Guerlain

Ne croyez donc pas tous ces fâcheux qui vous répètent que Paris sent mauvais ! Non ! Paris ne sent pas mauvais ; Paris sent Paris !

Paris recèle d’odeurs inattendues qui vous surprennent au coin d’une rue à l’endroit exact où vous ne les attendez pas.

Tenez, pédalez voir le long des boulevards extérieurs, entre la porte de Courcelles et la porte d’Asnières ; en passant devant la SPA ; respirez !

Respirez le parfum intense et enivrant qui émane actuellement des faux-acacias en fleurs présentement. Mardi-soir, je me suis quasiment arrêtée tellement ces effluves étaient puissants au milieu de ces débauches automobiles.

Aujourd’hui, une olfactive madeleine de Proust m’a cueilli au sortir du métro Franklin D. Roosevelt. Une odeur stupéfiante, invraisemblable et merveilleuse : une odeur de quartier, l’odeur d’une avenue !

J’ai travaillé neuf ans durant au pourtour immédiat des Champs-Élysées. Cette célèbre artère, je l’ai empruntée, arpentée ou explorée au moins trois fois par jour durant toutes ces années.

Et bien croyez-moi ou pas ces Champs là ont une odeur qui n’appartient qu’à eux !

Et n’imaginez pas qu’il s’agit d’un quelconque parfum synthétique tel ceux que l’on distille dorénavant dans les magasins ou le métro.

Non, cette odeur-là est composée des effluves de la chaussée, des senteurs urbaines des grands parfumeurs, des sueurs humaines et même de celles des déjections canines.

Un méli-mélo indéfinissable et pourtant si stable au fil des années.

Ni la place de la Concorde, ni la Place Victor-Hugo n’offre un tel bouquet, pour une raison que je ne m’explique pas, les Champs-Élysées se distingue une fois encore…