Panique et ouragan (2)
Ce soir sur la Place de la République j'ai vu un beau merle
noir.
Il était pourtant transi de peur.
Il reposait sur les pavés, les ailes repliées sur
sa belle toison sombre.
J'ai croisé son oeil rond, affolé,
incrédule.
Il était pétrifié devant une longue
file de taxi.
A deux pas de mes propres roues.
Sur cette immense place j'étais pourtant la seule
à le voir.
Je n'ai pas eu le temps de freiner.
La voiture a démarré et comme dans un film j'ai
vu affolée, incrédule la roue venir, faire
jaillir son sang, le réduire à
néant, anéantir
inéxorablement l'oiseau immobile et dont l'oeil semblait
s'aggrandir.
Odieux ralenti durant lequel je n'ai entendu que mon propre cri.
Alors la peur m'a saisie à mon tour.
Celle iraisonnée qui vous prend les tripes et vous ravit la
superbe dont on se fait l'illusion qu'elle vaut quelconque protection.
Laissez-moi foncer
Laissez-moi batailler.
Laissez-moi même ruer ou anéantir.
Par pitié, laissez-moi agir et serait forte, pas
une larme s'il le faut, ne perlera !
Mais réduisez moi au silence, à l'attente et
à l'expectative et je deviens fantôme errant,
spectre d'impuissance se nourrissant de cauchemars, de craintes et de
démence.
Avec des mots et des paroles l'ombre du merle a fini par me quitter.
Avec des mots et des paroles, les cauchemars se sont
éloignés.
Milles mercis pour vos textos, vos mails ou vos pensées.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 28/06/2006
Tréfonds et sentiments
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Commentaires
Oh chere veuve Tarquine, si vous etiez aux USA (a Atlantla) je vous adopterais vous et les petits Tarquinets. Je ne connais pas votre douleur, je ne connais que la mienne, et si j'etais une sorciere ou une fee je vous prendrais sous mon aisle pour vous proteger ou j'aneantirai tous vos problemes. (Desolee, je suis partie de France il y a 28 ans and mon francais est horrible). Si je peux donner un conseil, n'arraitez pas de vivre pour le future, pour le lendemain. C'etait mon erreur. Une grande bouffee d'air et un sourire pour aujourd'hui, pour cette minute seulement. et on verra pour demain.... et on recommencera. Good luck to you little one, don't give up. One day the memory will be sweet and kind and not cruel as it is now. I wish I could take all the pain away from you and your children. Continue writing..... it is good for you and for me in restropect.
Big hug and kisses to your little family. Claudie
Juste une pensée solidaire pour vous et vos si beaux enfants.
Comme vous, je crains les portes fermées et préfère mille fois affronter les monstres qui s'y cachent plutôt que d'attendre craintivement qu'ils me cueillent. Porter le premier coup (souvent dans l'eau, heureusement) parce que la peur me rend louve et c'est tant mieux.
Sur mon vélo également, je croise souvent ces pauvres oiseaux de villes blessés, pigeons aux pattes calcinées par les fils électriques des tramways, moineaux aux ailes brisées qui échouent lamentablement sur le trottoir. Et ces visions me hantent toute la journée. Enfant, j'aurais recueilli l'oiseau et couru vers mes parents, c'est sûr, on l'aurait sauvé. Dans le cas contraire, il reposerait dans une boîte à chaussures sous les groseilliers après une digne cérémonie d'adieux. Les animaux non plus ne sont pas épargnés par les villes. Et la ville rend indifférent, ou lâche, seuls les cauchemars s'y baladent en toute sécurité.
A la campagne, souvent, la vie vous apparaît au coin d'un champ, sous un arbre, et vous réconcilie. Dans le béton des villes, l'herbe sauvage qui pousse entre les dalles ne rappelle que la survie.
Je vous lis quotidiennement et vous réponds pour la première fois. Désolée d'avoir été si longue.
Je reviendrais, si vous le permettez.
Pour ces deux Paniques et ouragans qui mettent des mots sur mes propres maux (1) mieux que je ne saurais le faire, Tarquine, merci.
(1) et donc finalement soulagent, font du bien.
Comme Gilda.
Je dire "moi c'est pareil". Développer, conjecturer.
Pas trop de mots, pas davantage aujourd'hui mais comme tu republies, je le dis.
Merci pour tes mots à toi qui ne sont pas les nôtres, et pourtant c'est justement ceux qu'on aurait voulu dire.
En espérant qu'ils n'étaient que les mots d'une vérité provisoire, un soir d'orage.
La mort fait partie du cycle de la vie ... Helas!!!!