Quel temps fait-il ?


Il neigeait ce matin et près de chez moi, ils tombaient dru les flocons blancs.
Il se trouve que la roue d'un vélo qui roule sur la neige produit le même crissement que la semelle de la chaussure qui s'y enfonce avec délice. La même sensation aussi, le pneu caresse la neige avant de la tasser délicatement.
Froid puis fatigue font que le temps disparaît parfois.
25 kilomètres dans le froid en ayant sauté un repas et vous faites un grand bon dans le passé.
J'ai mis soudain la main dans ma poche pour y prendre un paquet de cigarette.
Mais je ne fume plus depuis 17 mois !
Et puis Tarquinet m'a demandé quelque chose, quelque chose de banal, si banal que je l'ai oublié ...
Je sais seulement que je lui ai répondu : « Oui mon petit chat, oui, c'est comme cela. » et j'ai juste eu le temps de m'interrompre alors que j'allais rajouter pour confirmer mes dires : « tu demanderas à Papa », comme si Papa allait franchir bientôt le pas de la porte.
Comme si les temps étaient anciens.
Il suffit que j'embraye le mode "radar" pour découvrir que le temps n'a pas encore gommé mes automatismes.

Penser à cesser de dire "ON" quand je parle aux enfants en mon nom :
- Maman, Maman, tu m'achètes un avion ?
- ON va voir ça mon petit chat.
Penser à dire « JE » quand je parle de retaper l'appartement qui commence à en avoir besoin.
- Il faut qu'ON appelle un plombier.
Penser à ne parler qu'au singulier, en toute chose.

C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 22/02/2005
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
J'ai beaucoup hésité avant d'écrire ça, essentiellement parce que je ne sais pas comment ce sera pris, parce que je ne sais pas comment moi, je le prendrai si la situation était inversée. Aussi parce que j'ai l'impression de gâcher ce qui a été écrit, et que mon ajout frise l'indécence. Toutes mes excuses par avance donc...
A chaque fois que je lis ce genre de billets, une boule se forme au niveau de ma gorge, je ressens un peu de la tristesse de l'autre côté, qui me renvoie à la mienne. Je ressens aussi une immense frustration, parce que la souffrance est palpable et qu'il n'y a rien que je puisse faire, d'autant moins que le net rend tout plus impersonnel. Mais bizarrement j'aime aussi lire ces billets, non par voyeurisme mais parce que je me sens revivre après, j'ai envie de profiter de tout pendant que je le peux encore. C'est quelque chose qui me pousse à mettre en pratique autant que possible ce "carpe diem", se souvenant du passé et ayant conscience du futur mais profitant avant tout du présent.
Vous ne risquez pas de gâcher ce que j'écris ! Les mots sont faits pour être dits et puis c'est tout... les mots c'est comme l'amour, cela ne se conserve pas dans du formol !
Moi je préfère que les mots suscitent le plaisir ou à défaut l'envie de vivre plutôt que la tristesse.
Et puis, on en revient toujours à la même chose : les mots on les pose et puis après ils se sauvent...
Nul ne peut jamais prétendre que ses mots à soi doivent susciter cela plutôt que ceci. Ils faut laisser les mots prendre leur envol. On ne peut pas emprisonner les mots, pas plus que les sentiments ou les émotions.
Ceux-là vous appartiennent et je n'ai aucun droit de regard sur eux quand bien même ce serait mes mots ensauvés qui les auraient provoqués...
Le "on" s'impose peut être de lui même lorsqu''il s'inscrit au sein d'une petite troupe aussi unie que la vôtre ? Alors, "ON" se le mange ce gros pot de Nutella :))) Comme toujours j'hésite entre tristesse et terrible joie de vivre en lisant votre blog chaque jour. Sans doute voulez vous juste communiquer ce que vous ressentez, et vos mots en sont le témoin. Mais ce que vous transmettez va bien au delà et appelle nos joies et douleurs personnelles....forcément à chaque lecture. Pourtant je n'arrive pas à n'être que triste parce qu'il y a derrière vos mots tellement d' amour des vôtres, de la vie que cela finit toujours par faire du bien d'en sentir la saveur sous votre plume ... Excusez moi si mes mots se sont chargés aujourd'hui de trop de choses, ils n'ont pas toujours la légèreté des vôtres mais avaient eux aussi envie de se poser avant que de s'envoler...
pourquoi tarquin a-t-il pris cette photo ? etait-ce l'aspect "cocasse" de la neige tombant sur des tombes, où l'a-t-il prise un jour de mélancolie ? se savait-il déjà malade ? s'il était joyeux et plein d'humour comme je le devine, je pencherais pour la 1ère solution.... quoi qu'il en soit, concernant l'article où les petits font une bataille de neige à côté de leur papa, je trouve cette photo extraordinairement belle...et rare... merci d'oser faire des choses que d'autres n'envisageraient pas...et que je trouve très poétiques, même si pour votre famille, il s'agissait de passer un moment avec cet AMOUR toujours présent..
Il y avait une véritable tempête de neige. Il a photographié ce que nous voyons tout simplement depuis nos fenêtres. Il y avait des toits et il y avait le cimetière.