Effusion des fêtes de Noël —Ivresse de profiter enfin des enfants — Séjour en parfaite compagnie — Plaisant air en duo depuis quelques temps. Cela fait beaucoup d'émotions en société pour l'animal que je suis. Alors malgré l'anxiété de boucler cette ultime et dense semaine de boulot, malgré la fatigue qui m'abrutit et la longueur de mon courrier en retard, malgré le lit douillet et la respiration qu'il abrite, je m'approprie la nuit et ses silences. J'y rêve de solitude et de temps perdu, d'ailleurs et d'évasion. C'est un petit refrain lancinant que je fredonne depuis ma plus tendre enfance. Celui qui m'accompagne lorsque je me noie dans un bouquin, celui que j'ai murmuré devant des jeux en ligne, celui que je m'ânonne en toshopant. C'est encore lui qui me trotte dans la tête quand absorbée dans la plus quelconque des tâches je réponds un « oui oui » aussi hypocrite qu'inconscient. Pour quelques instants ou pour quelques heures, sans savoir aucunement m'y soustraire, je me transforme alors en loup solitaire arpentant à pas perdus l'égoïste mais irrépréssible espace de liberté où je m'abstrais aussi furieusement qu'efficacement. Et si après un point d'interrogation, je vous regarde les yeux dans le vague ou vous réponds exactement le contraire de ce que vous attendiez, n'allez pas imaginer un instant que c'est volontaire... Rappelez-moi en revanche que lorsque j'étais petiote j'ai bien eu envie d'étriper mon père un millier de fois lorsqu'il se conduisait de la sorte...