Aussi loin que je remonte dans mes souvenirs, je n'ai jamais eu la moindre parcelle de doute quant à la parfaite vacuité de la voûte céleste.

Jamais de ma vie je n'ai mis en cause ma très profonde conviction que dieu, quel qu'il soit, n'existait pas.

Je n'ai quasiment aucune éducation religieuse, je n'ai jamais fait de communion, de génuflexions, de confessions. J'ai refusé de me marier à l'église "pour faire joli et plaisir aux beaux-parents". Aucun de mes marmots n'a reçu le moindre sacrement que ce soit.

En gros, je vivais des jours paisibles avec mes convictions que chacun respectait de la même façon que j'étais parfaitement indifférente à ce que peuvent bien croire mes prochains.

Et puis un jour ma vie a basculé. Je signale au passage que durant les trois semaines où Tarquin était plus proche de la mort que de la vie et que ma mère était à l'agonie JAMAIS je n'ai prié un quelconque dieu...

Or donc je suis notamment devenue veuve et par un mécanisme que je ne m'explique toujours pas il s'est trouvé des gens par paquet, par fourgon, par troupeau qui viennent me bassiner avec des croyances qui ne sont pas les miennes...

Et on vient vous faire la leçon sur Dieu l'Autre et l'Amour et autres cochonneries au prétexte de votre douleur que l'on respecte ÉVIDEMMENT ENORMEMENT !

Vous oseriez aborder quelqu'un que vous connaissez à peine mais dont vous savez qu'elle a perdu son époux pour lui demander depuis combien de temps elle n'a pas baisé ? Franchement ?

Non ? Alors pourquoi et au nom de quoi on vient me bassiner avec Dieu, l'Autre ou l'Amour ? Où est la différence ? La religion et les croyances n'appartiennent-elles donc pas à la seule intimité de chacun ?

Alors Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les missionnaires à la mord-moi-le-noeud merci de respecter MES CROYANCES et gardez par devers vous vos dégoûlinants sentiments sirupeux, votre gluante prose égoïste et indécente.

Laissez moi en paix : ma douleur et mon cul ne concernent personne d'autre que moi-même. Je vous conchie !