Intention de rupture

J'aimerai rompre avec mon passé, lui dire "bye bye" "adieu", le laisser sur le bord de la route et puis poursuivre mon chemin sans lui. Lui dire "salut, merci pour tout, je te dois des moments merveilleux, sans doute les plus belles années de ma vie. Mais maintenant je te quitte."
Le remercier chaleureusement et puis lui expliquer que le bonheur cela se vit, sinon cela moisit... Le bonheur ne se conserve pas au fond d'un vieux cellier, cela ne se congèle même pas !
J'aimerai exciser cette boule de douleur brute que je porte en moi. Cette boule que j'arrive presque à oublier et qui explose brutalement parce que je croise une amie très chère devant le bureau d'un magistrat instructeur (lequel a bien dû se demander ce qu'il avait dit pour déclencher un pareil émoi...)
Je ne voudrais que conserver la rage que je mets à appuyer sur mes pédales, le coeur abandonné à regarder Paris défiler sous mes yeux, ne sachant plus si c'est fuir ou avancer qui exalte autant chacune de mes plus infimes fibres musculaires.
J'arrive à oublier que je l'aimais.
Je parviens à parler de leur père à mes enfants sans m'écrouler, ne conservant de lui que son humour légendaire et sa bonne humeur.
Je peux oublier la quiétude de dormir à deux.
Je peux fermer les yeux et penser à demain.
Mais il est une chose que je ne peux maquiller : c'est combien lui m'aimait.
Alors comme je n'ai jamais réussi à lui tenir rigueur de son amour, je déchire ma lettre en mille morceaux, j'arrête de jouer les héros et je laisse enfin mes larmes couler.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 13/10/2004
Tarquin et Tarquine
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Commentaires
D'après Saint Augustin
Tu sais, la mort n'est rien.
Je suis seulement passé de l'autre côté.
Je suis moi. Tu es toi.
Ce que nous étions l'un pour l'autre, nous le sommes toujours.
Parle-moi comme tu l'as toujours fait.
N'emploie pas un ton différent.
Ne prends pas un air solennel ou triste.
Continue à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Prie, souris, pense à moi, prie avec moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison
comme il l'a toujours été sans emphase
d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.
La vie signifie toujours ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été: le fil n'est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de ta pensée
Simplement parce que je suis hors de ta vue?
Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Tu vois, tout est bien.
Tu retrouveras mon coeur, tu en retrouveras les tendresses épurées.
Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m'aimes.
Je t'embrasse.
Le bonheur c'est du chagrin qui se repose: léo Férré
Ce texte de Saint Augustin est magnifique. Son conseil ne me semble cependant pas si facile à suivre !
Laissez vos larmes couler Tarquine, peut-être entraînent-elles chaque fois un tout petit peu de votre immense peine...
Pensées affectueuses.
Ce texte, ce poème de Charles Peguy est celui que ma mère avait choisi avant de mourir afin qu'il soit lu lors ses funérailles. En ce qui me concerne, il lui est donc associé.
"Essuie tes larmes et ne pleure pas si tu m'aimes." Pure connerie... Je fais ce que je veux et je vous emmerde, tant les morts que les vivants !
De plus, si un Dieu existe, ce dont je doute parfaitement, je lui crache à la gueule, il ne mérite pas mieux...
Pardon pour cette parenthèse de colère et de grossièreté dont Elise a été très injustement le vecteur avec son commentaire attentionné...
Pourquoi a- t-on en plus,le sentiment d'avoir été abandonné(e)?C'est du moins ce qu'il m'arrive de ressentir.
Veuve Tarquine, je vois qu'ça a pas marché des masses mon souhait que tu fasses de beaux rêves.
Je suis désolée pour toi, ta fatigue, ta tristesse.
Je t'envoie un gros *hug* .... j'espère seulement qu'il ne va pas se transformer en baffe à l'arrivée.(cf l'experience d'envoi de beaux rêves)
Il y a des jours où il vaudrait mieux ne pas commenter, ne pas essayer de trouver des mots, seulement se taire. Mais on n'y arrive pas, trop plein de bonne volonté, on veut tirer celui qui pleure par la manche, lui donner un mouchoir, un verre d'eau, ou d'armagnac... On balbutie, on brasse de l'air, mais il n'y a rien à faire, rien.
On est là, on est là, on se manifeste, lourdaud, pataud, on s'en veut de cette délicatesse de pachyderme, mais tant pis, on va quand même le laisser, ce commentaire.
Je découvre votre site, parce que quelqu'un réfère à vous dans une de ses entrées.
J'ai surtout lu ce que vous écrivez à propos de l'homme que vous avez perdu.
Cet amour là force le respect et un certain silence lorsque l'on connait ce que c'est que souffrir.
Votre réaction au texte qui a été mentionné est tonique. Elle m'a bien plu. (et ceci n'est pas une critique de la personne qui l'a publié)
Je crois que je repasserai par ici .
Avocate ? Voila un milieu que je connais....
Déchirer une lettre d'adieu, cesser de jouer les héros et laisser les larmes couler me semblent (mais qui suis-je pour donner mon avis sur un si grave sujet ?) être des attitudes fondamentales qui font la grandeur d'un être humain. Et cette grandeur, fragile, vulnérable (grande parce que vulnérable) vous ressemble bien, cher Tarquine, tout autant que je puisse en juger par la lecture régulière de ce site depuis quelques mois.
Cracher à la face de Dieu vient parfaire le tableau. La grandeur de l'homme y trouve son compte. Un tel geste pourrait bien n'être humiliant ni pour l'homme ni pour Dieu, mais il ne saurait s'agir ici de mérite : Dieu ne mérite rien et vous valez mieux que lui. Blasphème ? Non ! c'est du coeur de l'Evangile que jaillit cette leçon fondamentale : Dieu s'est vidé de lui-même par amour pour les siens.
Mais j'arrête là mon sermon, peut-être déplacé. Dieu n'a pas besoin d'avocat !!! Nous, nous avons la nôtre, qui souffre, et que notre silence accompagne, toujours.
(Et si on se remettait un coup de fou rire de Tarquinet et de sa chère maman du 23 septembre dernier ?)
Léo Ferré me semble avoir trouvé les mots, dans sa chanson, "Avec le temps". Mais le temps est relatif à chacun, et nul ne sait combien il en faut pour oublier les autres.
Chaque fois que je lis ce blog, j'ai le ventre qui se noue. Je ne devrais pas être si sensible, me dit-on.
Oui, mais voilà.
C'est si long de dire adieu. Si long. Et puis... un jour, on est plus léger. On a juste passé un cap. Le cap de bonne espérance, peut-être. En atendant, que de coups de cafard, de coup de gueule, de coup de bambou. parce qu'on ne peut pas se laisser aler. Il sont là, les petits, si beaux, si tendres. Ce sont ses meilleurs souvenirs à lui... Alors il faut bien attendre que ça se passe.
LA MORT N EST RIEN DISAIT PEGUY MAIS MOI JE VEUX TE DIRE QUE LA TIENNE M A ANEANTI .IL FALLAIT QUE JE L ECRIVE POUR QUE TU LE SACHES PEUT ETRE CELA M AIDERA T IL A SUPPORTER CETTE SI VIOLENTE ABSENCE