Le goût du rien
Tout s'est écroulé alors pour ne pas sombrer, j'ai commencé par arrêter de fumer. Je me disais que l'obsédante envie d'une clope serait un dérivatif à mes tourments.
Moi qui ne conduisais qu'avec une extrême parcimonie, je me suis mise, pour la première fois, au volant de notre Espace rallongée. Une fois les portières bien rayées, elle passe désormais partout... Simplement je n'ai jamais remis à zéro le compteur journalier. Peut-être pour conserver sa dernière empreinte digitale, celle qui s'est imprimée au départ de notre ultime départ en vacances.
J'ai refusé la béquille des somnifères pour supporter ce grand lit qui ne grince plus sous ses 130 kilos. Alors parfois, quand cette immensité m'impressionne, je prends mon VAIO pour le mettre à sa place et je m'endors devant un DVD mais jamais devant une histoire d'amour. Les histoires d'amour me font pleurer.
Comme je suis dorénavant seule pour regarder mes enfants grandir, je les mitraille encore davantage avec mon appareil photo, comme s'il fallait que je leur en laisse une trace. Mais cela ne remplacera jamais le regard d'un père...
Et puis cahin-caha, on refait notre quotidien, on rebatit nos habitudes, on pleure plus souvent mais on rit presque autant. On ne sait pas encore si on s'en sortira mais on est encore là et c'est déjà beaucoup.
Et cependant quand on a refait son train-train, quand les souvenirs seront dorénavant sans lui, quand la mort semble avoir cessé de rôder autour de nous, ce qui est criant d'évidence, ce qui me prend à la gorge, c'est sa putain d'absence, définitive et incontournable, c'est combien il me manque, c'est à quel point il est acéré, l'aiguillon du deuil et combien la douleur me rend farouche...
Je sais bien que c'est quand le plus dur semble passé que l'on sombre.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 13/03/2005
Tarquin et Tarquine
Fil des commentaires de ce billet – Lien permanent de ce billet










Commentaires
Hardi, capitaine ! ne sombrez pas. Non, non non, ne sombrez pas.
Vous ne sombrerez pas car quelqu'un lancera une bouée à tête de canard, un autre un pneu rechapé, un troisième un bout de bois flotté, un quatrième enverra son zodiac ou son optimist, et encore un autre viendra avec son pédalo...
Et ainsi cahin-caha, ils vous feront un bout du chemin de divertissement.
Courage Tarquine, on vous aime…
« Faire face +, disait Guynemer. « Battue par les flots, elle ne sombre pas +, pour les parisiennes et les parisiens. The show must go on pour Freddie Mercury.
Accroche-toi, pour que la vie continue, parce que la vie continue.
Quand le plus dur semble (est) passé... des petits signes s'accumulent qui montrent que l'on est en train de rebondir ou de reprendre pied. On est là un temps, à vif, entre les relents de la douleur et mille petits signes d'appel à "re" vivre. Petit à petit la plaie se résorbe en cicatrice
Tarquine, Tarquine. Ne sombre pas. On a besoin de toi. Tu m'as déjà aidé en vrai - je ne sais pas si tu te rends compte combien tes petits conseils et encouragements juste avant l'audience m'ont donné une confiance que j'avais complètement perdue et m'ont permis de reprendre pied ce jour-là - mais tu m'aides aussi par tes textes, là, maintenant, tous les jours. Courage.
courage! il en faut mais vous en avez de toute façon IL ne serait pas content de voir que vous flanchez. La vie continue c'est vrai, il est plus que normal de souffrir de pleurer et il faut le faire. Nous sommes dans un monde où il faut toujours être au top, cacher la douleur, le chagrin, la peine. Les gens ont peur de ceux qui sont dans le malheur car ils appréhendent leur propre malheur.
Encore un sale dimanche soir, alors... Je vous lis souvent (osant rarement mes mots bêtes). Mais je voulais juste vous dire que j'adore vos coups de tête, me régale de vos coups de gueule et suis émue par vos coups de pompe.
Et je me dis, finalement, accuser le coup, ça fait un peu partie de votre métier, comme qui dirait...
j'imagine un peu votre peine, je comprends rien qu'un peu cette douleur, à peine mais j'imagine... j'ai eu le coeur serré encore en lisant ce billet de Tarquin et Tarquine et je me suis dit qu'il n'existait aucun mot pour vous réconforter, même un peu, mais j'aime bien ce que dit samantdi, je ne dirais pas mieux, juste en plus continuez, soyez forte encore, même fragile et torturée, accrochez vous à vos petits bouts, courage...
Satmandi a raison, on viendra tous vous chercher en Optimist... C'est bien l'Optimist : ça flotte, ça va pas trop vite et ça fait bien rigoler les enfants.
Moi quand ça va pas, je visionne "The thin red line" de Terrence Malick... Tout y est...
Capitaine, tiens bon le cap !
Cette idée du rien dont tout doit renaître, cette espèce de bing bang émotionnel, comme vous l'écrivez : cette "putain" d'absence. A lire notes et commentaires, je ne doute pas qu'un jour vous vous étonniez ...
Courage Tarquine, nous sommes là. Bien sur on ne fait pas 130 kilos, bien sur, on n'a pas son sourire, ni ses yeux, ni ses mains, ni cet amour qu'il avait (a) pour toi... Mais tout léger sommes-nous, on est tous là. On écopera s'il le faut, mais le navire ne sombra pas. Cela dit, quel saloperie la vie parfois !
Ca ne change pas grand-chose mais je pense à toi fort en te lisant. Je suis d'accord avec Racontars quelle saloperie parfois...
Cuillère à soupe dans la main gauche, fourchette dans la main droite, les mousses sont là pour écoper. Hum, à la réflexion, j'ai un doute sur l'efficacité de l'outillage, ça peut prendre du temps mais on est patient. Courage.
http://www.lapatate.com
Et la gueule en fleur des inconnus viendront vous demander : "c'est quoi un VAIO?"
Mais vous qui vivez et qui avez aimez, qui aimez encore, vous savez que vous survivrez. Alors peut être avez vous l'ambition de faire mieux que survivre... Et cette ambition , et vos petits tarquins vous tiennent la tête hors de l'eau... Du courage vous en avez! il se lit entre chacun de vos mots. Une force vive, une force de vie. Je vous salut veuve tarquine. Et je vous envoie ce que j'ai, la lumière de mes espoirs en une possible renaissance permanente...
Erreur d'adresse de mon site ds le commentaire précedent, cela m'embêterai que vous ne puissiez me rendre visite si cela vous chantait, je corrige donc.