Eduardo à 9 ans. Pourtant, en France, on en douterait...
« Eduardo a 9 ans. Il est assis non loin de moi, sur un des bacs de la salle d'audience. Ses pieds se balancent dans le vide. Son esprit, lui, est bien loin de l'hôtel d'Aumont. Il lit Harry Potter, et ne se rend pas compte qu'on parle de lui à quelques mètres de là.
(...)
Il découvrira un pays qu'il ne connaît pas, mais on lui expliquera que c'est le sien, et non pas celui où il allait à l'école, ça c'était un pays pour de rire. Il apprendra qu'un cahier est un bien rare et précieux, qu'un livre est un luxe, qu'une école est un lieu où des traficants recrutent des revendeurs, et que traverser la rue peut mettre sa vie en danger.
Et un jour on lui dira que la France est une terre d'accueil. Je suis sûr que ça le fera rigoler. »
Eolas, — Eduardo
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 20/09/2005
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Commentaires
Ne pouvant pas faire de trackback car jÝai u problème momentané je viens de vous faire une répnse intitulée :
LÝenfer est pavé de bonnes inentions
;-) jÝai un problème de clavier aussi...
merci pour le lien. C'est un sujet qui me touche beaucoup car je ne serai pas née si à une époque la France à l'industrie glorieuse n'avait pas envoyé des sergents recruteurs dans quelques pays un peu plus méditerranéens qu'elle, afin de récupérer des hommes jeunes le dimanche à la sortie des stades et les envoyer le lundi ou presque vers des usines où la main d'oeuvre manquait. Eh oui, il fut un temps pas si lointain où l'immigration était considérée comme une force pour le pays d'accueil. Qui donc s'en souvient ?
Concernant Eduardo, ce que souligne Eolas et qui est terrible et vrai, c'est qu'un enfant n'est pas de l'endroit d'où viennent ses parents, mais bien de là où il vit au quotidien, où il va à l"école (dans les pays où c'est possible) où il a ses copains. Ca n'est pas sans parfois désoler des parents qui au fond d'eux-mêmes n'abandonnent pas nécessairement ce rêve d'un retour à leur pays d'origine. C'est un des tourments de l'exil. Il ne faut pas oublier que la plupart des gens qui quittent ce qu'ils n'ont pas mais qui est "chez eux", le font juste pour tenter de s'en sortir et sont prêts à bosser dûr pour ça. Pourquoi leur fermer toute chance légale de pouvoir le faire ?
merci une fois de plus pour le billet et le lien
Y a des soirs j'aimerai croire aux comptes de fées. Que Harry Potter et le grandissime Dumbledore lui viennent en aide. Mais la vie n'est pas un roman, parfois qu' un mauvais polar qui fini mal. Bonne chance Eduardo, bonne chance.