Crépuscule et lassitude
Mon Tarquari, chat revêche de son état, se blottit
contre moi avant même que je n'ai le temps de me tapir sous
ma couette.
Fi de chaleur, croisées ouvertes, moi je cultive les frimas,
les froidures qui justifient qu'on multiplie les épaisseurs
et qu'on se rencogne au plus profond du lit.
J'attends le matin.
Un autre jour déjà.
Alors j'attends leur éveil.
Je guette le souffle de leur sommeil, les mouvements de leur
paupières, les froissements de leur peau.
Je devine qui sera debout le premier.
Son pied n'aura à peine le temps de se poser à
terre qu'il est question de livres qu'on raconterait
pelotonnés contre Maman, d'oreiller qui ne serait plus
surnuméraire et de grabat trop large qu'on occuperait enfin.
Je ne sais plus me réchauffer qu'à la
lumière de mes enfants.
Et je me connais assez pour savoir que me concentrer sur l'essentiel
n'est jamais anodin.
Je suis trop lasse pour me bercer d'illusions.
D'une lassitude qui m'étreint au plus profond, au plus
étroit et au plus fort.
Je sais très bien ce dont j'ai besoin.
C'est plutôt humain, c'est plutôt commun.
Je crois même que c'est assez banal.
Enfin ça l'était pour moi jusqu'à ce
que je mesure le poids de son absence.
Parfois j'aimerai imaginer qu'il reste sur terre une personne qui sache
prendre soin de moi et qui ne soit pas mort...
Il va peut-être être temps de revoir mes choix...
La lassitude qui m'enserre est de celle qui me rende lotophage,
implacablement liquide ou bien Blanquette, celle qui voulait tant faire
comme la Renaude.
Pour l'heure elle m'épuise tant qu'elle me
protège : point de démons, point de
questions.
Je ne le sais que trop bien, le pilote automatique — premier
choix du menu déroulant "mode survie" — se
déclenche sans même qu'il soit besoin d'effleurer
la moindre touche.
Mais en dépit de tout cela, je sais surtout qu'il est temps
pour moi d'accepter que se serait pas nécessairement
indécent s'il se trouvait quelqu'un qui penserait parfois
à prendre soin de moi.
Pas beaucoup... juste un peu...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 03/11/2006
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Premier commentaire ici, enfin pas tout à fait en vérité, j'en ai commencés quelques uns, jamais postés et bien vite effacés tant mes mots me sembles vides face aux tiens, tellement précis et chargés d'émotion. Je n'ai aucune réponse, simplement des pensées chaleureuses, une plume de plus dans l'édredon :) Bises
Je sais que quelque fois on écrit pas tout ce qu'on pense. Je sais aussi que quelque fois on pense pas tout ce qu'on dit. Moi je ne suis qu'un garçon, je ne pense donc pas ; Je ne passe pas souvent par ici, je sais c'est un tort, mais tu sais que beaucoup de gens t'aime... Malheureusemant des fois ce n'est pas suffisant. Bisous amicaux du vieux Jocker avec un c comme ce que tu veux !
Tu peux écouter Jocker, c'est un "vieil" ours tendre et affectueux :-)
Merci Tarquine,tu sais si bien "écrire" cette absence si douloureuse que je croyais indicible....cela m'aide, même si je pleure souvent avec toi devant mon clavier. Tu as raison, il faut parfois revoir ses choix, juste d'abord se rendre disponible, attentive à la main, je dirais même aux deux bras qui viendront te bercer et te consoler. Demain est un autre jour et le soleil se lève tous les matins! Bisous.
Bonjour,
Encore un billet triste et melancolique, mais bon mieux vaut l'ecrire que de le garder enfouit au fond de soit.
Mais je peux vous dire qu'il reste surment une personne sur terre pour vous prendre dans ces bras et vous ecoutez pleurer sur son épaule et surtout vous consoler.
Cordialement, et courage.
C'est encore moi! désolée de peut-être te déranger... mais j'ai réfléchi depuis ce matin... Fais gaffe au vendredi soir, autrefois, avant ton grand malheur, c'était un jour de prémices festifs. Protèges toi, prends bien soin de toi justement ce soir là car il est depuis propice à la tristesse,à la mélancolie et au chagrin. A nouveau bisous.
Le Chocolat. Ou, peut-être, aussi, lost in translation. Quoique, une bonne Grande Vadrouille ne peut pas faire de mal... nous sommes terriblement seul face à nos malheurs, alors, je n'ai rien trouvé de mieux que de vous proposer des "sorties de secours". Parmis elles, il y a la possibilité de voir des corps beaux se mouvoir sous des sentiments vrais, le temps d'une sieste ou d'une petite pause, et d'ainsi échapper un instant au tourbillon. Douces pensées.
Vous faites le chemin vers une nouvelle lumière. Rien ne s'oublie ,rien ne s'éfface ,c'est une lumière neuve bienfaitrice pour vous et vos Tarquinous . Etre bien vivante pour eux ,ce n'est pas indécent , juste une loi naturelle . Et ils accueilleront celui qui donne cette lumière , juste un peu ! et pourquoi pas beaucoup....
Je vous embrasse.
Un jour j'ai balayé l'indécence qui face au besoin ne faisait pas franchement le poids. Et de nouveaux bras sont venus se placer là où les précédents avaient laissé leur empreinte profonde, si profonde et endolorie que j'ai longtemps cru qu'elle ne s'atténuerait jamais. Aujourd'hui, quelqu'un m'accompagne, me porte, me pousse, s'inquiète de moi et libère mes enfants du trop plein de sollicitations, de caresses et d'amour que je déversais sur elles. L'indécence n'aurait-elle pas été de rester sourde à ce besoin ?
Peut-être qu'aujourd'hui ma reflexion ne sera plus d'actualité mais je suis heureuse de lire que "vous(/tu) savez qu'il est temps d'accepter"... la possibilité d'un "il"...
Bonjour,c'est une premiere pour moi...
Mercredi matin,je prenais mon café,avant de prendre l'eurostar,pour Londres,avec,et surtout pour ma fille... Veuve,quel sale mot..il me choquait déjà tant quand j'étais petite... Veuve,j'y fus tout de même,moi aussi,il y a bientôt 5 ans... Je vous entendais à la radio,du "courage"dont on vous affublait...c'est agaçant..je sais!! Tous ces gens qui nous disent fortes,mais ,qui ne nous voient pas,seules,à pleurer en silence dans notre lit. Le début,ressemble plus à de la survie...ne rien laisser transparaitre,par respect pour Lui avant tout,et pour les Enfants...une sacrée planche de salut au début,mais,plus tard,l'adolescence venant ,une vague vous emportant... Je n'ai pas tout lu de votre site,"j'arrive.."(en chantant..),mais je réagis sur votre texte que je trouve très beau.L'absence est tellement envahissante.Au début on culpabilise de ce besoin de chaleur,de bras...maintenant après tout ce temps,je ne culpabilise plus mais qu'il est dur ce chemin à refaire pour retrouver un épaule capable de vous aimer,de vous comprendre,mais,surtout,surtout,de ne pas vous plaindre! Je vous souhaite comme à moi(!)d'y arriver,puisqu'on est si fortes après tout,ce devrait être facile!!! frederique
"L'immense majesté de vos douleurs de veuve" (Baudelaire)
Votre lassitude est belle, votre écriture est magnifique. Je vous adresse d'affectueuses pensées. Qui ne souhaiterait prendre soin de vous!