Les cris des enfants résonnent si longtemps...
Dimanche, je crois que je ne dirai
rien. Dimanche, je tairai
la longueur des deux années écoulées.
Certains anniversaires ne s'évoquent
qu'en silence, parce que les mots sont trop brutaux, trop douloureux et
aussi
trop vains. Dimanche, j'espère qu'il fera beau et que la vie
me tiendra loin
des rives lancinantes de certains souvenirs.
Certains cris ne s'entendent qu'en silence et les vibrations de
quelques uns
vous poursuivent toute une vie. Curieusement les miens ne sont pas ceux
dont
j'ai conservé un souvenir précis - si tant est
qu'ils aient existé. Moi, je me
souviens d'avoir été muette. Trop abrutie pour
faire du bruit. Juste assommée -
estomaquée comme si ma vie aussi s'était
arrêtée. Pétrifiée,
voilà ce que
j'étais.
Et quand j'ai répété haut et fort les
mots définitifs que l'on venait de
m'annoncer, les cris des autres m'ont terrifiés.
Alors je suis partie. Je suis allée me cacher sous la table
à langer de mon
tout petit. Je me suis
faufilée, recroquevillée,
rouler en boule et
j'ai attendu de mourir aussi, parce que je ne savais plus vivre.
J'étais
minuscule, invisible, je n'existais plus. Mais l'on m'a
cherché, et si l'on ne
m'a pas trouvé, l'on m'a appelée, l'on m'a
criée. Alors sans bruit, je suis
sortie, j'ai réapparu, j'ai fait semblant de comprendre
leurs cris quand seul
un immense et définitif silence m'engloutissait.
Un dernier face à face et tout s'est tu à tout
jamais. Tout s'est terminé dans
le silence des respirateurs et des larmes qui s'écrasaient
sur lui.
Et puis le pire, le plus difficile, le plus indicible. Aller chercher
les
enfants à l'école, leur sourire, les accueillir,
faire le chemin, l'air de
rien, sans leur dire, pas là, pas comme
ça.
Et puis s'asseoir, les prendre contre soi, tout prêt. Et
parler. Et puis les
écouter et penser mourir en entendant résonner
ces cris où se mêlent douleur et
terreur et qui jamais ne devraient jaillir de la bouche des enfants.
Dimanche, j'essayerai de ne pas penser à ces sons
là, ces cris dont je me
souviens si précisément.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 23/09/2005
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
Dimanche, je penserai à toi, aux enfants. Et je croiserai les doigts pour que les diversions marchent.
Votre douleur m'a fait pleurer. Je pense à vous.
penées pour toi et des sourires en pagailles pour leurs rires de dimanche dernier...
pensée pour toi, voulais je dire, lapsus entre pensée et et peiné probable...
Mon dimanche est pour toi !
Tu veux un poutou ?
Dimanche, il fera beau...
Dimanche, mon bleu du ciel sera pour vous.
Je n'osais pas, mais ce soir j'ose.
Vous dire combien je penserai à vous quatre, demain.
plus de cris, seulement des rires ou un silence léger comme la plume...
Je vous souhaite un dimanche de tendresse
mon mari, le père de mes enfants a été gravement malade alors que notre fils n'avait que 2 ans et sa soeur 7. Il s'en est sorti alors. Depuis du temps, pas mal de temps à passé. Mais j'ai encore très vif le souvenir de cet effort-là, tenir pour que les enfants souffrent le moins possible, ne pas leur communiquer en plus de la leur notre part d'angoisse et de chagrins. Et ma douleur, le soir, dans les jours fragiles juste après son opération quand on ne sait pas encore de quel côté la suite va basculer. Effectivement cette sorte d'état de sidération brûlante et l'impuissance qu'on ressent. Je sais que ce n'est pas la moitié du quart de la souffrance de quand tout est fini. Mais le morceau de chemin que j'ai eu, et vos mots qui disent, font que je comprends. Ca peut vous sembler dérisoire, je sais.
Dimanche est presque fini et j'ai pensé à vous. Il y a des dates au-dessus desquelles on aimerait sauter à pieds joints. Mais elles sont aussi les témoins du chemin parcouru. Depuis deux ans, vos enfants ont grandi, vous aussi sans doute.... Je vous embrasse très sincèrement
Une larme a roulée sur ma joue... Mes pensées vont vers vous et vos magnifiques enfants.
Grande Dame, j'ai enfin compris le bien que me fait la lecture de vos billets: devant l'absolu de votre peine toujours accompagnée d'un optimisme en beton comment ne pas ressentir le bonheur que chaque seconde apporte, comment ne pas apprecier chaque instant qui nous separe du malheur qui aproche inexorablement.
Le seul vrai peché c'est de penser un jour : j'etais heureux mais je ne le savais pas....
Si je peux me permettre: Madame, vous etes un Seigneur. Merci de continuer.
meci