Tasse à fleurs

Retrouver l’odeur du placard où l’on range pêle-mêle – et à dessein – le poivre et le café (qui sont mes deux odeurs préférées).

Retrouver comme une amie ma tasse matinale, immense et belle, lui confiant quotidiennement mes humeurs, grinçant des dents, pinçant les lèvres ou buvant goulûment.

Il est des voyages qui sont des ruptures. Il est des vacances qui sont de vraies plaies. Je rangerai donc cette pérégrination au rang des médecines amères.

Ces congés sont donc la cassure entre mon passé et mon avenir. La vie ne m’a pas suffisamment brisée pour avoir muselé ma colère. Or donc, puisque j’existe encore, je m’emploierai donc à vivre.

Le trajet de retour fût pénible et long. Entre deux camions et pendant que les enfants dormaient j’ai ri et j’ai pleuré.

Il y a un an, je fonçais près de lui vers les pires temps de ma vie. Là je fonce vers Paris affronter mes derniers souvenirs avec lui, mon mari, avec elle, ma tendre maman et vers un avenir incertain mais que je m’autorise enfin.

Que ça fait du bien d’être redevenue soi !