Cimetière communal

Tes cendres sont là, il suffit que je soulève le coin du rideau pour que je devine ta sépulture quelque part dans cet océan de tombes.

La proximité de ces morts n'avait pas refroidi d'un degré notre bel enthousiasme de faire l'acquisition de ce "chez-nous".

Et nous y avons été si heureux que nous eu incontestablement raison.

Notre bonheur y a été si grand et si généreux que les murs le respirent encore.

Les enfants parlent de toi, ils me racontent ce qui étaient auparavant vos secrets. J'apprends qu'outre le calin "conventionnel" tu pratiquais le calin "attaque aux chaussettes".

Je comprends désormais pourquoi ils étaient si énervés quand c'était ton tour de les coucher !

Ils miment ton cérémonial lorsque tu les ramenais le soir à la maison. "C'est quoi ce placard ?" disais-tu en entrant dans l'ascenseur. "Mais ce pont va s'écrouler !" t'effrayais-tu en franchissant la passerelle. Les joues roses et les yeux brillants de plaisir les deux grands me répondent un "MEUH NON" tonitruant!

Tarquinette me confie les mots tendres que tu lui destinais. Elle me demande de les écrire ; elle a peur de les oublier...

Tarquinet l'aîné prend son rôle de gardien de la mémoire très au sérieux. Il a compris que le petit Tarquinou ne se souviendrait pas de toi. Alors il conserve précieusement son inestimable trésor : 7 ans et demi de souvenirs, toutes les pièces d'or du monde ne les vaudront jamais !

Tu les as tant aimés qu'ils continuent à se construire avec toi...Tu es toujours près de nous.