collier de grosses perles multicolores


Ce soir, quand j'ai franchi le seuil de mon logis, Tarquinou a crié de joie avant de se précipiter dans mes bras.
En pénétrant dans le salon, Tarquinet du haut du canapé m'a lancé son beau sourire d'enfant content.
Et puis j'ai regardé partout mais point de Tarquinette.
Tarquinette, d'habitude, reconnaît le bruit du vélo que je pose derrière la porte.
Et puis Tarquinette ouvre l'huis; plante ses beaux yeux dans les miens et crie un "Maman" à faire rouspéter les voisins.
Mais ce soir, de Tarquinette, il n'y avait point.
Alors je suis partie à sa recherche, en l'appelant doucement.
Elle s'était réfugiée dans sa chambre et pleurait silencieusement dans un coin sombre, le visage enfoui dans ses mains, au centre d'un tapis de perle multicolores.
Par trois fois elle les a enfilées sur le fil de nylon.
Par trois fois, les perles ont glissé et anéanti son ouvrage.
Les perles sont cruelles.
Tarquinette a tenté par trois fois de finir ce collier avant que je ne franchisse le seuil de mon logis.
Ce devait être une surprise, c'est devenu une désillusion amère.
Alors, je me suis assise à côté d'elle.
J'ai ramassé toutes les perles pour les placer dans un couvercle de fer.
J'ai lié une fibule à son fil de nylon et j'ai séché ses larmes.
Puis je me suis sauvée pendant qu'elle le reconstituait une fois encore ce présent de reine.
Quand elle me l'a offert je l'ai félicité et je lui ai dit que demain je le porterai pour aller travailler.
Je n'ai pas pour habitude de porter de collier mais demain, qu'il vente, qu'il neige, en rendez-vous ou au Palais, ce bijou ne quittera pas mon cou !