Que les rires demeurent

J'ai désherbé en pensant à ma mère qui, un soir de facétieuse dispute, accueillit mon père au sortir de sa douche avec deux longues et lourdes orties.
J'ai constaté que le Code civil est mille fois plus digeste que le guide Clause du jardinage !
J'ai planté des radis et du persil parce que Tarquin se serait empressé de le faire.
Les Tarquinets ont lancé des graines de fleurs à la volée pour égayer les murs de pierre.
J'ai écouté les rires d'enfants résonner dans la demeure en souriant à mon mari et mes parents.
J'ai caressé l'herbe du jardin parce que c'était précisément celle que mon père voulait faire pousser sous les fesses de ses petits-enfants, et tant pis s'il n'en a connu aucun de ceux qui gambadent aujourd'hui sur elle.
J'ai ressenti combien elle était profonde la solitude de l'instant où l'on voit ses enfants heureux et où la main que l'on cherche à serrer pour partager cette ivresse-là a disparu à tout jamais.
Tous les trois, ils ont disparus.
Tous les trois ils sont partis.
Mais là bas, j'ai un peu l'impression qu'ils sont près de moi.
Peut-être comme la trace de ces outils qui orne toujours l'atelier de papa...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 02/05/2005
De bric en vrac
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Commentaires
Et c'est justement parce que dans ces maisons-là, on retrouve au détour d'une armoire, d'une grange ou d'un jardin le sourire d'une arrière grand-mère, les cachotteries d'un cousin ou les mystères d'un oncle bouilleur de cru....
C'est justement pour que tous ces souvenirs demeurent et nous aident à nous tenir debout que je veux croire que nous pourront encore garder pendant plusieurs générations la maison de nos enfances.
La mienne est en Bourgogne. Et les vôtres ?
Où êtes vous mes nomades, où êtes vous aujourd'hui? vous dormez au chaud de la terre et moi je suis venue ici pour y retrouver votre rire, vos colères, et votre jeunesse et je suis seule avec ma détresse, hélas... (Barbara, mon enfance)
Une bonne petite vacances? c'est toujours un peu dur de se remettre dans la routine exigeante du quotidien. Bonne nuit.
C'est sincerement emouvant... Je m'en veux presque de n'avoir que ca a dire...
Qu'est-ce qu'on s'ennuyait sans toi, sans vous tous !
Bon, maintenant que vous êtes revenus, je vais aller voir s'il y a un peu de fraise au marché...
Quand on vous lis, on sent que vos êtres aimés sont près de vous...
Peut-être n'aurai-je pas de petits-enfants ou peut-être ne les connaîtrai-je pas ... Mais c'est pour eux que la vieille maison a été achetée et notre souhait est d'en faire la demeure familiale. Le grenier se remplit déjà de souvenirs petit à petit ...
J'ai autours de moi, plein d'exemple de maisons de familles qui sont parties. La nôtre est resté dans la famille grâce à l'opiniatreté de neuveux. Et il reste les tombes dans le petit cimetière du village. Nous y passons avec les enfants de temps en temps.
Oui c'est bien et bienfaisant d'autres avec les siens.
Bon retour, cela fait plaisir de vous lire à nouveau. Fauvette
ayant poussé comme une herbe folle, sans souvenirs à chérir ni de lieux chargés de passé à arpenter, je t'envie cela, j'en ai un peu honte, sachant à quel prix tu paies ces présences...
Des passés qui nous déchirent, des passés désertés, a l'avenir nous offrent démunis et pourtant si riche ...
J'ai senti ce jardin, cette herbe fraîchement coupée, l'odeur de la terre aprés la pluie, et puis je suis reparti en arriere... Merci pour ce voyage, merci pour ce blog...
émouvant...