Où phallocratie rime avec ineptie
Voici le détail de la bannière d'un site dont le lien est proposé sur moults pages de qualité traitant de CSS.
Je ne peux m'empêcher de repenser à un récent billet de Kozlika :
" Depuis quand «féministe» est-il devenu une insulte ? "
Quand on voit ce que l'on exhibe sous prétexte de connaissances informatiques, et que les spécialistes de CSS relaient sans se poser la moindre question sur la signification de cette banière, le féminisme n'est pas une insulte mais une ardente nécessité...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 07/09/2004
De bric en vrac
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Commentaires
Ah tu l'as dit, Tarquine !
Et en plus, ça leur fait quoi, comme effet, cette image ? gros rire, rouge étranglé, envie de se toucher là entre les jambes ?
Vous, gentlemen qui venez chez Tarquine, spécialistes de css, rss et autres templates, j'aimerais bien avoir votre avis ...
Et voilà, c'est bien des féministes ça ! Mais voyons les filles c'est du deuxième degré ! Vous n'avez donc aucun humour ? On rigole !
Le petit concours suivant serait probablement difficile...
trouver sur le web une page symétrique de celle-ci, i.e. une page qui arbore ce genre de blague avec homme au lieu de femme.
On ne triche pas :
- on ne la crée pas pour l'occasion ;
- on ne prend pas une page dont le sujet principal est "relations hommes/femmes", "sexisme", "blagues sur..." ou autre chose du même genre.
Ce qui saute aux yeux, c'est la petite signature sous le logo: "so easy a woman can use it" c'est de l'aberration pure....
J'ai quitté AOL pour moins que ça....
Quand on pense que ça doit être un geek boutonneux qui a pondu ce truc, un troll.....et tout ce que ça implique....
Tiens, je remarque par hasard que la légende de l'image est
"femme à quatre pattes, menottée et tenant des feutres avec ses pieds"
J'aurais plutôt dit des talons ;-)
Vos réactions me semblent plus épidermiques que réfléchies. 75 contextes différents (*) pourraient mener à cette image, mais seul l'angle sexiste/machiste/phallocrate/réductioniste est retenu. Et si c'était seulement rigolo, amusant, bon enfant, et en premier pour les protagonistes de la scène ? Un mauvais procès, je crois.
(*) : Peut-être un peu moins de 75, mais on ne va pas mégoter :)
Tout à fait d'accord avec vous — que cela soit d'un goût puéril ou tout simplement gynophobe. Le geek en question au site ne doit pas se sentir à l'aise avec les femmes, condition assez courante chez d'autres, je parie.
Georges : Mais oui, voilà, c'est ce que je leur disais : c'est de l'humour ! C'est ce que j'ai dit aussi à mon copain Africain que ça ne fait pas rire de se faire appeler Blanche-Neige.
>... seul l'angle sexiste/machiste/phallocrate/réductioniste est retenu.
Alors là, je suis avide de connaître les autres angles possibles ?
Georges >
"Et si c'était seulement rigolo, amusant, bon enfant, et en premier pour les protagonistes de la scène ?"
quels protagonistes ? Je ne vois qu'un personnage...
Ce ne peut être """"amusant""" que pour le protagoniste invisible, celui qui regarde sans participer, derrière son écran.
Louis > Entièrement d'accord... L'image peut être """amusante""" au 56ème degré, mais l'image plus le texte, là, il n'y a plus aucune hésitation à avoir.
Voyons, puisque cela pourrait être "rigolo, amusant et bon enfant" tentons l'exérience avec d'autres :
- Mettez le dessin d'un juif (vous savez les représentations avec un gros nez faites par les nazies ) et inscrivez la légende suivante : "même un juif pourrait y arriver".
- Mettez le dessin d'un arabe (teint basané, barbe et turban) et inscrivez la légende suivante : "même un arabe pourrait y arriver"
- Mettez le dessin d'un homosexuel (gay très grande folle) et inscrivez la légende suivante : "même un pédé pourrait y arriver"
Vous trouvez ça toujours "rigolo, amusant et bon enfant"?
J'en doute.
Et savez vous pourquoi quand il s'agit d'un juif, d'un arabe ou d'un homo vous ne trouvez pas cela drôle ? : Parce que le statut de juif, d'arabe ou d'homo n'a rien à voir avec le sujet de la page traitée. Un juif, un arabe ou un homo peuvent être des spécialistes de CSS donc mettre en avant leur statut de juif d'arabe ou d'homo ne sert qu'à les insulter davantage.
Pourquoi quand il s'agit d'une femme, qui plus est exposée dans une position dégradante, vous considérez que cela peut-être "rigolo, amusant et bon enfant" ? Parce qu'une femme ne peut pas être non plus une spécialiste de CSS ?... Serait-il donc tolérable de dégrader la femme mais non le juif l'arabe ou le pédé ? Posez-vous la question en conscience et dites-nous pourquoi quand c'est un juif, c'est pas drôle, mais quand c'est une femme c'est "rigolo, amusant et bon enfant"...
La réponse est consternante...
bah de toute façon on peut rire de tout mais pas avec tout le monde.
Donc si ca ne vous fait pas rire, ne fréquentez pas les gens qui font ce genre de choses. C'est leur problème s'ils sont cons.
Parce que si on se met a raisonner "pourquoi une femme ne pourrai pas utiliser les css ? pourquoi pas un homo ? etc" on va déja plus loin que ce que l'auteur a voulu, je pense. en effet, dissequer une blague, surtout si elle de mauvais gout, est completement stérile. L'appréciation de la qualité d'une blague change en fonctions des gens, de l'epoque, etc..., l'humour est toujours cruel de toute façon. Pour la majorité d'entre nous, celle ci va trop loin, pour d'autre non c'est tollerable. mais il n'y a pas de vérité absolue.
Donc mon avis de "mâle" :) utiilsateur de css : "c'est nul et parfaitement lourdingue mais ca ne merite que du mepris, pas plus pas moins"
N'empêche que...
Lu dans un article sur le japon dans Hardware Magazine ou PC Update (oui j'ai parfois de saines lectures) : "dans ce pays il n'est pas rare que les femmes montent leurs ordinateurs ou fassent des montages vidéo".
Sans vouloir casser le mythe, l'un et l'autre sont assez simple pour peu qu'on y prête rigueur et précision.
Euh... je ne suis pas franchement féministe militante, mais là je suis tombée de ma chaise (bon en fait ce n'était pas une chaise mais les détails sont peu importants). Alors quoi ? Quand on sait faire ça on est soi un mec, soit japonaise ??!!
Anne, j'ai changé tout ce que contenait mon ordinateur au fil des années sans être japonaise...
Le problème ne se situe pas exactement au niveau des compétences techniques... Et je vois déjà Kozlika, Philomène ou bien d'autres bondir de leur chaise en te lisant ;)
Cette image est complètement conne, et peut être choquante, je suis d'accord.
Mais pas besoin d'être féministe ni même d'être une femme pour être choqué. Je n'aime pas ce monopole de la défense de la femme que s'arroge cette idéologie. J'ai une dent contre le féminisme, mais suis irrité par toute allusion dépréciative pour les femmes considérées comme un groupe homogène, ce qu'elles ne sont pas Dieu merci.
Quant au caractère dégradant de l'image, je suis plus réservé. Il s'agit manifestement d'une allusion à une pratique sexuelle qui est un jeu innocent si elle est librement consentie. Ce qui est consternant est son absence de lien avec le thème du CSS, sauf peut être le terme de "lien" qui donne "chaîne" puis "enchaîné"... Difficile de retracer un cheminement mental aussi déficient
A bien y réfléchir, ce n'est pas vraiment choquant comme image. Ce n'est pas vraiment drôle non plus. S'il n'y a pas lieu de crier à la violation de la condition féminine (si certaines femmes sont férues d'informatique, ne nous leurrons pas, elles sont très largement minoritaires), il n'y a pas lieu de trouver cela sympa (c'est moche, mal dessiné et le choix de la typo est lamentable).
Il est normal que certaines personnes défendent ce genre d'humour, ma foi pas méchant, tout comme il est normal que d'autres le fustigent, pour fixer les limites de la tolérance.
Bref, dans toute chose, l'équilibre est obtenu par le bon et son contraire.
Je crois d'ailleurs qu'Engy a bien résumé ce qu'il faut en penser dans son post.
Quant à remplacer "femme" par "juif", "arabe", "labrador" ou je ne sais quoi d'autre, c'est un peu hors-sujet tout de même, non ? Cette pub joue sur le fait des habitudes sociales (le fait que ce soient les hommes qui sont plus branchés ordinateur) et toute l'idée repose dessus. Changer un sexe pour une race (mot non péjoratif, je vous le rappelle) déforme l'idée de base. Par exemple, si vous prenez une innoffensive blague de Toto, elle peut devenir raciste en la remplaçant par "juif"...
Voilà...
Quant à savoir, finalement, ce que je pense personnellement de cette pub, elle ne me fait pas rire, mais elle ne me fait pas bondir non plus...
Oui, c'est mon premier post...
pas le dernier ?
En quoi l'image illustre-t-elle le propos des CSS (Cascading Style Sheets) ?
En rien.
De plus la légende n'a rien n'à voir avec l'image. "So easy a woman can use it" en base line de l'image d'une femme enchaînée, à quatre pattes et tenant des crayons aux pieds.
Tout cela est navrant.
Cela laisse penser que l'auteur du site, un geek peut-être ou peut-être pas, a voulu faire du beau ou du rigolo, créer l'aspérité pour que les gens s'y arrêtent, et il a fait du très très con.
Veuve Tarquine, vous me voyez désolé - et sincèrement désolé - de vous consterner ainsi.
Eolas dit : Il s'agit manifestement d'une allusion à une pratique sexuelle qui est un jeu innocent si elle est librement consentie. Ce qui est consternant est son absence de lien avec le thème du CSS, sauf peut être le terme de "lien" qui donne "chaîne" puis "enchaîné"... Difficile de retracer un cheminement mental aussi déficient"
Je pense la même chose, à commencer par la référence à des pratiques proches du jeu. Si cette image cadre mal avec le coté fédérateur du CSS, ça n'en n'est pas pour autant une attaque contre les femmes (au sens général du terme).
"Rigolo, amusant et bon enfant", je maintiens. Blague de geek mais blague quand même. Desproges. En moins drôle.
Si la référence était à la pratique de jeux sexuels librement consentis amusants et bon enfant, pourquoi cette légende alors ? On s'attendrait plutôt à "Les liens qu'on aime" ou quelque chose qui y ressemble, non ?
Je suis d'accord avec vous, tant que des images comme ça circuleront sans que personne n'y trouve à redire, le féminisme actif sera une nécessité pour sauver la société du machisme omniprésent.
C'est image peut être une image "drôle" temporairement dans un cercle privé, mais en faire un symbole public n'est plus une blague.
Ces personnes ont une responsabilité face aux images qu'ils propagent sur le Net et laisser ça visible à des enfants et adolescents sans aucune explication n'est vraiment pas intelligent.
Oups ... Il faut lire "Cette image peut être..." ou "C'est peut-être ..."
Tarquine : tout pareil ! je fais même le montage de pc de mâles de la famille qui en sont bien incapables ! Donc ce serait bien que les "filles" ne bondissent qu'à cause de la citation, pas de moi, je m'en voudrais !!!
Veuve Tarquine : Tout à fait d'accord avec toi sur le caractère indigne de l'image. Une réserve toutefois : je ne pense pas que les catégories de personnes que tu décris soient également protégés : en dehors de Paris, la situation de l'homosexuel, fille ou garçon, est très largement douloureuse. De même la culture anti-arabe, affreux héritage de la propagande de la guerre d'Algérie, est aujourd'hui renforcé par un sentiment d'hostilité contre l'Islam bien mollement réprimé (confer la lamentable affaire Fineas).
Cette échelle injusticiable des protections, qui s'est manifesté crûment à plusieurs reprises cette été, est pain-béni pour les communautaristes qui pourront aisément en tirer argument. A mon avis, c'est un cercle vicieux qui s'ouvre sous nos pas en ce moment.
Pour revenir à cette image, je pense que l'indignité est ce qui caractérise le mieux une telle image type et les réactions goguenardes que j'ai lu sous ta note (et je n'ai pas envie de stigmatisé ad hominem) me font penser que quelques décennies de publicités lamentables (je n'ai plus la télé mais au mois d'août, chez mes beaux-parents, j'ai pu voir les dernières pub pour des marques de...rasoir ! c'était incroyable de sexisme et d'impudence (pour les nommer Gilette et Wilkinson)) ont fait leur office de banalisation...
Toute proportion gardée, cela me rappelle ma grande difficulté à faire comprendre la fameuse affaire de Morsang-sur-Orge à plusieurs amis (le tristement fameux "lancer de nain") qui y voyait un choix personnel acceptable et faisait implicitement triompher la liberté d'entreprendre sur la dignité humaine.
A ce train là, dans 10 ans, on vendra des organes publiquement sur internet...
Eolas : Je pense que ta maille à partir avec le féminisme, "comme idéologie", mérite précision : j'ai vécu de l'intérieur des débats extrèmement houleux lors de la Loi sur la Parité entre féministes sincères (...et bien entendu, vu mon sexe, je me suis fait traiter de paternaliste et de machiste indécrottable :-) et pour moi non seulement le féminisme n'est pas une idéologie (pas plus que l'humanisme ou que le pluralisme), /sed etiam/ il existe un tel nombre de sous-divisions et de point de vue parmi les militants féministes qu'il est difficile de poser un rejet de principe de l'idée même de féminisme. Des précisions !?
Laurent_G, tu dis : "Ces personnes ont une responsabilité face aux images qu'ils propagent sur le Net et laisser ça visible à des enfants et adolescents sans aucune explication n'est vraiment pas intelligent."
En vrai, ce que je crois ne pas être intelligent du tout, c'est de laisser des enfants (ou des jeunes ados) circuler librement sur Internet sans contraintes ... Alors on peut soit vouloir contraindre Internet (et on ressort la censure) ou bien contraindre ces/ses ados. Je crois que c'est le boulot de leurs parents. En tout cas, quand les miens seront en age d'aller sur le Net, cela ne se passera pas vraiment librement, au moins au debut (en terme d'age, pas d'apprentissage) ...
c'est du sexisme tout simplement, bete, stupide, dégradant et insultant....
Souvenez-vous (sauf que je ne me souviens plus...mais je vais chercher!) de cette publicité qui avait deux versions , dans l'une les chiens étaient déprécié, la deuxième était identique mais les chiens y étaient remplacé par ds femmes...
Des associations ont réussi à interdir la première .....pas la deuxième....
Au fait Gizmo
"Quant à remplacer "femme" par "juif", "arabe", "labrador" ou je ne sais quoi d'autre, c'est un peu hors-sujet tout de même, non ? Cette pub joue sur le fait des habitudes sociales (le fait que ce soient les hommes qui sont plus branchés ordinateur) et toute l'idée repose dessus. Changer un sexe pour une race (mot non péjoratif, je vous le rappelle) déforme l'idée de base. Par exemple, si vous prenez une innoffensive blague de Toto, elle peut devenir raciste en la remplaçant par "juif"..."
Oui et c'est attaquable en justice, tu remplace par "blonde" et c'est acceptable voire "rigolo, amusant et bon enfant" ...
Comme vous je ne suis pas amuse par une image aussi degradante de la condition femminine, mais je tiens a signaler aussi que certain de vos remarques sont du meme niveau:
"Cela laisse penser que l'auteur du site, un geek peut-être ou peut-être pas, a voulu faire du beau ou du rigolo, ..."
"Quand on pense que ça doit être un geek boutonneux qui a pondu ce truc, un troll.....et tout ce que ça implique...."
mais surtout (perso je trouve cette remarque pire que l'image):
"Le geek en question au site ne doit pas se sentir à l'aise avec les femmes, condition assez courante chez d'autres, je parie."
Pour moi c'est le meme niveau : zero.
On ne combat pas des remarques sexistes par des remarques... geekist?
Voila pour ces bons penseurs, continuez de penser que ses gens sont forcement des geeks, sombres garcons jamais adultes perdus devant leurs ecrans d'ordinateur, boutonneux et surtout mysogynes.
Vive les hommes
Vive les femmes
Vive les geeks
Surement trop con le responsable com ( c'est tellement proche de con ou conne ), pour avoir coopté cette image, la "communication" qui va avec, et les soucis juridiques en découlant. Sauf si, la cousine de la personne appartient au cabinet d'avocats qui attaquera, qui répondra, qui interjetera....qui touchera de la tune de chez tune...
> Yojik : copie du commentaire laissé chez Kozlika sous "Depuis quand féliniste est devenu une insulte ?"
(...)
Tout simplement parce que le féminisme d'aujourd'hui (je ne juge pas celui d'hier, je n'y ai pas été confronté) cumule les pires travers de la gauche et de la droite. Avouez que ça fait beaucoup.
A la gauche, il a emprunté le terrorisme intellectuel du "qui est contre moi est réactionnaire", en l'espèce soit mysogine, soit névrosé, soit impuissant, bref : ringard. Et cela s'applique même aux règles de la grammaire. Les mots ont un genre et non un sexe ? Peu importe, le mot sacré féminin est employé, les règles du Français seront jetées aux orties pour créer des beautés du genre "l'auteure du livre", la "procureure", ou les adhérent.e.s. Même Colette et Georges Sand ne se seraient pas permises.
A la droite, il a emprunté la croisade morale. Toute nudité ou allusion sexuelle à des fins autres qu'artistiques (et encore, l'art est surveillé) doit être condamné dans les termes les plus vifs, et si c'est par u ntribunal, c'est pas plus mal. Toute atteinte à la féminité est un crime. Et cette notion de l'atteinte est plutôt large.
Je comprends fort bien les femmes, elles sont nombreuses dans mon entourage, qu'il soit familial, personnel ou professionnel, qui, légitimement outrées des inégalités subsistant entre les sexes, et presque toujours en faveur du sexe masculin, soient elles même gonflées par des attitudes agressives et démagogiques, fut-ce "pour leur bien", et commises en leur nom par des personnes à qui elles n'ont rien demandé.
Je caricature ? Je soulève des préjugés ?
Mon aversion du féminisme, je n'ai pas peur du mot, est devenu définitif lors d'une audience d'assises, où je défendais une femme accusée d'avoir fait exciser sa fille. Deux associations féministes connues s'étaient constituées partie civile, représentées par des avocates fort réputées pour leur engagement féministe.
Ma cliente était une malienne, de 25 ans au jourdu procès. Elle même excisée dans son enfance, illettrée, ne parlant que très mal le français, elle a été mariée à 16 ans sans qu'on lui demande son avis à une personne ayant l'âge d'être son grand-père (63 ans au jour du procès).
Elle a fini par rejoindre son époux en France, qui lui a fait trois enfants en cinq ans à peine, venant s'ajouter aux cinq qu'il avait déjà eu avec la première épouse.
Elle ignorait totalement le fait que l'excision soit interdite en France. j'en suis encore convaincu. Elle a fait exciser sa première fille, je ne rentre pas dans les détails mais l'opération, si j'ose dire, est atroce.
Le médecin scolaire de la petite fille ayant découvert la chose, elle fait un signalement qui amène cette femme devant les assises (la mutilation aggravéee par le caractère d'ascendat de l'auteur sans e est un crime passible de 15 ans de réclusion criminelle. .
Les associations parties civiles vont sonner la charge contre l'excision, ce en quoi je ne peux que les approuver. Mais il leur fallait une condamnation non pas de l'excision, c'était acquis, mais de notre cliente. Un point essentiel du débat était : "savait elle que l'excision était interdite en France ?". Nul n'est censé ignorer la loi, bien sûr. Mais i lfaut comprendre cette présomption : si nul n'est censé l'ignorer, tout le monde n'est pas censé la connaitre. Le ministère public, qui doit apporter la preuve de laculpabilité, est dispensé d'apporter la preuve que l'accusée connaissait l'interdiction légale. Mais le code pénal précise quand même qu'il n'y a pas de crime sans intention de le commettre. cette intention criminelle suppose que l'accusée ait voulu atteindre un résultat qu'elle savait interdit par la loi (dol spécial). Faute de quoi, il fallait acquitter.
Et ces associations vont multiplier des arguments spécieux, parfois à la limite du racisme ("En Afrique, on ne répond jamais directement la vérité à une question" ; "L'information circule avec la coutume de l'arbre à palabre..."), pour enfoncer ma cliente et démontrer contre toute évidence que : 1 - ma cliente parlait français (c'était facile : quand elle ne comprend pas, elle souriait et faisait oui de la tête pour ne pas vexer la personne qui lui parle) ; 2 - Qu'elle savait que l'excision était interdite mais qu'elle l'a fait quand même, quitte à lui faire encourir du coup le maximum de la peine.
A mes yeux, elles se sont déshonorées, et je m'en suis pris vertement à elles. Je leur ai rappelé que ma cliente avait elle même été excisée, que c'est un crime qu'elle a subi, commis par ses propres parents, que la loi française reporte le point de départ de la prescription à la majorité dans ces cas, que ma cliente ayant 25 ans, le crime qu'elle a subi n'était donc pas prescrit, et que plutôt que d'être partie civile contre elle et la pousser vers la prison, ces associations devraient être à mes côtés, pour défendre une victime de ce contre quoi elles prétendent lutter : mutilation sexuelle, mariage forcé, polygamie et subordinatio nde la femme. Mais leur vision binaire du monde n'accepte pas ces subtilités : ce qui n'est pas avec moi est contre moi, c'est une complice d'excision avant d'être une excisée, peu importe le poids de la coutume, de son éducation, qu'elle n'ait jamais eu accès à la connaissance, peu importe que son amour pour sa fille soit incontestable et réciproque, la Cause du féminisme exigeait qu'elle fût condamnée.
Alors, je comprends et j'approuve les femmes qui se révoltent contre les inégalités de notre société, les réactions de beaufs qui se croient spirituels, et se refusent farouchement à être assimilées avec ces méthodes. Je ne les en respecterais que plus, si c'était seulement possible.
Moi, ce que je me dis en lisant ce genre de commentaires, c'est qu'il est compréhensible que Desproges n'ait pas son égal aujourd'hui (Didier Porte peut-être ?)... Vouloir rendre l'humour politiquement correct, c'est quelque chose qui me dépasse. Personnellement, Desproges, peu importe le sujet qu'il traite, même quand ça me touche, ça me fait rire. Quand je-sais-plus-qui a sorti sa chanson sur les ingénieurs informaticiens quelle est la profession qui a fait circuler cette chanson en premier ? Mais vous tous qui vous alarmez, lorsque vous faites le raccourci geek=>boutonneux à lunettes qui à peur ou qui méprise les femmes, vous faites preuves de quoi ?
Hum! C'est la fête ici?
Mouais, c'est la fête !
Merci à tous ceux, et ils se reconnaîtront, qui se sont retenus de faire des commentaires déplacés, avec un raisonnement indigent ou en élevant son expérience personnelle au statut de pensée unique...
Pas moins de quatre commentaires font appel à Desproges... L'un sans le dire (on peut rire de tout mais pas avec n'importe qui) en oubliant que l'URL dont s'agit est accessible à tous... Quant à Georges, je pense que vous réécouterez avec bonheur l'auteur que vous citez, parce qu'entre son humour génial et ce qui vous paraît "rigolo, amusant et bon enfant", il y a un océan de médiocrité (sans compter que Desproges n'était pas exactement misogyne...)
Ah j'allais oublier, citons aussi le geek à boutons cité par, je ne sais plus trop qui, et qui se retrouve propulsé au rang d'espèce calomniée...
Enfin, puisqu'il parait que c'est déplacé de comparer en humour une femme et un juif au prétexte des habitudes sociales de la pratique informatique des premières, je vais donc faire la même chose avec un postulat identique.
Un biafré (habitant du Biafra) est, en raison de l'économie de sa région qu'il habite, peu au fait des feuilles de style et des CSS. On peut donc considérer le plus logiquement possible que ses habitudes sociales de la pratique informatique sont quasiment inexistantes. Non ?
Mettons un biafré enchaîné à quatre pattes sur la même banière avec le même commentaire : "même un Biafré peut le faire" ; ce que c'est drôle !
Il faut donc que cette femme enchaînée soit également juive, geek, biafrée et boutonneuse pour qu'on lui restitue sa dignité ?
à Eolas >
je ne vous suis vraiment pas dans les deux suivants (c'est un peu le même, mais le deuxième est vraiment surprenant) :
"Nul n'est censé ignorer la loi, bien sûr. Mais i lfaut comprendre cette présomption : si nul n'est censé l'ignorer, tout le monde n'est pas censé la connaitre. Le ministère public, qui doit apporter la preuve de laculpabilité, est dispensé d'apporter la preuve que l'accusée connaissait l'interdiction légale."
Je pensais que "nul n'est censé ignorer la loi" signifiait qu'on ne pouvait se prévaloir de sa méconnaissance de la loi. Vous dites le contraire. Vous pouvez détailler ?
"Mais le code pénal précise quand même qu'il n'y a pas de crime sans intention de le commettre."
Là, vos propos deviennent étranges : cette phrase signifie "il n'y a pas de crime sans intention de commettre L'ACTE du crime", et NON PAS "il n'y a pas de crime sans intention de commettre un crime".
Non ?
Allez, une petite pointe d'humour féminin. J'ai fait le prochain visuel de sa bannière. ;))
sopurealanis.free.fr/homm...
Il m'a bien fait rigoler ton visuel, la lène !
La Lène : félicitations ! Excellent !
Je vais l'adopter, il doit bien y avoir un endroit où le caser !
Veuve Tarquine, personne ne tente de dire, je crois, que cet homme (j'espère que c'est un homme !) est le prince de la finesse. Je suis probablement même le seul de vos lecteurs à avoir reconnu un sourire face à cette image.
Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi vous voulez nécessairement comparer l'enchaînée avec une personne présentant d'autres caractéristiques que les siennes ... Il s'agit d'une femme enchaînée par un méchant-très-méchant macho et pas un biafré juif, biafré ou ouzbek.
Vous dites : "Il faut donc que cette femme enchaînée soit également juive, geek, biafrée et boutonneuse pour qu'on lui restitue sa dignité ?"
Tout est là je crois : qui a dit - à par vous - que cette femme - précisemment celle-là, celle du dessin - a perdu sa dignité ? On met le doigt sur la raison du débat, je crois : vous défendez une femme dont vous avez l'impression qu'elle a perdu sa dignité alors que d'autres - comme moi - peuvent trouver cette image doucement provocante sans pour autant mépriser cette femme ni d'autres. Il vous semble à vous qu'il y a là quelquechose à défendre alors qu'à moi, il me semble qu'il n'y a qu'à prendre à la légère la.
Georges> Je lis dans votre commentaire précédent, adressé à Tarquine :
"qui a dit - à par vous - que cette femme - précisemment celle-là, celle du dessin - a perdu sa dignité ? "
"à part elle" , nous sommes plusieurs à penser cela, relisez le fil des commentaires.
Si j'en ai envie, je peux me mettre à quatre pattes enchaînée et trouver cela divin, cher marquis, mais il n'empêche que la plupart du temps si vous enchaînez un être humain et que vous le faites mettre à quatre pattes, c'est pour l'humilier et lui retirer toute dignité humaine.
Femme ou homme.
Il peut arriver que des femmes fassent subir cela à des hommes, surtout s'ils sont arabes et prisonniers en Irak.
Parce que les femmes ne sont pas meilleures que les hommes.
Mais dans bien des endroits du globe, y compris ici, les femmes sont victimes de traitements discriminatoires, et même brûlées vives dans un local à poubelle, parfois.
Il faut être très gâté par la vie pour prendre toute chose à la légère (ceci est vrai pour les individus comme pour les sociétés)
Ceci dit sur le mode du constat et surtout pas de l'attaque personnelle, je vous souhaite une bonne journée !
Tarquine :
Mes excuses préventives (préférables aux frappes du même type...) pour avoir peut-être un peu trop attiré l'attention sur votre Blog en le mentionnant sur un site fort geekoïde. L'intention, louable ou non, était de mettre à l'Index (Dr Ratzinger si vous êtes parmi nous ?) l'affreux imbécile qui a utilisé cette image.
linuxfr.org/~yojik77/1525...
Les réactions sous ce "journal" sont d'ailleurs diverses et significatives de la mécompréhension de la formule de Desproges : pour rire de tout, deux conditions sont nécessaires : être certains de ces interlocuteurs, de leur élévation morale (ce qui n'est jamais le cas sur le Web public) et, surtout, qu'il y ait matière à rire. Aucune de ces conditions n'étant remplies, je vous laisse conclure...
Eolas :
Aouuchh, par quoi commencer...
-> Votre auto-citation est un peu hors-propos : je signalai que (petit a) le féminisme n'est pas une idéologie et que le soutenir même aux fins d'entamer une joyeuse polémique n'est pas sérieux (je persiste) et (petit b) qu'une comdamnation ex cathedra du féminisme comme une doctrine uniforme est délicate puisque les mouvances féministes sont très diverses (des plus cathodiques (et fastidieuses dirais-je >:-)> ) aux plus désintéressées) malgré une communauté d'intérêt et qu'il est abusif de les confondre ainsi.
A ceci votre citation ne répond pas vraiment, sauf que vous persistez à envisager "le" féminisme de manière monolithique, ce qui, à mon sens, est surtout une preuve de méconnaissance : je ne saurais trop vous recommander la lecture d'auteurs aux options aussi tranchées que Mmes Badinter, Mossuz-Lavau ou de votre excellente consoeur (j'emploi à dessein une formule qui serait proscrite par l'usage du Barreau de Paris selon mes sources) Maître Gisèle Halimi.
-> Pour être un peu raide, je vous dirais que votre argumentaire sur le postulat canonique "nul n'est censé..." relève quand même du bagoût de prétoire : c'est le jeu de la plaidoierie de s'extraire du sérieux et de la rigueur des conclusions écrites et pour le coup votre argument est proprement spécieux. Peut-être aurait-il mieux valu en appeler à la responsabilité conjointe des parents sur l'enfant ou à la situation de faiblesse de votre cliente plutôt que tenter ainsi le diable... Ce postulat, et je pense que vous le savez parfaitement, est aussi une conséquence de l'Egalité devant la Loi : faute de le poser, l'existence d'un ordre juridique serait impossible et il importerait systématiquement d'établir la connaissance de la nature de l'infraction ou du manquement par la personne critiquée avant d'établir sa responsabilité : Malheur alors au prévenu en comparution immédiate et longue vie aux OJ Simpson de tous les pays...!! Vous trouveriez par contre un supporter convaincu chez mon Beau-Père, citoyen allemand de Rhenanie et définitivement hermétique à nos limitations de vitesse autoroutière ;-)
Ceci dit Eolas, je tiens à vous assurer de ma profonde estime, ne serait-ce pour votre blog caustique : vos descriptions de la pompe judiciaire en plus d'être bien croquées me convainquent de mon intelligence ce fameux jour où j'ai opté pour le grisâtre et la poussière du Droit Public...
Général :
Aujourd'hui à la une de 'Humanité, les disparités de revenus/salaires entre hommes/femmes.
A la une d'Aujourd'hui en France, la violence conjuguale, les coups, le viol, le meutre par le mari ou le conjoint.
Hier dans le Canard Enchaîné, les agressions des jeunes recrues de l'Armée de Terre.
Tous les jours dans votre société, votre bureau, le harcélement sexuel, les commentaires machistes (Ô régal : une employée annonce son espoir de maternité : alors les sexistes se régalent sur le compte des "bonnes femmes", in petto ou à voix haute).
Tous les soirs, au coin de votre rue, des femmes avilies, droguées, vendues.
(une oeuvre féministe remarquable de justesse sur la prostitution : "Chaos" de Coline Serreau (2002 ?)
Si peu, si peu de raison d'être féministe...
Yojik
Georges, effectivement votre dernier commentaire m'ouvre les yeux.
Merci de nous éclairer sur le regard que vous portez sur les femmes.
Si pour vous une femme enchaînée à quatres pattes, menottée (en dehors de tout contexte d'une sexualité BDSM entre adultes libres et consentants) et sous laquelle est la légende suivante : "so easy a woman can use it" n'est pas une atteinte à sa dignité, je comprends que vous ne compreniez goutte à ce que j'écris.
Quant à me sentir coupable de défendre "quelque chose" (je suis d'ailleurs fort surprise que vous recourriez à cet argument aussi piteux qu'éculé), sachez que je suis fière de "défendre quelque chose", et qu'au contraire je me sentirais confinée dans les masses bêlantes à me taire devant de telles ostentations.
Défendre une certaine vision de l'humanité... car contrairement à ce que vous pensez il ne s'agit pas que de la dignité des femmes... mais aussi de celle des hommes qui ne veulent pas nécessairement être assimilés à des machistes décérébrés et qui défendent l'image de leur femme et de leur fille...
Défendre une certaine idée de l'égalité... pourquoi donc une femme serait si stupide que c'est "so easy a woman can use it"...
Gardez votre humour, je garderai mes convictions.
Samantdi, vous dites : "Mais dans bien des endroits du globe, y compris ici, les femmes sont victimes de traitements discriminatoires, et même brûlées vives dans un local à poubelle, parfois. Il faut être très gâté par la vie pour prendre toute chose à la légère (ceci est vrai pour les individus comme pour les sociétés)" ...
Je ne crois vraiment pas faire partie de celles et de ceux qui prennent tout à la légère. Ni tout, ni rien. Nous avons tou(te)s un seuil qui une fois dépassé, nous fait passer de l'état du spectateur neutre à celui de militant echaudé. Il s'avère qu'ici, dans cette page, les non-révoltés apparaissent comme des presque-collaborateurs de ceux qui ont un comportement sexiste et discriminatoire. C'est un point de vue, pas le mien. Celles et ceux qui connaissent feu mon blog savent que je ne vais pas par quatres chemins lorsque je me sens révolté, que je m'implique et que j'attaque. Mais la, je ne parviens pas à être convaincu de la gravité des faits.
Veuve Tarquine, je ne sais vraiment pas en quoi j'ai pu vous éclairer sur le regard que je porte sur les femmes. Il ne me semble pas avoir été très verbeux sur le sujet. Pour ce qui est du "so easy a woman can use it", oui, j'y vois une blague sexiste qui m'amuse, et non, je n'y vois pas d'attaque à la dignité des femmes : pris au pied de la lettre, cela en serait forcément une mais il s'avère que je ne l'ai pas lu de cette façon là. Cette blague m'évoque une image qui circulait sur le net où l'on voyait la "coupe" du cerveau de la femme comparée à celle de l'homme. De mémoire, tout le cerveau de la femme était consacré à la finesse, l'élégance et l'intelligence alors que celui de l'homme était spécialisé sexe/foot/bière ... C'est dans le même régistre, a mon avis : leger et pas grave. Je suis par ailleurs assez surpris de la façon dont vous me cataloguez, d'autant plus que vous avez probablement lu quelques unes de mes pages. Surpris c'est le mot, car j'ai l'impression - soudainement - que de ne pas adhérer à votre point de vue me range dans le camp de ceux que vous dénoncez. Je m'abstiendrai de faire ici des analogies de discours, la situation est suffisemment bloquée - mais j'ai un mal fou à trouver votre raisonnement intellectuellement honnête, d'autant que je pense que vous me "connaissez" mieux qu'au travers de ces seuls commentaires. Pour finir sur les brillants hommes qui défendent l'image de "leur femme et de leur fille", je crois en faire partie, quand je le pense nécessaire.
Yojik, vous concluez pas "Si peu, si peu de raison d'être féministe..." Nul ne doute que certains combats sont a mener. Oui, nul ne doute que l'égalité homme-femme est a conquérir, tout comme l'égalité "blanc-de couleur" en France (ou ailleurs), ou bien d'autres encore.
Mais humaniste sublime féministe, et puis c'est moins corporatiste. Au moins sur ce point, Veuve Tarquine et moi-même nous rejoignons semble-il, à moins que mes propos précédents nécessitent un schisme apparent complet.
Georges > En tout cas, je salue votre volonté d'expliquer clairement votre point de vue en quittant ce que j'ai pris (peut-être à tort) pour un ton goguenard.
(et là, faut vraiment que reparte travailler donc je n'en dis pas davantage)
"Veuve Tarquine, je ne sais vraiment pas en quoi j'ai pu vous éclairer sur le regard que je porte sur les femmes"
"Tout est là je crois : qui a dit - à par vous - que cette femme - précisemment celle-là, celle du dessin - a perdu sa dignité ?"
"so easy a woman can use it"
"DIGNIT+, subst. fém.
A. Sentiment de la valeur intrinsèque d'une personne ou d'une chose, et qui commande le respect d'autrui.
1. Prérogative ou prestige inaliénables dont jouit une personne en raison de son comportement, ou qui sont attachés à une chose, et qui leur valent considération et respect ou y donnent droit. La dignité de la personne humaine; la dignité de caractère.
2. Attitude de respect de soi-même, fierté. Conserver sa dignité, manquer de dignité; air de dignité. Synon. respectabilité" (le Trésor de la langue Française Informatisé)
Veuve Tarquine, si nous étions dans le domaine du sérieux (pour "so easy a woman can use it"), je saurais utiliser la définition citée ci-dessus. Il me semble qu'il s'agit de moquerie (toujours pour "so easy a woman can use it"). La moquerie (même d'un groupe et pas seulement d'une personne, des femmes et pas seulement d'une femme) entre-t-elle en conflit avec la dignité des gens qui en sont la cible ? Si oui, il va me falloir réagir à chaque fois que quelqu'un se fout de ma pomme ou des blonds, ou des mecs, ou des informaticiens, ou des fumeurs, ou des maigres ...
Je lache ici le débat parce que nous ne sommes décidemment pas d'accord - voire structurellement en désaccord - et je ne suis pas certain que nous parvenions à produire quelque chose de valable hormis l'expression de nos avis réciproques.
Mais c'est déjà pas si mal, beaucoup de gens aimeraient en faire autant, et dans bien des endroits où les gens le souhaiteraient, il est probable que mon avis prévaudrait sur le vôtre ! (_JOKE_ un peu provoc', je sais :))
Je n'ai rien contre la moquerie...
Bien au contraire, je pense que l'on devrait, plus souvent, se moquer du monde en général, et de soi en particulier.
Mais, contrairement à ce que vous semblez accroire, l'humour ne permet pas tout... et l'humour est avant tout, plus qu'une fin, un vecteur. Et la signication de ce qui vous amuse, moi me révulse.
Enfin, je suis, quant à moi certaine que nous ne pouvons produire quelque chose de valable hormis l'expression de nos avis réciproques.
Bon, moi aussi je remet un grain de sel, quitte à me faire mettre dans le camp de ceux qui ne sont pas "avec" les féministes, donc "contre" les féministes... D'ailleurs, je pense que même dans la vraie vie, loin des ordinateurs, certaines me mettent dans l'autre camp...
Je n'ai jamais manqué de respect pour les femmes, je n'en ai simplement pas plus pour elles que pour les hommes (bien que dans certaines situations, elles le mériteraient, étant données les habitudes sociales évoquées plus haut qui leur rendent parfois la vie plus difficile).
Ce que je ne comprends pas, c'est qu'il soit si difficile d'accepter le fait qu'on puisse ne pas être révolté par cette image et que certains voudraient la voir censurée... Il y a des blagues "racistes" qui font rire, même si je suis "de couleur" comme disent certains, simplement parce qu'elles jouent sur un trait souvent caricaturé de l'ethnie (appelez ça de la langue de bois, mais je pensais que "race" ne s'appliquer pas entre les ethnies humaines) en question... Est-il si difficile, lorqu'il est de manière évidente évoqué avec humour, de rire de quelque chose qui vous atriste lorsqu'il est évoqué sérieusement ? Je ne parle pas de cette image, qui ne m'a même pas fait sourire, mais il me semble que le débat à depuis longtemps dépassé ce cadre... Et j'aurai tendance à être largement d'accord avec Eolas, le problème du féminisme est justement l'ensemble de ces mouvances "internes"... Quand les intérêts de parti extremistes rejoignent les intérêts de partis plus modérés, les français sont habituellement les premiers à critiquer la mise en commun de leur "voix"... Pourquoi les mouvances féministes extrémistes ont elles autant la voix au chapitre ?
Je suis égalitariste, anti-sexiste, tous les autres néologismes que vous voudrez, mais je l'admet, je bloque sur le féminisme...
Euh... c'est quoi un extrémismse féministe au juste ? Je ne vois pas d'extrémisme dans le combat des femmes pour l'égalité de traitement, dans une société encore fortement marquée par des siècles de domination masculine.
Et puis quoi ! "So easy a woman can use it", c'est un peu fort ! Il ne faut pas confondre capacité à maîtriser la technique et l'envie (de tripatouiller du code, de monter des ordinateurs etc etc). Les femmes qui s'intéressent à la technique se débrouillent aussi bien que les hommes, non mais !
Quand à la bannière en elle-même (qui n'a pas grand chose à voir avec le slogan... sauf jeu de mots sur les "fils/chaînes" CSS), elle présente une femme enchaînée et "offerte". Si ce n'est pas sexiste, ça ! Si on avait mis le profil d'un homme dans la même position ça vous (vous=ceux qui ne voient pas le manque de dignité) aurait amusé ?
Après ça, venir dire qu'il s'agit de "jeux sexuels entre adultes consentants" (je cite de mémoire), c'est vraiment chercher de la mauvaise foi et hors-sujet !
Et pour conclure, s'il n'y avait pas de sexistes, il n'y aurait pas de féministes !
Senseï, en humour comme en toute autre chose, il y a ceux qui ont du génie et d'autres qui n'en n'ont pas...
Une femme nue peinte par Courbet (notamment l'Origine du monde) est une oeuvre d'art, et par mon voisin de palier, de la basse pornographie...
En humour, il y a ceux qui peuvent vous faire rire de tout (mais pas avec n'importe qui...) et ceux qui sont également des pornographes à leur manière...
L'humour ne justifie pas n'importe quoi...
Ce n'est pas au prétexte que cela fait rire trois tondus démédullés que l'on peut, à mon sens, tolérer n'importe quoi.
Enfin, le débat pour ou contre "le féminisme" est une connerie sans nom, à mon sens. Le féminisme n'est pas une entité entière et indivisible.
Ou alors on joue sur les mots et on coupe les cheveux en quatre... on est pour ou avec "les femmes" mais pas féministe...
C'est ni plus ni moins de la fausse pudeur.
De surcroît, souhaitons-lui de disparaître le plus vite possible, ce qui sera une victoire pour toute l'humanité en général.
> Bien au contraire, je pense que l'on devrait, plus souvent, se moquer du monde en général, et de soi en particulier.
Dame Tarquine, je vous suit...
"On peut rire de tout, mais pas avec n'importe qui."
PS: celui qui cite l'auteur a droit à ma considération distinguée.
Desproges (je l'ai déjà dit au dessus ;) ) Tribunal des flagrants délires - Réquisitoire contre Le PEN :) Je connais mes classiques :p
Je tombe - par hasard - sur un article assez proche du débat dont s'agit... Pour ceux qui pourrait y accorder de l'importance, il est écrit par un homme : www.oulala.net/Portail/ar...
Jenny> je ne défend pas vraiment l'image (ni le message associé), mais oui, ça m'aurait même beaucoup plus fait rire avec un homme, justement parce que je n'aurais pas eu à craindre la mouvance qui veut qu'on ne puisse pas rire des femmes (attention, je ne parle de personne ici en particulier, mais j'ai juste remarquer qu'en général, se moquer des femmes (pas juste des "blondes") est de plus en plus mal vu...). Et accessoirement, ce n'est pas l'auteur du message qui a dit ça, et je ne pense pas qu'il est vraiment cherché à se justifier... Quant à pouvoir ou non être "féministe extrémiste", je t'invite à (re)lire le second commentaire d'Eolas...
Tarquine> J'adore l'idée que parce que Courbet est mondialement reconnu comme talentueux, et pas ton voisin, alors ton voisin ne serait capable que de "basse pornographie". L'oeuvre de Courbet, si elle avait été produite aujourd'hui, serait considéré comme de la basse pornographie simplement à cause du contexte. + l'époque, elle était choquante, vaguement poétique, et je ne met pas en doute le respect que Courbet avait des femmes (à vrai dire, je ne connais pas la biographie du monsieur, même si j'ai fait mon pélerinnage à Orsay), mais je suis persuadé qu'elle ne serait pas reçue de la même manière aujourd'hui... Pour moi, ce qui fait la beauté d'une oeuvre (ou d'un trait d'humour), c'est aussi parfois qu'il sache provoquer. Ici, c'est mal fait, mais de nos jours, j'ai le sentiment qu'il y a peu de façon de faire qui serait acceptées par une majorité trop "bien pensante". Et quand tu parlais de masses ("bélantes et braillardes" pour reprendre l'humoriste qu'on ne cite jamais trop à mon goût), je ne crois pas qu'elle soit encore machiste, notre éducation étant tout de même de plus en plus résoluement tournée vers une égalité des sexes (mais je me trompe peut-être).
Quand au "débat" sur le féminisme, je ne suis ni "pour" ni "contre", je dis juste que certaines factions sont peut-être un peu trop radicales. J'enfonce peut-être une porte ouverte, mais je ne demande qu'à voir celle-ci se refermer sur celles qui vont trop loin... Je suis révolté par les inégalités en général, mais je ne peux me permettre de supporter certaines personnes qui voudraient plutôt qu'annuler ces inégalités, les inverser. Pour l'instant, nous allons dans la même direction, mais je ne peux que me méfier... Et je ne peux qu'approuver ton commentaire final.
François> Cette phrase a plusieurs fois déjà été ici attribuée à tort à Desproges, qui l'a simplement lui aussi utilisée (je ne parviens malheureusement pas à retrouver l'auteur original). Et même plus que simplement utilisé puisqu'il a basé un réquisitoire complet dessus à l'époque du tribunal des flagrants délires...
Veuve> et qu'est-ce que ça change au juste que ça soit écrit par un homme ?
Senseï, pour moi strictement rien :) mais pour ceux qui pensent encore qu'il y aurait le camp des "hommes" et le camp des "femmes", cela change tout...
Non, ils feront comme les (trop nombreuses ?) féministes qui pensent la même choses, ils considéreront cet homme comme un traitre. Quand on est enfermé dans une vision radicale du monde, on évolue pas aussi facilement. Comme on le disait précédemment, pour ces gens là, il y a ceux qui sont "avec eux" et ceux qui sont "contre eux". On a pas le droit d'avoir une pensée modérée...
Veuve Tarquine, vous dites : "Senseï, en humour comme en toute autre chose, il y a ceux qui ont du génie et d'autres qui n'en n'ont pas..."
Cela voudrait dire que le talent de l'auteur ou du conteur importe plus que sa motivation pour juger du caractère moral ou immoral de l'acte. Je suis surpris de le lire parce qu'en repensant à toute cette discussion ce matin, j'avais l'impression que c'était le sens général de ce qui ressortait des commentaires de tou(te)s les opposant(e)s à cette monstrueuse image : si la réalisation avait été "aussi bonne que du Desproges", alors "pourquoi pas".
Mais pour juger du coeur des Hommes, leur intention n'est-elle pas plus importante que la qualité de leur réalisation ?
Je ne parle pas de droit, je parle avec mon coeur : je juge bien plus les autres sur leurs intentions que sur tout autre critère. Car si tout le monde peut vouloir faire rire comme Desproges, tout le monde n'en n'a pas nécessairement le talent. Néanmoins et dans une perspective égalitaire du monde - celle que j'adopte en tentant de ne jamais en dévier, autant dans mes mots que dans mes actes d'ailleurs - je ne me vois pas condamner les "nuls" alors que j'applaudis les "bons" parce qu'à intentions égales, ils n'ont ni le même niveau d'éveil ni le même talent. La liberté d'entreprendre, c'est d'abord celle de se planter.
J'avais dit que je disparaissais, j'ai raté !
"Cela voudrait dire que le talent de l'auteur ou du conteur importe plus que sa motivation pour juger du caractère moral ou immoral de l'acte."
"...??..."
Georges, pardonnez-moi mais je ne parviens pas à percer la logique de vos conclusions...
Une blague sur les noirs, les juifs, les arabes, les femmes, ou les martiens peut être soit drôle, soit odieuse en fonction du talent de son auteur (et pas forcément de sa motivation d'ailleurs).
Un humoriste avec une excellente motivation peut faire, en raison de son absence totale de talent, une blague bassement raciste ou sexiste...
Libre à vous de penser que le site en question se fait innocemment la main avec d'excellentes intentions...
L'image de départ étant propre à faire gerber un phitécanthrope peintre du dimanche - et je vous parle pas d'un magdalénien - je suis resté coi, en marge de ce débat houleux. Mais hors sujet, j'y ai repensé hier soir en regardant les infos sur la prise d'otages en Ossétie : l'image d'une jeune femme au regard superbe dont le charme était tempéré par le (soi-disant) détonateur qu'elle tenait en main. So easy a woman can use it. J'ai blêmi.
Je lis tout ce fil avec beaucoup d'intérêt depuis quelques jours. Je trouve lassante cette manie qu'ont maintenant tous les humoristes, du dimanche ou professionnels, à vouloir "rire de tout". Il faut avoir le talent d'un Desproges, certes, mais ce n'était pas qu'une question de talent mais aussi d'équilibre et de contexte...
Je reprends cette histoire de bannière : si le site avait présenté au gré des pages un florilège des poncifes "beauf" avec ici une femme enchaînée infoutue de comprendre la technique, là une folle hystérique incapable de taper au clavier de peur de se casser un ongle, là-bas encore, un Africain tenant sa souris à l'envers, si ce site s'était ainsi à ce point fait l'écho des préjugés qu'on n'aurait pu croire à autre chose qu'à de la dérision, alors les réaction auraient été bien différentes.
Oui, on peut comparer avec les blagues sur les Juifs, les Arabes ou les homos car elles jouent de la même façon sur des images péjoratives répandues ; et non, Georges, on ne peut pas comparer avec les "blonds, ou des mecs, ou des informaticiens, ou des fumeurs, ou des maigres" car il ne souffrent d'aucun a priori de ce type.
Encore que : regarde la réaction des geeks au soupçon d'inculture...
J'ai bien ri en allant visiter le blog pour les standards chez Skyblog (excusez-moi j'allais dire chez Standblog ;) ), nonobstant les images des deux fessiers à l'accueil. Parce que le rire ici ne se fait pas complice des préjugés mais au contraire nous appelle à nous moquer par l'accumulation et l'énormité du propos.
J'ai lu plusieurs commentaires au sujet de l'humour. Eh les filles, si vous vous mettez en pétard à la moindre blague, z'avez vraiment pas d'humour, z'êtes culs-coincés ("vous vous fatiguez pour rien" pour les plus cools)... Ça me rappelle étrangement les années 70, quand on (femmes ou hommes) ne voulait pas coucher à tout bout de champ avec tout le monde : ils et elles entendaient, transposé à la mode du moment : «Rhôlala, t'es vraiment pas libéré(e) toi !+
Aujourd'hui il faut rire de tout sous peine de passer pour un triste sire. Tant pis, je serai out.
Je lis ce fil avec tout autant d'intérêt, parce que j'aime me confronter à d'autre point de vue, et parce que j'ai parfois (souvent ? comment ça tout le temps ?) décalé, voire volontairement choquant. Pas vraiment sur les femmes d'ailleurs, et encore sur les blondes (sauf peut-être quelques unes bien trouvé). J'ai même eu ma période de blagues sur les bébés, au moins, j'étais certain de ne pas tombé dans un phénomène de blagues à la mode. Encore une fois, personne ne te demande d'en rire, kozlika, et il serait d'ailleurs effarant de forcer les gens à rire de quelque chose. Mais il y a tout un monde entre rire de quelque chose, et combattre ce quelque chose. Mon propos était de dire que cette image finalement, bien que certains la trouve symtomatique, ne vaut peut-être pas tant de bruit. Et que moi je trouve toutes aussi symptomatiques les réactions qu'elle a causée...
M'enfin bon, franchement, beaucoup de bruit pour pas grand chose quoi...
Et moi je voulais dire que si ça ne me fait pas rire c'est précisément parce qu'à mes yeux cette image n'est pas anodine, qu'elle est symptomatique et qu'on ne fait pas assez de bruit pour dire qu'on en a marre de ces vannes à la con... M'enfin bon... ;-)
"pas grand chose quoi..."
Car il est bien sûr démontré que ce genre d'image généralisée dans la société (notamment dans la publicité) n'a strictement aucun impact sur les rapports sociaux entre hommes et femmes...
Bon, premièrement, je m'excuse pour les fautes dans mon précédent message, je vais mettre ça sur le compte de la fatigue... la faute la plus importante, puisque qu'elle touche le sens: il fallait lire "encore _moins_ sur les blondes".
Et je terminerais juste en disant que plutôt que de vouloir censurer certains humours, certaines sensibilités, pourquoi ne pas encourager les contrepieds ?
La même image avec un homme m'aurait plus fait rire, alors pourquoi ne pas plutôt avoir écrit à l'auteur du site et lui avoir proposer l'image qui a été postée ici dans un commentaire par exemple ? Cela aurait été moins agressif, et sans doute mieux reçu... Et en plus, cette image aurait sens aucun doute fait davantage parler du site en question...
C'est marrant, à lire tous ces messages, j'ai la vague impression de me retrouver trente ans en arrière... Tout y est passé : le pseudo humour, le vocabulaire, le genre des mots (paragraphe qui est d'ailleurs un contresens linguistique, on peut s'y connaître en droit et ne rien savoir de ce qui construit et fait vivre une langue), l'anathème sur le féminisme, comme si il y en avait un seul, le mélange, le tout et son contraire, etc.
Tout cela est d'un ringard. Mais il faut croire que la ringardise outre-atlantique commence à nous contaminer. “Backlash” écrivait Susan Faludi il y a dix ans. Nous y venons tout doucement.
Tout ceci serait drole, si ce n'était bête à pleurer...
Alors je dis comme Tarquine que cette image est d'une stupidité crasse et profondément mysogyne. Et cela n'a rien à voir avec des pratiques qui pourraient être librement consenties. Car elle n'illustre pas un texte parlant de pratiques sexuelles que chacun est libre d'adopter. Mais d'informatique.
Et Tarquine a été bien gentille d'y voir des crayons quand moi j'y vois des clous.
Ça me crucifie (bon, là, je rigole...)
Il n'y a pas de premier, second ou 999ième degré à comprendre...c'est peut-être l'ombre chinoise de sa soeur, de sa mère ou de sa femme...qu'en pense t-il cet internaute ? A lui d'expliquer aux femmes comment il faut interpréter son "message" pour prendre au sérieux le contenu de son site.