Quand le passé est présent, le "je" devient "on"

Je les regarde grandir en pensant à lui.
Curieuse sensation où je les vois perdre leur traits enfantins pour prendre qui les yeux, qui le nez, qui le rire de leur papa.
Je reconnais la courbe d'une joue, le dessin d'une oreille et même la forme d'un crâne.
Et moi, je ne sais toujours pas dire « je », j'use du « on » à foison, pronom indéfini qui me permet d'associer indéfiniment "Papa" aux prises de décisions et aux félicitations. En revanche, toute forme de réprimande ne s'articule qu'exclusivement à la première personne du singulier. « Je ne suis pas contente ».
Je leur raconte ses histoires, ses bêtises, ses drôleries, et surtout l'immense amour qu'il leur portait.
Ils rient, pleurent parfois, mais en redemandent toujours.
Le temps s'est arrêté un après-midi de septembre avec son cœur dans une chambre d'hôpital. Il reste ses histoires, ses bêtises, ses drôleries et son amour.
Il ne reste plus que cela.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 25/03/2005
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Il reste VOUS.
Je crois que ce on est réconfortant pour les Tarquinioles : un écho de leur père pour pouvoir le dessiner à tes côtés, comme Tarquinette l'a si joliment fait.
Et j'aime ce que dit Piou, juste avant, aussi. Il reste VOUS...
Je vous embrasse : le vous est pluriel et pour toi mes pensées amicalement singulières.
Il ne reste pas *que* ça, il reste *tout* ça
Bonjour Veuve Tarquine, Enfin j'ai le courage de vous laisser un commentaire... Jusqu'ici je ne savais que vous dire... Je tenais à vous dire merci... grâce à vous le média qu'est internet me fait ressentir des émotions. J'ai déjà pleurer en lisant des romans, en regardant des films, mais avant de vous connaître je n'avais jamais pleuré en surfant sur le Net. Vos enfants, votre vie, votre douleur me touchent. Merci de nous sortir de ce monde asseptisé. PS: évitez quand même de me faire pleurer trop souvent, je suis à la fac quand je vous lis!
mode poète ON Des fois, c'est beau la mélancolie. Des fois, c'est juste triste. Des fois, 'on' a seulement envie de se fourrer sous une couette et de plus sortir la tête en attendant que passe le monde... sub-mode Désillusion ON Et 'on' se fout quand même des coups de pieds dans l'arrière-train pour continuer d'avancer. mode poète OFF sub-mode désillusion OFF
mode littéraire ON C'est d'un pratique ce 'on'... d'un strict point de vue réthorique, ça donne un poids aux propos : "je" n'est aps seul à soutenir son point de vue. mode littéraire OFF
mode narcissisme douloureux ON Quant au temps qui s'arrête et aux souvenirs... moi je pense à ce grand-oncle qui se meurt en ce moment même et à tout ce qu'il ne m'a pas raconté...
«Un vieillard qui meurt, c'est une bibliothèque qui brûle.+ mode narcissisme douloureux OFF
mode compassion ON Mais au vu de ce texte chargé d'émotion, on pourrait ajouter : « Un homme qui meurt, ce sont quantité d'âmes qui brûleront à vie+ mode compassion OFF
nota : je sais pertinemment que tu/vous n'aimes/z pas tellement les allusions à la religion... c'est pas exprès, c'est juste que j'ai pas de meileur mot :/ nota 2 :ce n'est pas du tout évident de répondre à ce genre de messages... si par hasard mes mots sont trop maladroits, pensez simplement que c'est bien involontaire de ma part de générer agacement, énervement, mépris, ou autre sentiment trop négatif... nota 3 :vous avez vraiment tout lu ??? La note, les comms précédents et tout ce com' ? chapeau :) (surtout pour ce qui est de ce com' délirant et logorrhéique)
Juste une suggestion de lecture : "les renoncements nécessaires" de Judith Viorst (Presses Pocket).
Ne dites pas qu'il ne reste rien , c'est faux . Il reste l'essentiel , ce morceau de lui dans chacun des petits. C'est ainsi qu' il se prolonge (comme on dit dans ma campagne ), c'est LA façon humaine de transmettre au dela des mots , de la création ,de l'Histoire , le plus important c'est l'humain ,et l'amour qui va avec. "Il "est toujours là , quand même! et nous avec vous...
Le voilier..
Je suis debout au bord de la plage Un voilier passe dans la brise du matin, Et part vers l'océan .
Il est la beauté et la vie . Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse A l'horizon....
Quelqu'un à mon coté dit :
" Il est parti. "
Parti vers où ? Parti de mon regard , c'est tout !
Son mât est toujours aussi haut Sa coque a toujours la force de porter Sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vie Est en moi , pas en lui.
Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit :
" Il est parti. "
Il y en d'autres qui le voyant à l'horizon Et venir vers eux s'exclament avec joie :
" Le voilà ! "
========= attribué a William Blake but I cannot find the original in english - i am not sure it is by him - anyway , I changed the ending - love
Je confirme que ce très joli texte est bien de William Blake, poète, peintre et graveur romantique précurseur du romantisme et du symbolisme né à Londres (1757 - 1827).
Je connais bien ce texte, il est ancré en moi, car il fût lu par le meilleur ami de mon père lors de ses obsèques il ya deux ans. Et il est tellement ampli de vérité simple.
j'aime beacoup la tournure de cette phrase:"le vous est pluriel et pour toi mes pensées amicalement singulières".
On se sent bien ici, tout est calme, respect et recueillement, melant douleur du souvenir et sourire du temps présent, pour ceux qui restent, et par respect pour ceux qui sont partis trop tôt; car c'est ainsi qu'ils souhaitent nous voir.