Mon 9-3 à moi (1)
Signe extérieur de caïdat patenté, les
BMW noires y sont certes plus
délétères qu'ailleurs.
Et puis c'est vrai aussi qu'il y a quelques années deux
voitures ont brûlé sous mes croisées,
abîmant notre façade et faisant exploser les
vitres de notre voisine.
Non, cela je ne le nie pas.
Il est également exact qu'à la suite d'une
rodomontade que Tarquin avait lancé à des ados
qui balançait des bouteilles en verre sur la
chaussée, nous avions retrouvé nos rebords de
fenêtre jonchés de la caillasse avec laquelle ils
s'employaient à briser celles-ci.
Mais on ne peut pas nier qu'un jour le petit frère de
Mohamed est resté toute la journée avec les
policiers !
C'était en 1996, Mohamed avait 13 ans, il marchait dans la
rue. C'était les vacances de Pâques et il allait, avec son petit frère,
rejoindre sa mère qui était au marché.
Un car de police est passé et leur a demandé leurs papiers.
Mohamed n'avait pas de papiers. A 13 ans on ne pense pas toujours
à trimballer ses papiers d'identité,
même lorsqu'on s'appelle Mohamed et que l'on a le teint
très basané.
Alors il a dit au policier qu'il allait les chercher et qu'il les
apporterait au Commissariat. Il est donc retourné chez lui,
il a pris sa carte d'identité (parce qu'il est
français Mohamed) et il a été voir les
policiers à l'autre bout de la ville. Comme sa maman
n'était pas rentrée et qu'il n'allait pas laisser
son petit frère tout seul, ils sont partis tous les deux.
Mais quand Mohamed est rentré dans le commissariat pour
montrer ses papiers, il a soudain été
menotté et puis on lui a dit qu'il avait cassé
toutes les vitres du RER.
Cela a duré 18 heures.
Il n'a pas vu d'avocat.
Il n'a pas mangé.
Il a eu très peur et il a sans doute pleuré.
Il a aussi reçu une claque.
On lui a aussi montré une déclaration
où il n'avait plus qu'à signer pour partir. Mais
Mohamed savait lire et il refusait de mettre son nom sous les phrases
qu'il n'avait pas prononcées. Alors les policiers l'ont
gardé longtemps. Et avec lui son petit frère de 5
ans.
Quand sa mère criant de peur, de drame et en langue
étrangère est venu le chercher, on a
refusé de lui donner. Alors elle a attendu en pleurant sur
la Place jusque tard dans la soirée. Pour
récupérer son petit dernier, presque tout le
quartier s'était réuni à ses
côtés.Quand enfin, il est sorti, il parait qu'il
avait juste faim.
C'est le père qui a pu ramener le
puîné. Il faisait nuit depuis longtemps. Mohamed
avait vécu la plus longue journée de sa courte
existence.
Il avait 13 ans.
Il n'a pas été en prison puisque le juge des
enfants l'a relaxé des fins de la poursuite.
Et puis l'IGS avisée des curiosités de ce dossier
s'est endormie.
Aujourd'hui Mohamed est très grand ! Mais quand sa
sœur Fatima a été
arrêtée par la police, il n'était pas
là. Il sautait en parachute quelque part à
l'étranger. Mohamed est très fier de faire partie
de l'armée française mais il est toujours aussi
gentil.
Fatima, lorsque j'ai été la chercher au
commissariat, était menottée à un
banc, honteuse d'être ainsi exposée mais
consciente que c'était pour lui éviter la cellule
surpeuplée. Elle s'est mise à pleurer en me me
voyant alors je me suis assise près d'elle et elle a
posé sa tête sur mon épaule. C'est
pourquoi, le policier de l'entrée m'a demandé pourquoi je
fréquentais pareille racaille.
C'est vrai que la maman de Mohamed et de Fatima elle ne parle pas
très bien le français. Mais je lui ai
confié ceux que j'avais de plus précieux au monde
et elle a non seulement veillé sur eux mais elle les a
couvert d'amour mes trois tarquinets ! Et puis j'ai
été au mariage de l'ainé aussi. Alors
oui, monsieur le policier, je la connais bien ma racaille.
Même que quand mon mari est mort, mes tarquinets
étaient bien abîmés et le papa de
Fatima était bien triste de les voir ainsi. Comme il ne
travaillait pas le mercredi, il avait décidé que
ce jour-ci était dorénavant le "jour Mac-Do" !
C'est la raison pour laquelle, pendant plus d'un an, il a pris sous le
bras mes deux aînés et les a emmenés
chaque semaine, au temple du Big Mac.
Mes enfants l'appellent "Tonton". Et sa femme, ils l'appellent "Tata".
Parce que la vie quand on est seule, est beaucoup plus
compliquée, maintenant ce n'est plus "Tata" qui s'occupe
d'eux. Mais au moins une fois par mois, ils vont chez Tonton et Tata
pour y passer une nuit et un bout du mercredi, et on passe
parfois une heure ou en un coup de vent. Enfin on se voit souvent.
Ils disent "Tonton et Tata" mais ils pourraient dire
"Pépé et Mémé".
Ce sont dorénavant leurs plus proches grands-parents !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 08/11/2005
Déambulations
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Commentaires
Je vote pour Veuve Tarquine, représentante du Parti des Etres Humains, aux prochaines élections.
Un récit magnifique. Qui souffle comme un vent de fraîcheur sur l'atmosphère poisseuse de haines de ces derniers jours. Ca fait du bien !
Moi aussi, comme Guillermito, je vote pour VT.
A voté \o/
merci l'amour , l'amitié et le respect de l'autre n'ont pas de couleur. merci pour ce récit qui nous montre un peu d'espérance alors que'on nous parle que de racailles.il faut garder confiance dans la jeunesse
Je ne connais pas le 9-3 ni aucune autre de ces "banlieues". Pour avoir grandi blanche en Afrique, j'ai connu le racisme aussi, mais il est vrai que mes conquérants prédécesseurs y étaient certainement pour beaucoup. Petite fille, j'ai peu vu mon père, occupé qu'il était lui aussi à sauter en parachute quelque part à l'étranger. Il s'appelle Jean-Claude. Dimanche soir, à la télévision, j'ai vu un groupe de policiers filmé en caméra cachée interpeller peu respectueusement un groupe de jeunes. Un des policiers leur a dit d'un ton menaçant "va griller dans un transfo !". J'ai eu la nausée. Elle ne m'a pas quittée depuis. Je ne veux étiquetter personne. Je m'y refuse. Je suis triste seulement. Est ce qu'ils réalisent seulement, "les casseurs", les justiciers du dimanche, que les berlines des nantis dorment à l'abri dans leur boite, et que ce sont des voitures de smicards et de rmistes qui brûlent ? Est qu'ils réalisent que toutes ces écoles et ces bibliothèques à reconstruire, ce sera autant d'argent que les services sociaux et les hopitaux n'auront pas ? Je suis triste, triste seulement...
Ca fait du bien de lire ça le matin avant d'attaquer la journée. Ca nous rappel a tous que les imigrés ne sont pas forcément des racailles... Bientot la violence urbaine va arriver au viviers-du-lac si cela continue...
C'est le genre de truc qu'on oublie de dire dans les médias. On parlant de la "violance dans les banlieux" en négligeant les causes, on finira par nous considérer comme des fanatistes voulant détruire la France. J'aime la France comme un autochtone aimerait la France. La France c'est aussi mon pays.
Ce qui est désespérant, c'est qu'en fin 2005, il existe encore des gens à qui on doit le rappeler.
Ce récit fait vraiment beaucoup de bien en ces temps où les politiques multiplient les déclarations nauséabondes.
Tout comme Vroumette, pareil d'accord. (et en plus c'est bien écrit)
Mon 9-2 qui est celui qui ressemble à ton 9-3 me semble ressembler à ton récit.
Je dois dire que si, sans doute, des gamins y font des conneries que je n'aurais pas imaginée, tout s'y passe bien ces derniers jours.
En tout cas Tonton et Tata s'ils sont des humains particulièrement réussis sont loins d'être les seuls, merci de rappeler leur existence.
C'ext exactement le sens de l'expression « Français sur le papier +…
Y'a des cons partout.
Heureusement, y'a aussi des êtres humains partout, qui rendent à l'expression vivre ensemble toute sa chaleur et sa beauté.
-- xj
Total respect.
Merci, Tarquine, de ce beau billet, où l'humanité se mêle au bon sens (et je suis tout à fait d'accord avec Guillermito — tu devrais te présenter comme candidate du Parti des -tres humains). Je vote Tarquine !
C'est dommage de devoir le rappeler, mais c'est necessaire... Merci
Comme c'est mignon!... On en viendrait presque à les plaindre, ces pauvres malheureux qui massacrent les voitures de gens qui ne leur ont rien fait... De toute façon, quelle que soit la couleur de peau, l'appartenance ethnique, il y a des imbéciles et des injustices partout; il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Pour ma part, j'ai grandi en banlieue parisienne, et ce n'était pas joli joli... De toute façon, c'est un problème culturel; pourquoi n'y a-t-il jamais le moindre problème avec les communautés asiatiques? Les déclarations du président iranien quant à la suppression de l'état hébreu sont sans doute moins nauséabondes que les déclarations de nos politiques français...
Arnaud, il y a rarement des problèmes avec les communautés asiatiques car elles sont extrêmement communautaires et autarciques, justement. Pour avoir mis des années à être considérée comme de la famille par ma belle famille qui est pourtant loin d'être dans les moins ouverts, je peux en aprler en long en large et en travers. Mais ça n'est pas l'objet, autrement que de dire que ce genre de clichés font un bien fou aux préjugés qui courent... Et vous en enfilez des colliers entiers, de clichés, en une petite phrase.
Si j'ai bien lu (et j'ai bien lu), il n'est pas question de trouver de plaindre les "pauvres malheureux", comme vous dites, mais de rappeler que les banlieues, c'est en grande majorité des gens tout à fait pacifiques et en toute petite minorité (mais cette dernière est bien plus mise en lumière) des imbéciles, pour reprendre votre terminologie.
Je n'ai pas cru lire non plus dans ce billet quelque tentative d'analyse politique internationale, juste un bout d'humanité pour rappeler que. Donc vos assertions sur les déclarations du président iraniens et de nos politiques sont sans doute très justes mais hors débat. D'ailleurs, il me semble que ça n'était même pas un débat.
Tarquine, coupe-moi sans hésitation si je m'emporte, je suis hors-sujet moi aussi, du coup.
C'est dommage de finir la lecture de ce beau post par le coment qui précède ou l'amalgame semble prendre toute la place de la réflexion. Dommage vraiment.
Je déjeunais à midi avec une amie qui a résumé en une phrase le fond de ma pensée : « Il serait peut-être temps que l'on reconnaisse que la France est raciste +. Arnaud, vous en êtes la piètre démonstration...
Anne, votre réflexion n'est pas hors sujet mais frappé au coin du bon sens !
Quand je parlais du post précédent, je parlais bien sûr de celui d'arnaud. Anne a été plus rapide que moi sur ce coup là :-)
J'ai lu ton texte ce matin. Sur le coup je n'ai pas pu commenter tellement j'avais la gorge nouée par des larmes qui ne voulaient pas sortir...
Je vote egalement VT ! Il va falloir maintenant s'occuper des 500 signatures ...
Viva la Revolucion ! Viva Tarquina ! ;)
Sinon, les tranches de vie, c'est bon à lire. Surtout quand c'est une jolie tranche de vie avec des gros morceaux d'humanité dedans !
Magnifique et emouvant... Merci beaucoup, Veuve Tarquine.
Magnifique et emouvant... Merci beaucoup, Veuve Tarquine.
"La révolution, c'est comme la bicyclette; il n'y a pas de marche arrière!" dixit Fidel Castro. Pourquoi cette accusation de racisme à mon encontre alors que j'exprime simplement ce que je vois autour de moi? J'ai des amis de très diverses origines, et j'ai appris plusieurs langues parce que la pensée de l'autre, sa manière différente de l'exprimer m'intéressent. C'est trop facile de "lâcher" l'insulte dès qu'il y a un soupçon de pensée qui pourrait être interprétée comme politiquement incorrecte...
je te lis toujours même si je ne commente jamais, mais là, je voulais juste laisser une bien pâle trace et dire que (avec une originalité toute relative) que c'est un texte magnifique!
Ce texte a su éveiller des émotions contradictoires, la tendresse, la révolte, la colère, la peine. Bravo. Ce sont les contrastes entre ombre et lumière qui donne de la valeur à ces mots... En tout cas cela a surtout mis en lumière un fort beau lien. Et la gentillesse de personnes hors du commun. C'est tellement proche, tellement personnel, comment honnêtement replacer tout ça dans le contexte d'une société assoiffée de généralités ?
Merci, ce que vous avez raconté, c'est du soleil dans la nuit.
S'il vous plaît, Veuve Tarquine, n'arrêtez pas de me faire monter les larmes aux yeux. Ce sont ces moments d'humanité qui me font croire à tellement de choses...
Trop tard les larmes ont coulé !
A voté !
Merci de nous faire partager tout ça. :-) Un peu de douceur.
Et cette "Tata" m'a fait penser à deux mères d'amis, qui m'avaient pris sous leurs ailes aussi, quand j'étais un peu plus jeune et un peu trop perdue.
Les coeurs qui débordent d'amours. Sourires.
Merci.
Merci pour ce bien beau billet. Je parcourais les sites de news et désespéraient de l'avenir, de l'issue de la crise des banlieues..De l'homme même. Tu m'as redonné le sourire. Oui merci de nous rappeler qu'à coté du fracas, il existe des tas d'expériences et de rencontres heureuses et bénéfiques. Vivre ensemble c'est possible. Merci
Je parie qu'Arnaud a des disques de Sydney Bechet ...
Sydney Bechet? Non. Mais Ahmad Jamal, Abdullah Ibrahim, Stephano di Batista, et bien d'autres... J'ai aussi des collègues de travail qui se sont fait prendre à parti ces dernières nuits pour ramener des belles images dans les beaux JT, au risque de leur vie; c'est normal à Gaza ou à Bagdad, mais pas ici... Il faut ouvrir les yeux: cette tranche de vie, ce sont quelques gouttes de sagesse et de paix dans un océan de violence, et ce n'est pas fini! On se réveillera peut-être quand il y aura des morts?
« On se réveillera peut-être quand il y aura des morts? +
Voyons, n'ayez aucune crainte ! « c'est juste un problème culturel +
Par ailleurs et si la seule réaction que vous êtes capapable d'émettre quand on vous parle des banlieusards pacifiques n'est qu'un méprisant « comme c'est mignon!... +, vous me permettrez de ricaner à la lecture de vos commentaires subséquents...
Pour mémoire « raciste + n'est pas exactement une insulte. Seulement un constat.
Mais, ricanez, je vous en prie; je ne saurais vous priver de ce plaisir. Le "comme c'est mignon" n'était pas méprisant, mais ironique. Et dans le contexte particulier du politiquement correct, "raciste" a souvent un caractère d'insulte; je l'ai donc pris comme tel. Quant à la réaction que je suis "capable d'émettre", c'est simple: le rejet total, au vu de ce qui se passe, et la méfiance, la défiance. La liste n'est pas exhaustive...
Hormis le racourci sur le "problème culturel" et les "communautés asiatiques", sans doute plus maladroit que mal-intentionné, le commentaire d'Arnaud me semble bien vite taxé de racisme, ce que je considère moi aussi comme une insulte, un peu facile, d'ailleurs... Alors si pour ne pas être raciste, il faut excuser les vandales ; si chacun doit lister ses amis étrangers pour prouver sa xénophilie, et si refuser la violence gratuite, quelle que soit la couleur de ceux qui la génèrent, revient à être taxé de racisme et bien soit, je prends le risque ! Personne ici n'a dit que les banlieues ne sont QUE ça... seulement elle sont ça, aussi, un peu d'objectivité ne nuit pas ! Et pendant ce temps, le diable, avec son oeil de verre, se frotte les mains...
Tarquine, je vous remercie pour ce témoignage. Ca fait du bien à entendre.
J'en ai assez qu'on généralise la banlieue à un ramassi de "racaille" (je déteste ce mot), d'autant plus que la majorité des problèmes en banlieue sont la conséquence des politiques appliquées depuis plusieurs dizaines d'années. Bien sûr c'est plus facile de dire "c'est les étranger" que d'admettre que nous avons nous même créé la situation dans laquelle nous sommes ...
La France est raciste mais aucun français n'est raciste...
Raciste n'est pas une insulte.
Refuser d'employer le mot conduit à nier un phénomène qui est, pour tout observateur attentif, parfaitement criant, notamment dans le monde du travail.
Sigmatiser dans un hors sujet trollesque l'ensemble d'une population et sa violence ("Comme c'est mignon") au motif de problème culturel que ne connaissent pas d'autres populations (les communautés asiatiques) est un raisonnement raciste.
C'est une affirmation gratuite et infondée qui est loin du "Tonton" et de la "Tata" dont je parle.
Par ailleurs commenter au seul dessein de souligner la singularité des gens quand mon billet n'évoque que les liens somme toute assez humains qui se nouent quand des individus vivent en société vient me conforter dans mon sentiment.
Moi quand je vais en France je suis l'etranger mais je n'en ai pas l'air.
Je devais prendre le RER pour alle a Roissy. J'ai demande mon chemin a un garcon debout a cote de moi (j'avais au moins 4 sacs). Je voulais etre sur d'etre dans le bon RER. Je ne suis jamais tres sur de moi en France.
Il m'a regarde completement etonne deja parce que je lui parlait et ca m'etonnait moi de le voir etonne.
Mais il m'a aide. A la station suivante, celle ou il descendait, il a regarde le panneau et est revenu me voir:"Hey m'sieur! C'est le bon train."
Voila ca mange pas de pain. Parfois il suffit de demander.
Lors de ma toute premiere visite je logeait dans une banlieue a Paris et il fallait prendre un bus. J'ai demande a un controleur qui m'a balance dans un bus pour avoir la paix. J'etais completement perdu. C'est un arabe dont j'ai oublie le nom qui m'a aide. Attendez que j'explique clairement: Il est sorti de son train train quotidien et a prit tous les bus qu'il fallait (on a fait 2 echanges) jusqu'a l'endroit ou je logeait...
Si on respecte les gens et qu'on leur parle comme nos egaux, il y a de bien meilleurs resultat dans les rapports.
j'ai une toute petite question très stupide et complètement terre à terre et un peu gênante par rapport au cours de la discussion, mais j'aime bien comprendre les choses, qu'est-ce Sidney Bechet vient faire là ?
(je cherche pas à faire de l'humour c'est de la vraie ignorance, j'avoue)
Pour appuyer sur "le monde du travail est raciste", voici une stat récupérée par What-Next dans un article de la BBC qui dit citer l'INSEE mais sans mettre de lien précis :
Plutôt parlant. Et permet de relativiser le discours "il faut éduquer les banlieues pour améliorer leur situation" ; ça ne suffira pas, ça augmentera même le dépit et la frustration si une fois diplomés, ils ne trouvent toujours pas de boulot ! Un vrai bon débat sur la discrimination positive serait peut-être aussi nécessaire...
"Si on respecte les gens et qu'on leur parle comme nos egaux, il y a de bien meilleurs resultat dans les rapports." Pas toujours, hélas, pas toujours...
Ne vivant pas dans ces banlieues lointaines (dans mon coin, c'est plutôt les agriculteurs qu'on redoute), je ne m'étendrai pas sur le sujet.
[...]
Vous ne vous étendez que trop, bien au contraire. Votre commentaire est non seulement hors sujet mais d'une insondable bêtise. Mon bricablog n'est pas un forum pas plus qu'un journal où vous seriez en droit d'exiger une quelconque ligne éditoriale.
Allez donc transporter vos oeillères ailleurs que sur ces pages.
VT
J'ai eu rédemment l'occasion d'accompagner une jeune fille d'origine marocaine durant les trois années de son apprentissage. Quand elle a signé son contrat on m'avait prévenu qu'elle habitait le quariter des cas sociaux inséré lui même dans un autre quartier hlm, et qu'elle était la seule à avoir un contrat de travail sur la dizaine de membres de sa famille proche, plusieurs de ses frères étant sous les verrous ou suivi PJJ. J'ai régulièrement rencontré ces "dangereuses racailles" et je n'ai rien vu d'autre qe des personnes qui ont compris le challenge entrepris par Rana (prénom d'emprunt) pour essayer de s'insérer alors qu'elle avait été exclue de l'école et considéré comme déficiente intellectuelle. Rana a après diverses péripéties réussie son CAP et signée un CDI. Ses frères sont toujours en difficultés mais ils n'ont rien fait pour l'empêcher de réussir ni pour qu'elle s'installe avec un ami "blanc". L'humanité existe aussi chez ceux qui n'ont peut être pas trouvé ou pu mobiliser les ressources qu'il faut pour surmonter des 'situation de handicap" que peu d'enfant des "beaux quartiers" sont pret à affronter. belle histoire que la votre, le racisme est présent quotidiennement pour ceux qui n'ont pas une peau, des cheveux ou un nom "bien de chez nous".
J'habite une HLM en ZUS à Argenteuil et je commençais à désespérer du genre humain à lire les horreurs diffusées à droite et à gauche sur les forums, heureusement que VT me rassure ; tout n'est pas perdu. J'en ai marre de ces gens qui jugent sans savoir. . . . Merci encore
Je ne pense pas que le billet de VT ait été écrit dans le but de soulever une telle polémique, moi il n'a fait que me rappeller ce qu'il se passe dans ces "cités" où j'ai si bien vécu durant plus de 20 ans. Quand je vois les infos en ce moment, je suis outrée car je n'accepte pas ce déballage journalistique qui va encore coûter aux habitants de ces quartiers. cela ne fait que rapporter la haine et la xénophobie sur des personnes que l'on ne connaît même pas. Les centres de loisirs et maisons de quartiers qui ne pourront plus proposer d'activités en dehors de leur ville, difficile d'emmener un groupe de jeunes en vacances après ça. on peut construire un mur tout autour c'est le même effet.
Juste un petit témoignage aussi qui ne fera que se rajouter à la liste des nombreux autres.
Il y a une quinzaine d'année, un des meilleurs amis de mon père (c'est un Marocain qui vit en France depuis plusieurs années) rentre un soir de son travail par le bus. Le bus n'est pas bondé mais il y a un peu de monde. L'homme surprend un un type en train de dérober un portefeuille dans le panier d'une vieille dame. L'homme essaie de résonner le type en lui disant que la mémé a besoin de son argent, qu'elle ne peut se défendre contre lui et que sa retraite bien maigre ne fera pas son bonheur, bref, il n'est pas agressif et doit sans doute espérer être suivi par les autres passagers du bus. Et bien l'homme s'est fait poignardé par le voleur sans même s'y être attendu. Il est mort dans le bus qui a été déserté par tous les passagers, y compris la vieille dame qui a refusé de témoigner. Il ne restait que le chauffeur qui n'a pas vu grand chose. Voilà, l'ami de mon père était marié et il avait 4 enfants. J'avais 15 ans quand c'est arrivé et franchement ma colère était aussi féroce que tous ces jeunes aujourd'hui.
Bonne continuation Veuve Tarquine.
VT: Bravo et merci pour ce petit morceau d'humanité.
Je vais sans doute pleurer devant l'ordinateur encore quelques minutes, mais ça fait rien!
Quel soulagement de lire ces lignes, vous n'imaginez pas! J'ai quitté Paris il y a 20 ans et pourtant je n'ai absolument aucune difficulté à immaginer d'où vient la colère de ces jeunes. Ce qui me semble difficile à avaler, par contre, c'est le nombre de gens qui ne comprennent pas d'ou vient cette colère (ou pire, font semblant de ne pas comprendre).
(Merci aussi à votre ami Sale Bête pour nous avoir signalé ce tres beau billet.)
J'avais perdu tout espoir sur mon pays et celui de mes "tarquinets", vous venez de me le rendre. Un seul mot, un seul : MERCI ! et dans ce MERCI il y a toutes les choses du Monde.
un autre Mohamed
En refouillant dans ma mémoire de quand j'étais p'tit, je me rappelle avec un chouya d'émotion la voisine du 3eme droite (j'étais alors au 1er étage gauche) chez qui je passais pas mal de mercredis après-midi...
Hedwige, elle était noire de ce noir qui fait utiliser le mot à bon escient (souvent ça ressemble plus à un brun foncé), Hedwige, je sais même pas d'où sa famille pouvait bien être originaire, mais ils étaient pas de métropole depuis si longtemps que ça... Bref, de toutes façons, Hedwige et sa famille, ils avaient pas la "french touch"... Ils avaient pas ma couleur de peau délavée... Hedwige, elle passait parfois 4 heures sous les doigts expérimentés de sa mère à se faire faire ses nattes...
Mais quand je mangeais les beignets de banane de la mère d'Hedwige, ben j'peux dire que sa couleur et d'où elle venait, j'm'en foutais royalement. Et quand je passais l'après-midi chez Hedwige à jouer à la super nintendo, idem. Parce que chez Hedwige, on me traitait en égal. J'étais pas le méprisable petit blanc du dessous, ni le chef-blanc d'en bas... Juste le voisin qui aimait bien se trouver là.
Et pourtant, tout ça se passait dans une HLM des Ulis... A une époque qui me paraît lointaine au possible, vu que j'en ai déménagé il y a 10 ans, soit la moitié de ma vie... Mais j'ai pas oublié les beignets de banane et le fait que chez eux, à bien y réfléchir, c'était pas chez moi et pourtant on me traitait comme si.
Je pense souvent aux beignets de banane... Et j'me dit que certains auraient dû en manger plus. Ou en offrir plus...
"raciste n'est pas une insulte" Je comprends mal ce que vous dites là. Le racisme est tout de même lié à une certaine morale, au moins à une morale pratique (risquerais-je le terme de méthapysique des moeurs?). Il est un fondement de comportement qui empêche que dans une société les différentes communautés qui y vivent le fassent en harmonie, dans le respect les unes des autres. Mais plus que ça, le racisme, c'est d'une certaine façon dénier à l'autre sa qualité d'humain. C'est oublier tout ce qu'il a de semblable à soi et qui en fait bien plus qu'un Autre, un parent. Parce que je ne parre plus l'autre que de qualificatifs, de déterminants qui l'enferme dans une identité que fondamentalement il n'a pas (et qu'il m'est d'ailleurs bien difficile de connaître). Je lui fait porter un masque pour m'éviter d'avoir à le regarder dans les yeux pour vraiment comprendre qui il est. Mais dès que je fais porter un masque à l'autre, j'en mets un moi aussi. Si l'autre porte celui de la caricature, je porte celui du caricaturiste. On s'aperçoit alors que dans mon comportement, en ôtant à l'individu qui est l'objet de mon rejet raciste sa part d'humanité, je m'enlève en même temps la mienne. Je ne suis plus moi mais seulement le masque que je me fais porter.
C'est dans ce sens qu'il me semble que "raciste" est bien une injure. En disant à quelqu'un qu'il est raciste je le qualifie, et d'une bien grande laideur puisque je lui indique que selon moi il n'est plus vraiment humain. Quoi de pire? Un autre point: je crois que chaque fois qu'on envoie à quelqu'un un jugement négatif sur sa personne plutôt que sur ses actes ou ses paroles alors on tombe peu ou prou dans l'injure, dans une forme de diffamation pour être plus précis. On diffame sur son identité fondamentale qu'on ne peut pourtant jamais prétendre réellement connaître. Et on oublie (voire on s'empêche) de le considérer pour ce qu'il a d'autre. Alors qu'en disant à quelqu'un:"tes propos sont racistes" on laisse la porte ouverte à ce qu'autre chose chez lui que ces seuls propos là soit positif et même éventuellement vienne remettre en cause ce premier qualificatif de raciste.
hem bon, j'espère que ça ne fait pas trop délirant ce commentaire ...
« Un autre point: je crois que chaque fois qu'on envoie à quelqu'un un jugement négatif sur sa personne plutôt que sur ses actes ou ses paroles alors on tombe peu ou prou dans l'injure, dans une forme de diffamation pour être plus précis. +
Avec de telles affirmations on en revient à ce que je disais plus haut : la France est raciste mais aucun français n'est raciste...
Merci de bien vouloir m'indiquer comme vous qualifiez quelqu'un qui manifeste du racisme autrement que par l'adjectif raciste ; je précise bien que je ne dis pas sale con ou salaud mais simplement le banal adjectif raciste !
Après le « politicaly correct+, voici donc l'ère du français mou... constitué uniquement de termes consensuels ne pouvant en aucun cas heurter la sensibilité des plus pudibonds.
Pardonnez le ton acerbe de cette réponse mais voir amputer la langue française de sa vivacité voire sa truculence m'est toujours pénible.
Je comprends votre réaction. J'aurais sans doute dû être plus précis mais inquiet de la pertinence que vous percevriez dans mon commentaire je ne voulais pas trop en rajouter.
Mon idée vient d'une discipline à laquelle je me suis frotté pendant quelques temps et sur laquelle je continue de travailler: la gestion du stress. C'est un terme en fait très réducteur pour désigner une démarche de réflexion globale qui porte essentiellement sur notre champ relationnel: sois avec soi et soi avec les autres. On y suggère notamment de faire une disctinction entre être, faire et avoir. Pour faire court, je ne suis pas ce que je dis, ni ce que je fais. Bien sûr ces éléments participent de mon identité, mais participent seulement: ils ne la fondent pas pour autant, et c'est cette nuance qu'il me semble importante à saisir.
En pratique, elle signifie que si je peux juger, évaluer le comportement de quelqu'un, les limites sont fortes à ce que j'évalue la personne elle-même de par la seule observation de ce comportement. Lorsqu'un individu prononce des propos racistes, ce sont ses propos qui sont racistes, mais pas nécessairement lui, car si tel était le cas alors il pourrait se réduire à ces seuls propos ce qui ne me semble jamais pouvoir être le cas.
Cela ne veut pas dire pour autant que l'on doive excuser ce comportement. Mais simplement que l'on remet en perspective ses actes et ses paroles dans le cadre où elles se sont exprimées, et, comme je l'ai déjà dit avant, qu'on n'oublie pas qu'il y a d'autres éléments qui constitue l'individu qui pourraient me faire courber le jugement premier que j'ai de lui.
Il me semble d'ailleurs que c'est en quelque sorte le travail précis que réalise un tribunal: l'individu est jugé pour des actes, pour des paroles, par sur ce qu'il est. On lui dit : "vous êtes reconnu coupable d'avoir tenu des propos racistes "..., pas "vous êtes déclaré coupable d'être raciste".
C'est une nuance subtile et que je dois bien avouer avoir du mal à suivre tous les jours dans ma prpre vie. Pour autant elle me semble intéressante à garder en tête, comme d'un horizon à atteindre. Parce qu'elle permet de mettre en avant l'attention à l'autre, même si c'est autre, temporairement par ce qu'il a fait, ne me semble pas mérité cette attention.
Est-ce plus clair dit ainsi ?
« Pchiiiittttttt + fait le Baygon — le vert, celui des insectes rampants ! — VT
Vous ne sentez pas une drôle d'odeur ? Quelqu'un a du Baygon ?
Arf, j'ai mis du temps à trouver ma bouteille mais voilà, je viens d'en asperger la bestiole ! — VT
Rahlalala... Toujours ce Calimérisme de bon aloi pour cacher ses propres fautes... C'est sûr que le propos est pas finaud, mais bon... c'est-y-pas un peu hors contexte ? Et ça serait pas de la propagande ?
Kozlika : hum, ça sent l'Orange de Dreux.
Et pis aller, tiens... J'ai rien à faire en cette joyeuse nuit d'insomnie...
Comme vous m'y aviez autorisée par avance, je supprime votre commentaire dont je salue l'intelligence mais qui, du fait de l'intoxication de votre sujet par ingestion de baygon, n'a plus d'objet. — VT
Dans le bouquin "Africa Trek" un couple part avec 3 fois rien en Afrique (juste le sac à dos, la tente, le duvet etc....). Une des choses qui les a vraiment frappés est le "racisme" des populations noires à leur égard.
Par racisme, ils entendent la peur de l'autre, de l'inconnu. Ils sont tous noirs, il n'ont que très rarement vu des blancs et "naturellement", oserais-je dire, ils ont peur des blancs. Ils les rejettent parce qu'ils sont blancs, ils n'ont pas le même mode de vie etc.... etc....
Ces populations ne sont-elle pas pour autant humaines ? Il est pour moi assez normal de se méfier de l'inconnu et les africains auraient d'ailleurs du se méfier beaucoup plus des occidentaux (enfin c'est encore un autre sujet).
Entre une peur primale de l'inconnu que je trouve naturelle et le racisme je pense qu'il y a une grosse différence. Cette différence est à mon avis dans la systémisation, par exemple : il est noir, juif, chinois, barbu donc je ne lui donne pas le boulot même si ses qualifications sont les mêmes. Cela demande un effort intellectuel pour passer au dessus de la peur primale qui, selon sont éducation est un effort plus ou moins difficile. Je pense qu'une personne élevée toute sa vie dans le XVIème doit avoir un peu plus de mal qu'une personne élevée toute sa vie dans une banlieue cosmopolite.
j'ai trouvé ce billet très beau et je ne doute pas de la sincerité des propos émis, pour avoir vecu plusieurs années dans des hlm de banlieue, heureusement qu'il y a ces tranches de vie, mais de ce que j'ai vecu elles etaient beaucoup moins nombreuses et moins intense que les actes de violences. j'ai rencontré un paquet de gens sympas avec qui j'ai gardé le contact, mais ce n'est pas toujours representatif de ce qui se passe réelement, et pour rien au monde je ne retournerai vivre aujourd'hui dans une cité.
Mon père et moi avons été insulté un nombre incroyable de fois, sans compter les crachats jet de pierres, avoir vue la voiture familiale bruler par deux fois, pas plus car mon père n'en a jamais racheté. Nous avons finnalement déménagés après la deuxième agression au couteau subie par mon père qui lui à causé 6 mois d'invalidité et il n'a toujours pas récupéré 3 ans après.
son metier.. il etait concierge. et etant le fils du concierge j'ai pas mal trinqué aussi, raqueté constament et fouillé alors que j'avais jamais rien de valeur sur moi. Et pour la blague, j'ai toujours été meilleurs de ma classe en course à pieds et c'est pas un hasard je m'entrainais presque tout les jours, j'apprenais les horraires et les lieux par lesquels passer ou ne pas passer et ne sortait que quand c'etais necessaire, au pas de course le bide noué a chaque sifflement.
voila c'est aussi ça les cités, il n'y a pas que des caids mais ceux qui sont en place font la loi et il sont presque impossible à deloger avec leur climat de terreur à la con.
De tout mes amis qui ont quittés leur cités, et j'en ai quand même eu, car la majorité des habitants sont des types bien, pret a vous aider, quand les racailles sont partis zoner ailleurs, aucun ne voudrait y retourner. J'ajouterai même que si des liens si forts se créent entre certains habitants, c'est justement car en tant que victime de la violence au quotidient, ils ont des choses a partager.
voila mais je pense que vous omettez volontairement dans cette note, certains côté negatifs, même très négatifs de ces quartiers là, et si c'est vrai que tout n'est pas a jetter, on ne peut vraiment pas dire que ce soit le paradis sur terre (ce qui ressort de votre note après première lecture ) .
Même (surtout) en tant que touriste je n'y remettrait jamais les pieds.
Simplement merci.