Quand la Capitale me transporte !
Ensuite de ce billet et de ses commentaires, mon
honnêteté me dicte de vous faire, la main sur le
cœur, ces quelques confidences :
- Je grille au moins trois feux rouges par jour, sans me mettre en danger ni déranger quiconque.
- Je décline — évidemment —
l'aide que me proposent les cyclistes en cas de déraillement
ou de crevaison.
- J'ai horreur de me faire doubler et je me contrains, quand cela
m'arrive, à réprimer une furieuse envie de
rattraper les impudents qui osent commettre pareille injure.
- Je ne souris plus systématiquement aux autres cyclistes pas
plus que je ne leur dis bonjour (ah la lassitude des regards mornes et
dédaigneux que l'on vous retourne) mais quand l'occasion
survient j'aime beaucoup mettre à mal ces orgueilleuses
barricades !
- J'abuse des signes de remerciements à l'égard des
hominidés motorisés qui font l'effort de partager
la chaussée avec les cyclistes.
- J'abuse plus encore des signes de remerciements à
l'égard des hominidés motorisés
auxquels je force impérieusement le passage l'air
dégagé.
- Je me fais un point d'honneur à freiner vigoureusement pour
laisser passer les piétons engagés sur les
passages protégés.
- Je m'excuse toujours auprès des piétons que je
dérange lorsque j'emprunte le trottoir (ce qui m'arrive tous
les jours puisque ma route passe par la suicidaire Porte Maillot)
- Je ne klaxonne plus depuis longtemps en dépit d'une
sympathique et sonore corne à pression, un vigoureux organe
vocal me permettant de conserver les mains sur le guidon — et
sur mes freins— tout en s'avèrant à
l'usage bien plus rapide !
- Je ne slalome jamais entre les voitures mais reste
résolument sur la partie droite de la chaussée.
- Rien ne me fait plus plaisir qu'un vif et joli démarrage en
danseuse en laissant mon vélo aller de gauche à
droite entre mes gambettes.
- Rien ne me fait plus plaisir que de circuler à une allure
très réduite, debout sur mes pédales
en maîtrisant la bête.
- Plus le temps passe plus je joue les filles de l'air en abandonnant ma
selle.
- Je rends toujours leurs sourires aux motards ou aux automobilistes,
quand bien même ceux-ci ont le mauvais goût de
rouler en BMW noires !
- Tous les jours, je me félicite de monter sur ma bicyclette.
- Tous les jours je constate que Paris sait si bien se
dévoiler aux cyclistes
- Tous les jours, j'adore Paris à bicyclette.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 03/09/2005
Ma bicyclette
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Commentaires
Même en BM, bon finalement je pouvais mettre ma main en jeu...
Je ne sais pas pourquoi, j'ai du mal à me representer Tarquine en velo. Une petite photo?
Très beau billet dans lequel je me reconnais quasi intégralement. Je note cependant que l'essentiel de votre haine de l'automobiliste se matérialise en la BMW noire et là, j'ai l'impression que nous ne vivons pas dans le même monde. En effet, bien qu'ayant parfois eu quelques récriminations à faire à l'encontre de ces automobiles teutones, j'ai noté de mon coté que mon plus gros ennemi n'est certainement pas le parvenu faisant étalage de sa réussite sociale mais, plus banalement, l'artisan professionel au volant de son utilitaire. Peut-être suis-je en train de constater une différence culturelle de fond entre Paris et la Province mais par ici, ce sont bien ceux "qui bossent" qui sont manifestement les plus dangereux (vitesse élevée et distance de dépassement faible).
Peut-être y'a t'il un point à creuser là dedans.
« votre haine de l'automobiliste se matérialise en la BMW noire + Je me dois de souligner que je n'ai aucune haine contre l'automobiliste ! Automobiliste dont j'endosse l'habit durant certains trajet le weekend et durant les vacances... Par ailleurs la BMW noire n'a pas un seul type de conducteur. Je vous laisse imaginer quels sont ceux qui s'exhibent avec elle dans certains quartiers du 9-3... figurez-vous que ceux-là ne ralentissent pas à proximité des passages piétons mais préfèrent accélérer pour mieux faire l'étalage de leur puissance...
Comme j'aimerais aller au boulot en vélo moi qui adore aussi ce moyen de locomotion seulement je n'ai pas trouvé ou caser mes 2 loustics pour les emmener chez leur nounou à 5km de mon domicile. bon faut dire aussi qu'à la campagne les 5km se font en 10min en voiture, alors qu'à Paris les vélos roulent quasi plus vite que les voitures. ;-)
Aïe, aïe, aïe quand je pense que pour avoir son permis de conduire à vélo, il suffit que maman arrête de maintenir la selle en courant à côté du bolide auquel on a enlevé les roulettes 2 semaines plus tôt. Et voilà, c'est parti, vole ma puce, à toi le bitume et les chevauchées sauvages... Tu peux griller des feux et rouler sur les trottoirs si personne te voit! Boah, allez continue va! Mais fais attention à toi, mets un casque c'est si mignon et ne prends aucun risque. Promis?
Toto camion, si vous voulez que vos geignements gagnent en crédibilité, je vous conseille de vous documenter un peu mieux... parce que pour l'instant la seule chose que vous étalez c'est que vous n'avez jamais parcouru le moindre kilomètre sur le pavé parisien...
Et bon courage pour la traversée de la Porte Maillot en vélo... sachez quand même avec d'aller vous suicider que je la contourne deux fois par jour sur le trottoir ainsi que les brigades de policiers en bicyclette et sous le nez des agents qui font la circulation... sans que jamais personne ne s'en est offusqué... Et depuis lundi, les trottoirs arborent même le dessin de cette piste de survie dont nul ne peut contester l'évidente nécessité.
Avant de tenter de faire de l'humour essayez de connaître votre sujet...
J'avoue je n'ai pas tout compris à votre réponse mais c'est vrai que je n'ai jamais fait de vélo à Paris. La Porte Maillot, je ne vois pas pourquoi on met une majuscule et dans mon village je n'ai jamais vu d'agent faire la circulation. Et si contourner une Porte par le trottoir fait de vous une aventurère urbaine, eh bien Bravo! Et je vous jure sur la tête de mon chat que je ne fais pas d'humour.
« Et si contourner une Porte par le trottoir fait de vous une aventurère urbaine ... +
Effectivement je mesure à votre réponse que vous n'avez pas fait de vélo dans Paris. Je m'explique : il est matériellement impossible pour un cycliste de traverser dans toute sa longueur la Porte Maillot en vélo. C'est comme traverser l'autoroute du sud un jour de grand départ et sans embouteillage...
La question n'est pas de savoir si c'est bien ou mal. Le seul constat que toutle monde le fait (y compris automobiliste, piétons et policiers) c'est que cela n'est pas possible .
Donc tous les cyclistes (y compris ceux qui portent l'uniforme) roulent sur les trottoirs qui sont très larges, c'est un endroit où se pose rarement le problème de cohabitation piéton/vélos.
Donc oui on peut clamer que c'est interdit par la loi, seulement cela ne change rien à la réalité des choses et jamais un policier n'exigera d'un cycliste, à cet endroit là, qu'il roule sur la chaussée...
Je pourrais tenir de long discours circonstanciés sur certains feux rouges (à Paris il y en a tous les 20 mètres ou presque qui ne sont pas sychronisés pour les vélos) qu'il faut impérativement anticiper sous peine de se retrouver coincés dans un flux automobile homicide !!
Contrairement à ce que vous semblez croire, je ne fais aucun angélisme avec les cyclistes à Paris, simplement il serait peut-être temps d'arrêter de prendre des positions de principe et d'examiner sur le terrain comment circulent vraiment les vélos... (toutes les règles de la circulation sont érigés en fonction des véhicules motorisés et sont particulièrement inadaptés à la conduite urbaine à bicyclette).
Vélocipède parisien depuis seulement un mois, je me retrouve pleinement dans vos deux dernières confidences :)
Tout à fait. Il n'y a pas les méchants automobilistes d'un côté et les gentils vélocipédistes de l'autre. On essaie, en général, de faire au mieux pour co-exister et faisons fi des aigris, qu'ils soient sur deux ou quatre roues (ou plus). Et que d'anecdotes à raconter chaque jours!!
Pour ma part, au risque de passer pour un troll (ce qui n'est pas le cas, mais passons), je trouve ce billet et les commentaires associés un rien consternant. Chère Tarquine, tu excelles à faire passer les gentils cyclistes parisiens pour de charmants poètes qui savent, eux, apprécier l'air du temps, et auxquels nul ne saurait reprocher leurs petits travers, eu égard au fait qu'ils symbolisent le bonheur parfait de la démotorisation urbaine. Mon expérience de conducteur de moto dans Paris est un peu différente de cette vision toute bucolique. J'échappe quasi quotidiennement à l'accident, rendu de plus en plus difficile à éviter par le nombre et l'inconscience des cyclistes. Feux rouges systématiquement grillés, cyclistes à contre sens dans des rues à sens interdit, ou déboulant de nulle part, en particulier des trottoirs, et j'en passe. Si les voitiures étaient jadis la hantise des motards parisiens, je crains que ce rôle ne soient désormais tenu par les cyclistes, dont beaucoup sont non seulement de véritables dangers publics, mais ne semblent pas en avoir conscience.
(et je ne parle même pas de ces immondes couloirs à vélos que la municipalité a cru bon d'installer un peu partout, eux aussi source de dangers multiples et d'accroissement des encombrements pénibles)
« Chère Tarquine, tu excelles à faire passer les gentils cyclistes parisiens pour de charmants poètes +
Cher Cyril, soit tu ne sais pas lire, soit dans ton ressentiment à l'égard des cyclistes (qui est sans doute parfaitement légitime) tu as omis de lire la premère phrase de mon billet et les pronoms personnels qui débutent chacune de mes phrases.
Si ce que mes professeurs de français m'ont appris il y a maintenant fort longtemps a encore une quelconque valeur, l'usage de la première personne du singulier « JE + n'implique que ma modeste personne et non pas une horde sportive de cyclistes urbains qu'un «NOUS+ aurait pu suggérer
On fera par ailleurs crédit à ma formation de juriste et à ma connaissance des règles du serment pour pouvoir affirmer qu'en français courant l'expression « la main sur le cœur + contenu dans la première phrase de mon poulet ne saurait impliquer quiconque que moi-même, a fortiori, quand il est jumelé au terme « confidences +.
J'imagine, une fois, ces quelques vérités rappelées que je n'ai jamais eu la prétention de représenter les cyclistes parisiens en leur totalité...
S'agissant des commentaires dont il est fait état, je ne puis que réécrire mon sentiment « il serait peut-être temps d'arrêter de prendre des positions de principe et d'examiner sur le terrain comment circulent vraiment les vélos... +
Visiblement, et quand je lis ta prose, ce n'est pas gagné...
C'est quoi le relief de la ville ? Parce que ce qui me décourage à Bruxelles c'est le vallonage, les montées (par contre les descentes...).
Ce n'est pas comme si les motards (et surtout scooteristes) n'agissaient pas non plus comme des dangers publics pour certains...
Personnellement je me reconnais aussi en large partie dans cette description du cycliste, sauf qu'à Montréal c'est difficilement faisable plus de 6 mois par an (et qu'il n'y a pas de motos...)
La question des nombreux cyclistes arrivant de partout et ne respectant aucune signalisation cause également, à juste titre, la grogne de nombreuses personnes ici. Nous arrivons au point ou la quantité de bicyc' devient difficile à gérer s'ils ne respectent pas la signalisation. C'est pour cela que plus qu'avant je respecte les stops, les feux, roule au pas quand je dois prendre un trottoir, etc.
Ceci dit, les villes sont affreuseent mal commodes en vélo et entre un long détour et une rue à contre sens, je vais prendre le contre-sens (c'est pas s'il suffisant d'appuyer sur l'accélérateur...) Par ailleurs, la conception de la ville à vélo me semble hautement plus noble qu'à voiture ou en moto. Pour des raisons environnementales, pour des raisons humaines. + ce titre, oui, j'y trouve une certaine fierté.
+ cette tarquine liste, j'ajouterais que personnellement, quand une rue étroite empêche le dépassement et qu'une voiture me suit, je me range sur le bas coté dès que je le peux. En revanche, qu'un con s'avise me klaxonner lourdement alors que je ne peux pas me ranger et je lui sers un doigt bien haut.
ih ih ih.. j'aurai pu l'écrire moi-même ce billet !!! Sauf que j'ai la certitude que c'est pas moi vu que je suis à Genève. Merci Veuve Tarquine, c'est toujours un plaisir de vous lire.