il y a de belles gens, des gens en qui on peut avoir confiance (en qui on peut se fier, qui sont fiables...) (quelles belles expressions).
Ne baisse pas les bras. Il est difficile de reconstruire quand on est aussi exigeante que toi ;-)
François, j'aimerais tellement pouvoir encore te croire. Tarquine, je ne peux pas m'empêcher d'être un peu inquiète quant à ce(ux) qui a (/ont) pu déclencher une telle colère. Je comprends que tu ne souhaites pas en dire plus. Courage.
Bien sur qu'il existe des "gens bien" ... et j'ai passé l'âge d'être (trop) naif (je le suis juste ce qu'il faut).
Comme François et comme Gilda aussi… Je t'embrasse
Les indigents sans talent en mal de publicité pour attirer le chaland vers des textes écrits avec un pied aussi gauche que malodorant sont priés de passer leur chemin. Je ne suis pas d'humeur à les laisser batifoler céans...
Le commentaire auquel je fais référérence a été supprimé, ainsi d'ailleurs que ceux qui y ont réagi, qui je le pense ne m'en tiendront pas rigueur.
Presque du Baudelaire dans les fleurs du mal bonne fin d'année avec les merveileux petits Tarquin!!
" Vaincre la colère, c'est triompher de son plus grand ennemi. " Publilius Syrus
J'ai atterri sur votre blog par hasard. Il y a environ trois semaines de cela. Je l'ai lu. Je l'ai même relu. Je vous trouve intelligente, courageuse et bonne mère. Je vous trouve également une jolie plume toute en poésie parfois, en causticité souvent. Cela fait un moment que j'hésite à vous laisser un commentaire. Mais cette période de l'année me donne un excellent prétexte pour le faire. Je vous souhaite, Chère Tarquine, à vous ainsi qu'à vos petits, une bonne et heureuse année 2007. Je vous souhaite, à vous et vos proches, la santé ô combien précieuse. Je vous souhaite que votre coeur cicatrise afin que le poids de la douleur qui l'étreint se fasse plus léger. Qu'il puisse ainsi à nouveau s'ouvrir aux autres et vous permettre de recevoir et enfin de donner. Je vous souhaite des moments doux comme le miel, des ondées de petits coeurs, des sourires-papillons, des fous-rires en cascades... Je vous souhaite tout le bonheur du monde. Je vous souhaite à vous, ainsi qu'à vos enfants, d'être heureuse enfin et de trouver la sérénité. Je vous embrasse bien fort.
C'est cela quand on ouvre les commentaires, le meilleur comme le pire peut arriver. Dommage que cela vous ait causé autant de mal :'
Heu, je dois vous dire que cela ne m'a pas fait grand mal.
Le sujet de mon billet n'a rien à voir avec les crachouillis que l'on efface d'un coup de lavette. Simplement selon une règle désormais maintes fois vérifiées : les soirs de cafard attirent les charognards. Le commentaire supprimé était donc juste celui d'un charognard sans grande envergure— VT
Hein, c'est quoi ce binz? Ca va pas la tete non la demoiselle du dessus!
Rien qui vaille de s'énerver... Avant d'être méchant il faut savoir taper juste, ce qui n'est pas le cas de celle qui pleine de fiel et de certitudes bien confortables, oublie de mobiliser plus de deux neurones pour s'imaginer être blessante... — VT qui a encore une fois supprimé le commentaire qui ne présentait aucun autre sujet de me signifier combien j'étais méprisable, ce que chacun sait en tout état...
Quelqu'un vous a trompée. C'est fou. C'est que plus personne n'accepte le silence. "Le vent se lève, il faut tenter de vivre". (Paul Valéry).
Bon courage et bonnes fêtes. Je fais partie de ceux qui lisent mais ne disent rien (sauf une fois...). La sensibilité n'est pas toujours facile à vivre.