Je ne suis plus là pour personne : je suis à peu près à 20 ans d'ici, assise sur une espèce de banc dans un amphi surpeuplé à découvrir ébahie et émerveillée tout le plaisir qu'il y a à se nourrir de l'intelligence et du savoir de professeurs talentueux.
C'était mon premier cours et j'en ai fait mon grand amour. Au cours des années, je lui suis toujours restée fidèle puisqu'à ce jour j'en ai même fait une spécialité. Et il suffit que je tombe sur un cours, un que d'immenses professeurs dispensent magistralement pour tout cesser et savoir que je ne m'y étais pas trompée : pétrie de principes ancestraux et brûlante d'actualité, la responsabilité civile, même quand on croit la connaître, n'a de cesse de vous faire vivre des émois !
(non) droit ou (in)justice
jeudi 16 mars 2006
re-spondere
Par Veuve Tarquine le jeudi 16 mars 2006, 22:48
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dimanche 5 mars 2006
Quand l'éducation requiert la liberté
Par Veuve Tarquine le dimanche 5 mars 2006, 13:08
Et je maintiens que si un jeune ne peut pas sortir librement d'un centre éducatif, il y est incarcéré hors de toute garantie juridique. Laisons de côté "la bonne conscience judéo-chrétienne de la bourgesoisie bon chic-bon genre"! C'est au sens juridique une detention arbitraire. Si comme on le fait aujourd'hui on monte des murs, on multiplie les serrures, on creuse les fossés, on fait appel à des grands "blacks" (ou whites) avec des bergers-allemands pour faire le tour de la structure toutes les 5 mn, on est dans un centre de détention pas mais dans un centre éducatif d'un pays démocratique !
Droit des Enfants — Colère à peine contenue ! de Monsieur Jean-Pierre Rosenczveig, Président du Tribunal pour enfants de Bobigny.
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vendredi 3 mars 2006
La France et les victimes ou le couillonnage à tous les étages.
Par Veuve Tarquine le vendredi 3 mars 2006, 23:33
Très sincèrement, est-ce que cela vous
viendrait
à l'idée d'investir celui qui vous doit
personnellement une somme d'argent de la mission d'en arbitrer
lui-même le montant en fonction de ses propres arguments et
d'en déterminer la justesse sans même avoir voix
au chapitre ?
Est-ce que vous imagineriez un instant qu'une telle
évaluation soit juste, indépendante et digne de
crédit ? non ?
Et bien c'est que vous avez la chance de ne pas avoir
été victime d'un préjudice corporel !
Oui car figurez-vous qu'en France quand vous avez
été victime d'un préjudice corporel
vous avez perdu non seulement votre intégrité
physique (dont la valeur est déjà
très relative) mais qu'en plus vous
n'êtes plus tout à
fait un citoyen à part entière puisque vous
n'êtes plus tout à fait apte à tenter
de vous faire entendre.
Non, en France on estime que ceux qui sont le mieux
placés
pour évaluer vos préjudices ce sont les assureurs
! qui comme chacun sait ne supportent aucune
considération
économique et n'aspirent qu'à réaliser
le bien-être de ceux qu'ils sont contraints d'indemniser.
J'en veux pour preuve que les gouvernements successifs (et quelque soit
leur couleur politique) demande bien gentiment à ceux-ci
réunis sous forme de groupement de leur remettre un
barème de référence visant
à l'indemnisation des victimes.
Vous avez bien lu ! Ce ne sont pas les magistrats qui
indemnisent
judiciairement les préjudices que l'on va interroger, pas
plus que de prendre l'avis des avocats de victimes qui savent mieux
que
personne combien représente le coût d'un handicap,
quant aux associations de victimes, c'est à se demander si
elles existent même !.
Non c'est aux assureurs eux-même. Et c'est sans doute en
raison de leur immense autorité morale en la
matière que ceux-ci, non contents d'être juge et
partie souhaitent transformer les Cours et Tribunaux en chambre
d'enregistrement de leurs petits calculs d'apothicaire [ Daniel Havis,
président du GEMA, en précisant : «
L'objectif est que la
chancellerie soutienne ce référentiel pour qu'il
soit utilisé par les
tribunaux. »]
Mais bien évidemment, comme toujours et depuis des temps
immémoriaux, les gouvernements ne cessent jamais
d'être particulièrement soucieux du droit des
victimes, sauf quand il s'agit de les indemniser... encore une fois.
Moi je trouve pourtant que ce serait bien si ces hommes
politiques qui nous servent à qui mieux mieux des discours
sirupeux sur le droit des victimes et des handicapés
commencaient déjà par laisser à ces
derniers le droit de s'exprimer sur le sujet...
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mardi 28 février 2006
L'enfance est une déviance qu'il convient d'enrayer !
Par Veuve Tarquine le mardi 28 février 2006, 11:55
Dans la même lignée que l'indigent rapport d'une commission clownesque présidée en son temps par Monsieur Benisti, voici maintenant un rapport de l'INSERM préconisant au chapitre de la sûreté publique, le dépistage prédictif de nos bambins dès la crèche !
Parents, vous êtes prévenus, si votre enfants est colérique ou fait montre de froideur, vous êtes peut-être en présence, non pas d'un enfant éventuellement malheureux dont il faudrait s'occuper davantage mais d'un déliquant en puissance dont il faut se méfier !
Evidemment pour le traitement de fond, vous pouvez compter sur Monsieur Sarkozy qui, sans désamparer, entend bien inventorier ces armées de bambins potentiellement nuisibles avec un carnet de comportement pour chacune de nos têtes blondes !
Qu'on se le dise, compte tenu de leur virtuelle dangerosité, les enfants ne sont dorénavant tolérables dans notre société que fichés et drogués !
Quant aux doux rêveurs qui continuent à mettre un soupçon d'espoir dans le développement de nos jeunes générations, ils peuvent aller signer la pétition :
vendredi 2 décembre 2005
Tegam / Guillermito : Experts, mensonges et demi-mot
Par Veuve Tarquine le vendredi 2 décembre 2005, 12:40
Ce compte rendu sera non seulement incomplet mais il sera
également informel !
Je vous invite d'ores et déjà à lire
le compte rendu de mon excellent confrère
Eolas et de celui de Kitetoa (dont je regrette de n'avoir pas fait
connaissance) pour avoir un avis éclairé sur le
déroulement de l'audience du 29
novembre dernier. Mon billet, loin de de faire une relation
précise et complète
du déroulement des débats, est uniquement
constitué de réflexions personnelles
qui n'engagent — par définition — aucune
autre personne que moi-même. J'invite
donc les trolls à virgule qui pullulent sous les "billets
à Tegam"
à abandonner de suite l'idée de m'opposer ma totale absence
d'objectivité : je
la revendique !
Il m'est apparu d'abord stupéfiant comme Dotan fils est plus
à l'aise sans papa
! Ceci a fait gagner un degré de
qualité aux débats même si
à mon
sens celui-ci aurait dû laisser son avocat faire du
droit plutôt que de
s'y essayer tout seul mais je dois reconnaître
que c'est un travers
que l'on rencontre couramment et pas seulement dans les
salles d'audience
mais aussi dans les cafés du commerce, les plateau de
télévision et les
blogs...
Je dois noter qu'un point de sa démonstration m'a fait
plutôt sourire : celle
de la sacro-sainte sécurité de Viguard ! En
effet, que penser d'un logiciel
anti-virus dont on pourrait extraire des mots clefs " dont le
rôle est
fondamental d'un point de vue de la sécurité "
(je cite Dotan) en le
faisant passer par la moulinette d'un exécutable qu'on
trouve quasiment sous le
sabot d'un cheval ?
J'ai personnellement trouvé cela très
préoccupant pour le produit dont la
fonction est de protéger des ordinateurs aussi
précieux que ceux du ministère
de la Justice et partant de nos magistrats et loin de me
démontrer la faute
commise par Guillermito, cela m'a donné toutes les raisons
d'être inquiète pour
la perénité de la justice !!
Je dois avouer qu'il m'est apparu encore plus choquant d'entendre le
même Eyal
Dotan affirmer sans rougir que Guillermito avait reconnu devant le
Tribunal
avoir désassembler le logiciel Viguard ! S'il est vrai que
la partie
civile — pas plus que le prévenu
— ne prête serment, il est assez rare de
les voir pratiquer le mensonge aussi éhontément
— et aussi bêtement car la
preuve contraire est aisée à rapporter !
(suite du billet très prochainement)
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vendredi 25 novembre 2005
Libye, SIDA, torture et peine de mort : bougeons-nous !
Par Veuve Tarquine le vendredi 25 novembre 2005, 15:42
« Cinq infirmières bulgares et un médecin
palestinien détenus en
Libye depuis 1999, sont accusés d'avoir sciemment
transmis le virus du sida à 426 enfants libyens sur
injonction de la CIA américaine et du Mossad
israélien afin de déstabiliser le
régime du colonel Khadafi. »
« Au terme d’un procès truqué
où les droits de la défense ont
été violés,
à la suite de tortures physiques et psychologiques, et alors
que
d’éminents spécialistes libyens et
internationaux (dont le professeur
Luc Montagnier) ont confirmé que ces accusations
n’étaient pas fondées, ils ont
été condamnés à mort.+
« Ils seront exécutés si la Cour suprême
confirme le 31 janvier 2006 leur condamnation à mort. »
Bougeons-nous !
www.bulgaria-france.net : " L'+tat de droit, un défi pour la Libye ? "
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jeudi 24 novembre 2005
Note à l'attention des impétrants au Conseil de l'Ordre du Barreau de Paris
Par Veuve Tarquine le jeudi 24 novembre 2005, 13:50
Je me permets d'attirer respectueusement l'attention de mes confrères qui ont fait oeuvre de candidature au Conseil de l'Ordre du Barreau auquel j'ai l'honneur d'appartenir que la loi s'applique même aux avocats que nous sommes...
En conséquence, je leur saurais gré de bien vouloir prendre la mesure de l'article 22 de la loi nÝ2004-575 du 21 juin 2004 dite « pour la confiance dans l'économie numérique » et de cesser d'innonder ma boîte aux lettres électronique de leurs courriers non sollicités.
C'est grâce à de tels comportements que je me prends à regretter d'avoir communiqué mon adresse e-mail... les pires spammeurs n'étant pas les informaticiens peu malins qui ont repompé l'annuaire des avocats mais bien des confrères candidats...

Sur les 22 candidats du second tour, seulement 8 n'ont pas spammé (directement ou par leur syndicat), je ne vais pas perdre beaucoup de temps à savoir pour qui voter...
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jeudi 13 octobre 2005
La curée de l'arrêt Perruche où comment séquestrer la dignité des handicapés
Par Veuve Tarquine le jeudi 13 octobre 2005, 23:20
Je dois vous avouer qu'en apprenant la
condamnation —
à l'unanimité — de l'Etat
français par la Cour
européenne des
droits de l'homme en raison du caractère
rétroactif de la
loi qui a mis fin à la
jurisprudence
Perruche, je me suis retenue de me taper les fesses par
terre en riant aussi méchamment que bruyamment, un peu
à la manière des chimpanzés.
Si ce n'était la gravité du sujet et le sort de
milliers d'handicapés dont au prétexte de
défendre leurs intérêts moraux, on a
couillonné jusqu'au trognon dans un étalage de
bons sentiments aussi sirupeux qu'aveugles à la raison.
Souvenez-vous comme il a déchaîné les
passions cet arrêt Perruche... Il a été
vilipendé, insulté, vomi, laminé dans
une magnifique unanimité d'autant plus légitime
que ceux qui criaient le plus fort étaient les associations
de victimes !
Comme ils ont dû rire ces Gilbert
Leuph, ces
éternels payeurs des Compagnie d'assurances. Combien ont-ils
dû se régaler de cette suprême ironie :
une jurisprudence jetée en pâture par
ceux-là même qu'elle protégeait !
Et il y sont tous allés de leur petit couplet ces juristes
qu'on interrogeait à tire-larigot dans les
émissions de télé et les grands
quotidiens nationaux, ces soit-disant "sachant" qui connaissaient le
droit de la réparation du préjudice corporel
comme moi le droit rural, ces grands noms de l'éthique ou de
la médecine forts de leurs principes, de leur conviction et
leur lorgnette dont l'angle de vue se mesurait en minuscules
micron-mètre... J'ai tout lu, tout entendu... J'ai
serré les dents devant de tels ramassis de conneries, devant
ces prétentieux qui n'avaient même pas honte
d'étaler leur incompétence, devant tous ces
importants qui ne percevaient pas même ce qui
était fondamental dans la jurisprudence Perruche ni
même où était l'avancée pour
les handicapés...
Oh ! Ne croyez pas un instant que je refuse à quiconque le
droit de se poser des grandes questions sur les arrêts de
l'Assemblée plénière de la Cour de
Cassation ! qu'ils soient spécialistes de droit, de
médecin ou d'éthique, libres à eux de
s'exprimer sur le sujet.
En revanche et dans cette phénoménale
curée, je regrette âprement qu'à
l'appui de leurs positions tranchées ils n'aient pas cru
devoir indiquer où se trouvait
l'intérêt de ceux-là même que
pour certains ils entendaient défendre.
Un exemple concret ?
Combien sont ceux qui ont rappelé qu'avant l'arrêt
Perruche ce n'était pas l'enfant qu'on indemnisait mais ses
parents du fait de leur "préjudice d'éducation" ?
C'est ainsi que jusqu'à l'âge où l'on
estime normal de prendre en charge financièrement son enfant
(18, 21 ou 25 ans selon les décisions) les parents
percevaient une somme leur permettant de couvrir la charge importante
que représente par exemple l'emploi d'une tierce personne.
Après 18 ans, 21 ou 25 ans en revanche, plus rien ! L'enfant
était adulte et de facto il devait prendre en charge ses
propres besoins, quand bien même il avait besoin de deux ou
trois tierce personnes... Pas de préjudice : pas de subsides
! C'est la règle ! Et logique suprême, une fois
que les parents avaient perçu les indemnités du
préjudice qu'ils subissaient, rien ne les contraignait
à les utiliser dans l'intérêt de
l'enfant. Ils pouvaient parfaitement et en toute
légalité les dilapider à leur guise,
voire se faire saisir par des créanciers,ou même
mourir, divorcer, comportements hautement dangereux
financièrement s'il en est ! C'est aussi en toute
légalité qu'ils pouvaient placer leur enfant en
institution et jouir des fonds sans que personne n'y trouve rien
à redire. C'est leur propre préjudice qui
était indemnisé, pas celui de leur enfant,
partant, les fonds tombaient dans leur patrimoine personnel et ils en
avaient l'entière disposition.
C'est alors que selon l'analyse prônée par un
bon milliers d'articles, de positions autorisées
l'arrêt Perruche a, d'une façon proprement
insupportable, bafoué la dignité des
handicapés en leur permettant d'être
indemnisé pour les frais qu'ils supportaient
réellement et non plus pour la charge qu'ils
représentaient pour leurs parents !
Un handicapé pouvait alors prétendre à
une indemnité calculée au delà de 18,
21 ou 25 ans, il bénéficiait dans sa propre
escarcelle de ces sommes et s'il était mineur ou incapable
majeur cela pouvait être même sous le
contrôle du juge
des tutelles. Outre l'hypothèse
révélatrice mais rarissime de l'abandon, ces
nouvelles règles présentaient une
sécurité incomparable en cas de
décès d'un de ces parents, de divorce, de saisies
de tout poil facilement imaginables quand il s'agit de subsides pour
vous aider à vivre !
Mais non tout cela était Ô combien immoral et ce
au nom du grand principe que " Nul ne peut se
prévaloir d'un
préjudice du seul fait de sa naissance." Alors on
a vite effacé cette ignominie, et on a inscrit
dans le marbre de la Loi cette vérité
fondamentale : il en constitue l'article premier (quel symbole !) et
pour faire passer la pilule on a quand même
rajouté " Toute personne handicapée a
droit,
quelle que soit la cause de sa
déficience, à la solidarité de
l'ensemble de la collectivité nationale. " C'est
si beau la
collectivité nationale formidablement solidaire qui se
dresse en son ensemble pour faire rempart de son corps contre les
dommages de la vie que connaissent les handicapés !
Sauf que les victimes, handicapées ou non, on sait bien le
sort qu'on leur réserve : le même que celui du
secrétariat d'État au
droit des victimes : Un
effet d'annonce et après on oublie... Alors la
collectivité nationale Ô combien fondamentale,
elle est restée lettre morte et les handicapés,
au nom de leur sacro-sainte dignité on les a
oublié... on les a couillonné comme jamais... Je
crois que jamais dignité n'aura coûté
plus chère à ceux qu'on entendaient
protéger ! Je ne suis pas certaine que correctement
avisés des réels intérêts de
l'arrêt Perruche les handicapés auraient applaudi
si fort ces belles déclarations unanimes....
Alors c'est vrai qu'il n'est pas besoin d'être
adoubé pour donner, clamer,
hurler son avis sur la jurisprudence de la Cour de cassation,
mais je crois qu'au milieu d'un tel déchaînement
médiatique il aurait été
honnête de dire vraiment ce que signifie le mot
dignité pour le législateur
français...
jeudi 6 octobre 2005
Pour que la Berryer demeure au Palais !
Par Veuve Tarquine le jeudi 6 octobre 2005, 15:35
« Chers amis, Cher Peuple de Berryer,
Chaque année, la Conférence Berryer rythme la vie du Palais et de la Conférence du Stage du Barreau de Paris.
Tradition plus que centenaire, elle a évolué avec son temps mais a toujours conservé cette force que lui accorde l'impertinence !
Aujourd'hui, elle est menacée de disparition, d'extinction.
La raison ?
Une officielle : Vigipirate et la sécurité se trouvant ainsi renforçée
Une officieuse : on ne veut plus de Berryer au Palais !
Par cette affirmation, je déplairai.
Mais tant pis, à l'évidence, lorsque la Première Présidence de la Cour d'Appel ne veut pas dialoguer avec l'organisateur de la Berryer malgré plusieurs propositions, il faut en tirer des conclusions !
Vous connaissez mon amour de la Conférence Berryer dont j'ai la responsabilité cette année ...
Une Conférence Berryer était prévue le 14 septembre dernier avec Florent Pagny : elle a été annulée car on nous a purement et simplement refusé la possibilité d'avoir une salle dans le Palais.
Bien sûr, nous pourrions nous contenter de l'auditorium de la Maison du Barreau, voire d'une salle à l'EFB...
Mais Berryer rime avec Palais ! C'est la magie particulière de cette manifestation étonnante de l'éloquence !
Sous les ors du Palais, dans la Chambre des Criées, les Secrétaires, normalement astreints au secret lors du Concours de la Conférence, peuvent enfin parler en toute liberté des candidats de Berryer qui ne concourent, eux, que pour la gloire que le peuple de Berryer est prêt à leur accorder !
Loin du Palais, il n'y aura plus de Berryer !
Je crois que vous aussi, vous aimez cette Conférence...
Alors, pour nous aider, je vous demande :
- dans un premier temps, de transmettre ce texte à vos amis, contacts, qu'ils soient du monde du droit ou d'ailleurs. Si vous pouvez sensibiliser des journalistes, qu'ils m'appellent !
- dans un deuxième temps, d'écrire à Monsieur Renaud CHAZAL DE MAURIAC en ces termes :
Monsieur CHAZAL de MAURIAC Premier Président de la Cour d'appel de Paris 4 Boulevard du Palais 75001 PARIS
"Monsieur le Premier Président,
J'ai appris que, par souci de sécurité, vous avez refusé la tenue de Conférences Berryer dans le Palais.
Auditeur assidu de cette Conférence, je tenais à vous indiquer combien je tiens à la poursuite de cette tradition de l'éloquence et de l'impertinence dans le Palais de Justice.
Les Conférences Berryer ont permis à de nombreux membres de mon entourage de découvrir le Palais et l'éloquence qu'il abrite.
J'espère que vous pourrez autoriser la tenue très prochaine de Conférences Berryer. "
Cher peuple de Berryer,
La Promotion 2005 de la Conférence est désespérée à l'idée de ne pouvoir te recevoir en ta maison ...
Aide-nous : nous avons besoin de toi ! »
Benoît Boussier Secrétaire de la Conférence Avocat à la Cour
Via le billet La Berryer en danger ! d'Eolas.
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dimanche 11 septembre 2005
Pornographie ordinaire chez Michel-Edouard Leclerc
Par Veuve Tarquine le dimanche 11 septembre 2005, 15:25
Dimanche 11 septembre 2005.
Enseigne Michel-Edouard Leclerc — Centre Leclerc d'Epinay sur seine (93), 159/165 route de Saint Leu.
10 heures 30 du matin. Nombre de famille se pressent, c'est le weekend où l'on termine l'achat des fournitures scolaires.
Beaucoup d'enfants et :

samedi 30 juillet 2005
Gantanamo ou le calvaire d'un enfant de 15 ans.
Par Veuve Tarquine le samedi 30 juillet 2005, 08:02
La base étasunienne de Guantanamo détient toujours des mineurs, dans des conditions épouvantables. L’association américaine Reprieve tente d’attirer l’attention sur leur sort.
L’avocat de Mohammed cherche à alerter les autorités internationales sur les sévices que lui infligent ses nouveaux tortionnaires au cours des interrogatoires : pendaison par les poignets, brûlures de cigarettes, privation de sommeil ou de nourriture et soumission à des températures extrêmes. Autant de méthodes qui visent à annihiler la volonté de résistance du jeune détenu.
(...)
Pour les conventions internationales, l’âge de la majorité est de 18 ans. L’armée américaine a un jugement tout autre : ne sont reconnus mineurs par les États-Unis que les enfants âgés de moins de 16 ans.
(...)
En attendant, Mohammed a été transféré au campV, dont les conditions de détention ont déjà fait l’objet de dénonciations de la part du Comité contre la torture des Nations unies.
« Des « ennemis » âgés de 15 ans », Politis, 28 juillet 2005 — Via rezo.net.
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vendredi 29 juillet 2005
Lettre ouverte à lizzie.borden
Par Veuve Tarquine le vendredi 29 juillet 2005, 12:01
« Madame, Monsieur ou Mademoiselle,
Je suis avertie par certains de vos correspondants habituels que vous cru pouvoir non seulement vous attribuer la paternité d'un grand nombre de textes que j'ai publiés dans mon blog "de bric et de blog" à l'adresse http://bricablog.net sous le pseudonyme Veuve Tarquine mais également de présenter des photographies de ma fille prélevées sur mon site afin de faire accroire qu'il s'agissait de votre enfant.
Ce que je pouvais prendre pour la simple revendication de votre profonde carence intellectuelle (alliée, il faut bien le reconnaître, à un trapu crétinisme quand les moteurs de recherches mettent dorénavant quelques millisecondes à faire la preuve de votre grossiereté) l'utilisation des photographies de ma fille et le détournement nauséabond que vous en faites, change considérablement le traitement que je réserve habituellement aux plagiaires sans talent.
Je vous indique donc par la présente recourir à toutes voies de droit à votre encontre. »
Ceci est la copie du mail que j'ai adressé à une personne dont le pseudonyme sur le site http://love.lycos.fr/ est lizzie.borden et dont l'adresse e-mail est holly_jumper@hotmail.com qui affirme auprès de ses correspondants être la rédactrice de ces textes (la liste n'est pas exhaustive) :
- http://bricablog.net/index.php/2005/05/21/545-la-guigne
- http://bricablog.net/index.php/2005/01/15/375-ou-lon-compare-le-poids-de-lamour-avec-celui-du-plomb
- http://bricablog.net/index.php/2004/11/17/289-revelateur-a-cretins
Elle diffuse par ailleurs deux photographies de ma fille :
- http://bricablog.net/dotclear/images/2005-07/tarquinette-bleue-tresses.jpg
- http://bricablog.net/dotclear/images/2005-05/tarquinette-poil-long.jpg
qu'elle présente comme étant celles de sa propre fille -qui serait âgée de 4 ans- et se prénommerait Léa.
Rajoutons, la misère de sa propre imagination étant sans fond, qu'elle connaîtrait nombre de soucis cyclistes dans la capitale parisienne, outre des désagréments avec son VAIO etc. etc.
Ses correspondants habituels qui arrivent céans grâce aux véloces moteurs de recherches pourront par ailleurs vous confirmer qu'elle se présente sous le prénom de Claire, dit être âgée de 23 ans et anorexique, habiter en Belgique et exercer la profession de comptable.
Mais j'imagine que si les moteurs de recherches vous ont conduits jusqu'ici c'est que vous savez déjà tout cela...
Eu égard à ces agissements pour le moins répugnants, je vous saurais gré, en revanche, lecteurs de passage que Google et consorts ont menés jusqu'ici, de bien vouloir, notamment si vous avez été rendus destinataires de photographies de ma fille, m'en tenir avisée.
jeudi 21 juillet 2005
Où l'on reparle de la responsabilité des blogueurs
Par Veuve Tarquine le jeudi 21 juillet 2005, 23:51
Je vous indique qu'à la très
sérieuse revue « Responsabilité Civile
et Assurances » vient de paraître un
article intitulé "La vogue du blog dans la vague des
responsabilités" de Laure
Marino, Maître de Conférence
à l'université Paris XIII.
L'article n'est pas très long mais de qualité et
je souscris totalement à son analyse estimant comme non
pertinente une responsabilité du blogueur limitée
relativement aux commentaires qu'il recueille, à celle
qu'encourrait un hébergeur.
A titre liminaire, je vous rappelle qu'un blogueur est bien entendu
entièrement responsable de ses propres écrits
(qu'il s'agisse de billets ou de ses propres commentaires).
En revanche, d'aucuns avaient soulevé
l'hypothèse selon laquelle, concernant les commentaires
déposés par des tiers sur son blog, le blogueur
pourrait n'en être qu'hébergeur tel que
définit dans la loi pour l'économie
numérique.
Or l'article 6 - 2Ý de cette loi dispose :
2. Les personnes physiques ou morales qui assurent, même à titre gratuit, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d'écrits, d'images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait des activités ou des informations stockées à la demande d'un destinataire de ces services si elles n'avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère ou si, dès le moment où elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces données ou en rendre l'accès impossible.
Ce régime impliquerait donc qu'il ne serait
responsable des commentaires publiés par des tiers
qu'à la condition d'en avoir été
strictement avisé par ceux qui auraient à s'en
plaindre.
Bref, avec un tel régime, un blogueur serait donc
immédiatement et entièrement responsable de ses
propres écrits mais s'agissant des commentaires, c'est le
fait de ne pas les avoir fait disparaître — ou
amendés — après avoir
été averti de leur caractère
illégal qui pourrait lui valoir des poursuites.
Laure Marino écarte cette analyse rappelant, fort justement,
la jurisprudence d'ores et déjà intervenue qui
retient la responsabilité de l'organisateur de forum pour
des propos tenus par ses participants, corollaire de son pouvoir
d'exclusion.
Outre que cette analyse au regard de l'état du droit et des
principes de la responsabilité civile, me semble la plus
censée, elle correspond parfaitement à la
réalité des blogueurs.
Je ne me sens pas le moins du monde "hébergeur"
des commentaires ! Ici, c'est chez moi et ceux qui
fréquentent régulièrement ces pages ne
peuvent pas l'ignorer. Je m'en sens, vis à vis des tiers,
entièrement responsable et j'ai, à ce titre,
notamment caviardé toute insulte
proférée ! Tout blogueur est maître
chez soi et doit, à ce titre, exerçer "la police"
des commentaires sous peine, avant même de rechercher une
quelconque responsabilité, de se retrouver
dépossédé de son espace personnel !
Je sais bien que d'aucuns attireront mon attention sur le volume des
interventions extérieures estimant que pour certains blogs,
un tel contrôle deviendrait illusoire. D'une part, je vous
avouerai que dans la blogosphère française, je ne
vois aucun site qui justifierait à mes yeux une telle
analyse. D'autre part, il existe désormais des outils
(notamment à l'aide d'une modération a priori)
qui permettent de limiter considérablement le risque de
dérapage des commentaires.
Bref, je ne saurais trop vous inviter à faire le
ménage chez vous sans attendre que certains s'en plaignent !
Sur le sujet de la
responsabilité des blogueurs, je vous rappelle le billet d'Eolas : « Blogueurs et responsabilité »
samedi 9 juillet 2005
Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 3ème et dernière partie
Par Veuve Tarquine le samedi 9 juillet 2005, 16:24
Ce billet fait suite à « Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 1ère partie » et Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 2ème partie ludique et divertissante
La quatrième Chambre du Tribunal de Grande instance de
Toulouse a donc rejeté la demande reconventionnelle de la
société TEGAM en réparation du
préjudice moral et matériel
allégué au motif suivant :
La SARL TEGAM INTERNATIONAL reproche à M. R.G. les atteintes tant à l'encontre du logiciel VIGUARD que de son concepteur et de la société en général, auxquelles il s'est livré par le biais d'Internet.
Ces atteintes, qui ont été portées à la connaissance du public, constituent en droit des abus de la liberté d'expression prévus par la loi du 29 juillet 1881.
Elles ne peuvent donc être réparées sur le fondement de l'article 1382 du Code Civil invoqué à l'appui de la demande de condamnation de la SARL TEGAM INTERNATIONAL.
Elle sera donc déboutée de sa demande de dommages et intérêts en réparation de son préjudice matériel et moral.

Pour la conclusion et l'arrière-goût que l'on
retient de cette affaire, je ne peux que retranscrire ici les mots
d'Eolas qui illustrent fort bien, en ces jours tragiques, le
fond de ma pensée.

Vous trouverez enfin la copie in extenso de cette décision
au bout de ce lien.

Bien entendu le site Kitekoa commente lui aussi cette décision et pour ceux qui prenne l'affaire en route, je ne vous conseille que trop que d'aller en explorer les arcanes en vous asseyant à cette bonne table.

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Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 2ème partie ludique et divertissante
Par Veuve Tarquine le samedi 9 juillet 2005, 11:54
Intermède divertissant dans l'instructive lecture du
jugement de la 4ème chambre du Tribunal de grande instance
de Toulouse en date du 21 juin 2005.
Ce billet fait suite à « Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 1ère partie »
Une fois n'est pas coutume, rions un peu des méthodes de TEGAM avec cette petite colle que j'en suis certaine, les fidèles lecteurs de mon confrère Eolas, n'auront aucun difficulté
à élucider :
En effet, assignée devant le Tribunal de Grande Instance
afin de se voir
condamner à réparer le dommage de M. R.G., la
Société TEGAM a formulé à
l'encontre de ce dernier des demandes reconventionnelles, c'est
à dire
que non content d'estimer qu'elle n'avait commis aucune faute, elle a
soutenu que c'était au contraire la conduite de
M.R.G. qui était
fautive lui permettant d'en solliciter réparation.
Elle a formulé deux demandes à ce titre :
- 150.000 € à titre de dommages et intérêts pour procédure abusive
- 150.000 € à titre de dommages et intérêts en réparation du préjudice matériel et moral résultant des agissements de M. R.G.
Elle fait valoir à l'appui de cette demande que :
- ses agissements ont conduit la Société à réagir d'abord par l'envoi du courrier le 7 mars 2002 au CNRS, puis par l'assignation en référé du 4 avril 2002 (qui a aboutit à l'ordonnance interdisant sous astreinte la diffusion de propos agressifs ou désobligeants à l'égard du logiciel VIGUARD)
- à la date du courrier, M.R.G. persistait dans ses agissements fautifs,
- ses propos persistent encore aujourd'hui et sont largement accessibles par le moteur de recherche Google et M.R.G. ne justifie d'aucune démarche pour le retrait de ces propos.
Le tribunal a rejeté ces deux types de demandes sans avoir
besoin de motiver
celles formées pour procédure abusive. En effet,
la procédure engagée
par M.R.G ayant abouti, la Société TEGAM est mal
fondée à se plaindre
d'avoir été poursuivie judiciairement ...
S'agissant du second chef de demandes, celles formées en
réparation du
préjudice matériel et moral subi par la SARL de
par les agissements de
M.R.G. je vous propose de m'en proposer la motivation.
J'attire votre attention que la lecture attentive de mon billet
précédent et de celui d'Eolas intitulé
« Blogueurs et responsabilité »
vous donnera tous les clefs pour répondre (et je remercie
les juristes
émérites qui fréquentent ces pages ne
pas dévoiler trop tôt la réponse
;)

Avant de vous laisser potasser votre sujet, je voudrais attirer votre
attention sur le montant des sommes sollicitées par la
Société TEGAM.
Comme je vous l'ai indiqué hier, le fondement de la
responsabilité
civile n'est pas de punir mais de réparer, de sorte que
c'est la
gravité du préjudice que l'on examine pour fixer
les dommages et
intérêts et non la gravité de la faute.
Cette nuance semble avoir complètement
échappé à la
Société TEGAM, et
cette remarque vaut également à propos des
demandes sur intérêts civils
formés dans le cadre des poursuites contre Guillermito.
A cet égard, ceux qui étaient présents
lors de l'audience du 4 janvier
2005, se souviendront des mots du procureur concernant la demande de
réparation d'une telle envergure (900.000 €
à l'époque) indiquant que de
tels excès ne pouvaient qu'être
balayés d'un revers de la main...
Mon expérience m'indique, quant à moi, que l'on
ne gagne jamais à se
complaire dans la démesure à propos du montant
des sommes dont on réclame
l'allocation et que rien n'exaspère plus un tribunal que de
voir
chiffrer des dommages et intérêts non pas
destinés à réparer quoique ce
soit mais à impressionner son adversaire. Ce qui revient non
pas à
réclamer justice (qui a pour but d'être "juste")
mais à
instrumentaliser la justice.
Pour vous donner une idée de l'indécence de ces
demandes, sachez qu'une
personne devenue tétraplégique à la
suite d'un accident, ne pourrais
guère espérer recevoir de l'auteur de son dommage
— ou de son assureur
— une somme supérieure à 25.000
€ au titre de son préjudice moral (et
il s'agirait pour ce dernier chiffre d'une décision
particulièrement
généreuse...)
S'il est vrai que les magistrats sont bien plus
généreux dans d'autres
contentieux que dans celui de la réparation du
préjudice corporel, je puis vous
assurer qu'en quelques domaines que ce soient, ces demandes sont
complètement exorbitantes...

Je rajoute, plus techniquement, que si TEGAM estime que le préjudice subi par elle du fait des appréciations de M. R.G. se chiffre à la somme de 150.000 €, cela signifie en retour que Guillermito ne peut être tenu pour responsable du même préjudice... et que sa réclamation à son égard ne peut être qu'amputé des 150.000 €...
Pour soutenir le contraire il faudrait qu'ils aient commis conjointement, soit en même temps et ensemble, une faute à l'origine des dommages de TEGAM. Or, et l'ordonnance de référé citée dans le jugement, démontre que les fautes sont distinctes, notamment quant aux propos publiés sur le site secusys.com.
De cette façon et en fonction de ce jugement et des propres écritures de la Société TEGAM, Guillermito, ne peut en aucune façon être tenu pour entièrement responsable des éventuels dommages subis par la SARL quant à la révélation des réelles qualités de son logiciel VIGUARD...


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Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 1ère partie
Par Veuve Tarquine le samedi 9 juillet 2005, 00:23
Jugement de la 4ème chambre du Tribunal de grande instance de Toulouse en date du 21 juin 2005.
Compte tenu de la longueur de mon billet, il sera scindé en
plusieurs parties dont voici la première :
Tous ceux qui ont suivi de près ou de loin ce qu'il est
convenu
d'appeler l'affaire Guillermito, reconnaîtront sans peine le style épais et immodeste tant prisé par la Société TEGAM dans la lettre suivante :
« Je suis sidéré qu'un organisme aussi prestigieux que le CNRS ait mis à la disposition sa tribune officielle à cette personne qui est un mégalomane et qui s'est autoproclamé spécialiste des virus et anti-virus alors qu'il ne connaît rien en matière de sécurité.
M. R.G. agit en fait pour le compte d'un éditeur russe AVP-Kapersky. C'est un manipulateur qui se cache sous la couverture du "spécialiste des virus et anti-virus".
Cet éditeur, à l'aide de R.G. divulgue des fausses informations et des rumeurs à l'encontre de ceux dont il veut prendre la place sur le marché informatique français. Ce genre de pratique correspond bien à celles de l'économie russe et M. R.G. essaie de les utiliser en France. Dans cette activité douteuse, M. R.G. est intervenu sur le portail Secusys... il a été obligé de quitter ce site et pour pouvoir continuer il a crée un forum public de discussion sur l'Internet, de manière soi-disant indépendante, forum qui a été créé avec un terroriste informatique français (connu du FBI et de la DST) qui se cache aussi mais sous un pseudonyme : Guillermito qui se présente aussi comme un spécialiste "spécialiste sécurité informatique neutre" et qui comme R.G., fait l'éloge de l'AVP en dénigrant notre technologie et notre société, ce qui relève de la manipulation et de l'escroquerie.»
Cette charmante missive a été adressée le 7 mars 2002 en recommandé à la
directrice du CNRS, à la
suite de la publication dans sa revue "Sécurité
Informatique" de
février 2002 d'un article de M. R.G. sur la protection
contre les virus
informatiques.
Article dans lequel on peut penser que TEGAM n'a pas reçu la
publicité qu'il escomptait à propos de son
logiciel VIGUARD...
A ce point de ma narration, je vous imagine tous, fidèles
lecteurs de
mon excellent confrère Eolas, d'abord vous interroger quant
à savoir
pour quelles obscures raisons, c'est votre serviteur qui vous dresse le
compendium du jugement du 21 juin 2005, ensuite,
élevés à la prose et
aux billets de celui-ci, annoner les termes de "propos diffamatoires"
ou de "faits injurieux" et de commencer à calculer le
délai de
prescription des délits de presse !
Et bien la réponse à ces deux questions tient
dans la même proposition :
vous venez d'entrer dans l'univers merveilleux de la
responsabilité
civile, précisément celui où j'exerce
mon industrie !
Et pourquoi responsabilité civile et non
responsabilité pénale ?
Parce que de tels propos, seraient-ils diffamants et injurieux, ne
relèvent du régime particulier des
délits de presse (loi du 29 juillet 1881) qu'à
la condition qu'ils soient
publics
c'est à dire
diffusés soit par des discours, cris ou menaces
proférés dans
des lieux ou réunions publics, soit par des
écrits, imprimés, dessins,
gravures, peintures, emblèmes, images ou tout autre support
de l'écrit,
de la parole ou de l'image vendus ou distribués, mis en
vente ou
exposés dans des lieux ou réunions publics, soit
par des placards ou
des affiches exposés au regard du public, soit par tout
moyen de
communication au public par voie électronique
(article 23 de
la loi du 29 juillet 1881 sur
la liberté de la presse.)
Or, dans l'affaire qui nous intéresse, la lettre a
été envoyée par la
forme recommandée à la directrice du CNRS et non
pas divulguée
publiquement par l'un des moyens ci-dessus
cités.
Rien n'interdit donc à la victime des assertions que
contient cette missive de demander réparation du dommage
qu'elle subit, non pas à l'occasion d'un procès
pénal mais devant une juridiction civile sur le fondement de
l'article
1382 du Code civil, article d'origine du Code
Napoléon et
dont la
rédaction lapidaire, aussi précise que
ciselée, a assuré aux civilistes
éperdus dont je suis, plus de deux siècles de
jubilatoires discussions:
« Tout fait quelconque de l'homme, qui cause à autrui un dommage, oblige celui par la faute duquel il est arrivé, à le réparer »
Nous voilà donc au cœur de la
responsabilité pour faute, dont le but
n'est pas de sanctionner stricto sensu un comportement qui trouble
l'ordre public (ce qui est la mission du droit pénal) mais
qui est de
réparer un dommage par allocation de dommages et
intérêts.
La responsabilité pour faute comporte trois
éléments: une faute — un
préjudice — un lien de causalité entre
la faute et le préjudice; étant
entendu que c'est à la victime du dommage d'apporter la
preuve de ces
trois éléments.
Or, on ne peut que saluer la rédaction du jugement du 21
juin 2005 qui a motivé particulièrement
précisément sa décision :
A partir de ce point, sont en italique et entre guillemets, les motifs du jugement 21 juin dernier :
1- la faute :
Les termes de ce courrier constituent tant des injures (mégalomane, manipulateur, spécialiste autoproclamé) que des atteintes à l'honneur et à la probité (escroc, associé à un terroriste, agissant pour le compte d'une société étrangère, volonté de déstabiliser une société française) qui ne relèvent pas des dispositions de la loi du 20 juillet 1881 en raison de leur caractère non public.
[En droit civil, il n'est absolument pas nécessaire que les
faits soient constitutifs d' infractions pénales pour engager la responsabilité de leur auteur. Une faute même légère suffit. Or, en l'occurrence, le tribunal prend soin de souligner leur particulière
gravité en indiquant que, si ce n'est leur
caractère non public, ils
seraient constitutifs d'infractions pénales, en l'occurrence un délit.
Cette précision signifie également que le
Tribunal est compétent pour connaître la
réclamation formée par M.R.G., en effet, si les
assertions de TEGAM avaient été publiques, il
n'aurait pu en solliciter réparation que par l'application
de la loi du 29 juillet 1881 dont la procédure est
particulièrement rigoureuse, au premier chef, s'agissant de
la prescription de l'action.]
Ils constituent des attaques envers la personne et non des critiques dirigées à l'encontre des thèses soutenues par M. R.G.
[Tout travail, a fortiori publié doit pouvoir faire l'objet
de
discussion, seraient-elles âpres. Le tribunal
écarte donc cet argument
en relevant que cette lettre ne s'attaque pas même au contenu
de
l'article publié par M. R.G. ]
Aucune circonstance de fait ne peut justifier de tels propos, adressés à un organisme avec lequel M. R.G.. entretient des liens professionnels ainsi qu'en atteste la publication de deux articles dans la revue Sécurité Informatique publié par le CNRS. Notamment, il n'appartient pas à la SARL TEGAM INTERNATIONAL d'apprécier si M. R.G. a ou non les compétences requises pour écrire dans les publications du CNRS, cette appréciation relevant de ce dernier organisme et de lui seul.
[La société TEGAM avait en effet fait valoir dans
ses écritures que le
CNRS étant l'organisme emblématique de la
recherche en France, il serait dès lors
légitime que cette SARL
mettant en avant son
expérience dans le domaine de la
sécurité informatique ainsi que le
fait qu'elle est la seule société
française de recherche spécialisée
dans la lutte contre les virus et les chevaux de
Troie, s'étonne des articles de M. R.G. et de sa
qualité pour être publié par cette
éminente revue.
L'on retrouve ici cette curieuse
conception
de la liberté d'expression de la
Société TEGAM qui au motif qu'elle est
la seule sur le marché français s'arroge le droit
de juger qui est
compétent pour la critiquer et qui ne l'est pas...
judicieuse façon de
ne tolérer que des discours lénifiants
à l'égard de leur produit)]
Les termes de la lettre du 7 mars 2002 ne peuvent davantage être justifiés par le conflit ayant opposé les parties.
En effet, il ne peut y avoir de comparaison entre d'une part les propos de M R.G. tenus lors de forums de discussion
- qui pour l'essentiel constituent une critique du logiciel VIGUARD
- s'adressent à un public averti, utilisateur d'informatique et participant volontairement à ces forums
- et auxquels la société TEGAM INTERNATIONAL a été en mesure de répondre en intervenant directement sur ces forums.
[Une ordonnance de référé du 9
décembre 2000 avait interdit au site
secusys.com notamment sous la plume de M R.G. de diffuser des propos
agressifs ou désobligeants à l'égard
du logiciel VIGUARD sous astreinte
de 5.000 francs par infraction. Cependant l'huissier
désigné par cette
décision afin d'en vérifier le respect a
constaté par procès-verbal que
l'ordonnance a été effectivement
respectée. Au surplus, et comme le
détaille la décision, les critiques
formulés par M. R.G. contre le
logiciel VIGUARD ne justifie en aucune façon une lettre de
telle teneur
: ]
et d'autre par la lettre adressée au CNRS qui
- est en réalité une lettre de dénonciation,
- adressée à son destinataire à l'insu de la personne visée laquelle n'a donc pas été en mesure de répondre aux accusations formées à son encontre.
Ils ne peuvent être excusés par le fait que M. R.G. aurait valorisé un anti-virus concurrent tout en dénigrant VIGUARD. Il n'est en effet nullement établi que M. R.G. ait eu des intérêts communs avec le distributeur de l'anti-virus AVP ou qu'il ait eu un quelconque intérêt patrimonial à une opération de promotion de cet anti-virus. La lecture des messages dénoncés par TEGAM révèle de plus que les mérites d'autres anti-virus sont discutés voire même critiqués par les utilisateur tels Norton, McFee...
[Non seulement TEGAM n'apporte pas la preuve de ce qu'elle avance — un compérage entre M. R.G. et un concurrent de VIGUARD, cela ne vous rappelle rien ? — mais les pièces produites tendent à démontrer le contraire ]
Ce courrier dés lors apparaît inspiré par la volonté de nuire à M. R.G. en lé dénigrant auprès du CNRS.
La faute imputée à la SARL TEGAM INTERNATIONAL est donc ainsi établie et engage sa responsabilité.
[A ce point de votre lecture vous pouvez applaudir les juges de la
4ème
Chambre du TGI de Toulouse qui ont pris un rare soin pour motiver leur
décision... je vous confierais que ce n'est pas toujours le
cas...)
2 - Le préjudice et le lien de causalité.
A l'appui de sa demande de dommages et intérêts, M. R.G. invoque l'enquête dont il aurait fait l'objet de la part de la DST. Il ne produit aucun élément de preuve à l'appui de cette allégation; il n'est cependant pas exclu qu'il soit difficile, pour ne pas dire impossible, de démontrer l'existence d'une telle enquête, les activités de cet organisme étant par nature discrètes.
[C'est à la victime à apporter la preuve de son
dommage, ce qu'il ne
peut produire au cas particulier d'une enquête de la DST, le
tribunal
ne peut donc que constater l'absence de preuve tout en en reconnaissant
la difficulté de l'entreprise]
Il n'en demeure pas moins que les atteintes à l'honneur et à la probité de M. R.G. ainsi que les injures proférées à son encontre sont de nature à entamer son crédit auprès du CNRS. En effet ses compétences professionnelles et son honnêteté ont été mises en cause.
[La preuve du préjudice est faite]
Le courrier du 7 mars 2002 lui a donc nécessairement causé un préjudice
[Le lien de causalité ne pose pas de difficulté,
le voilà établi]
qui doit être réparé par l'octroi de la somme de 1.000 €
[S'agissant des sommes, il faut de suite souligner qu'en
matière de
responsabilité civile on RÉPARE un
préjudice. L'allocation de dommages
et intérêts est donc fonction non de la
gravité de la faute mais de la
hauteur du préjudice. Autant les motifs de la
décision ont souligné la
gravité de la faute autant les magistrats n'ont
réparé que le strict
préjudice subit par M.R.G. Le Conseil de M.R.G. le savait
d'autant
mieux qu'il a (fort légitimement) sollicité l'allocation de
1.500 €.]
Je vous parlerai bientôt de la demande reconventionnelle de
la Société
TEGAM, vous soumettant peut-être à une petite
devinette (indice : la
lecture du billet le plus cité d'Eolas devrait vous
permettre d'y
répondre...)

Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 2ème partie ludique et divertissante
Où les lettres de TEGAM sont fautives - Jugement du TGI de Toulouse en date du 21 juin 2005 - 3ème et dernière partie

jeudi 16 juin 2005
La vie continue (3)
Par Veuve Tarquine le jeudi 16 juin 2005, 23:38
Un jour que j'allais chercher un
délibéré à la Cour, j'ai vu
un homme pleurer. Il avait l'âge d'être mon
père et avait un fils à peine plus jeune que moi.
C'était la sixième fois qu'il m'accompagnait dans
un prétoire au Palais.
La première fois, à la fin de ma plaidoirie, la
présidente m'avait lancé un misérable
« Maître, vous n'y connaissez rien ! »
avant de me débouter de la totalité de mes
demandes, relaxant le prévenu dans la foulée.
C'était la sixième fois qu'il m'accompagnait.
J'étais près de la greffière
à solliciter l'arrêt, il était dans la
salle. J'ai lu les premiers mots du dispositif et j'ai tout de suite
su. La salle de la première chambre est immense, il
était bien trop loin pour que je puisse lui parler alors
j'ai fait un signe de tête. Et brutalement, je l'ai vu se
mettre à pleurer.
Il avait l'âge d'être mon père et j'ai
vu ses larmes couler parce que je venais de hocher la
tête. Son fils d'une vingtaine d'année et
paraplégique allait pouvoir être
indemnisé au bénéfice d'un article du
code de la sécurité sociale superbement
ignoré.

Hier, la famille de la victime était contente. Ils n'ont pas
tout compris mais ils ont vu que j'ai plaidé sans rien
lâcher, en bouleversant le motif des poursuites initialement
retenues par le parquet, en proposant une autre explication et en
décortiquant un article superbement ignoré du
Code de sécurité sociale...
Quand, à la fin de ma plaidoirie et d'un grand silence, le
président m'a demandé si j'avais l'habitude de
plaider avec autant de fougue, j'ai répondu, ce qui
était vrai que cette affaire me tenait à
cœur.
J'aurais pu rajouter que lors que j'avais à peine 30 ans
j'ai vu un homme qui avait l'âge de mon père
pleurer de joie parce qu'après une interminable bataille,
l'avenir de son fil était un peu moins noir grâce
à un article du code de la sécurité
sociale superbement ignoré.
Si j'avais été honnête, je lui aurais
dit aussi que plus jamais je ne laisserai un magistrat me dire que je
n'y connais rien...
Et sous le sceau de la confidence, je
vous dirais que je crois bien avoir gagné...
6 commentaires aucun rétrolien
lundi 13 juin 2005
Un cri d'Argentine
Par Veuve Tarquine le lundi 13 juin 2005, 16:20
Certains commentaires valent plus long que des billets :
Celui de Calixto vaut de l'or :
Dans ce lointain pays qu'est l'Argentine, et dans cette encore plus lointaine province de Jujuy, où on explique que "Dieu est partout, mais il reçoit à Buenos Aires", Romina ne POUVAIT PAS dire qu'elle avait été violée : cela serait retombée sur elle. D'ailleurs, on l'a bien vu pendant le procès, où la procureure a expliqué que Romina n'avait pas été violée, car à 18 ans, elle sortait en boîte, se maquillait et portait des mini-jupes : c'est bien donc qu'elle avait des moeurs légères, hein.
Bref, Romina a caché sa grossesse à tout le monde, passant de 48 à 53 kilos sans que personne de sa famille ne s'en rende compte. Elle avait "honte et peur", a-t-elle dit.
"Qui était Romina ? vivait elle seule ? en ville ou dans une campagne isolée ?"
Romina EST (elle n'est pas encore morte) une jeune fille d'un milieu pauvre, qui a passé son enfance et une partie de son adolescence avec des parents violents, qui la battaient, elle et ses soeurs. Jusqu'à ce que sa soeur plus âgée, de 40 ans, l'emmène vivre avec elle et son autre soeur. Là, sa vie a changé. Alors qu'au primaire, elle a redoublé de nombreuses classes, se faisait encore pipi dessus, etc., elle est devenue une élève modèle et n'a plus redoublé aucune classe. Elle était en Terminale lorsqu'elle a été violée. Elle sortait tous les week-end en boîte, ce qui est visiblement une faute gravissime qui la rend méritante du viol qu'elle a subi, selon certains. Elle a été violée par un voisin à la sortie d'une des boîtes de nuit. Voisin qu'elle a ensuite croisé tous les jours et qui se moquait d'elle. Voisin qui explique aujourd'hui qu'il a bien eu une relation avec Romina, mais consentie, et que donc elle aurait dû être condamnée à perpétuité. Voisin qui n'a été arrêté que 8 mois après que Romina a porté plainte contre lui, et uniquement parce qu'une manifestation a été organisée devant les tribunaux pour réclamer son arrestation. Il a été libéré au bout de 23 jours, "faute de preuves". Le juge a refusé de faire un test d'ADN ou une autopsie du cadavre du bébé.
"Dans quelle conditions précisément le bébé a t il été tué ? accident ou volonté délibérée ?"S'il s'agissait d'un accident, nous n'en serions pas là. Romina a tenté d'avorter dès qu'elle a su qu'elle était enceinte. Un médecin le lui a refusé (je rappelle que l'avortement est illégal en Argentine, sauf en cas de danger pour la santé ou la vie de la femme enceinte, et en cas de viol ou d'agression sexuelle "sur femme idiote ou démente", mais aucun cas de figure n'est jamais appliqué dans les hôpitaux, les directeurs craignant des procès et refusant donc de réaliser les avortements). Elle a donc tenté de le faire seule, en vain. Vers 6 mois et demi de grossesse, elle a pris un tas de laxatifs, pensant qu'avec ça elle pourrait avorter. Quelques jours plus tard, elle a senti des contractions et a cru qu'elle avortait enfin. Seule dans sa salle de bain, elle n'a pas avorté, mais a accouché d'une petite fille en vie. Voyant sur le visage du bébé celui de son violeur, elle l'a mis dans une boîte à chaussures, a fermé la boîte et a donné plusieurs coups de couteau, couteau avec lequel elle venait de couper le cordon ombilical. Lorsque sa soeur l'a découverte dans la salle de bain, elle a emmené Romina et le bébé à l'hôpital. Celui-ci est mort deux jours plus tard et Romina a été arrêtée.
"était elle saine d'esprit ?"
Pas selon la psy qui la suit. Elle considère que Romina a été prise d'une crise psychotique, suite à un stress post-traumatique dû au viol. Selon elle, Romina n'avait, sur le moment, aucune conscience de ce qu'elle faisait. Symboliquement, ce n'est pas le bébé qu'elle tuait, mais son violeur.
Cela dit, Romina se sent très coupable de son geste, elle explique que le jour où elle sortira de prison, la première chose qu'elle fera sera d'aller sur la tombe du bébé. Elle a passé 28 mois (plus de 2 ans !!!) en prison en attente de jugement. Le juge a mis 11 mois avant de la mettre en examen pour homicide.
La justice, en Argentine, cela n'existe pas. Et encore moins à Jujuy. Et encore moins pour une personne pauvre. Et encore moins si c'est une femme.
lundi 30 mai 2005
Bloguons sans peur et sans reproche !
Par Veuve Tarquine le lundi 30 mai 2005, 22:24
De fait, dans la plupart des cas de blogs menacés de poursuites par des personnes mécontentes s'estimant mises en cause, les poursuites annoncées échoueraient immanquablement. Dans bien des cas, elles visent juste à effrayer le blogueur, qui est un impécunieux notoire et préfère mettre hors ligne un billet plutôt que d'engager quelque frais pour se défendre.
Indispensable billet chez mon confrère Eolas : Blogueurs et responsabilité pour tous ceux qui veulent bloguer sans peur et sans reproche et même rire à gorge déployée de certaines assertions trop fréquemment répandues.
3 commentaires aucun rétrolien
lundi 23 mai 2005
Comment je venge mon papa et ma maman
Par Veuve Tarquine le lundi 23 mai 2005, 23:41
J'avais 26 ans, c'était l'année où
j'avais prêté serment et où nous avions
recueilli Tarquari. Je ne savais pas encore que j'abritais une
véritable déveine de tragédienne.
Un soir de juillet, j'avais 26 ans, un papa et une maman.
Un matin de juillet, j'avais 26 ans, mais plus de papa et une maman
dont il n'y avait pas que les os qui étaient
fracassés.
C'était mon premier drame, je l'ai reçu de plein
fouet, l'horreur le disputant à
l'incrédulité, puis au
dégoût le plus profond quand ses circonstances
furent connues.
C'était le premier et j'en ai gardé un tel
sentiment d'iniquité, une telle intensité dans la
douleur qu'encore aujourd'hui une sourde colère gronde.
Alors quand j'en tiens un de ces chauffards, de ces soudards
avinés multirécidivistes qui
démolissent des vies et brisent des familles collectionnant
les annulations de permis et la fuite des responsabilités ;
quand j'en tiens un de ces fanfarons qui ivres au dernier
degré vont réussir à accuser un mort
des pires forfaits routiers ; quand je les entends balbutier des
excuses bidons plus préoccupés par
l'idée de perdre leur permis que celle d'avoir tué
quelqu'un ; quand je les tiens à portée de main,
juste sous le nez de leurs juges, alors je me rappelle.
Je me rappelle la douleur qui vous tord les tripes, qui vous fait
vomir, je me rappelle la rage et l'envie de mordre, je me rappelle non
seulement ma peine mais toutes celles que j'ai vues défiler,
tous ces clients effondrés, abîmés,
détruits, ces estropiés, ces orphelins, ces
veuves ou ces grands blessés.
Alors, quand j'ai le ventre serré et la voix qui tonne, je
sais combien elle est féroce et mordante ma
colère !
Ce que secrètement j'espère, c'est que dans le
silence d'une nuit à Fleury,
ils cessent un instant de penser à leur permis, à
leur belle voiture inemployée ou à la guigne
dont ils s'estiment victimes ; que dans le silence d'une nuit
à Fleury, ils l'entendent enfin cette douleur, cette rage,
ce désespoir et qu'ils comprennent enfin pourquoi ce
mal-là est inacceptable.
C'est dans les salles d'audience que je venge mon papa et ma maman.
mercredi 20 avril 2005
Où l'on mesure les conséquences "naturelles" du viol
Par Veuve Tarquine le mercredi 20 avril 2005, 14:04
« Si la victime a bien été violée, les ecchymoses autour de son coup, ne prouvent pas quÝelle ait été battue. Ce sont les conséquences naturelles de ce type dÝagression ou la passion lÝemporte sur la raison surtout lorsque la personne résiste et crie à lÝaide. »
Le violeur était armé, c'est une circonstance atténuante... chez Argentine au jour le jour
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dimanche 20 mars 2005
« Mais arrêtez de grogner comme un animal ! +
Par Veuve Tarquine le dimanche 20 mars 2005, 22:55
« Alain Bentolila a été témoin, lui, d'une scène de "passage à l'acte" encore plus symptomatique au tribunal de Créteil. Accusé d'avoir volé des CD dans un supermarché, un jeune se faisait littéralement "écraser", ce jour-là, par l'éloquence d'un procureur verbeux à souhait. "Le gars n'arrivait pas à s'exprimer, raconte le linguiste. Le procureur lui a alors lancé : "Mais arrêtez de grogner comme un animal !" Le type a pris feu et est allé lui donner un coup de boule. J'ai eu l'impression que les mots se heurtaient aux parois de son crâne, jusqu'à l'explosion. Quand on n'a pas la possibilité de laisser une trace pacifique dans l'intelligence d'un autre, on a tendance, peut-être, à laisser d'autres traces. C'est ce qu'a voulu faire ce gars en cassant le nez de ce procureur. "Une "trace" chèrement payée : six mois de prison ferme. »
Vivre avec 400 mots — Le Monde du 18 mars 2005
On ne demande certes pas à un procureur d'être gentil, compréhensif et compatissant. Il n'est pas là pour cela ! En revanche, j'exècre cette façon qu'ont certains de vouloir anéantir ceux qu'ils considèrent non plus comme des justiciables mais comme leur proie. Combien en avons-nous vu de ces mises à mort grotesques où l'on sent que la justice n'a plus sa place et qu'elle a cédé le pas à la parodie ?
Je me souviens avoir entendu un bel après-midi de province, une agressive — mais néophyte — représentante de la magistrature debout évoquer à l'audience les ennuis fiscaux d'un honorable commerçant de la ville dont elle avait eu connaissance au cours d'un stage précédent et pour l'heure poursuivi en raison d'un accident de la voie publique...
J'ai entendu un président de Cour d'appel intervenir pour assurer à la prévenue, écroulée de douleur et d'incompréhension que les réquisitions ne constituent en aucune façon l'appréciation de la Cour...
Mais pour être parfaitement honnête, et outre le fait que l'on pourrait en dire à peu près autant de certaines prestations de membres de ma profession, j'en ai vu aussi de brillants ! J'en ai entendu de ces superbes morceaux de tempête empreinte d'humanité. J'en ai vu qui savaient les mots pour faire courber la tête non de haine mais de contrite lucidité.
De tous les métiers judiciaires c'est à mon sens le plus difficile et celui où vous n'aurez pas l'ombre d'une reconnaissance...
samedi 19 mars 2005
En votre âme et conscience
Par Veuve Tarquine le samedi 19 mars 2005, 13:38
Soyez le Juge chez mon excellent confère Eolas.
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jeudi 17 mars 2005
Où l'on devient coupable d'être victime du sida
Par Veuve Tarquine le jeudi 17 mars 2005, 22:53
«Isabelle et Aurore ont rencontré Christophe en 1999. Il est volage ; elles le quittent ; leurs relations n'ont pas duré un an.+ [...]
«un jour, l'ex-épouse de Christophe les informe toutes les deux qu'il se sait séropositif depuis 1998. Aurore et Isabelle effectuent un test de dépistage. Positif. Elles portent plainte.+ [...]
«Le 28 juin 2004, poursuit l'historien, le tribunal de Strasbourg condamnait Christophe à six ans d'emprisonnement pour administration de substances nuisibles suivie de mutilation ou infirmité permanente, peine confirmée en appel le 4 janvier.+[...]
Christian Saoult venait de dire qu'il était fier de présider une association (Aides) «pleine d'hommes et de femmes séropositifs qui ont choisi de ne pas porter plainte ».
J'ai toujours beaucoup de mal à supporter les discours où l'on sacrifie les individus sur l'autel du bien commun (discours toujours abondamment dispensés par ceux qui n'ont précisément subi aucun préjudice) mais que l'on vienne reprocher à des individus d'exercer une de leur prérogatives les plus fondamentales et partant d'être des sujets de droit, cela me laisse sans voix...
Oui, oui, je sais bien que l'on secoue le spectre de l'extrême droite sur la pénalisation de la contamination, mais franchement si Le Pen se mettait tout soudain à clamer qu'il faut guillotiner les alcooliques, cela justifierait-il que l'on condamne les victimes de chauffards ivres qui s'aviseraient de porter plainte contre ceux-ci ?
Au motif de ne pas créer un "précédent" il faudrait donc considérer que toute personne se sachant séropositive bénéficie d'une immunité totale en contaminant sciemment ses partenaires à tour de bras. Et malheur à la victime qui s'en plaindrait, coupable elle-même d'avoir accordé sa confiance !
Cela m'évoque les arguments que d'aucuns croyaient pouvoir soulever en matière de viol et d'avortement... Ah ! la faute sous-jacente de la victime, argument aussi insidieux que malsain mais toujours usité par certains...
Et pourtant, ce faisant on ne raisonne pas autrement que comme l'auteur du délit : « c'est à l'autre à se protéger de moi, c'est de sa faute s'il m'accorde sa confiance... tant pis pour lui ! »
Que l'on discute de la nature du délit, des éléments constitutifs de l'infraction, je le comprends évidemment, mais que l'on reproche par principe à des victime de porter plainte, je n'y vois que l'expression la plus méprisable d'un totalitarisme dévoyé.
C'est visiblement le mal de ces temps modernes... Au prétexte de défendre sa cause, ses propres victimes, on vilipende voire souille d'autres victimes...
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jeudi 10 mars 2005
Quand la garde à vue devient une douceur...
Par Veuve Tarquine le jeudi 10 mars 2005, 21:17
Midnight express n'a plus lieu en Turquie mais "aux" États Unis... Heureusement que dans d'autres pays certains démontrent qu'il y a des façons moins primaires de combattre le terrorisme... Merci à la la commission islamique d'Espagne de nous rappeler que l'homme est encore un animal doué de raison. On en viendrait parfois à en douter...
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mardi 8 mars 2005
TEGAM et Cie
Par Veuve Tarquine le mardi 8 mars 2005, 15:55
Je ne le connais pas. Je viens juste de prendre connaissance sur le blog de Guillermito qu'il serait condamné à une peine d'amende de 5.000 € avec sursis.
Bigre ! Une peine d'amende avec sursis cela en dit long sur l'économie de ce dossier...
Edit : Eolas vous dit tout avec brio !
« Une relaxe Canada Dry » ... C'est joliment dit non ?
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mercredi 2 mars 2005
Le bon, la brute et l'avocat.
Par Veuve Tarquine le mercredi 2 mars 2005, 14:15
L'avantage quand on est avocat c'est que l'on vit nécessairement avec son temps, a fortiori quand il s'agit du droit des nouvelles technologies !
Figurez-vous qu'on continue à en apprendre tous les jours. La longueur des études effectuées sert moins à acquérir des connaissances pures que la parfaite compréhension des mécanismes juridiques, les rouages d'un système de droit, des réflexes incontestables et une indispensable aisance à décrypter ce que l'on nomme la norme juridique constituée notamment des textes de loi (convention, loi, décrets...) et de la jurisprudence.
Par exemple, imaginez, encore que cela me fasse mal de l'avouer, que je dois aujourd'hui remercier le pleutre patenté qui non content de crier au monde la répugnance de ses moyens laisse à peu près tous les matins et sous la même signature, une phrase qu'il voudrait blessante à mon endroit ; et si je vous dis qu'il met entre 22 et 37 minutes pour la rédiger, vous saurez que son esprit n'est guère plus éveillé que ses façons...
Jusqu'à présent, je me contentais de mettre hors ligne la preuve de sa médiocre insanité.
Mais quand on est avocat on est vite tenté de voir ce que nos nouveaux textes de loi — dont a tant parlé — ont dans le ventre !!
On aime bien se frotter à la réalité des nouvelles procédures, vous savez celles où il est question des fameux éléments d'identification personnelle et plus encore des données fournis par leurs abonnés aux fournisseurs d'accès...
Adoncques, puisque je dispose de tous les renseignements nécessaires à l'identification de celui-ci par son fournisseur d'accès — en l'occurrence Tiscali — et notamment ses adresses IP, je vais peut-être bien me lancer dans une nouvelle exploration du droit de la responsabilité...
Comme quoi, même quand on est spécialiste dans une matière, il en reste des pans entiers à explorer...
NB : ne vous fatiguez pas à me dire que l'on ne répond pas au troll... Les principes de droit ne coïncident pas toujours avec les règles d'or de Wikipédia.
Or je connais mieux le droit que les règles d'or de Wikipédia, qui plus est, je préfère poursuivre l'application des premières... Je ne suis quand même pas avocat pour rien...
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mardi 1 mars 2005
Les Etats Unis, la guerre et les Conventions Internationales.
Par Veuve Tarquine le mardi 1 mars 2005, 23:00
Les avocats du Département d'Etat ont adressé le mois dernier au juge Weinstein une note prétendant que si la plainte n'était pas rejetée, les "implications de cette affaire seraient énormes car elle ouvrirait la voie au dépôt de plaintes d'anciens ennemis nationaux et d'anciens soldats auprès du système judiciaire américain, de mise en danger par les forces armées américaines" durant des guerres.
Washington demande le rejet d'une plainte concernant l'agent orange au Vietnam
Dépêche également reprise dans le Monde en ligne du 28 février 2005.
Je suis toujours effarée par la compréhension que font les États Unis de la guerre et des conventions internationales.
C'est un peu comme si la guerre permettait à elle seule tous les abus, comme si ce terme avait une dimension sacrée derrière laquelle des mots comme humanité ou règles de droit n'avait plus de sens...
Rumsfeld nous a déjà fait le coup de justifier la la détention au secret d'un chef présumé de l'insurrection.
Le monde entier sait désormais que la population d'Afghanistan n'est pas a priori constitué d'être humains titulaires de droit fondamentaux tels que ceux prévus par les Conventions de Genève et qu'à ce titre, outre les détenir dans leur pays, on peut également les extrader dans des centres de détention où sous le regard patelin d'organisations humanitaires (appréciez le dernier paragraphe de la dépêche mise en lien). Il faudra attendre que la Cour Suprême rappelle au monde entier que les États Unis sont encore un +tat de droit pour que l'on mette fin à des actes qualifiés dorénavant de tortures...
Rappelons également la position singulière de Monsieur Bush à l'égard de la Cour Pénale Internationale dont on pourrait penser, puisqu'elle a « vocation à juger les individus qui se sont rendus coupables des crimes les plus graves – crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide » qu'elle profiterait à l'humanité toute entière... C'est à croire que les É »tats Unis revendiquent la prévalence de tels individus au sein de leurs Armées guerrières...
Or donc, bien avant ces délicieuses péripéties, ils se trouvent que les États Unis, en l'an de grâce 1949 ont participé à Genève à l'élaboration à ce que l'on a appelé les Conventions éponymes et notamment la 4ème, dite relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, entrée en vigueur le 21 octobre 1950.
Une dizaine d'année plus tard, la guerre du Vietnam débutait et avec elle les épandages d'agent orange dont le but avoué, sans même aborder l'immense toxicité du produit que l'on connaît, était quand même de faire disparaître les terres arables d'une population rurale...
Ça vous choque ? Et bien c'est que vous n'avez rien compris ! Car il est vraisemblable que selon la lecture que font les États Unis des Conventions internationales, les vietnamiens n'étaient pas non plus des individus titulaires de droits. C'est à se demander si en droit international d'autres individus que les seuls américains pur jus bénéficient d'un statut légal...
La différence c'est que maintenant ils ne font plus semblant d'y croire en ratifiant des conventions qu'ils ne respectent pas, ils les méprisent ouvertement...
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mardi 8 février 2005
Où l'on conserve la preuve de l'indigence parlementaire
Par Veuve Tarquine le mardi 8 février 2005, 00:02
Le fameux rapport préliminaire de la commission prévention du groupe d'études parlementaire sur la prévention de la délinquance n'est plus disponible sur le site de Jacques-Alain Benisti, président de ladite Commission.
Nul ne s'en étonnera compte tenu de son contenu plus que fâcheux...
Cependant, il me semble, quant à moi, important de savoir quel est le degré de compétence et de professionnalisme de nos éminents parlementaires, c'est la raison pour laquelle les curieux pourront en prendre connaissance ici-même.
Rectification : Merci à Akshany d'apporter la précision suivante : « En fait, l'URL a été légèrement changée, c'est maintenant: http://www.jabenisti.com/IMG/pdf/rapport_preliminaire_version_def_.pdf. J'ai comparé les deux PDFs avec un outil idoine, les différences sont mineures, des fautes en moins, quelques unes en plus. Cf la dernière note de mon carnet. »
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