Déconcertantes situations

Au palais, avec une consoeur absolument charmante ; apprenant
ma situation :
- C'est dans ces situations là qu'il est important
de pouvoir compter sur ses parents !"
- Heu (...) J'en ai plus...
Et la pauvre était tellement dépitée
que j'ai quasiment éclatée de rire en lui
assurant qu'elle n'y était pour rien !
Le pharmacien qui remarque que je porte une alliance :
- Je vous mets aussi des échantillons pour homme !
- Heu... non c'est inutile je
me suis retenue de faire un mauvais jeu de mot sur les soins et la
thanatologie, c'eût été très
déplacé!!
Ma soeur aînée, au paroxisme de
l'égocentrisme et je vous promets que je
n'invente rien ! :
-"Ouiiiii, tu comprends, je veux bien me
mettre à ta place, mais..."
(à déclarer sur un air de grande duchesse)
Malgré la stupéfaction d'entendre une telle
infâmie, je ne lui souhaite tout de même pas une
chose pareille !
Le confrère ingénieux qui voulant vous aider veut
tout organiser :
- Bon, c'est simple ! tu prends quelqu'un pour faire ceci, et
puis quelqu'un pour faire cela qui les emmenera là ... et
les reprendra ailleurs, et... lever... habillage... (...) devoirs...
baignage...couchage...
- (in petto) Heu,
mes gosses n'ont plus que moi, je ne vais quand même pas les
élever par procuration !
Conversation surprise entre Tarquinet et son copain -absolument
charmant au demeurant- :
-Bah ? et toi ? c'est qui qui va te protéger si tu
n'as plus de papa ?
(Je me suis permise d'intervenir pour rappeler qu'en dépit
de ma taille et de mon poids, mes instincts de tigresse comptaient pour
deux !)
Tarquinette qui avise dans le bus une jeune dame portant un magnifique
bouquet de roses rouges :
- Ah ? Toi aussi c'est pour mettre sur la tombe de ton papa ?
Parfois, je me sens singulièrement différente...
C'est ce que Veuve Tarquine a écrit le 16/05/2004
Les Tarquinioles
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Commentaires
"Parfois, je me sens singulièrement différente..."
Seulement sensible, aimante et attentionnée...
C'est comme un rituel ,j'allume Mac et je te rends visite.Ce matin,émotion ,sourire et tendresse étaient au rendez vous ;quels mots employer:empathie,sympathie...La première cerise du jardin je l'ai croquée en pensant à vous quatre(plus un chat..je crois-j'en ai six....)la cerise n'etait pas tres mûre mais si brillante que je n'ai pas résisté...:=)
Flash back...
Les situations que tu décris avec tant d'esprit me rappellent quelque chose.
Si je n'ai pas été frappé du veuvage et compte sur les statistiques médicales pour l'infliger à ma femme plutôt que le subir moi-même (pardon pour mon égoïsme), j'ai vécu ce que vit Tarquinet aujourd'hui. Mais j'avais 13 ans quand mon père est mort, j'étais donc 50% plus âgé, ça change beaucoup.
La nouvelle s'est naturellement sue dans mon école, et j'étais surpris du malaise que cela provoquait dès que le sujet était abordé. Pourtant, personne n'était responsable du cancer qui l'a emporté. Je n'ai jamais compris qu'à chaque fois qu'on me demandait la profession de mon père et que je répondais qu'il était mort, on me répondait "désolé...".
Tout enfant ayant forcément un père et une mère, il est légitime de poser la question et le fait de la poser alors que le père est décédé ne réveille pas le chagrin ou n'aguise pas la douleur, il n'y a pas à s'excuser.
J'étais moi même parfois tenté de faire de l'humour noir (un peu comme toi avec le pharmacien) pour rire de ce malaise et faire comprendre à ma "victime" qu'elle ne provoque pas un chagrin par sa remarque, puisque si chagrin il y a, il est toujours présent.
Parce que tel va probablement être le fardeau de Tarquinet, en tout cas ce fut le mien. La douleur sera perpétuelle. Pas dérangeante, pas handicapante, rassure toi, mais je suis persuadé que depuis ce samedi d'automne ou j'ai appris la nouvelle jusqu'à aujourd'hui, il ne s'est pas passé un jour sans que je n'ai une pensée pour mon père. Durant toute mon adolescence, j'étais sans cesse hanté par la même question : serait-il fier de moi ? C'a été une de mes plus grandes motivations dans mes études. Je rêve parfois encore aujourd'hui que j'apprends qu'en fait il est vivant et n'a pas pu se manifester auprès de moi plus tôt.
J'ai perdu mon père, et Tarquinet aussi, avant l'age difficile de l'adolescence rebelle ou on "tue le père", expression qui est cocasse dans ce contexte. On coupe le lien de dépendance avec ses parents, parfois en les affrontant. J'ai fait subir cela à ma mère, la pauvre. Mais mon père décédé a acquis pour moi un statut sacré. Je garde aujourd'hui la même admiration béate pour lui que j'avais quand j'étais enfant.
J'ai accroché dans mon bureau, comme une relique, une lettre écrite de sa main qu'un de mes amis a retrouvé dans les affaires de son père, les deux étant vétérinaires et s'étant connus au début de leurs carrières.
Au collège, j'ai été amoureux d'une fille pendant un an jusqu'au jour ou, venue chez moi, elle a vu une photo de mon père posant fier comme Artaban à côté de son fils venant de naître - moi-, photo qui l'a faite éclater de rire tellement il en rajoutait par son attitude. Je ne lui ai jamais pardonné.
Quelqu'un qui n'a pas connu cela ne peut pas le comprendre. Du coup, j'en parle peu. Il faut le vivre pour comprendre qu'un décès fait plus d'une victime.
Embrasse Tarquinet pour moi.
Arnaud, Heu, je ne suis pas exactement "sensible, aimante et attentionnée". En ce moment, je suis plutôt irritable, débordée, colérique, et singulièrement peu patiente avec mes Tarquinets...
J'appuie sur mes pédales avec acharnement pour tenter de canaliser mon exaspération et je me dis que si je ne me calme sous peu, je vais devoir prendre des calmants ! (pas pour moi, tant pis si j'emmerde le monde ... mais pour eux...)
Mamicha, en mangeant des fraises et des framboises du primeur d'à côté, j'ai pensé à vous et à votre jardin ! Comment les tomates sont déjà là ? ?
Eolas, je suis bien en peine de pouvoir embrasser Tarquinet pour toi (il refuse tout baiser de qui que ce soit, même moi je suis obligée de négocier très âprement mes bisous!).
En revanche, je garde précieusement ton commentaire et dès qu'il a pris quelques années, je lui donnerai... Je crois qu'à ce moment là je parviendrai à l'embrasser de ta part.
Je fais un nota bene sur mes tutoiements et voussoiement respectif :
Ne voyez aucun indication particulière à mes "tu" et à mes "vous".
Par principe, je vouvoie tout le monde, sauf quelques proches qui fréquentent ces carnets (notamment Ma copine M. et Zomozygote).
Bien évidemment, quand on me dit "tu" (ce qui ne me gène absolument pas) je réponds "tu" (par exemple comme Eolas) dans le présent Billet.
C'est assez instable à la lecture mais bon, je n'aime pas tutoyer d'emblée sous prétexte que l'on est sur le Web.
Et puis avouez, certaine chose se disent mieux avec un vous :
"Mademoiselle, vous êtes une cruche" à un sens plus percutant que "t'es une conne"... (je ne vise personne, hein??)