Où l'on croise les doigts pour que la justice ne soit pas qu'une vaste caricature...
« Le tribunal correctionnel de Paris examinera les 7 et 8 février 2007 les poursuites engagées contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo pour la publication, le 8 février 2006, de caricatures représentant le prophète Mahomet (...) C'est le président du tribunal de grande instance (TGI), Jean-Claude Magendie, qui dirigera les débats dans cette affaire. »
Le procès de "Charlie Hebdo" dans l'affaire des caricatures de Mahomet se tiendra en février 2007 — Le Monde — 22.09.06
Rappelons que c'est le même magistrat qui, par une ordonnance de référé du 10 mars 2005* avait interdit l'affichage de la publicité de Marithé et François Girbaud inspirée du tableau La Cène de Léonard de Vinci par des motifs dont la pertinence m'échappe totalement :
«Le choix d'installer dans un lieu de passage obligé du public cette affiche aux dimensions imposantes constitue un acte d'intrusion agressive et gratuite dans les tréfonds des croyances intimes »
« La légèreté de la scène fait par ailleurs disparaître tout le caractère tragique pourtant inhérent à l'événement inaugural de la Passion ».
« L'injure ainsi faite aux catholiques apparaît disproportionnée au but mercantile recherché ».
Les lecteurs d'Eolas se souviendront que cette interdiction était par alleurs assortie d'une astreinte de 100.000 euros par jour de retard et d'une extravagante condamnation à la somme de 10.000 euros au titre de l'article 700 du NCPC ; manifestation ostensible de ce qui constitue aujourd'hui un véritable bûcher...
Le tribunal étant constitué de trois magistrats, je me garde bien de présager ce que pourra être le jugement, mais je parie fort que les débats vont être homériques...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 24/09/2006
(non) droit ou (in)justice
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Commentaires
Je regrette de ne pas être à Paris pour une fois. Les débats seront, comme vous le soulignez , homériques à défaut d'être passionnants.
Vous n'aimez pas les compliments mais je ne ne peux pas m'en empêcher : votre blog est une merveille. Je le lis avec plaisir depuis quelques semaines et je compte continuer... Merci et chapeau bas
Très logique que cela vous échappe, pour le comprendre il faudrait encore avoir des "croyances intimes"....Ce n'est pas donné à tout le monde, c'est vrai...c'est totalement injuste, c'est vrai aussi...
Oui mad jurist, figurez-vous que je fais partie de ces gens de robe qui ont l'outrecuidance de penser que la justice, depuis la séparation de l'Eglise et de l'Etat, n'a que faire de ces croyances intimes quand il s'agit de faire du droit.
Je vous concède en revanche que pour ceux — dont vous êtes — dont la principale activité (si j'en juge par vos interventions céans) est de lancer d'acrimonieuses mercuriales, celles-ci constituent une ressource inépuisable...
Tiens je note également que vous faites dorénavant partie de ces abrutis (et je pèse mes mots) qui s'imaginent qu'il n'y a pas de croyances intimes sans religion... pas plus que de sens moral sans doute...
My God, he's back !
@Mad Jurist : Aïe ! Vous y étiez presque ! Vous aviez les éléments de la réponse, mais las, votre préciptiation à donner dans l'acrimonie vous l'a fait rater. Des croyances intimes. Intimes. INTIMES. Si ces croyances deviennent sources de droit, elles ne sont plus intimes. Voilà l'irréconciliable contradiction. Pour ma part, je les respecte, profondément, en ayant moi même, quoi qu'un poil différentes de nos suceptibles de l'effigie. Je les respecte tant que j'exige qu'elles demeurent intimes, à peine d'être dénaturées.
L'avez-vous bien regardée cette affiche ? A quelle autre grande oeuvre d'art chrétien est-il fait référence ?
De grâce, ne laissez plus madjurist troller ses confusions mentales. Et espérons que les débats des magistrats à propos de Charlie Hebdo soient d'une autre tenue.
J'ai pourtant un mauvais pressentiment.
Voici bientôt deux ans que la photo (certes en petit format A3, les plus belles imprimantes du monde ne donnent que ce qu'elles ont) trône au vu et au su de tout mon atelier, sous mon nez et sur mon regard, et que le plaisir de la regarder ne diminue pas pour le mystère qu'elle contient, jamais résolu.
La table qui tient toute seule, les jambes qui ne correspondent pas, et des mains qui virevoltent venues de nulle part. La sensualité calme qui en ressort, et qui d'ailleurs n'était pas absente du tableau que l'on prétend référent.
Le vieux Léonard savait ce qu'il peignait, lui-aussi, et ce qu'il dépeignait. Et jamais il ne s'est fâché de se voir copié, pourvu que ce soit avec talent.
Si j'étais le juge et si je voulais être cohérent devant ma glace, je condamnerais aussi Léonard à la gémonie de ma vindicte, et à 100000 euros par jour, ce qui fait beaucoup depuis le temps qu'il est mort.