C'est ma fête !

Je n’ai pas osé dire à la
grand-mère attendrie qui, chez le fleuriste a
félicité mes enfants de m’offrir de si
belles fleurs qu’elles étaient
destinées à la tombe de leur
père…
En apprenant que c’était la fête des
mères mes deux aînés étaient
tout tristes : les années précédentes,
ils sortaient avec leur père me dégoter une pure
horreur dont ils avaient le secret – j’adorais !
eux aussi...
J’ai pensé toute la journée
à ma maman, qui répétait à
qui voulait l’entendre qu’elle exécrait
le principe de cette fête mais riait aux éclats
quand on l’appelait pour la menacer de lui offrir un
aspirateur ou un fer à repasser !
Ce soir, Tarquinet son biquet et Tarquinette sa minette ont
pleuré toutes les larmes de leur corps en parlant de leur
papa puis ont sauté de joie en entendant sa voix (merci
zomozygote d’avoir enregistré son annonce de
répondeur)
Effectivement, dorénavant, il répond aux
abonnés absents…
Et moi je reste plantée là, à pleurer
devant une photo de maman, sans même plus savoir qui je
pleure…
Sale journée…
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 06/06/2004
Chagrine Tarquine
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Commentaires
c'est dur de ne rien trouver à écrire qui puisse te soulager...
je te souris impuissante ...
Moi aussi, j'ai une satanée cassette de répondeur... ça va faire bientôt 10 ans. Je n'ai plus de magnétophone ni de répondeur à cassette, mais ce rectangle de plastique me fait toujours peur.
Pouvoir écrire et plus encore si celle ou celui qui lit, sourit, est déjà sans aucun doute un apaisant détournement!
Cassettes audio, cassettes vidéos, parfois même photos... Il est vraiment des objets auquel il est douleureux de se frotter.
C'est curieux comme chacun mène son deuil à sa façon, certains couvrent les murs du visage de l'être aimé, le regarde à la télé... D'autres effacent toute trace de son passage et d'aucuns sont à mi-chemin ou ailleurs, d'ailleurs.
Peur d'oublier, peur de trop s'imprégner, peur de souffrir, peur de se rappeler, peur de s'autoriser à vivre, les chemins de la reconstruction sont si nombreux...
Peut-être est-ce que je me trompe, mais il me semble avoir été témoin au moins une fois de ce rituel que tu évoques, du temps où nous voisinions, et je crois entendre l'éclat de rire de ta mère, heureuse qu'on ait pensé à elle, mais ravie que sa progéniture ne lui fasse pas l'affront de lui offrir les articles ménagers dévolus aux mères de famille au mépris de tous les efforts féministes du XXe siècle !