De bric en vrac

Aujourd’hui en allant au Palais, j’ai vu
une bulle toute irisée de sa fragilité traverser
les files d’engins mécaniques qui encombraient les
Champs Elysées. Elle volait entre les voitures,
près des pavés et des pots
d’échappement. J’ai freiné
pour la laisser passer. J’espère que le bambin qui
l’a soufflée a vu quel poétique exploit
son œuvre a su créer.
Aujourd’hui au Palais, j’ai vu une ribambelle
d’enfants qui courraient dans les couloirs, bien trop
énervés pour obtempérer aux
remontrances maternelles d’une mère trop
épuisée pour avoir l’air autoritaire.
Un nouveau-né pleurait contre son sein, ses vagissements
résonnaient dans les hauts couloirs de marbre, son incongru
et si attachant. Je ne sais ce qui pouvait amener cette femme, dans ce
lieu, avec toute sa progéniture mais je me suis sentie
soudain, tellement privilégiée.
Aujourd’hui, en sortant du Palais, j’ai
remarqué pour la première fois une jeune
demoiselle fort dénuée qui musait Quai des
Orfèvres, tuant le temps en jouant à la raquette,
elle semblait lancer sa balle fort loin, bien au delà de la
Seine qui lui fait front.
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 08/07/2004
Déambulations
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Commentaires
Et oui, en ouvrant grand les yeux, on voit, on remarque, on aperçoie toujours plein de petites choses qui ravissent l'oeil.
Très joli...
Cela me fait penser à cette comptine (pour les Tarquinets):
- Compère, qu'as tu vu ?
- Commère j'ai bien vu:
J'ai vu un gros boeuf
Danser sur des oeufs
Sans rien casser.
- Compère, vous mentez!
j'ai vu une anguille
Qui coiffait sa fille
En haut d'un clocher.
J'ai vue une grenouille
Qui filait sa qu'nouille
Au bord du fossé.
J'ai vu une pie
Qui gagnait sa vie
En f'sant des chap'lets.
J'ai vu une mouche
Qui s'rinçait la bouche
Avec un pavé.
J'ai vu une vache
Qu'était sur la glace
Dans l'coeur de l'été.
J'ai vu un cochon
Qui jouait du violon
Au milieu des prés.
J'ai vu un crapaud
Qui montait en haut
L'épée au côté.
J'ai vu un lézard
Qu'affilait son dard
Pour faucher son blé.
J'ai vu un grand loup
Qui plantait ses choux
Dans son potager.
Cette muse m'amuse. Deviendrait-t-elle ma muse ? :)
Je découvre ce jour votre blogue, Tarquine (par l'intermédiaire de celui de PasFolle auquel je suis "accro") et je suis à la fois enchantée, bouleversée, charmée, et emplie d'admiration. Vous lire est un continuel mélange de larmes aux yeux et de grands sourires, sans oublier la qualité de l'écriture.
Ceci dit pour faire simple et court, parce que je pourrais en écrire des kilomètres du même genre !!
Véronique, merci de me faire part de votre enthousiasme si spontané :) Je vais tenter d'être à la hauteur de votre engoûment ! ;)
Mijo, j'ai remarqué que pour découvrir le plus de choses possibles, il faut toujours avoir un appareil photo dans sa besace, curieusement et même sans en faire usage, la seule idée d'immortaliser ces coups d'oeil permet déjà de les susciter.
Sylvie, merci de me rappeller cette comptine que j'avais apprise à l'école primaire mais dont le souvenir était passablement érodé... j'en teste l'intact sur les Tarquinets dès demain matin !
Obni, vous me rassurez :) après avoir illustré mon billet avec cette muse, j'avoue que je la trouvais bien mochouille la demoiselle, j'ai même pensé l'enlever ce matin mais je n'en avais plus le temps... Si vous souhaitez récupérer le fichier de la muse détourée pour l'habiller à votre guise, envoyez-moi un mail et je vous le ferai parvenir en retour (à partir de mercredi).