Je suis aussi une femme de parole

Ce soir, quand j'ai franchi le seuil de mon logis, Tarquinou a crié de joie avant de se précipiter dans mes bras.
En pénétrant dans le salon, Tarquinet du haut du canapé m'a lancé son beau sourire d'enfant content.
Et puis j'ai regardé partout mais point de Tarquinette.
Tarquinette, d'habitude, reconnaît le bruit du vélo que je pose derrière la porte.
Et puis Tarquinette ouvre l'huis; plante ses beaux yeux dans les miens et crie un "Maman" à faire rouspéter les voisins.
Mais ce soir, de Tarquinette, il n'y avait point.
Alors je suis partie à sa recherche, en l'appelant doucement.
Elle s'était réfugiée dans sa chambre et pleurait silencieusement dans un coin sombre, le visage enfoui dans ses mains, au centre d'un tapis de perle multicolores.
Par trois fois elle les a enfilées sur le fil de nylon.
Par trois fois, les perles ont glissé et anéanti son ouvrage.
Les perles sont cruelles.
Tarquinette a tenté par trois fois de finir ce collier avant que je ne franchisse le seuil de mon logis.
Ce devait être une surprise, c'est devenu une désillusion amère.
Alors, je me suis assise à côté d'elle.
J'ai ramassé toutes les perles pour les placer dans un couvercle de fer.
J'ai lié une fibule à son fil de nylon et j'ai séché ses larmes.
Puis je me suis sauvée pendant qu'elle le reconstituait une fois encore ce présent de reine.
Quand elle me l'a offert je l'ai félicité et je lui ai dit que demain je le porterai pour aller travailler.
Je n'ai pas pour habitude de porter de collier mais demain, qu'il vente, qu'il neige, en rendez-vous ou au Palais, ce bijou ne quittera pas mon cou !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 13/12/2004
Les Tarquinioles
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Commentaires
Ah, ça, ce n'est pas un collier de nouille... euh, je voulais dire : "un collier de nouilles", bien sûr !
Bonne nuit ...
Je voulais, pour une fois, être le premier à saluer un de ces billets attendrissants dont tu as le secret.
-tre un enfant est un dur travail.
-tre la mère attentive, et offrir à ses enfants les occasions qui leur permettent de surmonter leurs obstacles, c'est remarquable.
PS : j'ai noté que tu n'aimais pas les compliments, hé bien tant pis. Celui-là je ne veux pas le retenir ;-)
samantdi :
:-(
:-;
François Granger : je ne sais pas déchiffrer les signes appelés "smileys", mais je crois comprendre que vous êtes déçu de ne pas être le premier?
A moins que vous ne vouliez me signifier que vous portez des moustaches ?
(j'en suis fort aise pour vous, en ce cas...)
,
Aidez moi, je suis contrit, est-ce une antithèse, un chiasme, un paradoxe, un oxymore?
A moins qu' soit l'allégorie d'une poupée en bois dont l'ami qui ne joue pas au golf souffre ici d'une pérétrition. Pitié, ne prenez pas ombrage de cet astéisme, il est un jeu hyperbolique.
Tarquinette y joue aussi puisque pour elle (et donc pour vous) ce collier est une litote positive, entendu qu'elle aimerait vous en faire cent.
A relire : l'excellentissime sketch de Desproges "La Merveille"
J'ai tout de suite pensé à ce texte...
Je vous imagine arborant fièrement cette parure amoureusement confectionnée par Tarquinette et j'en souris comme une bienheureuse !
Tout comme Anne, moi aussi j'ai un grand sourire en imaginant Maître Tarquine et son beau collier multicolore posé sur l'écrin de la robe noire... :-)
avec une telle parure, Tarquine, vous devez rayonner
J'imagine la scène sans aucun problème.
J'imagine le superbe sourire de Tarquinet et les larmes de Tarquinette.
Et la maman qui console sa jolie petite fille.
Tout cela je peux bien l'imaginer.
Et cela me donne le sourire.
ce collier n'est-t-il pas la réponse à votre post du 8 décembre ?
Ah je le connais ce sentiment... Après la fête des mères, j'ai porté une semaine durant un collier de grosses perles de plastique jaune et vert que m'avait confectionné mes filles. et personne ne s'est moqué de moi au journal, parce que je le portais avec bonheur et fierté... des fois, c'est comme ça les mères.
comme elle est douce cette histoire , la petite poussinette a bien de la chance d'avoir une maman aimante et fière .