Calimero fait du vélo

C'est curieux, en ce moment, faire du vélo dans Paris prend des airs de fête... J'ai l'impression de découvrir mille trésors, de voyager dans le temps, d'être dans un monde imaginaire... -tre ailleurs... m'échapper, fuir, partir, hors du temps et de l'espace...
Envie de me noyer dans ces lieux, de m'y absorber tellement que j'y disparaîtrais.
Oui, une formidable envie d'être ailleurs...
Tiens, demain, je vais revoir des gens que je n'ai pas vu depuis un an, exactement depuis l'enterrement de Maman... Il paraît que c'est mon frère et ma soeur aînés. Enfin, ils sont nés avant, il y a longtemps... Parfois je me demande pourquoi je deviens tellement solitaire, et puis il y a des jours où non seulement je le sais mais où de surcroît je m'en félicite... Oui, l'indifférence se cultive... Il vaut mieux ne rien attendre de personne, ça évite les désillusions... Et puis ça tombe bien, je n'ai pas besoin d'eux, alors vite, terminons-en et puis ressortez aussi rapidement de ma vie. Voyons ! rassurez-vous vous savez bien que je ne manie pas le registre de la culpabilité, sortez ! sortez sans crainte ! la seule chose qui m'importe c'est d'enfourcher mon vélo et de voir Paris revêtir doucement ses couleurs d'hiver. Ne vous inquiétez pas, je ne ressens ni colère, ni ressentiment, pas même de la trahison. Ne vous inquiétez pas vous dis-je, laissez moi seule avec mes enfants, il est dorénavant trop tard pour revenir dans ma vie que vous avez fui exactement au seul moment où j'aurais pu avoir besoin de vous. Oui je sais, je me doute bien que vous regrettez, vous me l'avez fait dire... Et puis je me doute bien que c'est une lourde culpabilité que vous portez désormais. Mais ne vous inquiétez pas vous dis-je... Certes, disparaître dans un moment pareil ce n'est pas très glorieux mais peu importe, partez, sortez, vous avez ma bénédiction. Il est dorénavant trop tard pour me faire croire que vous m'aimiez... Il fait doux pour la saison, vous ne trouvez pas ? Moi j'irai bien faire un tour en vélo. C'est tellement satisfaisant de traverser Paris en bicyclette !
Oui, une formidable envie d'être ailleurs...
Tiens, demain, je vais revoir des gens que je n'ai pas vu depuis un an, exactement depuis l'enterrement de Maman... Il paraît que c'est mon frère et ma soeur aînés. Enfin, ils sont nés avant, il y a longtemps... Parfois je me demande pourquoi je deviens tellement solitaire, et puis il y a des jours où non seulement je le sais mais où de surcroît je m'en félicite... Oui, l'indifférence se cultive... Il vaut mieux ne rien attendre de personne, ça évite les désillusions... Et puis ça tombe bien, je n'ai pas besoin d'eux, alors vite, terminons-en et puis ressortez aussi rapidement de ma vie. Voyons ! rassurez-vous vous savez bien que je ne manie pas le registre de la culpabilité, sortez ! sortez sans crainte ! la seule chose qui m'importe c'est d'enfourcher mon vélo et de voir Paris revêtir doucement ses couleurs d'hiver. Ne vous inquiétez pas, je ne ressens ni colère, ni ressentiment, pas même de la trahison. Ne vous inquiétez pas vous dis-je, laissez moi seule avec mes enfants, il est dorénavant trop tard pour revenir dans ma vie que vous avez fui exactement au seul moment où j'aurais pu avoir besoin de vous. Oui je sais, je me doute bien que vous regrettez, vous me l'avez fait dire... Et puis je me doute bien que c'est une lourde culpabilité que vous portez désormais. Mais ne vous inquiétez pas vous dis-je... Certes, disparaître dans un moment pareil ce n'est pas très glorieux mais peu importe, partez, sortez, vous avez ma bénédiction. Il est dorénavant trop tard pour me faire croire que vous m'aimiez... Il fait doux pour la saison, vous ne trouvez pas ? Moi j'irai bien faire un tour en vélo. C'est tellement satisfaisant de traverser Paris en bicyclette !
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 20/10/2004
Chagrine Tarquine
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Commentaires
Juste pour vous envoyer une pensée de tendresse, Tarquine. Parce que je ne peux rien dire sur le contenu de ce billet étant donné que je n'ai pas vécu cela (et ne le vivrai jamais, je suis fille unique).
Mais voilà, juste pour vous dire que je pense à vous.
Merci Véronique. Comme j'ai dorénavant le coeur sec comme une vieille haridelle de foire, il ne peut plus m'arriver grand chose de ce côté là... Je préfère mon silence obstiné que rien ne saurait troubler à des fraternelles effusions mâtinées d'une absolution que jamais je n'accorderai... non par haine ou rancune, je ne les hais pas plus que je n'ai envie de me venger d'eux. Simplement par usure et par un salutaire réflexe de survie...
Quand sa propre vie est un champs de ruine on est moins enclins à voir vos proches vous prendre à partie pour de nombrilistes futilités, quand on vous dit textuellement qu'"on en a rien à foutre de votre douleur" on rajoute une case dans la colonne Deuil... et on se dépêche de se souvenir qu'il faut tenir pour ses enfants...
Je ne suis pas de nature rancunière mais certaines choses ne s'oublient pas... Cette phrase-là en fait partie.
Comment peut-on avoir une telle inhumanité, ça me dépasse complètement... ce que je lis ici quotidiennement dans les blogs amis m'atterre de plus en plus. Je sais que ce qui va suivre ne va pas vous plaire Tarquine qui n'aime pas les compliments (;-)!), mais je prends tous les jours des leçons de courage... Je sais bien que vous n'avez pas le choix, et que c'est pour vos enfants. N'empêche... Voilà c'est dit ! ;-)
Je vous souhaite une belle journée.
Tut tut il ne s'agit pas de courage :) Il ne s'agit que de déveine... et je n'y suis pas pour grand chose...
Quant aux réactions que l'on essuie parfois, et bien ma foi, c'est la vie qui est ainsi...
Les situations dramatiques entraînent bien souvent des réactions inappropriées, voire même des jalousies pour l'attention que l'on porte à celui qui souffre... De cela j'en ai eu la certitude par deux fois...
Alors l'émotion, la proximité, l'anxiété, la défense de ses propres intérêts, et le tout bien touillé avec un doigt de parano devient un cocktail explosif... Voilà comment on en arrive à dire des choses pareilles...
Peu importe après tout, cela a eu le mérite d'être clair... je n'ai même pas eu le temps de croire que je pouvais compter sur eux, c'est déjà du temps de gagné !
"Les situations dramatiques entraînent bien souvent des réactions inappropriées" : Tarquine, c'est bien la première fois que je vous prends en flagrant délit d'euphémisme !
Mille pensées.
On ne choisit pas sa famille, contrairement aux autres personnes qui nous entourent (on ne choisit pas non plus son patron mais c'est une autre problème :-)
les liens de famille ne sont pas une obligation. J'ai été élevée dans un esprit de clan. quoi qu'il arrive, on défend sa famille. Quoi qu'on en pense aussi. Mais il m'a fallu des années pour me protéger du clan, couper le cordon qui me rongeait et vivre enfin ma vie. J'ai quatre soeurs. Je m'entends très bien avec deux. Avec une autre j'ai des rapports cordiaux mais lointain (nous n'avons rien en commun). Avec la dernière, j'ai coupé les ponts. J'en ai eu assez un jour d'en prendre plein la figure. En fait, j'ai coupé quand la famille que j'ai créée à commencé à patir de cette relation. Je nous ai mis à l'abri.
Alors je ne porte pas de jugement. Je comprends juste. Les frères, les sœurs, cela peut être absolument magnifique. Mais à condition que chacun y mette du sien. ce n'est pas une relation qui va de soi, qui est obligatoire. Et elle peut cesser, comme ça, du jour au lendemain. Comme on peut se fâcher avec un copain qui nous a manqué. Ni plus ni moins.
Bouh, je me sens pas en forme sur ce commentaire, une sérié d'idée reçues, pourtant il y a du vécu. Ça doit être le manque de sommeil