Les vracs de la semaine
Mon vieux PC, mon premier ordi, celui sur lequel j'ai joué
des nuits entières (vous ai-je dit combien j'ai
aimé Everquest ?), celui dont, au cours des
années, j'ai changé tous les organes, de la carte
graphique aux barrettes de ram, en passant par le processeur et la
carte mère, celui qui m'a vu toshoper des nuits
entières pour éviter de chialer comme un
bébé, celui sur lequel j'ai aussi tapé
mes premiers billets, s'est emballé de retrouver l'adsl...
il a galopé toute la journée et au matin suivant,
il s'est éteint dans une odeur âcre. Oui je
pourrais le conduire à un nouveau bloc d'alimentation et
ainsi tenter une réanimation mais il m'a trop servi pour
continuer à m'acharner. Je vais le laisser en paix. Je vais
juste conserver ses disques durs pour en extraire tous mes souvenirs,
ceux qu'on a fait à deux, puis à trois, puis
à quatre, puis à cinq.
La vue c'est l'inverse des cheveux blancs... quand votre vie
s'écroule, la première chute et les seconds
multiplient. Et puis les seconds restent mais la myopie, elle, elle
s'en va. Pour la seconde fois en trois ans la correction de mes verres
s'amenuisent. Et non, ce n'est pas encore la presbytie. Je
récupère juste un peu ce que j'ai perdu
brutalement. Enfin, pour ce qui concerne mes yeux...
Je n'y avais plus mis les pieds. Enfin, deux fois j'étais
entrée. Puis le portillon franchi j'avais fait demi-tour.
D'abord parce que c'était le matin et que j'avais du
travail. Ensuite parce que c'était le soir et que j'avais
rendez-vous avec mon galant. Mais Tarquinou en sortant de
l'école il voulait aller arroser les fleurs, alors nous y
sommes allés, au cimetière. Je
m'écroule toujours. Sans bien comprendre pourquoi. Je me
mets à pleurer, pleurer à gros bouillons, comme il
dit. Pourtant j'ai des projets. Des projets qui me tiennent
à cœur et qui me le font battre plus vite aussi.
Mes souvenirs ressemblent aux plantes qui ornent sa tombe. On ne les
arrose jamais assez et surtout pas régulièrement.
On les a fait geler et cuire aussi. Il faut même avouer qu'on
essaye de les abandonner pour se persuader qu'on peut les oublier. Mais
sans bruit, elles ont pris racine bien au delà du
périmètre qu'on leur avait assigné.
Elles vivent dorénavant très bien toutes seules.
Simplement on ne peut plus les
déplacer. Et quand on se retrouve face à leur
vitalité... on ouvre les vannes et on laisser couler, soit
l'eau claire, soit les larmes.

C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 14/10/2006
De bric en vrac
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Commentaires
Le malheur fait pleurer, mais le bonheur aussi, surtout les souvenirs heureux. C'est drôle l'esprit humain, il fait tout pour oublier les souvenirs malheureux ... et c'est lui qui nous fait pleurer sur nos souvenirs heureux que l'on n'oublie jamais, et cela fait parfois du bien. C'est bientôt la Toussaint seul instant fugace de l'année où tous les cimetières sont flamboyants et si par hasard ce jour là le soleil nous fait grâce de ses rayons, alors peut-être seront-ils supportables.
Une larme qui coule...
ce cruex dedans, cette sensation d'avancer à demi entière...
cordialement de passer par hasard en venant de chez un de vos confréres ce me semble.... Y'a beaucoup a lire, et j'adore le bric a brac des rubriques.....comme l'ame de votre vieil appareil a relier au monde virtuel.... Je repasserai voir ce qu'il y aura a glaner... Cordialement de vous lire...
bonsoir
Je suis triste mais ma tristesse n'est rien comparé à la votre, bon courrage.
Cordialement.