Morgue, vanité et vélocipédie à Paris
Aujourd'hui, et grâce à pH|Re, j'ai
découvert un charmant site où l'on calcule
— avec raison — le profit que constitue, pour tous
et pour chacun, l'usage de sa bicyclette au quotidien : Tous en selle !
Je l'ai parcouru avec tendresse et si je ne m'y suis pas inscrite c'est
qu'il part du postulat que les kilomètres parcourus au
guidon de son vélo en sont tout autant de moins
effectués au volant de son véhicule
motorisé.
Or, il se trouve qu'avant que ne débute
pour moi "l'ére vélo" je n'ai jamais
arpenté Paris qu'en transports en commun.
Le seul trajet
arraché à la pollution doit se chiffrer,
bon an mal an, à une petite quinzaine de trajet en
taximètre, rien de suffisant pour me déguiser en
passionaria de l'automobiliste repentie...
A la question essentielle, voire fondamentale, « pourquoi
faire du vélo ? » je souscris
indéfectiblement aux trois premières
réponses relatives, respectivement, à votre
santé, à celle de notre planète, et
à celle de votre porte-monnaie.
En revanche, je m'insurge vigoureusement contre la quatrième
justification dont je reprends précisément les
termes :
«- faire du vélo est convivial: à vélo, vous dites bonjour aux cyclistes que vous croisez, ou pardon et merci aux piétons qui marchent sur la piste cyclable. »
Ce constat, du moins à Paris, est parfaitement faux et, je
dois m'y résoudre, tend à le le devenir de plus
en plus !
A Paris, le cycliste ne s'arrête jamais sur les passages
piétons, il préférera jouer aux
quilles avec ceux qui encombrent son chemin que de stopper son
engin !
A Paris, le cycliste ne dit pas bonjour aux autres cyclistes, il est
bien trop concentré sur la vitesse qu'il va lui falloir
développer puis maintenir pour parvenir à doubler
et semer ce concurrent !
Si vous êtes de sexe féminin et que vous avez le
malheur de doubler l'un de ces malheureux, sachez qu'ainsi vous les
exposez à un risque accru d'accidents cardio-vasculaires, la
blessure infligée couplée à
l'énergie développée pour tenter de
vous faire laver cet odieux affront constituant un véritable
choc cardiogénique !
Apprenez également que jamais un cycliste ne drague un ou
une autre cycliste ! A l'inverse du motard facilement bavard ou
même de l'automobiliste qui privé de climatisation
prend le frais à sa fenêtre, le cycliste est
définitivement seul sur sa machine : il est bien trop
occupé à anticiper son futur démarrage
de la mort qui va vous faire mordre la poussière !
Qu'on se le dise le cycliste à Paris est l'essence
même de la sportive virilité, de celle qui jauge
ses coreligionnaires à la puissance de ses mollets, et la
seule qualité qu'il accorde à ses
congénères est d'être les spectateurs
de ses succès.
Et, à pied ou en vélo, ne vous avisez pas de dire
bonjour à un cycliste dans Paris, vous auriez de grandes
chances de ne vous attirer qu'un regard des plus
dédaigneux...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 01/09/2005
Ma bicyclette
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Commentaires
Je dois reconnaître qu'il y a du vrai. J'ai frôlé l'infarctus boulevard saint Michel en tentant de rattraper une demoiselle qui avait eu l'affront de me doubler. Mais, n'était-ce point vous ?
Je dois reconnaître qu'il y a du faux. J'ai eu droit à un beau sourire de la part d'une demoiselle à qui j'avais porté secours (à Conv'), elle avait déraillé et ne pouvait pas salir son blanc veston, mais, n'était-ce point vous ?
Un billet dont la prose n'est pas sans rappeler celle de Pierre Daninos...(lire dans la même veine par exemple "Joies de l'auto" in Vacances à tout prix) :-)
Tout cela, je le crains, donne encore raison a Michel Audiard : "Conduire dans Paris, c'est une question de vocabulaire" Decidemment, la Californie est vraiment beaucoup plus civilisee que Paris je le crains :-)
Effectivement, le vélo comme moyen de convivialité entre les homo citadinus, il y a un peu de quoi rire. Mais vous dressez finalement un tableau assez sombre des cyclistes et je crois bon d'ajouter quelques détails pratiques : - Certes, en vélo, on est dans son monde et on ne dit bonjour à personne (quoique en ce qui me concerne, je me fends d'un sourire ou d'un merci lorsque des piétons compatissants me laissent passer sur leur trotoir où, en théorie, je n'ai rien à faire). Cependant, dans mon cas, soucieux de maintenir mon intégrité corporelle, la pratique du vélo en ville exige une certaine concentration afin d'anticiper les ouvertures de portes, freinages brusques, virages non signalés et autres pièges tendus par les perfides automobilistes et piétons semés sur le passage. - Vous aurez noté, également, que la capacité de freinage d'un vélo est très loin d'égaler les performances offertes par les engins motorisés. Ainsi, dans bien des cas, la stratégie de survie passe plus par l'évitement de l'obstacle que par le freinage, ce qui peut expliquer une certaine tendance au slalom.
Cette cycliste sportive a aussi un cousin multiroues : le rolleriste qui, lui, s'embarasse encore moins de scrupules et ne voit la vie que comme une course d'obstacles, prenant les vélos pour des lièvres qu'il faut tenir (surtout dans l'immense ascension du boulevard de Strasbourg), et les voitures pour des obstacles mobiles à la froggy.
Je pratique beaucoup le vélo dans Paris. Il est vrai qu'il est faux que le monde de la petite reine soit un monde convivial. Quelques sourires, cependant, des messieurs. Des dames, que nenni. Par contre, de bonnes relations avec les automobilistes, sauf les dames en général, là aussi, et les vieilles en particulier. J'ai du mal à comprendre pourquoi...
Un truc me chipotte à propos des cyclistes. A Bruxelles, j'ai l'occasion d'en croiser de plus en plus et j'ai remarqué qu'en moyenne, environs 1 sur 10 respecte les feux rouges ...
Qu'en est-il à Paris ? Y'a-t-il une raison particulière ou est-ce juste par envie de frôler la mort ?
Quel coïncidence ! Je pensais justement à vous ce matin, alors que je manquais de me faire écraser sur un passage piéton par un cycliste roulant à toute allure en sens interdit !!! Pas parce que je vous comparais à ce dangereux et irrespectueux individu, loin de moi cette idée, mais justement parce que vous dénonciez déjà dans un de vos précédents billets le manque de savoir vivre de certains de vos compagnons de bitume. En tant que piéton à Paris, je constate tous les jours ce que vous relatez encore aujourd'hui : cyclistes roulant sur les trottoirs, en sens interdit, ne s'arrêtant JAMAIS au feu rouge et actionnant au surplus frénétiquement leur sonnette afin que le pauvre piéton dégage immédiatement du passage qui lui est pourtant réservé, et j'en passe... Où se cachent donc les quelques cyclistes "citoyens" qui résistent ? Pour ma part, je n'ai jamais la chance de croiser leur chemin... à moins qu'ils soient trop discrets et trop polis pour se faire remarquer...
Les cyclistes sont admirables ; je prends peu le vélo à Angers parce que j'ai trop peur pour ma vie, mais je l'ai fait un peu dans d'autres villes, et je voudrais dire que si certains cyclistes sont effectivement irrespectueux des règles, certains autres ne font que sauver leur peau en refusant de respecter des règles qui ne leur sont pas adaptées ! Oui des fois on roule sur la route au lieu de rouler sur la piste cyclable, bosselée par les racines d'arbres, et de laquelle on sait qu'il faudra descendre un trottoir de 20 cm pour prendre notre rue ! Oui des fois on anticipe un feu vert pour tourner à droite sans risquer de se faire couper en deux. Oui des fois on roule un peu loin du bord droite parce qu'on a très bien vu qu'il y a quelqu'un dans une voiture garée qui risque à tout moment d'ouvrir sa portière, et qu'on sait que les piétons ont tendance à s'avancer de deux pas sur la chaussée aux feux, ou à traverser sans regarder car ils n'ont pas entendu de bruit. Et oui des fois on fait des zigszags pour éviter les bouches d'égouts et autres trous casse-gueule... Et pour tout ça on se fait engueuler ! Il ya de quoi devenir malpoli... J'accepterai qu'un cycliste irréprochable (et vivant) me jette la première pierre ; je ne risque pas grand chose :-)
Oui c'est vrai moi aussi je confirme les cyclistes parisiens ne sont pas très conviviaux. Voire parfois même carrément hostiles aux piétons, et c'est vraiment dommage. J'ai horreur de l'esprit guerrier du cycliste qui imagine sans doute qu'il a tous les droits puisque cycliste.
Les parisiens sont de grands malades (sinon ils ne seraient pas Parisiens).
Désolée, mais qu'est ce que je rigole. Sourire, pas sourire, conviviaux, pas conviviaux, pro cyclistes, pro piétons. Mais enfin quelque soit leur mode de locomotion les gens restent les mêmes que dans la vie. Des gentils, des cons, des serviables, des guerriers, des souriants ou pas.
Je suis persuadée que si l'on croise Tarquine à vélo et que l'on se fend d'un sourire, et même dans une BMW noire (quoique là je ne mettrai pas ma main à couper), elle vous rendra ce sourire, non ?
Vroumette, ça dépend si la BMW dépasse Tarquine ou si Tarquine dépasse la BMW ;-)
Mdr!!! Pardon tous et Oui Vroumette 100% d'accord avec toi. L'interet de la note de tarquine pour moi c'est son style toujours si vivant,( j'ai bien rie) et j'ai ris (et un peu ennuyée) à la lecture des coms: Polémiques encore... L'habitude peut être... Dis Tarquine, ça te dirait pas de faire un test? Ecrire une note sur la recette de la tarte aux pommes et voir si ça déclencherai des coms du genre: Oui, mais les pommes ne sont pas toutes acides, certaines sont sucrées... Oui, mais les poires alors? Rire... Et Tarquine, j'adore ton style, serré, plein d'humour, de force, l'émotion évidement, je me régale à chaque fois que je te lis.
Moi, ça me détend d'aller au labo à vélo: 5 km de la ville ligérienne au campus, dans une nature déjà très urbanisée, sur mon gros Pijot avec une selle anglaise qui fait cuicui à chaque bosse pour répondre aux petits zoizeaux. Parfois les gens sourient, parfois ils disent bonjour, parfois ils ont la tête coincée dans le cadre, parfois ce sont de fringants joggeurs qui vous laissent passer en ahanant avec un regard vitreux, parfois encore de ronronnants rolleurs concentrés et harnachés de pied en cap comme des chevaliers moyenâgeux ;-)... C'est-y-pas bien, la province ?
Luciole,
Ton test, c'est une vraie bonne idée.
Je trouve honteux que l'on puisse encore, en ce debut de XXIeme siecle, parler de la tarte aux pommes.
La tarte au pomme, c'est un peu la Jeanne d'Arc des poujadistes neo-modernes ! c'est le symbole d'une France repliee sur elle-meme et qui prefere "manger des pommes" plutot que de reconnaitre que, depuis les cent-jours et la defaite de Waterloo, elle n'est plus qu'une puissance moyenne de second ordre.
Pauvre France ! Il te faut regarder droit devant toi maintenant : Vive les endives au jambon !
Ahaha, je sens qu'avec l'idée de Luciole, les commentaires qui suivent vont partir en cacaouète. Il y en a déjà un qui n'a pas su résister. Eh, éh.
Ainsi au lieu de déguster une délicieuse appel pie en dessert, on s'expose à avoir des endives au jambon si on a la chance d'être invité au pays de la toute puissance. Amis français résistons, mangez des pommes, du fromage au lait cru et... des rondelles de saucisson.
Entièrement d'accord avec Dame Tarquine, rien de moins sociable qu'un cycliste en ville. Et ce que j'aime justement c'est la solitude altière et goguenarde du cycliste urbain : jamais bloqué (même par les feux rouges), pouvant toujours s'éclipser, se faufiler (même sur les trottoirs), bifurquer (même en sens interdit), jamais obligé de faire suivre son laconique "bonjour !" à une ennuyeuse relation par un compte-rendu de vingt minutes de nouvelles de la santé et de la petite famille, il est liiiibre, le cycliste urbain, yen a même qui disent que.......mais, bon.
Meme chose en Hollande (sauf qu'a la base beaucoup de gens roulent a velo et que les villes sont bien agencees pour les cyclistes), pendant la semaine, les cyclistes (dont moi et mon zhom) ne sont pas tres convivials, c'est la course! Il faut emmener le bibou a la creche, foncer au boulot *zouuuuuuuuuuuuu* ca file! Pas le temps de dire bonjour aux autres cyclistes et les pietons qui ont le malheur de se ballader sur les pistes sont mechament reprimande par un gros coup de sonnette (*diling diling* ouste! Sortez de la piste!!), les chauffeurs qui coupent la priorite entendent le tonnerre du cycliste se deverser sur eux en un flot d'injures. Faut pas deconner avec les cyclistes pendant la semaine. Oh non! Le Week-end, c'est carrement relaxe, tous reprennent une vitesse plus raisonnable et la, oui, on se dit bonjour et on se fait des sourires :o) C'est qu'une question de timing quoi.
Des endives aux jambon, pouark de chez pouark. Je vote super Dupont et le mange des pommes, en tarte, surtout si elle est des demoiselles Tatin (et avec un peu de crème fraiche, ou une boule de glace à la vanille). On est peut -être décadent mais qu'est-ce qu'on bouffe bien. Par contre, oui, après faut faire du vélo pour éliminer tous ces calories :-) M. Carion, je lève mon verre de pastis bleu à votre honneur et vous laisse avec vos endives. Moi, je vais aller manger un peu de confit avec quelques pommes, de terre celles-ci rissolées. ;-)
étant cycliste (presque) au quotidien
mais uniquement pour m'amuser.
je dit toujour bonjour aux gens que je croisse quand je fais une randonnée (c-a-d en campagne), même si je roule a vive allure.
> les gens sont content de recevoir un merci de quelqu'un au matin, juste pour le plaisir. et moi ils voyent mon sponsor :D.
par contre en ville, c'est slalom entre les encombrements de ma ville.
comme quoi la ville produit un trés mauvais effet sur les cyclistes
Ah ah! N'attaquez pas les endives au jambon, appelées dans mon plat pays de mes origines à moi, je verse une larme émue: chicons au gratin. Bien cuisiné, le chicon frais, qu'il soit flamand ou wallon, délicatement enroulé dans une belle tranche de bon jambon, baignant dans une béchamel maison puis passé au four le temps qu'il faut pour qu'une croûte savoureuse naisse et qu'un fumet divin remplisse la cuisine, ce chicon au gratin-là est un plat d'hiver merveilleux, que l'on déguste avec une bonne chimay ou un orval, l'oeil humide, en se remémorant les paroles de la Brabançonne et en songeant au vent qui bat les campagnes de Hesbaye. Ne vous demandez pas ce que vous avez fait de Waterloo mais ce que Waterloo a fait pour vous. Les chicons au gratin. Entre autres.
he he he, eu égard à la qualité des intervenants et ô combien vénéré initiateur de ce panégyrique, je n'ose pas avouer que... je n'aime pas les endives au jambon !
Veuve Tarquine > personne n'est parfait, faute avouée est à moitié pardonnée... (et comme ce n'est pas une vraie faute, elle l'est complètement) ;-)
en fait, l'endive qui n'est pas préalablement débarrassée dans la profondeur de sa base d'un triangle qui devient terriblement amer à la cuisson, laisse de méchants souvenirs..c'est dommage. Une fois la précaution prise et un égoutage dans le bon sens(tête vers le bas) la réconciliation peut avoir lieu. Si je me permets d'intervenir, c'est que je l'ai constaté plusieurs fois avec mes propres chicons. Eh oui, je suis bilingue.En plus d'etre là ou je n'ai rien à faire s'entend. Me direz vous, le sujet dérape et nous ne sommes plus dans les vélos mais carrément dans les pommes.. Ben oui. Désolée. Ceci étant, en mangeant sain et varié on accumule l'energie necessaire aux slaloms. AH!
à croire que paris rend le cycliste hargneux... et si vos yeux et vos pensées se tournaient vers ces contrées décriées, au dela du périphérique, que l'on nomme province... A Strasbourg, les cyclistes se saluent, sonnent amicalement avant de se doubler, et même parfois discutent au feu rouge. Seraient ce la politesse et la rigueur germaniques qui brident nos caractères gaulois ?
Il m'arrivent même de laisser derrière moi un cycliste, sans l'envoyer au service cardiovasculaire des Hospices Civiles...
Tout n'est pas rose non plus : la cohabitation avec les automobilismes ressemble à un mariage raté... chacun se regarde dédaigneusement... et le moindre écart déterre la hache de guerre. J'assume. Pour ma part, le comble de l'automobiliste mal embouché est celui qui se gare sur la piste cyclable devant la boulangerie, à 8h30, alors que trois tours de roues supplémentaires l'améneraient sur une place de parking, une vraie...
Merci veuve tarquine pour le site tous en selle. F
Bien dit . Vous etes la premiere a ecrire , et drolement bien , la dessus . Le cycliste dans les villes a une image de gentil ecolo vachement sympa et cool et moderne et victime des mechants autres usagers, alors que c'est tres souvent un sale con totalement egoiste qui ignore le code de la route et , beaucoup plus grave , les regles les plus elementaires de la civilité et de l' urbanité , ce qui , en ville , est un comble . En plus , il est RIDICULE et LAID avec ses gros mollets , son petit casque en plastique et parfois , son masque a gaz . Note : Je me deplace en velo dans Paris intra-muros , il faut vraiment etre idiot pour prendre sa voiture . Le probleme , c'est que Paris n'est pas du tout PLAT . Mais autant suer tout seul qu' au milieu de la sueur des autres dans les ignobles vehicules non climatisés de la RAPTE !